Film testamentaire qui ne cède jamais au sentimentalisme, A Prairie Home Companion est un pot-pourri du cinéma de l’auteur de John McCabe : personnages multiples, nostalgie, valeurs du Midwest, amour de la musique. A travers un récit dédié à l’ultime émission d’un show radio, c’est en réalité au cinéma qu’Altman rend hommage avec cette œuvre profondément humaine.
Des personnages nuancés, un Burt Lancaster extraordinaire et des paysages majestueux sont mis au service d’un récit évoquant la lutte à mort que se livrent deux cultures qui jamais ne pourront se comprendre. Le manichéisme n’a pas sa place ici : les adversaires sont renvoyés dos à dos alors qu’en arrière-plan le rêve américain se fracasse dans le sang et les cendres…
Réunis dans un magnifique coffret, les trois films que l’immense Fritz Lang a consacrés au génie du crime permettent de réaliser à quel point ils furent le reflet de leurs époques troublées respectives. Car ces œuvres ne sont pas seulement des films noirs paranoïaques qui inspireront une multitude de cinéastes – jusqu’à aujourd’hui. Ils traduisent l’idée que le chaos génère le mal et que, s’il adopte bien des visages, le mal n’en demeure pas moins intemporel.
Le coffret que Carlotta nous propose rend parfaitement hommage au classique qu'est devenu Profession : Reporter, entre autre avec ce livre de 160 pages qui donne un aperçu de toute la richesse et la complexité du film de Michelangelo Antonioni.
Depuis mercredi est disponible en combo DVD/Blu-ray 'Premier de Cordée' (1944) de Louis Daquin. À l'occasion de son somptueux come-back vidéo chez Pathé Distribution, retour sur le parcours de son héros montagnard mis à mal par le vertige suite à une chute ; sur ce film "hommage aux guides" de Daquin qui peut aujourd'hui être perçu comme un hommage au cinéma et à sa fabrication ; ainsi que l'édition soignée concoctée par l'éditeur.
De la même manière qu'il raconte les débuts d'une révolution, Crazy Day marque la naissance de l'immense cinéaste qui contribuera à révolutionner le cinéma des décennies suivantes. Zemeckis, les Beatles à lui tout-seul.
Depuis les fameuses comédies remplies de cette "Lubitsch touch" (La Huitième femme de Barbe-Bleue, Sérénade à trois) jusqu'au mélodrame antimilitariste (L'Homme que j'ai tué), les éditions Elephant Films nous proposent d'explorer les différentes facette du génie d'Ernst Lubitsch à travers cinq films qu'il a réalisés dans les années 30 pour la Paramount.
C'est un film fort étrange que ce Cinq et la peau, second (et dernier) long métrage réalisé par Pierre Rissient au début des années 80. Un film unique, expérimental, se jouant des codes narratifs. Une œuvre à la fois personnelle et universelle. Un OVNI cinématographique mêlant errance introspective, exotisme, érotisme, amour de l'Asie, des femmes et du cinéma.
'Tuer n'est pas jouer' ('I Saw What I Did'), thriller de l'important cinéaste William Castle hochant entre pastiche hitchcockien et comédie légère adolescente, débarque dans une copie remastérisée haute définition chez Elephant Films. À l'occasion de ce come-back vidéo en HD, retour sur l'amusement et le regard qui, comme le suggère ici Castle, n'est pas exempt de toute responsabilité et n'est donc pas inconséquent.
C'est au sein d'un superbe écrin que l'on peut retrouver le très beau film de John Frankenheimer, Le Prisonnier d'Alcatraz, dans lequel Burt Lancaster tient le rôle d'un des détenus les plus célèbres de l'histoire américaine. Le film est présenté dans une très belle copie restaurée et est accompagné d'un livre de 200 pages racontant son tournage mouvementé.
Comme a pu le faire Alfonso Cuaron sur Gravity, Deux hommes en fuite repose moins sur ce que l’on identifie (donc qui appartient à la diégèse) que ce que le cadre nous évoque (ce qui dépasse le cadre du récit). D’où l’équilibre d’une réalisation moins naturaliste que panthéiste, qui flatte ses extraordinaires décors naturels dans un scope majestueux pour mieux confiner les personnages dans l’horizon, comme s’ils essayaient de retraverser le Styx en sens inverse.
"Post Mortem" réunit le médecin légiste belge Philippe Boxho et le dessinateur Pierre Alary dans une bande dessinée documentaire qui s'emploie à vulgariser un métier sur lequel circulent bon nombre de fantasmes. Le résultat est une œuvre à part, traversée par l'idée que la mort ne constitue pas tout à fait une fin.
Dans un monde post-apocalyptique qui ne tourne déjà plus très rond, quatre rockeurs morts-vivants doivent réunir les reliques sacrées du rock’n’roll. Arnaud Le Gouëfflec et Julien Solé signent un road-trip furieux et absurdement réjouissant.
Entre montée des populismes, guerres hybrides, défiance envers les institutions et avènement des réseaux sociaux, la désinformation est devenue l'un des grands enjeux démocratiques de notre époque. Avec "La Désinformation", Grégoire Darcy propose une synthèse ambitieuse des connaissances scientifiques sur le sujet.
En imaginant la rencontre du jeune Charles Dickens avec Oliver, enfant des rues et alouette de la Tamise, Philippe Charlot et Manu Cassier font de Mudlarks le récit d’une double initiation : celle d’un garçon brutalement confronté à la misère londonienne et celle d’un futur écrivain découvrant, au contact des oubliés, la matière humaine de son œuvre.