Merci Patron! : Le Coffret DVD est sorti le 4 octobre

Jamais un documentaire social n’avait suscité un mouvement de contestation aussi véhément que ne l’a fait le Merci Patron ! de François Ruffin. Sa sortie en DVD est l’occasion de (re)découvrir le phénomène de société qui a inspiré les Nuit-deboutistes.

L’homme qui murmurait à l’oreille des sans-dents

Fondateur de Fakir, un obscur petit journal anarcho-révolutionnaire, François Ruffin décide de s’attaquer à la plus grande fortune de France, Bernard Arnaud, en prenant la défense d’un couple d’anciens salariés du groupe LVMH, victimes de la délocalisation de leur usine en Pologne. En s’imaginant un personnage de fervent défenseur du milliardaire, et en mettant au point un habile stratagème, il va parvenir à sauver ces victimes de la crise d’une saisie de leur maison par un huissier. La lutte des classes au sens le plus noble de ce terme depuis longtemps éculé.

« Le groupe LVMH est l’illustration, l’incarnation de ce que, pour ces observateurs d’extrême gauche, l’économie libérale produit de pire. » (Bernard Arnaud)

Ce succès surprise (diégétique comme commercial) va devenir un modèle de déterminisme politico-social, au point de dépasser les ambitions son propre initiateur. Il faut lui reconnaitre que, là où beaucoup de réalisateurs de documentaires auraient instrumentalisé la détresse des Klur pour dépeindre une situation misérabiliste, Ruffin a fait le choix audacieux de filmer son propre combat à leurs côtés… au risque de se servir d’eux pour mettre en valeur sa propre action. C’est en cela que le dispositif de documentaire à la première personne trouve sa propre limite, celle de mettre davantage en valeur l’action de son réalisateur que son propre discours politique. Mais, avant d’être un symbole de contestation militante, Merci Patron est une œuvre cinématographique qui fonctionne en tant que telle. Grâce à une rythmique ludique, portée par une chanson des Charlots (qui viendra prêter son titre au film) et à un certain humour au second degré, Ruffin est parvenu à ne pas tomber dans le piège du documentaire austère. Mais bizarrement, le plus drôle dans le film est à la fois parfaitement indépendant de la volonté de son créateur et source d’un rire jaune, puisque l’on doit les meilleurs dialogues à son principal antagoniste, à savoir le « commissaire », le porte-parole du patron de LVMH, dont la verve n’a rien envier à celle d’un personnage sorti d’un scénario de Michel Audiard.

Des bonus généreux

Le DVD édité par le distributeur Jour2fête s’accompagne de deux livrets : un premier incluant deux articles, l’un paru dans Le monde Diplomatique et un second rédigé par François Ruffin lui-même revenant sur le phénomène Nuit Debout qu’il a engendré mais dont il s’est désolidarisé ; un second comprenant plusieurs lettres échangées entre Ruffin – sous la fausse identité de Jérémie Klur – et ce fameux « commissaire ». Le DVD contient plusieurs suppléments, dont une dizaine de minutes de scènes coupées, les lectures des courriers de ce canular épistolaire derrière la manipulation machiavélique et une interview d’une vingtaine de minutes de François Ruffin. Du grain à moudre pour ses détracteurs l’accusant d’avoir signé un pamphlet autocentré, mais surtout de quoi mieux comprendre l’astuce et l’audace de ce Robin des Bois des temps modernes.

CARACTÉRISTIQUES TECHNIQUES DVD:
Format image : PAL 16/9 ; Couleurs
Format son : 2.0 / 5.1
Langue : Français / Audiodescription
Sous-titres : Anglais, français
Durée du film: 1h23
Durée totale du DVD : 2h18
Prix public indicatif : 19,99€
COMPLÉMENTS:
– Entretien avec François Ruffin
– 2 scènes coupées
– Mon Jérémie, le commissaire, Bernard et moi
– Les deux affiches du film
– 2 livrets
– Un coupon d’abonnement à Fakir

Merci Patron : Bande-annonce

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Julien Dugois
Julien Dugoishttps://www.lemagducine.fr/
Sans jamais avoir voulu me prétendre du statut pompeux de cinéphile, je suis un dévoreur acharné de films, de tous genres, de tous horizons. J’admets vouer un culte aux œuvres de Kubrick, Chaplin, les frères Coen, Kurosawa et Jarmusch, pour ne citer qu’eux. De cette passion, devenue addiction, est née mon envie de passer un diplôme en audiovisuel pour poser un regard plus professionnel sur ce que je vois, mais aussi de rédiger des critiques. A l’origine, je n’écrivais que pour moi, me faisant des fiches pour combler ma mémoire défaillante, mais j’essaie aujourd’hui d’étoffer mes écrits pour être lu de ceux avec qui j’aimerai partager mon avis et débattre intelligemment.

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