Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.
« - Alors, Pierre – pardon, Monseigneur… - c’est pour quand, ce bûcher ? La semaine prochaine ?
- C’est un procès en hérésie, comte, pas un tournoi ! Nous n’aurons pas le verdict avant l’Épiphanie.
- Un mois ! Pour condamner une sorcière ?! Allez… faites un effort ! Je vous promets un banquet trois fois plus grandiose que celui-ci pour fêter votre verdict ! »
Avec "Colette", publié aux éditions Delcourt, Séverine Vidal et Kim Consigny s’attaquent à une figure littéraire dont la légende menace parfois d’éclipser la complexité. Leur biographie graphique, particulièrement dense, restitue une trajectoire faite de contradictions, d’élans et de fractures. Une vie qui, à force de refuser les cadres, finit par se perdre.
Avec "Dortmunder : Bank Shot", Doug Headline et Jesús Alonso Iglesias imaginent un braquage de banque des plus improbables : il ne s'agit pas seulement de rentrer dans les coffres pour les vider, mais bien de repartir avec la banque elle-même, temporairement relogée… dans un mobile-home.
Et si, en une seconde, l’innocence disparaissait du monde, remplacée par une force irrationnelle, incapable même de comprendre ce qu’elle est ? Avec "The Kids", Garth Ennis et Dalibor Talajic échafaudent une fable apocalyptique aussi grotesque que dérangeante, où la parentalité vacille face à l’inconcevable.
À travers une série d’entretiens d’une remarquable densité, Nicolas Saada propose aux éditions Carlotta une plongée dans les strates invisibles du cinéma, là où se nouent les enjeux entre la technique, l'intuition et le regard.
Sous ses couleurs tendres et ses silhouettes rondes, l’album de Júlia Rubau Vigara déploie une mécanique émotionnelle d’une grande justesse. Derrière l’aventure enfantine et l’irruption fantasque d’un peuple amphibien, c’est une histoire d’équilibre, entre colère et dialogue, entre nature et humanité, qui affleure avec délicatesse.
Comment deux Français se sont-ils approprié l'une des sagas d'horreur les plus iconiques d'Hollywood ? Sébastien Vaniček et Florent Bernard reviennent sur la genèse de "Evil Dead Burn", ses partis pris narratifs et techniques, et la place qu'il occupe dans une franchise qui avance, plus que jamais, à tâtons.
Dans cet entretien, la réalisatrice Victoria Verseau revient sur "Trans Memoria", un film intime et sensoriel où mémoire, deuil et transition se mêlent. Elle y évoque Meril, son amie disparue, la construction du film, la présence d’Athena et Aamina, et la manière dont son geste artistique interroge identité, survivance et transformation.
Dans "Libertate", le cinéaste Tudor Giurgiu revient sur un épisode oublié de la Révolution roumaine de 1989 : des centaines de prisonniers enfermés dans une piscine à Sibiu. Entre manipulation médiatique, violence d'État et quête de liberté, le film interroge notre rapport à l’Histoire.
Actrice aux multiples visages et réalisatrice audacieuse, Zabou Breitman revient avec Le Garçon, un objet filmique inclassable entre enquête documentaire et fiction. À l’occasion du festival Ciné Mania, elle se confie sur ce projet atypique, sa méthode intuitive et son attachement au Québec, dans un entretien à cœur ouvert.
Dans un premier long-métrage poignant, "L’âge imminent", le collectif Col·lectiu Vigília explore avec une rare sensibilité les thèmes de la dépendance et des relations intergénérationnelles, dans une approche presque documentaire. Rencontre avec ses créateurs.