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Hijacking, de Tobias Lindholm

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Hijacking, de Tobias Lindholm : Thriller maritime et drame psychologique d’une prise d’otages

En plein océan Indien, un cargo danois est pris d’assaut par des pirates somaliens, qui retiennent en otage l’équipage et réclament une rançon de 15 millions de dollars. Parmi les sept hommes prisonniers de cet enfer, Mikkel (Pilou Asbaek), le cuisinier, marié et père d’une petite fille, tente se survivre. Peter (Soren Malling) le PDG de la société danoise propriétaire du navire, improvisé négociateur, doit mener d’intenses négociations avec les preneurs d’otages pour libérer ses hommes…

Enfin du vrai cinéma, capable de dépeindre sans fard la diversité des sentiments, la profondeur et les abysses de l’âme humaine ! Le réalisateur danois Tobias Lindholm [i] propose ici le thriller haletant et d’un grand réalisme d’une prise d’otages en pleine mer, qui mettra sans nul doute vos nerfs à vif.

A travers un dialogue téléphonique tendu et interrompu, ce film oppose sans manichéisme, avant de les réconcilier, deux figures emblématiques : l’ouvrier et le patronat. Mikkel, magnifiquement interprété par Pilou Asbaek, est une petite main tenace enfermée dans ce huit clos maritime infernal, soutenu par un instinct de survie familial, mais s’affaiblissant, peu à peu traumatisé psychologiquement; Peter, magnifié par Soren Malling [ii], incarne le PDG d’une grande compagnie maritime ancrée dans un monde globalisé, tiraillé par des préoccupations pragmatiques, éloignées des affects, et la dimension éminemment humaine d’une prise d’otages. En évitant l’écueil de scènes musclées artificielles, grâce à un scénario soigné et une mise en scène sobre et tendue, Tobias Lindholm réussit à maintenir de but en bout la tension de ce drame psychologique.

En abordant avec finesse un sujet d’actualité assez rarement abordé au cinéma, Hijacking est une belle réussite [iii]. Entre documentaire et fiction, Lindholm place la barre très haute en terme de thriller maritime [iv]. La mise en scène très immersive n’est pas si éloignée d’un cinéma d’auteur à la Ken Loach. Il convient d’encourager ce cinéma capable d’insuffler de l’émotion à travers la pellicule.

Extrait du film Hijacking de Tobias Lindholm


[i] Tobias Lindholm, scénariste de la série Borgen et co-scénariste des deux derniers films de Thomas Vinterberg dont La chasse (2012) avec Mads Mikkelsen, nous offre avec Hijacking sa seconde réalisation après R.

[ii] Soren Malling a déjà été vu récemment dans le drame historique, A Royal Affair (2012). Pour Hijacking, à travers un rôle très différent de celui qu’il tenait dans la série The Killing, le comédien a été récompensé du Prix du Jury et du Prix d’interprétation masculine au Festival International du Film de Marrakech de 2012.

[iii] Hollywood sortira bientôt Captain Philipps de Paul Greengrass, avec Tom Hanks, retraçant l’histoire vraie d’une prise d’otage en mer. Il sera intéressant de comparer les deux œuvres.

[iv] Hijacking fut également auréolé de la Flèche de cristal au Festival de Cinéma Européen des Arcs (2012).

 

Ray Donovan, une seconde saison pour une série noire

Ray Donovan incarné par Liev Schreiber est un « nettoyeur, un peu comme dans la série Scandal avec ses gladiateurs, il fixe les dérapages des  stars « overdose,rappeur s’éveillant auprès d’une prostituée morte… » d’Hollywood.

Dans ce monde de paillettes et de stars harcelés par la presse people,  Ray Donovan s’arrange pour régler les affaires en toute discrétion et préserver votre réputation. En cela il rappelle les détectives hard-boiled des années 30. Le 1er épisode a eu lieu le 30 Juin 2013, le même soir que la dernière saison de et quelques jours après la disparition de James Gandolfini,l’acteur de la série culte Soprano.

Cette nouvelle série lancée sur Showtime, Ray Donovan s’ajoute à une programmation déjà riche en séries de qualité avec Shameless et la fameuse série Homeland dont on verra le retour dans une saison 3.
Le show présente une entreprise plutôt florissante, les scandales pleuvent sous le soleil californien, et les affaires bien que n’étant pas de tout repos  marchent plutôt bien.

Cependant, derrière l’homme qui gère la face obscure de la célébrité, se cache un homme hanté par un passé douloureux, le suicide de sa sœur, un anti-héros torturé, qui s’en tirait plutôt bien avant la libération de son père Mickey (Jon Voight) après vingt ans d’incarcération, annoncé par Ray à sa femme Abby (Paula Malcomson) comme un chevalier de l’apocalypse.

Le portrait d’un affrontement entre un père et son fils 

Ce show ne se concentre pas que sur les drames des stars mais aussi sur les démons d’un homme, ravivés par l’apparition de ce père, faire disparaître les démons des autres ne sera plus suffisant, il devra aussi affronter les siens, et faire en sorte que son monde, sa famille ne s’écroule pas.

Ray, un antihéros à la devise mystérieuse : (Vous faites maintenant partie de la solution) a trois frères, dont les vies ont été détruits par un père, manipulateur, mafieux, un grand-père alliant charme et duplicité, un personnage incarné par un Jon Voight, saisissant.

Que s’est-il donc passé à Boston, leur ville natale ? Pourquoi Ray a-t-il fait mettre son père en prison ? Quelles sont les véritables intentions de Mickey ? Dans un dialogue explosive le père lance « :

Je veux retrouver ma famille » ; « Non, tu veux ma famille », lui rétorque Ray.

Une série noire prometteuse 

Les blessures de la famille Donovan annonce une série avec un fort potentiel dramatique, explorant aussi bien les drames cachés du gratin hollywoodien mais aussi ceux d’une famille maquillant ses fissures en réparant celles des autres.La force de cette série se situe aussi dans son casting, l’acteur Liev Schrieber impose avec beaucoup de charisme son personnage, Jon Voight est renversant et les seconds rôles sont parfaitement campés, bien que partiellement introduits, à travers Terry (Eddie Marsan), un ancien boxeur dirigeant une vieille salle d’entraînement, affecté par les premiers signes d’un Parkinson précoce.

Et Bunchy (Dash Mihok), toxico et alcoolo violé par le prêtre de la famille alors qu’il était enfant.Nous avons là une série prometteuse, la mise en scène d’Allen Coulter introduisant avec finesse la noirceur des personnages dans un monde où en apparence tout semble poli peut faire espérer un show de qualité, en tout cas il y a de la matière…

Trailer Ray Donovan

 

Sons of Anarchy : saison 6

Sons of Anarchy est une série télévisée américaine, créée par Kurt Sutter « The Shield » et diffusée depuis le 3 septembre 2008 sur FX.

Il fait plutôt bon vivre dans cette petite ville fictive paumée qu’est Charming, comté de San Joaquin en Californie sous la houlette d’un club nommé Sons of Anarchy Motorcycle Club Redwood Original, couramment abrégé en SAMCRO. En réalité un club de hors-la-loi, un gang de bikers vivant de trafics illicites réussissant souvent à contourner la loi, ce qui donne du fil à retordre à la police locale.

Après quelques épisodes mettant en place les différents intervenants, développant les traits de caractères des personnages permettant d’asseoir ainsi sur la durée la série, apportant ainsi une vraie profondeur, c’est directement le gros plongeon dans un univers fascinant.

Un univers de bikers, violent et sans concession, avec ses propres codes et valeurs. Sons of Anarchy c’est un peu « Les Soprano » sous le soleil avec des motos. On retrouve d’ailleurs des thèmes similaires notamment, la loi du clan, l’importance de la famille mais traités de manière différente.

Les Sons, c’est une meute de loups, avec plein d’action, de trafics illicites, de drogues, de corruptions, de débauches, de sexe et de motos…:-), un milieu très (rock’n’roll) à l’image du générique.

Il faut noter que « scénaristiquement », l’introduction des personnages est un des points forts de la série. On s’attache à ses différents protagonistes, en comprenant leurs manières de penser, leurs fêlures… En effet, autour de Jax, incarné par le très doué Charlie Hunnam, évoluent une sacrée brochette de personnages avec un charisme faisant exploser l’écran, que l’on peut adorer où détester…

Plus on avance dans la série, et plus les rebondissements sont surprenants, les cartes ne tombent pas de manière prévisible, on va de surprise en surprise. Bien malin celui qui peut deviner la suite logique des saisons. Chaque nouvelle saison, apporte son lot de suspense, de situations périlleuses, de guerre de gangs, ainsi que des drames familiaux. Nul doute, le chef d’orchestre derrière la mise en scène est talentueux avec des twist géniaux.

En somme, une superbe série, dans la lignée des (Parrain) où (Scarface), attachante avec un casting charismatique, chacun est crédible dans son rôle. Les acteurs sont bons, Ron Perlman (Clay) est excellent, dans son personnage de chef de la meute manipulateur, prêt à tout pour garder le pouvoir, ainsi que (Gemma), sa femme, mère de Jax, incarnée par Katey Sagal, elle joue à merveille ce rôle de matriarche cynique et calculatrice loin de celle qu’elle jouait dans (Touche pas à mes filles)

Un décor, des dialogues maitrisés, et surtout une bande son magnifique, les musiques sont très bien choisies, avec de nombreux groupes comme White Buffalo avec la reprise House of the Rising Sun, où encore les chansons des Black Keys ou des Forest Rangers. Une BO s’imbriquant à merveille dans une série époustouflante avec des thématiques intéressantes comme le racisme, la marginalité, la criminalité, le pouvoir…

« Sons of Anarchy FULL Soundtrack »>Sons of Anarchy FULL Soundtrack


Une série vraiment palpitante, au rythme fracassant, qui vaut le détour, jetez-vous dessus à consommer sans modération !

Deux nouveaux personnages, font leurs apparitions dont un personnage féminin majeur joué par Bridget Regan (Legend of the Seeker, Beauty and the Beast)
Via la chaîne Youtube de Kurt Sutter, vous pouvez suivre le développement de la série et voir les dernières news.

Acteurs principaux : Sons of Anarchy

Charlie Hunnam Rôle : Jackson « Jax » Teller
Katey Sagal Rôle : Gemma Teller-Morrow
Ron Perlman Rôle : Clarence « Clay » Morrow
Maggie Siff Rôle : Dr Tara Knowles
Kim Coates Rôle : Alexander « Tig » Trager

Broken City, d’Allen Hughes : Critique

Brocken City : la marque palpable de LA Confidential

Broken City est un film, clairement calqué sur les films noirs classiques comme Chinatown et LA Confidential, mais là où on aurait pu avoir un film vraiment noir comme « Menace II Society », un des premiers films d’Allen Hughes, on tombe là, quelque peu dans la caricature d’un thriller.

Les personnages manquent d’épaisseurs, d’une certaine dimension, en fait le regard est attiré par des détails, notamment le foulard porté façon Audrey Hepburn par Catherine Zeta-Jones dans le rôle de « Cathleen Hostelter ».

Le regard du spectateur s’accroche à ces détails plutôt qu’à l’histoire racontée où aux personnages, sans réelles profondeurs, même si les dialogues sont plutôt assez bien troussés. Les points négatifs sont le résultat d’un scenario, de toute évidence trop peu travaillé.

Le script est définitivement le maillon faible, il n’y a pas d’effet de surprises, les cartes tombent exactement au moment où on s’y attend. On se croirait presque dans un épisode de la série « Law and Order », où la résolution progressive du crime est une mécanique huilée, avec sa suite d’entretiens de suspects mal à l’aise dans des bureaux.Les faiblesses du film ont pour cause une mise en scène bien trop illustrative, et tenter à partir d’une tragédie un passage vers un film politique noir, n’est pas une chose aisée, le point de départ suggère le reste de l’histoire…

Broken City D’Allen Hughes retrace plutôt l’éducation morale d’un ancien flic … Pour les plus, on trouve dans ce film, de beaux plans, les teintes plus foncées que noir, ses rues grisées, ce bleu glacial et ce soleil que l’on ne voit jamais traduisent parfaitement une ville à l’âme brisée. De même la vidéo de promotion est excellente ainsi que la musique composée par Atticus Ross, Leopold Ross et Claudia Sarne.

Films similaires : Broken City, City Hall deux films sur la corruption politique

Il est à noter que Broken City ressemble assez à City Hall, dans les deux films nous avons affaire à une corruption politique menant tout droit vers le bureau du maire, dans un cas le maire est joué par un acteur flamboyant Al Pacino « John Pappas, dans l’autre par Russell Crowe, un acteur qui a le bon goût de ne pas verser dans la caricature, charmeur même dans la menace. Les deux films naviguent dans les eaux troubles de la corruption ordinaire avec des protagonistes découvrant peu à peu la vérité. A vous de dire si vous avez un préférence pour City Hall où si vous aimez les deux…

Synopsis : « Billy Taggart » Mark Wahlberg un ancien flic reconverti en détective privé tente tant bien que mal de faire tourner son affaire. Le jour où l’homme le plus puissant de New York, le Maire « Nicholas Hostetler » Russell Crowe lui confie la mission d’identifier l’amant de sa femme « Cathleen Hostelter », Catherine Zeta-Jones. L’autre homme, le rival est incarné par Kyle Chandler, « Paul Andrews retrouvé par la suite mort. Il était en fait le directeur de campagne de « Jack Vaillant », interprété par Barry Pepper. L’ancien flic est loin d’imaginer que son enquête va le mener au cœur d’une vaste machination sur fond de campagne municipale.

Fiche Technique : Borken City

Réalisateur : Allen Hughes
Scénariste : Brian Tucker C
Casting : Mark Wahlberg, Russell Crowe, Catherine Zeta-Jones, Kyle Chandler, Jeffrey Wright, Barry Pepper, Natalie Martinez et Alona Tal
Genre : Policier, Drame, Thriller
Nationalité : Américain Distributeur : Studio Canal
Durée : 1h49min
Date de sortie : 26 juin 2013

Filmographie Allen Hughes : un réalisateur avec une belle carrière derrière lui, en 1995, en collaboration avec son frère, ils produisent Génération sacrifiée, puis Americain Pimp, un documentaire sur le milieu de la prostitution aux États-Unis. Après avoir réalisé, en 2001, From Hell, les deux frères se retrouvent 8 ans plus tard pour tourner « Le livre d’Eli », un récit d’anticipation avec Denzel Washington.

Bande sonore du film World War Z composée par Marco Beltrami

Musique du film World War Z composée par Marco Beltrami

Suite à notre article sur World War Z un film dont vous pouvez lire toute la critique en cliquant ce lien et dont voici un petit extrait :

« L’intrigue quant à elle, se situe à mi-chemin entre Contagion (2011) pour l’aspect scientifique et 28 jours plus tard (2002) pour le rythme et les zombies survitaminés. Elle plonge immédiatement le spectateur dans l’action, en offrant une vision apocalyptique d’une rapide propagation du virus à l’échelle planétaire. L’ensemble tient la route et contient des petits bijoux de grand spectacle, comme le début de l’épidémie et les mouvements de foule à Philadelphie, l’échelle de zombie sur le mur de Jérusalem, ou le crash aérien. Les effets spéciaux sont réussis. Les prises de vues aériennes sont superbement filmées, ce qui n’est pas toujours le cas des courses-poursuites filmées caméra à l’épaule pour un plus grand réalisme, mais qui aboutissent à une mise en scène saccadée et décousue ».

La bande sonore du film World War Z composée par Marco Beltrami a été très remarquée pour sa performance. Marco Beltrami est un compositeur américain, ayant étudié en 1992 auprès du légendaire compositeur Jerry Goldsmith. En 1997 grâce à composition de la bande original du film Scream, il devint l’un des compositeur les plus réputés d’Hollywood. Sa musique prend une dimension dramatique notamment pour le film culte 3h10 Yuma pour lequel il obtient sa première nomination à l’Oscar de le meilleur musique et une seconde nomination pour le film « Démineurs » en 2010. Parmi ses œuvres les plus populaires, il faut citer les films de Guillermo del Toro « Mimic, Hellboy où d’Alex Proyas « I, Robot, Prémonitions ». L‘une de ses plus belles compositions est quasi inconnu en France, pour un film intitulé « Soul Surfer ».

Tracklist World War Z

1. Philadelphia
2. The Lane Family
3. Ninja Quiet
4. Searching for Clues
5. NJ Mart
6. Zombies in Coach
7. Hands Off
8. No Teeth, No Bite
9. The Salvation Gates
10. Wales
11. Like a River Around a Rock

Crazy Joe de Steven Knight

Crazy Joe de Steven Knight, un film d’action d’une grande profondeur émotionnelle

Le film commence par des bombardements, des soldats se battant, visiblement un flashback de la guerre en Afghanistan. Puis un vagabond Joey Jones sauve une jeune femme Isabelle, attaquée par des voyous… En suivant ce vagabond arrivant dans un appartement, on ne s’attend pas à voir Statham, tant la transformation est une performance. Il est méconnaissable, il faut bien l’avouer…A priori il s’agit de bien plus que d’un énième film d’action du même style.

Le jeu est plutôt subtil et intense, il donne l’occasion à cet acteur de montrer autre chose qu’un jeu basé sur les coups de poings. Il joue un personnage endommagé par la guerre, à la croisée des chemins. Sa rencontre avec Cristina interprétée par Agata Buzek, une actrice polonaise (fille du Premier ministre Jerzy Buse), qui interprète merveilleusement  le rôle d’une religieuse à travers un jeu captivant absorbant le spectateur,ne laisse pas Joe de marbre.

Le colibri

Peu à peu, elle lui fait prendre conscience qu’il ne peut pas continuer à fermer les yeux ni face aux exactions de son patron, un mafieux impliqué dans le trafic d’êtres humains et bien d’autres crimes, ni face à ses propres choix.Tourmenté par les démons de ce qui lui est arrivé en Afghanistan…Dans ce film sombre, l’action n’est pas l’ultime moteur, Statham joue un rôle où toute une gamme d’émotions est présente, apportant ainsi plus d’intensité à un personnage qui ne peut se résumer à la violence physique et aux fusillades. Bien au contraire, certaines scènes lentes donnent du cachet, une certaine qualité à des personnages évoluant dans un univers d’images aux tons oranges et bleus.

Synopsis : Ex-soldat des forces spéciales britanniques, Joey Jones se retrouve à la rue dans Londres, après s’être enfui pour échapper à un procès en cour martiale. En s’introduisant par effraction dans un appartement inoccupé, il découvre de quoi recommencer une nouvelle vie. Bientôt, il décroche un petit boulot dans un restaurant chinois. Plongeur, puis videur, il va peu à peu gravir les échelons pour devenir chauffeur et homme de main d’un ponte de la mafia chinoise. Sa volonté sans limite et sa force physique lui font rapidement gagner la confiance de ses employeurs qui l’ont surnommé « Crazy Joe ». En voulant retrouver son ancienne petite amie, Joey découvre qu’elle a été assassinée. Il se jure de tout faire pour la venger. Commence alors pour lui une plongée infernale dans les pires bas-fonds de Londres… Ce film est sortie dans les salles depuis le 10 Juillet 2013.

Fiche Technique – Crazy Joe

Réalisé par : Steven Knight
Avec : Jason Statham, Siobhan Hewlett, Santi Scinelli
Titre Original : Hummingbird
Genre : Action, Thriller, Drame
Durée : 1h 40min
Nationalité : AméricainDistributeur : Metropolitan FilmExport

Monstres Academy, de Dan Scanlon : Critique

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Monstres Academy ou comment devenir une Terreur !

C’est en déjà en 2002 que le monde découvrait Monstres et compagnie, grand succès planétaire, auprès des grands comme des petits. C’est donc avec une attente non dissimulée mais aussi une petite crainte, que se dévoile enfin ce préquel, également produit par les studios Pixar et Disney : Monstres Academy, réalisé par Dan Scanlon, artiste animateur sur le prodigieux Toy Story 3 (2010).

C’est effectivement avec un grand plaisir que nous retrouvons toute la galerie diversifiée de ces bêtes monstrueuses mais si attachantes qui s’efforcent d’effrayer les petits enfants dans le noir. L’action se déroule avant le premier opus, quand Bob et Sulli sont sur les bancs de l’université de la peur. Avant de devenir une paire inséparable, les deux compères aux caractères si différents, ne sont pas les meilleurs amis du monde et ont des caractères bien opposés : Bob est un élève studieux et appliqué ; il ne ménage pas ses efforts, persuadé que seule la persévérance et la ténacité lui permettront d’accomplir son rêve : devenir une Terreur.

Tandis que Sully, grand monstre à la fourrure bleue, personnage exubérant et imbu de lui-même, provient d’une grande lignée de Terreurs, et estime ne pas devoir travailler pour développer son don naturel pour terrifier. Pour prouver qu’ils sont les meilleurs, Bob et Sulli vont participer aux Jeux de la Terreur, une compétition entre les différentes fraternités, qui doivent s’affronter sur de multiples épreuves, afin de distinguer les monstres les plus prometteurs. Ils sont alors contraints ensemble de former la fraternité éclectique des Oozma Kappa. Une véritable guerre des fraternités débute, surtout avec les ROR, les plus féroces adversaires des Oozma Kappa. Une aventure qui donne aux spectateurs quelques scènes à mourir de rire, comme celle de l’épreuve de course sur des chardons fluorescents.

Même si l’intrigue prend ici une forme un peu linéaire et somme toute classique, Monstres Academy repose sur une animation brillante et d’un grand réalisme, et constitue une aventure hilarante et bien rythmée, qui rend hommage à la tradition américaine des films universitaires.

Le spectateur de tout âge appréciera la petite morale intelligente qui se dégage de cette histoire et de tous ces personnages si atypiques et attachants : malgré les obstacles et les moqueries, seule la persévérance permet d’accomplir ses rêves ; devenir grand n’est pas si facile : ce rite d’apprentissage contraint aux compromis, à l’échange, et à l’affirmation de soi… Monstres Academy est un divertissement merveilleux, qui dépasse largement son statut de simple préquel, ou de deuxième opus à visée commerciale. Cette animation brillanté et maline, n’a en fait pas grand-chose à envier à Monstres et compagnie. A consommer sans modération !

Synopsis : Lors d’une visite chez Monstres et Compagnie, le petit monstre monoculaire, Bob Razowski a une révélation : il va devenir une Terreur ! Aujourd’hui, il est enfin en première année à la prestigieuse université Monstres Academy. Son plan de carrière bien préparé est pourtant menacé par sa rencontre avec James P. Sullivan, dit Sulli, un vrai crack qui a un don naturel pour Terrifier. Aveuglés par leur rivalité, tous deux finissent par se faire renvoyer de l’université. C’est alors qu’ils comprennent qu’ils vont devoir apprendre à travailler ensemble, avec un petit groupe de monstres bizarres et mal assortis…

Avec les voix VF d’Eric Métayer (Bob Wazowski), Xavier Fagnon (Sulli), Jamel Debbouze (Art), Cathrine Deneuve (La Doyenne Hadscrabble)…

World War Z, un film de Marc Forster : Critique

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World War Z est un blockbuster calibré pour le grand public, un film de zombies édulcoré au montage épileptique qui ne manque pas de rythme mais d’audace et d’hémoglobine. En un mot du Cinéma fast-food.

Synopsis : Gerry Lane, un ancien enquêteur réputé de l’ONU s’est rangé de son passé tumultueux et passe des jours tranquilles avec sa famille. Un matin, bloqué par les embouteillages, il assiste impuissant, à un carnage dévastateur : le monde est envahi par un virus fulgurant d’origine animale, qui a subi une mutation, et qui transforme les hommes en morts-vivants par le biais de morsures. Gerry en réchappe de peu avec sa famille. Les forces de l’ordre viennent le chercher en hélicoptère, le contraignent à reprendre du service et à enquêter sur les origines de la pandémie à travers le monde. Pour protéger sa famille, Gerry n’a d’autre choix que d’accepter cette mission hautement périlleuse… 

Invasion de Zombies rapides, guerre sans hémoglobine 

World War Z est l’adaptation cinématographique du roman éponyme de Max Brooks, dont les droits ont été achetés en 2006. Le fils du grand Mel Brooks est reconnu en tant que spécialiste de la « culture zombie » grâce notamment à son célèbre « Guide de survie en territoire zombie » (2003). Dans son roman « World War Z » (2006), il adopte un point de vue réaliste dans les faits, et psychologique. L’agent des Nations-Unies qu’il incarne, intervient après l’invasion pour recueillir les témoignages et raconte comment les zombies ont envahi petit à petit la planète, visant ainsi une description universelle, une collection de points de vue individuels, sous la forme d’interviews entre l’auteur et les personnages. Cette réalisation a connu de sérieux problèmes d’écriture. Le tournage qui devait commencer en 2009, s’est vu retarder par un script non achevé et le projet a vu bon nombre de scénaristes défiler. Le final a dû être réécrit quasiment à la dernière minute avant d’être remis à Marc Forster. Ce touche-à-tout suisse, lancé par le très beau et dramatique A l’ombre de la haine (2001), également réalisateur de Quantum Of Solace (2008), du thriller Stay, (2005), du mélodrame Neverland (2004) ou de l’intriguant Les Cerfs-volants de Kaboul (2007), n’a pourtant jamais eu l’occasion de vraiment s’illustrer dans des blockbusters aux budgets conséquents. World War Z est donc son coup d’essai dans le genre catastrophe-infection à l’échelle planétaire. Des rumeurs de difficultés de budget et de mésentente entre Brad Pitt et le réalisateur, ont également circulé. Il faut « laisser du temps au temps » disait Lamartine. Est-ce que le temps a profité à ce projet, à la gestation si difficile ?

war-world-z-attaqueLe très attendu World War Z est un film de zombie sous une forme inédite, un blockbuster, qui marque le retour de Brad Pitt à l’affiche. A 50 ans, l’acteur américain s’accorde une petite pause récréative dans une carrière remplie, ces dernières années, de films d’auteurs et de réalisateurs virtuoses. Même s’il n’est pas un spécialiste du genre, l’acteur réussit à porter ce blockbuster sur ses épaules avec charisme et talent et interprète un Gerry Lane à l’instinct de survie incroyable, omnipotent, omniscient, et surtout indestructible, au brushing parfait, dans cette traversée tumultueuse d’un monde rempli de zombies. Les personnages secondaires sont peu développés : Mireille Enos (The Killing, 2011, Gangster Squad, 2013) est cantonnée au rôle de femme éplorée ; Elyes Gabel (Dr Andrew Fassbach), le virologue d’Harvard, fait une apparition éclair avant de mourir aussi subitement que stupidement. De même pour David Morse, en ancien agent de la CIA, dans un rôle manquant cruellement d’épaisseur. Même Matthew Fox (acteur principal de la série Lost) en est réduit à un piètre rôle de parachutiste. Nous soulignerons néanmoins l’excellente prestation de Daniella Kertesz (Seguen) en jeune soldat israélienne, seule véritable humanité du film. Outre les valeurs bien américaines que tous ces personnages véhiculent (parfaite famille américaine, superpuissance et héroïsme de l’armée, idéologie orientée sur la barrière de protection israélienne, héroïsme sans borne de Gerry…), ils manquent surtout de profondeur psychologique. Les fans du livre de Max Brooks risquent d’être déçus tant le coté géopolitique et psychologique de son œuvre ont été exclus du film, pour se recentrer sur l’aventure personnelle du personnage de Gerry.

L’intrigue quant à elle, se situe à mi-chemin entre Contagion (2011) pour l’aspect scientifique et 28 jours plus tard (2002) pour le rythme et les zombies survitaminés. Elle plonge immédiatement le spectateur dans l’action, en offrant une vision apocalyptique d’une rapide propagation du virus à l’échelle planétaire. L’ensemble tient la route et contient des petits bijoux de grand spectacle, comme le début de l’épidémie et les mouvements de foule à Philadelphie, l’échelle de zombie sur le mur de Jérusalem, ou le crash aérien. Les effets spéciaux sont réussis. Les prises de vues aériennes sont superbement filmées, ce qui n’est pas toujours le cas des courses-poursuites filmées caméra à l’épaule pour un plus grand réalisme, mais qui aboutissent à une mise en scène saccadée et décousue.

attaque zombieLa portée du spectacle est également réduite par la volonté de Marc Foster de faire un divertissement tout public. L’absence d’effets gore et de violence, vue d’obtenir une mention « PG-13 », nuit à l’intensité de l’ensemble. Les fans de The Walking Dead entre autres, risquent d’être déçus : ils ne verront pas des hectolitres d’hémoglobine ou autres viscères dégoulinantes… En outre, les zombies du film font plus rire que fuir : ils sautent, sont incroyablement agiles et rapides et réagissent de façon très réactive aux bruits. Le long-métrage regorge de hors-champs, ce qui est un de ses gros points négatifs : le spectateur ne voit jamais une scène de violence directe. La dernière partie du film ne parvient pas, pour ces mêmes raisons, à se transformer en véritable thriller horrifique dans des couloirs cliniques comme dans Resident Evil (2002). Les couloirs du bâtiment de l’OMS offraient pourtant le cadre idéal à un huis-clos haletant. Le scénario dans l’ensemble est assez prévisible, souffre de nombreuses invraisemblances et le dénouement est bâclé. D’ailleurs, la fameuse enquête de Gerry à travers le monde (les États-Unis, La Corée, Israël, la Russie et l’Irlande), dans l’espoir de retrouver le patient 0, n’aboutira finalement à rien ou presque, hormis une théorie du camouflage intéressante certes, mais non aboutie. Le spectateur aurait aimé au final, en savoir plus sur l’origine même du virus.

world-war-z-vaccinSi la bande son s’accorde très bien avec les scènes épiques du film (Isolated System de Muse), il est toutefois regrettable, une fois n’est pas coutume, que la bande annonce dévoile les scènes les plus impressionnantes, que la 3D n’apporte pas grand-chose au film, et que l’on place une publicité du héros buvant une canette de Pepsi au cours du dénouement. De même, les dialogues ne sont pas d’une profondeur abyssale mais ont au moins le mérite de faire rire, comme cette réplique déjà culte : « La cervelle c’est nickel, mais les rotules c’est pas nul ».
Avec un budget titanesque de 190 millions de dollars, World War Z ne parvient pas à révolutionner le genre du film zombie. Il n’atteint jamais la critique sociale, l’esprit contestataire du maitre du genre Georges A. Romero dans La nuit des morts vivants, ni la virtuosité d’un Zack Snyder dans L’Armée des Morts, et encore moins la beauté lyrique d’un Danny Boyle dans 28 jours plus tard. C’est une œuvre inégale, inachevée, et manquant d’ambition et de suspense. A défaut d’avoir une véritable personnalité, ce film demeure un divertissement acceptable, qui possède une énergie réelle, mais qui manque d’esprit. Une suite est déjà en préparation, et réservera espérons le, son lot de surprises.

World War Z : Bande-annonce

World War Z : Fiche technique

Réalisation : Marc Forster
Scénario : Matthew Michael Carnahan, Drew Goddard, Damon Lindelof d’après l’oeuvre de Max Brooks
Interprétation : Brad Pitt (Gerry Lane), Mireille Enos (Karen Lane), Elyes Gabel (Dr. Andrew Fassbach), James Badge Dale (Captain Speke), David Morse (Ex-CIA Agent), Matthew Fox (Parachutiste)…
Photographie : Ben Seresin
Montage : Roger Barton, Matt Chesse
Musique : Marco Beltrami
Décors : Nigel Phelps
Production : Brad Pitt, David Ellison, Dede Gardner, Jeremy Kleiner, Ian Bryce
Distribution : Paramount Pictures France
Genre : Action, horreur
Durée :  116 minutes
Date de sortie française : 3 juillet 2013

Etats-Unis – 2013

The Bay, de Barry Levinson : Critique

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The Bay : Invasion d’isopodes et scandale politico-sanitaire

Synopsis : Baie de Chesapeake dans le Maryland, 4 juillet 2012, jour de la fête nationale. Une journaliste débutante revient avec des documents inédits sur les événements passés 3 ans plus tôt, où elle fut le témoin d’une contagion par un parasite non identifié qui contamina le lac et provoqua en quelques heures des centaines de morts … Interdit aux moins de 12 ans

Barry Levinson, réalisateur de plusieurs chefs d’œuvre dans les années 80-90 [i] , effectue un come-back aussi inattendu qu’improbable avec un film-documentaire fantastique à micro-budget, filmé en 18 jours, présenté en septembre 2012 au Festival international du film de Toronto et produit par Jason Blum et Oren Péli [ii]. : le récit d’une panique générale suite à une épidémie mortelle causée par un parasite toxique.

A l’instar du Projet Blair Witch (1999) pionnier en la matière, le réalisateur américain choisit la technique du found footage [iii] pour donner à son récit une plus grande crédibilité. Par ailleurs, il fait le choix astucieux à travers une mosaïque de portraits, de présenter différents intervenants, dont celui d’une jeune journaliste, incarnée par Kristen Connolly [iv], d’océanographes, ou d’analystes du Centre de contrôle des maladies, et d’utiliser habilement les médias contemporains pour rendre compte du développement et de la propagation de l’épidémie. Ainsi Levinson exploite tout le panel des armes de communication virale contemporaines, pas moins de 21 supports médias différents (radio, podcasts, réseaux sociaux Facebook, Twitter, YouTube, GPS, e-mails, blogs, Skype, Wikipédia, webcams, télésurveillance, smartphones, appareils photos, produits Apple …), et montre avec ingéniosité à quel point toute cette technologie de pointe ne permet nullement d’enrayer la pandémie.

The Bay impressionne, tant par sa maîtrise des mécanismes de la peur que par son propos écologico-réaliste. Aux yeux du spectateur, la distinction entre réalité et fiction est rapidement brouillée. A partir d’une base plutôt classique de la théorie du complot, Barry Levinson élabore le scénario malin d’une enquête scientifiquement très convaincante, qui présente tour à tour les intervenants d’une catastrophe survenue et montre l’engrenage implacable qui conduit au désastre sanitaire. L’irresponsabilité du gouvernement et son silence face aux risques écologiques, ainsi que le retard des autorités sanitaires dans la prise en charge de la contamination accentue la psychose collective au fil de ce drame. Levinson pose un regard d’une grande acuité sur la batterie de poulets que nous sommes, gavés de nos rêves de bien-être consumériste et de nos déjections qui finiront par avoir notre peau.

L’effet « reportage » nous plonge dans la réalité du sujet, et du coup le spectateur se fait surprendre mais aussi s’inquiète. Quelques frissons garantis lors de certaines séquences : une ville jonchée de cadavres, un peu d’hémoglobine, des éruptions cutanées ou autres pustules peu ragoutants, des langues arrachées, des insectes écœurants ou autres isopodes rampants rongeant littéralement les corps humains, le suicide comme unique alternative …

The Bay une fiction fantastique efficace, à l’ambiance sinistre et anxiogène. Un film-documentaire épuré, vraiment flippant et au caractère écologique et prophétique, que ne dénigreraient pas David Cronenberg ou Guillermo del Toro. Bonne baignade !

Teaser du film The Bay de Barry Levison


[i] Barry Levinson est un réalisateur, acteur, scénariste et producteur américain. Dans les années 80-90, il fut l’auteur à succès de Diner (1982), Le secret de la pyramide (1985), Good Morning, Vietnam (1987), Rain Man (1988), Sleepers (1996), Des hommes d’influence (1997), Sphere (un peu sous-estimé, 1998) ou encore Liberty Heights (1999). Un peu en marge du monde hollywoodien, après l’échec de Bandits (2001), il revient en 2012 avec le téléfilm You don’t know Jack. Ce vétéran du cinéma était peu attendu dans l’essai cinématographique du found footage.

Jason Blum et Oren Péli sont des spécialistes des films rentables à petit budget. Ils sont les producteurs de la saga Paranormal Activity, Insidious (2011), Sinister (2012), et Dark Skies (2013).

[iii] Souvent décrié, le found footage désigne la récupération de pellicules impressionnées dans le but d’enregistrer un autre film. Le procédé accroît la crédibilité de ce qui pourrait être un vrai documentaire. Cette mode fut initiée par le Cannibal Holocaust de Ruggero Deodato (1980), puis par Le projet Blair Witch (1999), REC (2007) ou de Cloverfield (2008).

Kristen Connolly fut révélée dans le film d’horreur La Cabane dans les bois de Drew Goddard (2012).

Electrick children : une musique pétillante pour un film singulier

Electrick children – la BO  du film – Musique composé par Eric Colvin

Le premier long métrage réalisé par Rebecca Thomas, Electrick Children est un conte touchant, captivant, magnifiquement raconté, avec un casting de charme.  Eletrick Children est un hommage aux rebelles de toutes sortes, une collision entre religion et musique, irrésistiblement pétillant comme un sachet de Pop Rocks.

L’histoire commence par la découverte d’une cassette bleue qui changera à jamais la vie d’une jeune fille vivant dans une communauté mormon dans l’Utah. Fascinée par ce qu’elle écoute, une musique écrite par Jack Lee Hanging on the phone, créée par le trio américain The Nerves,  rendu célèbre par Blondie à la fin des années 70.

Rachel interprétée par l’actrice Julia Garner part à la recherche de l’homme chantant sur la cassette, persuadée qu’il est lié à sa mystérieuse grossesse, affirmant avoir une subie une immaculée conception à l’écoute de la musique.L’utilisation du son est certainement la partie la plus fascinante du film, cet étrange mélange audio où se mêle le crépitement de la voix enregistrée de Rachel sur la cassette lors de son anniversaire et la fameuse chanson Hanging on the phone.

Tracklist Eelectrick Children

1. Top Of The Hill — Conduits

2. Hanging On The Telephone — Flowers Forever

3. Vampires — Refried Ice Cream

4. Scotch on the Rocks — Mars Black

5.A Gentleman Caller — Cursive

6. Computer Screens & TVs — Capgun Coup

7. Ghosts Outside Of My Hands — Nona

8. Love this track

9 . Fine Line — Bloodletters

10. Keep Comin’ Back — Taylor Hollingsworth

11 The Best Treasure Stays Buried — Zoey Van Goey

12. Misery Train (Enso Remix)

Paroles Hanging on the phone

I’m in the phone booth, it’s the one across the hall If you don’t answer,
I’ll just ring it off the wall I know he’s there, but I just had to call
Don’t leave me hanging on the telephone
Don’t leave me hanging on the telephone
I heard your mother now she’s going out the door
Did she go to work or just go to the store
All those things she said,
I told you to ignore Oh why can’t we talk again Oh why can’t we talk again Oh why can’t we talk again
Don’t leave me hanging on the telephone Don’t leave me hanging on the telephone
It’s good to hear your voice, you know it’s been so long If I don’t get your call then everything goes wrong I want to tell you something you’ve known all along Don’t leave me hanging on the telephone
I had to interrupt and stop this conversation Your voice across the line gives me a strange sensation I’d like to talk when

I can show you my affection Oh I can’t control myself Oh I can’t control myself Oh I can’t control myself Don’t leave me hanging on the telephone
Hang up and run to me Whoah, hang up and run to me Whoah, hang up and run to me Whoah, hang up and run to me Whoah oh oh oh run to me

Electrick Children, de Rebecca Thomas

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Electrick Children de Rebecca Thomas : Immaculée conception, fable biblique et initiatique

Sélectionné en 2012 aux festivals de Deauville et de Berlin (section Generation), ce premier long métrage autobiographique, au style épuré, de la réalisatrice américaine Rebecca Thomas, est une œuvre mystérieuse et sensible, d’une grande poésie, et qui malgré ses imperfections, saura satisfaire les amoureux du cinéma d’auteur.

Rachel (la lumineuse Julia Garner) est le personnage central qui symbolise une problématique universelle, celle de la rupture avec sa communauté, la recherche de ses origines, le « connais-toi toi-même ! » de Socrate.

Rachel étant convaincue d’avoir été fécondée par la voix entendue sur un vieux magnétophone, cherche sa voie résolument, opiniâtrement, même si pour cela, elle est prête à affronter l’inconnu, la ville, ses dangers, ses tentations, l’ennemi même : Las Vegas, avec ses néons tapageurs, ses rencontres fortuites, des jeunes désœuvrés et blasés, filant cheveux aux vents sur leur skateboard, jouant aux jeux vidéos et amateurs de rock. Elle entraîne dans son sillon son jeune frère, M. Will (Liam Aiken), lui aussi chassé de la communauté persuadée qu’il est le père, mais qui ne parvient jamais à s’en détacher véritablement. Dans ce voyage initiatique, elle rencontrera aussi peut-être l’amour réaliste en la personne de Clyde (Rory Culkin), jeune rocker aux cheveux longs, au vécu similaire qui devient son confident salvateur. Lui aussi vit cette rupture avec ses parents.

Rebecca Thomas, elle-même issue d’une famille mormone, évite l’écueil de la caricature, du règlement de comptes ou du prosélytisme mais souligne avec une ironie bienveillante et une grande finesse, ces existences bannies de la réalité. L’interprétation des tous les acteurs est juste, et la lumière somptueuse de ce film dégage une impression de douceur.

Electrick Children n’est pas seulement une fiction initiatique sur l’adolescence en quête de vérité, mais une expérience singulière, une fable mystique et biblique, une relecture contemporaine de l’histoire de la vierge Marie. La réalisatrice laisse d’ailleurs planer le doute quant à savoir si cette immaculée conception est réelle ou fictive. Même si le scénario est un peu faible, ce film demeure une riche idée de cinéma à la façon de Gus Van Sant [ii], tant les thématiques abordées sont universelles : l’origine de l’enfant, la conception, la rupture sociale, l’arrachement de soi, le feu de la révolte adolescente face à l’iniquité, une quête sociale, mais aussi mystique et religieuse. Une belle fable nocturne au charme indéniable !

Fiche technique : Electrick Children

Réalisation : Rebecca Thomas
Interprétation : Julia Garner (Rachel), Rory Culkin (Clyde), Liam Alken (Mr Will), Bill Sage (Tim), Billy Zane (Paul), Cynthia Watros (Gay Lynn)
Scénario : Rebecca Thomas
Image : Mattias Troelstrup
Décors : Elizabeth Van Dam
Costumes : Stacey Berman
Montage : Jennifer Lilly
Musique : Eric Colvin
Producteur(s) : Richard Neustadter, Jessica Caldwell
Production : Live Wire Films
Distributeur : Bac Films
Durée : 1h33
Date de sortie : 26 juin 2013

Synopsis : Rachel vit avec ses parents dans une communauté mormone fondamentaliste de l’Utah. Le soir de ses 15 ans, portée par un élan d’ailleurs, elle découvre par hasard une cassette bleue, contenant une chanson « Hanging on the telephone » [i], interprétée par un rocker du coin, une révélation pour l’adolescente. Lorsque trois mois plus tard Rachel tombe enceinte, elle est persuadée que ce morceau de musique en est la cause. Ses parents veulent alors la marier de force. Rachel s’enfuit à Las Vegas, à la recherche de l’interprète de la chanson, persuadée qu’elle pourra appréhender le mystère de cette immaculée conception.

Electrick Children Extrait du Film


[i] La fameuse chanson « Hanging on the telephone » a été écrite par Jack Lee et immortalisée par Blondie
[ii] Ce film évoque les thèmes abordés par le réalisateur américain Gus Van Sant, notamment dans son Paranoid Park (2007), un drame émouvant sur la transformation adolescente.

Critique : Moi, moche et méchant 2

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Moi, moche et méchant 2 : Hommage au film d’espionnage et gloire des minions

Trois ans après le premier épisode, un succès incroyable au box office mondial avec une recette de 543 millions de dollars qui permit de lancer un nouveau studio d’animation Illumination Entertainment, Gru et ses adorables minions, toujours aussi loufoques, sont de retour !

Moi, moche et méchant 2 est un film d’animation très drôle, sincère et bien rythmé. Ce film est un véritable hommage aux vieux films d’espionnage des années 70, principalement les James Bond. C’est aussi une collaboration franco-américaine avec aux commandes les réalisateurs Chris Renaud et Pierre Coffin.

Les minions ont ici une place de choix : leur naïveté, leur potentiel humoristique, leurs mimiques et leurs gags incessants sont superbement exploités. Le personnage de Gru reste malgré tout bien présent à travers une intrigue travaillée sur fond d’enquête policière déjantée, des décors futuristes, et des gadgets en pagaille, comme le rouge à lèvre taser. Les 3 fillettes sont toujours aussi émouvantes, attachantes et sympathiques.

Dans le premier épisode, Gru devenait père ; ici, il jouit toujours de sa paternité avec Agnès, mais subit également l’adolescence de Margo et son affection naissante pour le séduisant Antonio, le fils d’Eduardo Perez, le propriétaire du restaurant Salsa & Salsa. Gru trouve également une partenaire, et sait se montrer touchant. rachel moi, moche et méchant

L humour et l’amour sont donc bien présents dans ce second volet. On peut également faire l’éloge d’une bande annonce, qui pour une fois est honnête, et ne dévoile pas la majeur partie du film. La 3D est réussie, et l’animation sensationnelle. A la bande son on notera le retour de Pharrell Williams. Il y a également Pitt Bull, David Guetta, Nicki Minaj ou encore Flo Rida, et surtout une reprise hilarante de la chanson « I Swear » du groupe « All 4 one » par les minions, à la fin du film. Il faut rester jusqu’au générique pour apprécier une petite animation qui exploite la 3D et qui annonce un spin-off exclusivement consacré aux aventures des minions, annoncé pour la fin 2014 : Les minions, le film.

Si on peut regretter une intrigue un peu paresseuse, une fin spectaculaire et un happy-end final attendu, Moi, moche et méchant 2 demeure un film divertissant, très amusant et attendrissant, où l’humour côtoie les bons sentiments et dont le message pacifiste fera sourire petits et grands. En 2014, le spectateur connaîtra la joie de retrouver sur grand écran une multitude de petites créatures jaunes, pour une aventure n’en doutons pas, toujours aussi enlevée et délirante…

Synopsis  : Gru, le plus méchant de tous les temps est désormais devenu le plus gâteau des papas poules. Il s’épanouit à présent dans une existence tranquille en compagnie de ses filles adoptives, Margo, Édith et Agnès et de ses hilarants minions. Alors qu’il commence à peine à s’adapter à sa nouvelle paternité, une organisation ultra-secrète menant une lutte acharnée contre les crimes dans le monde enlève Gru et lui confie avec sa charmante coéquipière Lucy, la responsabilité d’arrêter les méfaits d’un nouveau criminel impitoyable et beaucoup plus coriace que prévu : El Macho… A partir de 6 ans.Avec les voix VF de Gad Elmaleh (Gru), Audrey Lamy (Lucy Wilde), Eric Cantona (Eduardo Perez, propriétaire du restaurant)

Fiche technique : Moi, moche et méchant 2

Titre original : Despicable me 2
Réalisateurs : Pierre Coffin – Chris Renaud
Acteurs : Eric Cantona, Steve Carell, Kristen Wiig, Audrey Lamy
Genre : Animation, 3D
Date de sortie : 26 juin 2013
Durée : 1h39mn

Extrait Moi, moche et méchant 2