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2 Jours 1 Nuit : Critique du film

2 Jours 1 Nuit : Une fresque sociale à fleur de peau portée par le talent de Marion Cotillard

Ça commence par un visage. Fatigué. Endormi. Abattu. Ce visage, c’est celui de Sandra, modeste employée d’une entreprise de panneau solaire qui va être confrontée à la sauvagerie et l’âpreté du monde contemporain lorsqu’elle apprend son licenciement, obtenu suite à un vote effectué par ses collègues de travail, devant choisir entre son renvoi ou une prime. Bénéficiant d’un sursis d’un weekend, 2 jours et 1 nuit (les frères Dardenne ont toujours opté pour des titres évocateurs et simplistes), celle-ci va, a l’instar d’un Henry Fonda dans le mythique 12 Hommes en Colère, tenter de rallier à sa cause ces mêmes collègues ayant voté pour son renvoi.

Un personnage principal féminin, une thématique sociale forte, un minimalisme de la production apparent : nous sommes bien dans un film des frères Dardenne. Tandem de réalisateurs belges connus pour figurer dans la courte liste des doubles récipiendaires de la Palme d’Or, au même titre que Francis Ford Coppola ou Emir Kusturica, ils demeurent en compagnie de Mike Leigh ou plus indirectement Abdellatif Kechiche, les chefs de file du cinéma social européen et aussi les maîtres de la représentation du vrai.

Point de sous-entendu philosophique, mais plus la propension, la dextérité que ces cinéastes ont de capter l’instant présent, de saisir le vrai. Le cinéma des Dardenne est un cinéma brut, dépouillé de tout vernis ou artifices, un cinéma qui ne glorifie pas ou ne soumet pas au misérabilisme ses personnages. Un cinéma qui dresse des personnes, face à l’adversité d’un monde devenu impitoyable, gangrené par la crise économique, les difficultés, la peur et l’incertitude. En somme un cinéma poussant jusqu’à son paroxysme l’aspect social.

Un aspect maintes et maintes fois étudié dans leur filmographie mais jamais répété. Que ça soit l’errance d’une jeune femme à la recherche de travail dans Rosetta, les problèmes relatifs à l’insertion dans Le Fils, la précarité et les choix désespérés qu’on est prêt à faire pour en sortir dans L’Enfant, ou la filiation dans Le Gamin à Vélo, cette thématique rend compte d’une certaine manière de la vision du cinéma qu’entretiennent ces deux réalisateurs. Une vision qui se veut davantage contemplative que lucrative et qui de fait, privilégie un style intimiste, un style personnel doublée d’une simplicité et d’une profondeur paradoxale et très loin des figures attendues du cinéma social ou musiques larmoyantes et intrigues complexes sont légions.

Deux Jours, Une Nuit, perpétue cette image d’un monde où règne l’adversité et où la vie est un combat tant celui auquel se confronte Sandra parait sans issue !

Ce quasi chemin de croix auquel elle doit se plier, ce devoir de mendiante dont elle doit s’acquitter, cet espoir de susciter par sa demande la compassion et non pas la pitié, illustre les ravages de la crise économique, événement ayant fait resurgir des sentiments aussi primaires que l’égoïsme, la haine et le mépris et ayant conduit à la situation où elle se retrouve empêtrée.

Pourtant l’espoir subsiste. C’est bel et bien l’espoir, l’espoir de continuer pour réussir à conserver son emploi, l’espoir de voir ses collègues accepter en guise d’humanité l’abandon de cette prime qui leur est résolument nécessaire, qui pousse Sandra dans ses derniers retranchements, qui l’oblige à tout tenter. Un espoir également apporté par le rôle de Fabrizio Rongione, qui à l’instar du spectateur que nous sommes, veut y croire, comptabilise les voix obtenues et celles qui reste à obtenir, veut croire que l’égoïsme peut s’effacer face à l’humanité revendiquée par Sandra. Pour incarner cette femme, presque droguée au Xanax et toute droite sortie de dépression, les frères Dardenne, ont une fois de plus réussi à trouver la personne au diapason de ce plaidoyer sur la dignité : Marion Cotillard !

Encore raillée outre-Atlantique pour sa mort grotesque dans le dernier volet de Batman, Cotillard opère ici rien de moins qu’une renaissance tant la prestation qu’elle dégage est désarmante de sincérité. Cette sincérité est grandement due au traitement de son personnage. Cette fois-ci, point de costumes grimés Dior, de maquillage tape à l’œil ou démarche envoutante, la Sandra que joue Cotillard n’est qu’un personnage de plus sur l’autel du désespoir érigé par les Dardenne. Jean délavé, et simple débardeur sur le dos, presque mise à nu, Marion Cotillard peut ici exprimer son talent, qui indéniablement devrait être mieux reconnu dans son pays tant celui-ci est grand !
Un talent qui jusqu’à un final quoique surprenant et décevant, ne faiblit pas et rend incroyablement humaine cette nouvelle incursion des frères Dardenne dans le milieu social.

Synopsis: Un jour, un chef d’entreprise demande à ses employés de choisir entre leur prime annuelle de mille euros ou virer une de leurs collègues, Sandra. Cette femme qui fait parfaitement son travail ne supporte pas l’injustice qu’on lui fait. Sans formation, elle ne peut pas se permettre de perdre son emploi. Soutenu par Manu, son mari, elle va alors tenter de convaincre ses collaborateurs de renoncer à leur prime pour qu’elle puisse rester dans l’entreprise. Elle ne dispose que d’un week-end pour les persuader. Si certains de ses collègues acceptent sans hésiter, d’autres, aux fins de mois difficiles, renâclent et refusent de l’aider…

Fiche Technique : Deux jours, une nuit

Réalisateurs: Jean-Pierre et Luc Dardenne
Scénaristes: Jean-Pierre et Luc Dardenne
Casting: Marion Cotillard, Fabrizio Rongione, Pili Brise-lames, Simon Caudry, Catherine Salée, Baptiste Sornin, Timur Magomedgadzhiev, Philippe Jeusette, Christelle Cornil, Serge Koto, Olivier Gourmet
Nationalité: Français, Belge
Genre: Drame
Date de sortie: 21 Mai 2014
Producteurs: Jean-Pierre et Luc Dardenne, Denis Freyd
Producteur exécutif: Delphine Tomson
Directeur de la photographie: Alain Marcoen
Chef décorateur: Igor Gabriel
Costumière: Maira Ramedhan-Levi
Éditeur: Marie-Hélène Dozo

 

 

 

Grace de Monaco : Critique du film

Grace de Monaco : Une fresque biographique scintillante et lénifiante !

« Fenêtre sur Four », « Délicieuse catastrophe », « Royal navet » ; autant d’expressions qui frôlant l’oxymore, attestent du dégoût généralisé de la presse mondiale pour Grace de Monaco, la dernière œuvre d’Olivier Dahan, réalisateur français adepte du béret et qui depuis son film La Môme, est devenu le porte-étendard des éloges panégyriques féminins, comprenez un hommage à une illustre personne la plupart du temps exagéré.

Mais, face à autant de paroles assassines, la réelle question est de savoir si ce lynchage public en bonne et due forme est justifié ou s’il symbolise l’élitisme et l’égo surdimensionné des critiques, soucieuses de faire bonne figure en détruisant de temps à autres le film d’un réalisateur inégal ?
Car, Olivier Dahan, après sa comédie footballistique lourdingue Les Seigneurs, est clairement une cible à abattre aux yeux des critiques. Il a besoin de se ressourcer, de revenir à ce qui a fait sa renommée, à savoir le biopic quasi canonisant tout en évitant la déconvenue occasionnée par Diana, d’Olivier Hirschbiegel, qui souhaitant lui aussi lever le voile sur une personnalité iconique, s’est lamentablement planté en livrant une fiction lénifiante et bourrée de pathos !

Mais cette fois, point d’hommage à une princesse britannique mais bien à une actrice de renom devenue princesse monégasque : Grace Kelly !
Native de Philadelphie et issue d’une riche famille ne la souhaitant pas voir vivre son rêve de comédienne, celle qui joue sous la houlette des plus grands de l’époque tels qu’Hitchcock ou Zinnemann s’est vite forgée une renommée s’exportant au-delà des frontières américaines et qui se fraie un chemin jusque sur les plages monégasques un beau jour de l’année 1956. Une renommée qui trouve son point d’orgue lorsque celle-ci se marie avec le Prince Rainier III, Prince Souverain de Monaco, permettant alors de cristalliser en une union le rêve de millions de petites filles à devenir des princesses (Merci Disney au passage).

Et pourtant, chaque conte de fée recèle de nombreuses facettes. Il y a les paillettes et les avantages liés au rang et au statut mais surtout le protocole. Un protocole bien difficile à suivre lorsqu’Alfred Hitchcock de par son projet de film amène ce feu artistique qu’elle accepte d’éteindre mais qui la consume encore. Une voie qui lui manque et qui, couplée à des problèmes maritaux et une situation politique tendue (la menace d’annexion de la France) la font douter et la confronte à une question, qui constitue le cœur du film : comment passer le reste de sa vie dans un lieu où elle ne peut pas être soi-même ?

Une image et un questionnement, qui bien qu’intéressant souffrent d’une gestion très maladroite. En effet, avec Grace de Monaco, Dahan, peu soucieux de se voir attribuer l’étiquette d’historien et relater les événements tels que l’Histoire les dicte ( l’historien Jean des Cars, spécialiste de la famille royale monégasque, a d’ailleurs déclaré après visionnage du film qu’ « historiquement, politiquement, sociologiquement et humainement, il n’y a pas une scène ni une réplique qui soit conforme à la réalité ni même à la vraisemblance. »), opte pour une mise en scène s’affranchissant du protocole des biopics et propose ainsi une fiction inspirée de faits réels qui ne cherche pas à réinventer la réalité mais bel et bien à la repeindre.

Repeindre oui, car Dahan préfère l’étiquette d’artiste à celle d’historien. Tel un Picasso de la pellicule, celui-ci cherche par les libertés qu’il prend avec l’Histoire, à dresser de manière assez fidèle le portrait caché de cette Princesse méconnue en mettant a disposition de Nicole Kidman la palette d’émotions que ressent Grace, entre peur, incertitude, déception et enfermement. Grace de Monaco, ce sont des émotions, qui de par leur surexploitation laisse transparaître le réel défaut du film : la vacuité de son scénario. Personnages la plupart du temps assez creux et réduits à des stéréotypes, baisse de régime due à l’improvisation ou encore mélange hasardeux entre film d’espionnage, film de conspiration, récit familial et drame scintillant, le film est un peu tout à la fois, sans jamais donner une ligne directrice.

Tout juste, pouvons-nous nous extasier devant la représentation des années 1960, qui parfaitement retransmise, évite au film de sombrer dans les limbes de la nullité. Et, comme pour imprimer nos rétines d’une dernière image choc, Dahan prend un malin plaisir à transformer Grace Kelly en héroïne aguicheuse avec un regard de braise et pose suggestive ; comme si dans un dernier baroud d’honneur, celui-ci cherchait à rendre son œuvre aussi flamboyante qu’une chandelle romaine !

Synopsis : Lorsqu’elle épouse le Prince Rainier en 1956, Grace Kelly est une star de cinéma, promise à une carrière extraordinaire. Six ans après, alors que son couple rencontre de sérieuses difficultés, Alfred Hitchcock lui propose de revenir à Hollywood, pour incarner Marnie dans son prochain film. Mais c’est le moment ou la France menace d’annexer Monaco, ce petit pays dont elle est la Princesse. Grace est déchirée. Il lui faudra choisir entre la flamme artistique qui la consume encore ou devenir définitivement : Son Altesse Sérénissime, la Princesse Grace de Monaco.

Ce film est présenté en Ouverture du Festival de Cannes 2014.

Fiche Technique : Grace de Monaco

Nationalité: France, USA, Belgique, Italie
Réalisateur: Olivier Dahan
Interpréte: Nicole Kidman (Grace Kelly), Tim Roth (Rainier III), Frank Langella (Tucker), Paz Vega (Callas), Parker Posey (Madge), Milo Ventimiglia (Rupert Allan), Robert Lindsay (Onassis), Derek Jacobi (Fernando D’Aillieres), Roger Ashton-Griffiths (Hitchcock), André Penvern (De Gaulle) …
Genre: Drame, Biopic
Sortie en salles: 14 mai 2014
Taille: 1h42
Budget: 30 M€

 

 

Série Under the Dome : Saison 1 Critique

C.B.S. a eu du flair en s’emparant des droits Dôme (titre original: Under the Dome), un roman d’horreur de Stephen King, un gros succès d’édition.

L’auteur a depuis longtemps l’habitude de voir ses ouvrages adaptés soit sur grand, soit sur petit écran. Les augures étaient plutôt bons pour cette nouvelle série Under The Dome, C.B.S. laissant filtrer ce qu’il fallait d’indices pour attirer le chaland. La première vraie bonne surprise a été l’apparition du nom de Dean Norris dans le rôle de Big Jim Rennie. Même s’il n’a pas la surcharge pondérale adéquate (aspect important du personnage dans le roman), cet acteur a une « gueule » idéale de grand prédateur. Une autre rumeur rassurante annonçait que le King lui-même serait associé au scénario, les fans du roman et de son auteur pouvaient donc dormir tranquilles…

Jusqu’à ce qu’une légère odeur de roussi commence à se répandre dans l’air, mettant en alerte les sens des moins sceptiques quant à la réalisation de ce projet : il allait y avoir plus d’une saison, d’Under The Dome ! Certes, le roman est long, mais de là à en faire une adaptation télévisée de plus d’une saison, si courte soit-elle, sentait l’exploitation d’un filon avant même la diffusion du premier épisode. Puis il y a eu cette interview du King, dans laquelle il annonçait une fin pour la série différente et meilleure que celle du livre. Il reniait donc son propre travail (un comble) et semblait sacrifier son bébé au plus offrant.

Il en fallait pourtant pas plus pour refroidir ceux qui, pleins d’illusions, ont aimé le livre, Under The Dome et rêvaient de voir ses personnages prendre vie. Les illusions ont tenu environ la moitié du premier épisode, diffusé en juin 2013 et qui respectait à peu près le roman. Dès l’épisode 2, tout a été oublié, ne restaient plus qu’un dôme et quelques personnages, le reste du livre passé à tabac par des scénaristes sans scrupules pour ce qui fut un succès de librairie, jetant à la poubelle une bonne partie de l’histoire. Mais ce qui frappe quand on achève cette première saison, à part ce refus d’en voir une deuxième, c’est surtout la façon dont les caractères des personnages ont été affadis, édulcorés, passés à l’eau de javel. L’intention aurait été louable s’il avait été question de les rendre ambiguës mais non, ils ont juste perdu de leur saveur.

Cette férocité qui marque souvent les œuvres de Stephen King est passée au recyclage du politiquement correct. Les personnages les plus violents sont transformés en agneaux. Certaines scènes atroces passent par pertes et profits. Big Jim et son fils Junior, duo infernal habité par une soif de violence et de pouvoir, deviennent presque sympathiques et à la fin de cette première saison, Junior (le psychopathe du livre) n’a encore tué personne. Pour qui a lu le livre, le traitement infligé aux personnages de Junior (Alexander Koch pourtant très prometteur dans le rôle), Big Jim ou même Barbie, tient de la simple profanation. D’un roman d’horreur, faisant du Dôme, un accessoire de terreur qui s’installe dans la petite Ville de Chester’s Mill, dans le Maine, on se retrouve avec une série fantastique de consommation courante. 

La saison 2 d’Under The Dome débutera aux Etats-Unis le 30 juin 2014 et retrouvera probablement un public qui n’a pas dû lire le livre et donc pas pu faire la comparaison. Les autres, ceux qui ont perdu tout espoir dans cette suite, iront lire le nouveau roman du King et prieront pour qu’on arrête de les adapter, ou alors qu’on confie les futurs projets à des metteurs en scène eux-mêmes fans du plus grand et prolifique écrivain contemporain. Cette série ne pourra finalement être approuvée que par ceux qui n’ont jamais lu et ne liront jamais le livre, ou alors ils ne l’ont pas compris.

Synopsis: Les habitants d’une petite communauté se réveillent un matin, coupés du monde et piégés dans la ville à cause d’un immense dôme transparent. Certains tenteront, de manière dissimulée, de tirer profit de cette situation inquiétante et inexpliquée, afin de prendre le pouvoir. Mais une résistance va s’organiser autour d’un vétéran de la guerre en Irak, pour empêcher ces personnes malveillantes de parvenir à leur fin.

Fiche technique : Under The Dome

Basée sur un roman de Stephen King et développée par Brian K. Vaughan
Saison 1: 13 épisodes de 43 minutes, diffusée sur CBS à partir du 14 Juin 2013
Interprète: Mike Vogel, Rachelle Lefevre, Natalie Martinez, Britt Robertson, Alexander Koch, Dean Norris, Nicholas Strong, Colin Ford, Jolene Purdy et Aisha Hinds.

 Auteur de la critique Under the Dome Saison 1 : Freddy M.

Les Poings contre les Murs : Critique du film

MacKenzie explose nos rétines, avec Les poings contre les Murs, une  œuvre viscérale, ultra-réaliste du milieu carcéral, un intense uppercut d’émotion, propulsé par un casting hors normes, la puissance de jeu de Jack O’Connell crève littéralement l’écran.

Synopsis : Eric est un jeune délinquant violent prématurément jeté dans le monde sinistre d’une prison pour adultes. Alors qu’il lutte pour s’affirmer face aux surveillants et aux autres détenus, il doit également se mesurer à son propre père, Nev, un homme qui a passé la majeure partie de sa vie derrière les barreaux. Eric, avec d’autres prisonniers, apprend à vaincre sa rage et découvre de nouvelles règles de survie, mais certaines forces sont à l’œuvre et menacent de le détruire…

Violence crasse et Rédemption

David McKenzie, réalisateur britannique remarqué et récompensé pour My name is Hallam Foe (2007), du prix (Hitchcock d’Or au les-poings-contre-les-murs-afficheFestival Britannique de Dinard en 2007) et du (Prix du Jury au Festival International du Film Policier de Beaune en 2014) pour son dernier long-métrage, Les Poings contre les murs, un drame hyper réaliste. David McKenzie a choisi une approche épurée, sans musique accompagnatrice; l’univers carcéral y est montré dans toute sa bestialité. Filmé à la manière d’un documentaire, le cadrage proche des personnages  permet de ressentir cette violence omniprésente, cette animalité, cette dureté des âmes prisonniers d’un microcosme particulier où les magouilles, trafic en tous genres et rapports de force et de domination sont les nouvelles lois.

MacKenzie s’est dit inspiré par Un condamné à mort s’est échappé (Robert Bresson, 1956) et L’Evadé d’Alactraz (Don Siegel, 1979), bien qu’Éric ressemble plus à Bronson, comme dans le film éponyme (Nicolas Winding Refn2009). Eric ne craint personne, pas même la prison, une forte tête qui va rencontrer son père, enfermé dans le même univers.

Le genre film carcéral au cours des années 2000 a vu naître quelques œuvres de bonnes factures, comme l’excellent Dog Pound (2010) de Kim Chapiron, Le Prophète de Jacques Audiard, R de Tobias Lindholm et Michael Noer. Un genre traité sous différents angles. Cette fois ci, David McKenzie, s’intéresse au jeune Éric, 19 ans, un dur à cuire qui retrouve ce père inconnu, Nev, incarcéré depuis 5 ans.

Tout l’attrait du film, Les poings contre les Murs (Starred Up), réside dans cette relation déchirante faite d’amour et de haine entre un père et un fils, un angle encore jamais traité dans le film carcéral. La relation père/fils est particulièrement bien ficelée, l’opposition du fils s’exprime par le refus d’être protégé par ce père qu’il ne connait pas et dont il suit les traces pourtant…

Les poings contre les Murs traite des conséquences sur l’âme prisonnière de l’enferment légalisé aussi bien du côté des prisonniers que du côté des geôliers sans tomber dans une vision manichéenne. Un autre axe abordé dans ce film est la réinsertion, à travers ce rôle attribué à un éducateur bénévole, Olivier (Rupert Friend). Le scénariste Jonathan Asser s’est servi de son expérience pour écrire le rôle de ce personnage, qui tente d’aider le jeune homme à exprimer et canaliser cette haine cachée.

Tourné dans une ancienne vraie prison à Belfast (Ulster), Les poings contre les Murs exsudent une violence crasse, une puissance même si le film a quelques défauts : un scénario trop simple, une multitude de personnages aux rôles fort peu développés, alors qu’il y avait matière. Sortir des codes classiques du genre aurait pu en faire un film audacieux. Cependant malgré ses défauts, Les poings contre les murs est un film poignant, sombre, interprété avec brio par des acteurs habités par leurs rôles.

Éric incarné par Jack O’Connell, un acteur remarqué dans la série Skins et dernièrement dans 300 – naissance d’un empire (Noam Murro, 2014), dégage un déferlement d’émotions jusqu’à la scène finale. Jack O’Connell attire la caméra. Sa puissance de jeu est incroyable : il se met dans la peau de son personnage face à un excellent Ben Mendelsohn remarqué en psychopathe dans Animal Kingdom (2010) de David Michôd.

Une œuvre choc, ultra réaliste, implacable et touchante : l’histoire d’un animal sauvage et d’une rédemption orchestrée avec talent… Un film coup de poings à voir et revoir…

Les poings contre les Murs : Bande-annonce

https://www.youtube.com/watch?v=62kCfi9T7KE

Les poings contre les Murs : Fiche Technique

Titre original: Starred Up
Réalisation: David Mackenzie
Scénario: Jonathan Asser
Interprétation: Jack O’Connell (Eric), Ben Mendelsohn (Nev), Rupert Friend (Oliver), Sam Spruell (Hayes), Peter Ferdinando (Spencer)…
Image: Michael McDonough
Décor: Tom McCullagh
Costume: Susan Scott
Montage: Jake Roberts, Nick Emerson
Producteur: Gillian Berrie, Brian Coffey
Distributeur: Wild Side Films, Le Pacte
Durée: 105 minutes
Genre: Drame
Date de sortie: 4 juin 2014

Royaume-Unis – 2014

Tristesse Club : Critique du film

Tristesse Club : Le club des joyeux dépressifs

Synopsis: Si vous aimez les jeux de pistes, les vieilles Porsche, les sœurs qui n’en sont pas, les pères pas vraiment morts, les lacs et leurs secrets: bienvenue au club.

Fraîchement diplômé de la FEMIS en 2009 en section scénario, Vincent Mariette n’a pas tardé avant de se lancer dans l’écriture et la réalisation de courts métrages. Et il n’a pas chômé puisqu’en trois ans, il a officié sur cinq courts métrages dont trois en étant également le réalisateur. Il a acquis la notoriété au sein de la profession avec Les Lézards, nommé aux Césars cette année. Ce huis-clos beau et amusant a contribué à la popularité de Vincent Macaigne, l’un des espoirs français les plus charismatiques du moment et a surtout conforté le réalisateur dans son envie de continuer et de se montrer toujours plus ambitieux. Sorti flatté et grandi d’un accueil critique ravi, Vincent Mariette se lance dans la réalisation de son premier long métrage, une version développée d’un travail de fin d’études. Tristesse Club est une sorte de road-trip dépressif farfelu au casting ravissant qui sonne comme une vieille chanson de Michel Houellebeck.

Déjà présent dans les premiers projets de Vincent Mariette, Vincent Macaigne et Noemie Lvovsky retrouvent le réalisateur sur ce premier long, accompagné de deux nouveaux, Ludivine Sagnier qu’on n’avait pas revue depuis Amour et Turbulences et Laurent Laffite, éternel abonné des comédies mais ici dans un rôle à contre-courant. Jamais il n’a été aussi juste et bon dans ce personnage de Léon, un salaud d’une beaufitude déconcertante, tirant sans cesse la tronche et coincé dans la pire des galères. Avant d’évoquer les ressorts scénaristiques, il faut rester un instant sur ces acteurs tous plus bons les uns que les autres. Laurent Laffite développe véritablement son personnage, et l’emmène dans une constante évolution amenant un vrai sentiment d’empathie. Son frangin Bruno, interprété par l’irrésistible Vincent Macaigne donne un ton juste qui oscille entre l’éternel mélancolique et le blasé touchant. Vincent Mariette qui l’a rencontré lors d’un festival lui avait proposé le rôle des Lézards car il avait été impressionné par cette puissance contenue dans son phrasé, sa gestuelle et ce « quelque chose de phénoménal » chez Macaigne. On ne doute pas que cette amitié va continuer après ce film. Cette vraie-fausse bromance entre ces deux personnages singuliers se verra perturber par l’arrivée d’une sœur inconnue jouée tout en sensualité, subtilité et douceur par une Ludivine Sagnier charmante. Un trio de joyeux gais lurons qui ont tous une profonde tristesse ancrée en eux, rendant le film aussi loufoque que mélancolique.

Car derrière ce road-trip quasi-statique à la recherche d’un père disparu, Tristesse Club est un film qui n’est jamais à mourir de rire. C’est davantage un long métrage qui trouve ses qualités dans ses subtilités, ses dialogues, ses retournements de situations, ses rencontres avec des personnages atypiques. Il n’y a pas la « punchline » qui fera pouffer de rire la salle, mais davantage le ridicule d’une situation qui provoquera des sourires aussi gênés que malicieux. Vincent Mariette aborde un cinéma du détail, de la subtilité. Il n’insiste jamais sur les éléments qui seraient susceptibles d’apporter une bonne tranche de rire. Il suffit de voir l’arrivée de ce trio familial dans la maison d’une des maîtresses de leur père, jouée par une Noémie Lvovsky aussi insensée que suicidaire.

La maison renferme un cadre d’une sobriété totale, très cosy au sein duquel se dégage des tableaux mettant en scène des pénis sculptés en plâtre. De fait, la plus dépressive des discussions prend une tournure ridicule avec ce détail visible mais jamais focalisé dans le cadre, et c’est cela qui apporte une vraie tournure comique au film. Comme cette obsession du réalisateur pour les animaux empaillés. Des chiens, des chats et même un dodo, cet oiseau préhistorique disparu. Les personnages se bloquent sans cesse dans une sphère du mensonge où l’autre sait mais se tait, préférant tempérer et ne jamais décevoir. Lorsque les révélations éclatent, c’est là que le film tient ses moments les plus émouvants.

A force d’osciller entre le rire et le drame, Tristesse Club prend le risque de ne jamais trouver le ton juste. Un public non averti ressortira de la séance avec un goût d’amertume même si le titre est d’une incroyable justesse tant il symbolise le chagrin et le ton léger. Il est vrai que le film donne l’impression d’une suite de sketchs lié par un fil narratif mais qui peut s’avérer découpé en quatre, cinq courts métrages. Peut-être cette manie du format court qu’il vient seulement de quitter pour le long, qu’il ne maîtrise pas encore. De même que le film manque cruellement de rythme mais se voit compensé par l’interprétation des acteurs qui portent véritablement le film. Tout en contemplation, Tristesse Club prend le temps de poser son regard sur cet environnement savoisien et ses personnages perdus. Un parti-pris qui en déstabilisera certains.

A l’inverse, cette obsession de tout vouloir réguler dans le cadre se ressent dans une mise en scène parfaitement maîtrisée, stylisée sans jamais être prétentieuse. Vincent Mariette a toujours affirmé sa reconnaissance pour le cinéma de Noah Baumbach ou Wes Anderson et cela se ressent dans de très nombreux plans, notamment certains travellings amenés en douceur qui voit la caméra reculer de manière à peine perceptible tandis que l’action au centre est particulièrement mouvementée. Un joli effet de mise en scène que les puristes apprécieront. Si l’ombre de Wes Anderson plane au-dessus du film, la symétrie n’est pas de l’ordre de Vincent Mariette qui s’avère être l’élève ayant encore beaucoup à apprendre du maître et surtout de ses expériences. Une lumière envoûtante ajoute cependant un vrai cachet au film tandis que la bande-son offre quelques très bons morceaux mélancoliques au synthé. Tout ce travail technique contribue à la construction de l’univers du film qui tend aussi bien vers le drame familial que le buddy movie. Un récit au ton léger mais au propos rigoureux qui invoque une réflexion sur la famille, la mort, le passé. Tous les personnages ne sont au fond qu’une bande de ratés, de dépressifs touchants avec qui l’on a envie de partager un moment et de les accompagner dans cette éprouvante réconciliation.

Lorsque l’on quitte le Tristesse Club au détour d’un plan final sublime, on ressort bousculé de cette prise de risque d’un cinéma français qui bouscule les codes et ose la subtilité à la lourdeur d’une comédie populaire normée. Cette comédie douce-amère est la suite d’une production française qui revendique son existence avec des réalisateurs comme Guillaume Brac (Un monde sans femmes), Sebastien Betbeder (2 automnes 3 hivers), Justine Triet (La Bataille de Solférino) ou le génial Antonin Peretjatko (La Fille du 14 Juillet). Des films sensibles, poignants, parfois terriblement drôles, parfois pas mais qui donne l’impression d’une nouvelle vague d’un cinéma de genre qui manquait cruellement à la France. Tristesse Club est un petit film déconcertant mais également un petit objet filmique plaisant qui témoigne d’un amour insatiable pour le cinéma. C’est fait avec suffisamment de cœur et de passion pour y jeter un coup d’œil. Vincent Mariette parle déjà d’un projet d’écriture en cours. On ne peut qu’être confiant à l’avenir pour ce petit gars, jeune espoir du cinéma français.

Fiche Technique : Tristesse Club

France – 2014

Réalisation: Vincent Mariette
Scénario: Vincent Mariette, Vincent Poymiro
Interprétation: Ludivine Sagnier (Chloé), Laurent Lafitte (Léon), Vincent Macaigne (Bruno), Noémie Lvovsky (Rebecca), Dominique Reymond (Claude), Anne Azoulay (Florence), Philippe Rebbot (Yvan), Délia Espinat-Dief (Lola)…
Grenre: Comédie dramatique
Date de sortie: 4 juin 2014
Durée: 1h30
Image: Julien Roux
Décor: Sidney Dubois
Costume: Carole Gérard
Son: Nicolas Waschkowski, Claire Cahu, Vincent Verdoux
Montage: Nicolas Desmaison
Musique: Rob
Producteur: Amaury Ovise, Jean-Christophe Reymond
Production: Kazak Productions
Distributeur: Haut et Court

 

Edge of Tomorrow de Doug Liman : critique du film

S’il y a bien un film à aller voir dans cette pleine saison bourrée de blockbusters de plus ou moins bonne qualité, c’est bien cet Edge of  Tomorrow de l’inattendu Doug Liman dans le registre. Il faut dire que ces films d’espionnage (La Mort dans la Peau) ne reçoivent généralement pas l’aval de la critique comme en témoigne le médiocre Mr & Mrs Smith ou l’immangeable Jumper.

Doug Liman a tout du réalisateur à la sauvette capable du correct comme du très mauvais, mais il trouve avec Edge of Tomorrow un matériau formidable pour faire allusion à une culture vidéo ludique toujours plus présente dans la culture populaire, ainsi qu’un incroyable sujet de scénario qui fait rêver Hollywood depuis Un Jour sans Fin, l’éternel recommencement d’une journée.

Egde of Tomorrow : Restart : Un jour, cent fins

A l’inverse du récent X-Men : Days of Future Past qui traitait du voyage dans le temps et des conséquences dans le future avec l’incohérence la plus totale, Edge of Tomorrow a le mérite de ne traiter que le passé et son recommencement, ce qui permet d’éliminer d’office de nombreuses erreurs de cohérence scénaristique. Le film s’appuie avant tout sur le livre d’Hiroshi Sakurazaka, All You Need isKill, petite pépite de science-fiction japonaise selon les lecteurs.

Si la bande-annonce a déjà de bons éléments pour susciter le déplacement, il y a toujours cette crainte qu’Hollywood avec ses gros sabots ne s’approprie le matériau original pour n’en tirer qu’un film coûteux, désaxé, sans saveur et sans lien avec l’œuvre originale. Mais Edge of Tomorrow s’avère être une agréable surprise et un divertissement de très bonne facture agrémenté d’un scénario intéressant et de très nombreuses références vidéo ludiques. Il faut dire qu’avec sa caractéristique de recommencer sans cesse une journée, le film renvoie clairement au bouton « restart » d’un jeu vidéo qui permet de recommencer un niveau en prenant conscience de ses erreurs pour ne plus les commettre. Edge of Tomorrow tire son essence d’un niveau, tout ce qu’il y a de plus classique dans n’importe quel jeu vidéo, avec sa dose d’obstacles, d’ennemis à abattre et d’objectifs à remplir. Dans ce scénario autant que dans son traitement de l’action, les gamers y trouveront de nombreuses références à des jeux vidéo actuels, tel Gears of War ou Vanquish pour ma part. Certaines séquences sont typiquement calquées sur des genres vidéo ludiques précis, que ce soit la scène en avion à Paris qui renvoie à du rail-shooting ou plus généralement l’ensemble du film qui fait très Third Person Shooter.

Ces références crèvent l’écran mais permettent également au film d’exister pour ce qu’il est, un film de science-fiction et d’action efficace et maîtrisé. En ce qui concerne la mise en scène, on pourra pester contre l’aspect épileptique de certains moments du débarquement rendant l’ensemble parfois illisible. Difficile à dire si le cinéma dans lequel avait lieu la projection est responsable ou si la 3D du film est vraiment de mauvaise qualité mais il convient de recommander la simple version numérique du film. De plus, le film gère plutôt mal ses séquences en plein obscurité, certaines séquences de nuit étant totalement brouillonnes. Doug Liman a fait le pari d’omettre une vraie bande-son, un choix décrié par certains mais qui permet au contraire d’avoir affaire à un titanesque travail sonore sur les bruitages, rendant le film très immersif.

Edge of Tomorrow reste généreux en termes d’action, survolté et boosté à l’adrénaline, en particulier la séquence de débarquement très impressionnante. Sans aller jusqu’à la comparer avec celle du chef d’œuvre de Steven Spielberg comme certains l’ont fait. Du saut de l’hélicoptère jusqu’aux multiples morts à répétitions sur le champ de bataille, il s’agit là sans conteste de l’une des meilleures séquences du film. L’arrivée à Paris étant également très efficace. Sur ce point, le film en a vraiment dans le ventre et s’avère être le meilleur blockbuster de cette saison. De l’action débordante qui ravira assurément le public. Si Doug Liman et son équipe ne l’ont pas encore ouvertement mentionné en conférences et interviews, Edge of Tomorrow tombe dans le timing parfait des commémorations des 70 ans du débarquement. Le film se fait donc l’éloge et l’hommage d’une guerre désormais lointain souvenir mais qui continue de hanter. Dans ce sens, et les internationaux apprécieront, le conflit ne prend pas place aux Etats-Unis mais bel et bien en France ainsi qu’à Londres. Une approche moins américano-centrée qu’à l’accoutumée qui a le mérite d’exister et d’être mentionnée.

Il faud également compter sur la présence d’un personnage incarné par Emily Blunt au doux surnom de « l’Ange de Verdun », qui fait piqûre de rappel pour Jeanne d’Arc, La Pucelle d’Orléans. Beaucoup noteront également le plan vif et bref de notre président actuel. Bien que joué par un casting exclusivement anglo-saxon, toute l’intrigue se déroule en et aux alentours de la France. Pour ce qui est du scénario, si les raisons du conflit restent plutôt floues malgré quelques brèves explications, il faut dire que le concept du redémarrage fonctionne à plein régime et Doug Liman agit comme un vrai réalisateur de blockbuster insufflant suffisamment de souffle à son film sans oublier d’y apporter une dose d’humour vraiment appréciable et une romance inévitable, quoique aseptisée. L’aspect répétition du film pet susciter des craintes mais il est parfaitement géré grâce à un travail de montage qui joue parfaitement l’équilibre sans s’avérer redondant. Au contraire, Doug Liman joue justement avec ces répétitions sans cesse pour apporter une dose amusante de second degré. A la tête de Edge of Tomorrow, on retrouve un Tom Cruise en très grande forme et aux excellents choix de carrière depuis son retour sur le devant de la scène avec M-I : Protocole Fantôme. Un très bon acteur, attendu avec impatience dans le prochain Mission Impossible de Christopher Mc Quarrie (qui officie ici sur Edge of Tomorrow en tant que scénariste).

L’introduction du film est plutôt inattendue car le personnage de Tom Cruise nous est présenté comme un lâche, juste bon à communiquer auprès de la population pour les pousser à s’engager. Ce qui rend son personnage plus intéressant puis qu’une vraie évolution lui sera apportée tout le long du film. A ses côtés se trouve une Emily Blunt inhabituelle dans ce genre de film et plus particulièrement de rôle de badasse malgré l’intéressant mais bancal Looper. Plus cantonnée aux comédies romantiques qu’au film d’action nerveux, Emily Blunt s’avère néanmoins être un très bon choix et joue les durs à cuire à cent pour cent. Un duo qui porte véritablement le film sur leurs épaules, le rendant d’autant plus jouissif. Car au fond, les enjeux de ce scénario sont ce qu’il y a de plus simplistes, profiter du pouvoir de redémarrage pour contrecarrer les plans de l’ennemi et gagner la guerre. Il n’y a pas plus de profondeur et malgré quelques tentatives pour pimenter la relation entre les deux personnages. Si le scénario s’avère bien exécuté, il n’en fait pas pour autant de Edge of Tomorrow un divertissementi ntelligent, de par une réflexion totalement absente du film.

Mais le film reste au-dessus de la moyenne dans le genre et est suffisamment efficace pour se regarder avec grand plaisir. Pour conclure cette pré-saison des blockbusters avant l’été, Edge of Tomorrow est assurément le divertissement idéal et efficace de ce mois de juin. Si le film manque de profondeur et la fin expédiée voire frustrante, Edge of Tomorrow est généreux en termes d’action, comportant quelques bonnes lignes de dialogues, des acteurs qui s’impliquent et s’appliquent à l’ouvrage, et suffisamment bien écrit pour rendre le film très sympathique, se démarquant de récentes séquelles et autres reboots. Le montage est par ailleurs remarquable, tant il aurait pu s’avérer casse-gueule. Doug Liman nous prouve qu’il en a dans le ventre et qu’il est capable du meilleur avec ce blockbuster d’une efficacité redoutable.

Synopsis : Dans un futur proche, des hordes d’extraterrestres ont livré une bataille acharnée contre la Terre et semblent désormais invincibles: aucune armée au monde n’a réussi à les vaincre. Le commandant William Cage, qui n’a jamais combattu de sa vie, est envoyé, sans la moindre explication, dans ce qui ressemble à une mission-suicide. Il meurt en l’espace de quelques minutes et se retrouve projeté dans une boucle temporelle, condamné à revivre le même combat et à mourir de nouveau indéfiniment…

Fiche Technique : Edge of Tomorrow

États-Unis – 2013
Réalisation: Doug Liman
Scénario: Dante Harper, Joby Harold, Alex Kurtzman, Christopher McQuarrie, Roberto Orci d’après: le roman All You Need Is Kill de: Hiroshi Sakurazaka
Interprétation: Tom Cruise (Major Bill Cage), Emily Blunt (Rita Vrataski), Brendan Gleeson (Général Brigham), Jeremy Piven (Colonel Walter Marx)
Décor: Neil LamontDate de sortie: 6 avril 2014
Durée: 1h53
Genre: Science-Fiction
Budget: 175 M$
Image: Dion Beebe
Costume: Kate Hawley
Montage: James Herbert
Musique: Christophe Beck
Producteur: Jason Hoffs, Tom Lassally, Jeffrey Silver, Gregory Jacobs, Erwin Stoff
Production: Warner Bros, Village Roadshow Pictures, 3 Arts Entertainment, Translux et VIZ Media
Distributeur: Warner Bros France

Maps to the Stars de David Cronenberg : Critique du film

Maps To The Stars : Un pamphlet cynique et violent sur le star-system hollywoodien

On pensait David Cronenberg perdu pour la cause cinématographique. Une perdition, une quasi errance symbolisée par l’épuisement narratif dont il fait preuve depuis quelques années, et qui le voit réitérer de manière plus ou moins informelle ses succès d’antan, et ce, avec des résultats plus ou moins divers. Et à l’heure où bon nombre de cinéphiles restent encore pantois face à la fable hypnotico-financière offerte par Cosmopolis, cela serait oublier qu’avant de livrer des analyses comportementales hypnotiques et malsaines, Cronenberg a fait ses armes dans le domaine de la SF.

Un genre qui a bien des égards, parait surprenant tant ce dernier a pris un malin plaisir dans ses derniers films à sonder l’esprit humain, entre aliénation, folie et violence, le tout avec beaucoup de froideur et de classicisme. Surprenant oui mais pas impossible, car cette volonté de représenter l’homme face à des sentiments aussi destructeurs trouve tout son sens dans la science-fiction car ce genre en plus d’embrasser tous les thèmes chers a Cronenberg, permet d’en témoigner par le gore, l’effroi et d’imprimer ces sentiments à la fois dans le cerveau que sur la rétine. Car, l’œuvre de Cronenberg, reste une œuvre trash, malsaine, violente, qui doublée d’une réelle réflexion, saisit le spectateur par son manque de retenue et de culpabilité. Une œuvre qui ne glorifie ou ne soumet pas au misérabilisme ses personnages, et qui les aborde de manière naturelle.

Une œuvre qui se caractérise aussi par la forte place qu’y occupe la folie ! Qu’elle serve à caractériser la violence dont fait preuve Viggo Mortensen dans History of Violence, à définir la trame de fond comme dans A Dangerous Method ou à poser le décor d’une Amérique, puissance boursière engoncée dans une sphère de violence, d’esseulement et d’avidité a l’instar de Cosmopolis, Cronenberg n’a jamais caché son amour pour ce sentiment, tant ce dernier habite tous les personnages de ses films et donne à ces derniers des pics de cynisme incroyables.

Une œuvre qui encore mise à mal par le trop injustement décrié Cosmopolis, logorrhée verbale politico-financière, avait plus que jamais besoin d’un déclic, d’un renouveau ! Et Maps to the Stars permet d’opérer cette renaissance tant attendue, tant Cronenberg a su choisir le parfait écrin pour sublimer la folie ambiante de son cerveau dérangé : Hollywood !

Ville des vices et des névroses, des incestes et des jalousies ? Dès la tag-line, présente sur l’affiche du film, le cadre est donné : Cronenberg, fidèle à son habitude, ne prendra pas de gants et dressera un pamphlet aux odeurs de brûlot sur le star system hollywoodien, machine à fric malsaine, cynique et dérangée au possible. Une industrie qui érige en code moral le faux-semblant et qui dépeint de manière sombre, crue et quasi hypnotique le quotidien de ces personnes tentant désespérément de s’y frayer un chemin.

Des personnes aussi différentes qu’une star sur le retour, un gourou des stars, un jeune acteur drogué, une pyromane schizo-poète ou un jeune chauffeur de limousine qui baise sur la banquette arrière ; et qui reflètent les différentes névroses propre au succès que peut offrir La Cité des Anges en transformant cette analyse chirurgicale comportementale en film choral, un genre de film rassemblant différents personnages réunis autour d’un ou plusieurs thèmes majeurs, mais évoluant chacun dans des sous-intrigues qui viennent au gré du scénario à se croiser.

Un genre de film, qui assez peu présent dans la filmographie de Cronenberg, ne s’en révèle pas moins inventif. Car, après avoir exploré les névroses et les combats intérieurs auxquels s’adonnent ses personnages la plupart du temps solitaires, il est amusant de voir les différentes facettes que revêtent ces figures clichées. Car entre le gourou des stars campé par un John Cusack dément, l’actrice sur le retour interprétée par une Julianne Moore désarmante de sincérité et de folie ; les personnages sont encore une fois le meilleur atout de ce voyage d’une froideur étonnante aux confins de la démence !

En clair, Maps to the Stars, adroit mélange d’horreur, de cynisme, d’humour noir, d’hypnose, parvient à cristalliser toutes les attentes qu’un film de Cronenberg peut susciter et permet d’opérer la renaissance de son auteur, qui a l’instar de Martin Scorsese, a dû attendre son plus vieil âge pour sortir sa meilleure œuvre !

Synopsis: Stafford Weiss est un psychothérapeute des stars d’Hollywood. Sa femme est la manageuse de leur fils de 13 ans, une star de la télé sortie de cure de désintox. Leur fille vient de sortir d’hôpital psychiatrique. Elle va se lier d’amitié avec un chauffeur de limousine qui rêve de devenir une star de cinéma. Quant à Havana Segrand, elle est une comédienne sur le déclin mais qui pourrait effectuer son come-back avec le rôle de sa propre mère mystérieusement décédée dans un incendie.

Fiche Technique : Maps to the Stars

Pays: Canada, États-Unis, France, Allemagne
Réalisateur(s): David Cronenberg
Scénariste(s): Bruce Wagner
Interprète: Julianne Moore (Havana), Robert Pattinson (Jerome), Mia Wasikowska (Agatha), John Cusack (Stafford), Sara Gadon (Clarice), Carrie Fisher (elle-même), Olivia Williams (Christina), Evan Bird (Benjie), Niamh Wilson (Sam)…
Date de sortie: 21 mai 2014
Budget: 15 000 000 $
Genre: Drame
Durée: 1h 51

 

La Crème de la crème de Kim Chapiron : Critique du film

La Crème de la Crème : Campus, et Commerce du Sexe

Synopsis : Dan, Kelliah et Louis sont trois étudiants d’une des meilleures écoles de commerce de France. Ils sont formés pour devenir l’élite de demain et sont bien décidés à passer rapidement de la théorie à la pratique. Alors que les lois du marché semblent s’appliquer jusqu’aux relations entre garçons et filles, ils vont transformer leur campus en lieu d’étude et d’expérimentation. La crème de la crème de la jeunesse française s’amuse et profite pleinement de ses privilèges : tout se vend car tout s’achète… mais dans quelle limite ?

Kim Chapiron, c’est un peu « the boy next door » des enfants terribles du cinéma français. C’est ce gamin qui a eu la chance d’être le voisin de palier de Mathieu Kasovitz. C’est cet étudiant qui n’aura même pas obtenu son bac et qui voit La Haine se réaliser dans son quartier. Ses rencontres avec Kasovitz et Cassel vont lui donner envie de devenir réalisateur. 33 ans et désormais trois longs et deux fois plus de courts métrages à son actif, Kim Chapiron ne chôme pas depuis qu’il a fondé avec Romain Gavras, le collectif Kourtrajmé. Son jeune âge fait qu’il s’intéresse de très près à la jeunesse et la génération actuelle. Il prend un certain recul et traite avec justesse les maux de la génération Y. Avec Sheitan en 2006, il se fait un vilain plaisir de donner un rôle démesuré à son pote Vincent Cassel dans un thriller horrifique bruyant qui laisse déjà entendre que ce petit Kim allait marquer les esprits. Quatre ans plus tard sort un véritable uppercut carcéral, remake de Scum d’Alan Clarke, un film de prison hostile et terriblement désenchanté sur ces ados emprisonnés et les moyens que la société se donnent pour les réintégrer au quotidien. Il ressort de ce dernier film, un travail documentaire poignant où le réalisateur n’éloigne jamais la fiction de la réalité. Boulimique de travail, Kim Chapiron avait passé des mois dans ces prisons pour s’imprégner des ambiances, des univers, des gens et donner de véritables épaisseurs à ses intrigues et surtout à ses personnages.

Avec La Crème de La Crème, Kim Chapiron revient en France et s’intéresse toujours autant à ces jeunes, les décideurs de demain, cette élite empêtrée dans l’ambition et la décadence. Mais ce qui le fascine surtout, c’est cette notion d’amour que la nouvelle génération semble avoir oublié. L’effet internet, dira-t-on.

The Social Network ? Il est vrai que le film lui est souvent comparé. A tort forcément car si Kim capte une époque, un mode de vie, une atmosphère actuelle, il n’en fait que son décor pour mettre en avant trois personnages intellos et ambitieux qui cherchent à savoir ce qu’est finalement l’amour à l’heure où ils sont capables de créer un véritable marché sexuel universitaire. La réussite de ce marché ne prouve qu’une chose, on paye, on vient, on baise, on part et on recommence. « Ma première idée avec ce film était d’évoquer le discours amoureux de la jeunesse d’aujourd’hui, dans un contexte où le divorce et la sexualité sont banalisés ». Oui, oui c’est de cela que le film parle. Certes, l’intrigue se passe -semble-t-il- au sein de HEC (LA business school de France) mais jamais le film ne prend le risque de citer l’école. Entre autres, parce que l’école a refusé que l’équipe du film y pose ses caméras mais également car ce n’est pas l’école ou la réussite en son sein qui l’intéresse, c’est avant tout voir comment ces jeunes dopés aux techniques managériales arrive à se saisir du rapport au sexe d’aujourd’hui pour en faire un véritable marché. Kim Chapiron intègre plein de petits trucs qui permettent de saisir le changement des rapports humains. Il lance son film sur la présentation de l’école puis enchaîne sur un étudiant en pleine masturbation, rivé sur son écran et le tout en 3D. Le sexe, presque aussi vrai que le vrai. Avec nostalgie, on retrouve Chatroulette et ses branleurs compulsifs ou ses jugements hâtifs sur le physique et rien d’autres que le physique. Au fond c’est ça le problème et le film y répond bien, c’est qu’au sein de la génération Y que Kim Chapiron appelle finalement Génération Youporn, le physique a détrôné toute personnalité et pour certains le sexe est devenu une denrée rare, d’où création d’un marché.

Cela ne veut pas dire que La Crème de la crème porte un regard pessimiste sur cette génération -et le plan final en témoigne largement. Cela montre juste que le cinéaste ressent les mêmes peurs à l’égard de cette génération. C’est aussi l’occasion pour lui de lancer quelques piques à ces écoles qui construisent l’élite de demain. Au final, il s’agit d’un lieu clos, presque à part de la société, qui a ses rituels, son folklore, son langage. Les personnages observent les soirées de l’école et découvrent des codes, des stratégies, des techniques qu’il faut identifier, analyser et contrôler pour créer ce marché. Ces situations donnent lieu à des dialogues incroyablement bons où le sexe est assimilé aussi facilement à des termes économiques. Il faut dire que les acteurs y sont plutôt bons. Dan, Kelly et Louis sont jeunes et brillants. Certains reconnaîtront Thomas Blumenthal, qui a fait ses débuts dans Les Choristes et qu’on va retrouver dans Babysitting, d’une justesse et d’une retenue effarante. Son personnage est en total décalage dans la vie et se retrouve incertain sur tout. Il n’est jamais sûr de vouloir agir comme il fait, de vouloir tomber amoureux. Même ses goûts musicaux sont en décalage avec la génération d’aujourd’hui, quand les étudiants écoutent Justice ou Brodinski, lui chantent Berger ou Fugain. Alice Isaaz vient juste de se créer un honnête CV de cinéma avec les sorties respectives de La Cage Dorée ou Fiston. Tout comme Thomas Blumenthal, son personnage est en décalage avec la société, de par son orientation sexuelle et s’avère frustrée, presque en colère de voir que son marché tourne, réduisant à néant tous ses espoirs en la notion d’amour. Jean Baptiste Lafarge était déjà présent dans Les Yeux de sa Mère ou JC comme Jésus Christ mais avec ce rôle il s’avère déjà être une gueule du jeune cinéma français. Au sommet de l’élite et de la richesse, égocentrique et prétentieux, belle gueule et agaçant, il n’en est pas moins un personnage dont la réussite importe mais pas autant que « la frayeur ». Deux caméos viendront ponctuer le long métrage, celui de Mouloud Achour en DJ des soirées HEC, ou Jonathan Cohen (la géniale série Les Invincibles), le frère de Thomas Blumenthal.

S’il faut bien reconnaître une chose à Kim Chapiron, c’est qu’il a une vraie patte esthétique. Sa mise en scène ne ressemble à aucune autre en France et c’est un metteur en scène qui sait filmer les déboires d’une génération et surtout ses soirées décadentes. La lumière lors des soirées est juste sublime. La pellicule transpire de toute cette énergie déployée, de cette frénésie ambiante et de la chaleur des corps, des esprits soûls et de la chair dans ce qu’elle a de plus brute. Les peu de rapports sexuels visibles à l’écran sont filmés sans composition sonore, juste le bruit des corps qui s’entremêlent et des respirations alternées. Il y a un vrai travail de montage à laisser durer le plaisir plutôt que le couper trop rapidement. La dernière séquence montre un baiser et quel baiser, un vrai long baiser de cinéma comme on n’en fait plus. Un plan implacable. Derrière ça, les détracteurs du cinéaste continueront à lui reprocher son style publicitaire aux couleurs flashys et au montage ultra-découpé. C’est ce qui a été reproché à Fincher sur The Social Network, c’est un choix mais dans l’idée, ça fonctionne ! Après le film use de grosses ficelles scénaristiques par moment. La Crème de la Crème se rapproche parfois d’une sitcom à la française où les personnages sont empêtrés dans des histoires d’amour qui éclipsent certains propos du film. Quelques séquences viennent appuyer au marteau que ces jeunes n’ont aucune conscience de leurs actions, en témoigne la prise d’ecstasy ou les drinking game. Sans compter et c’est assez étonnant que Kim Chapiron, ou du moins l’intrigue, porte un regard extrêmement misogyne, les femmes étant prêtes à tout pour faire la fête et se sortir de leurs conditions misérabilistes.

Avec La Crème de la Crème, Kim Chapiron achève sa trilogie des moins de 20 ans et s’en va sur un projet plus mature. Il réalise une œuvre implacable dans le paysage audiovisuel français et prend avec parcimonie toute l’essence du film de campus américain en ajoutant une bonne dose de comédie romantique et de cynisme. Si le réalisateur tombe rapidement dans la misogynie, il ne fait jamais l’erreur de retranscrire la caricature du campus avec son lot de bizutage et de personnages winners et losers. Le cinéaste capte avant tout une génération d’étudiants consuméristes qui ne se rendent même pas compte qu’ils frôlent avec le proxénétisme. C’est aussi un regard sur ces jeunes qui souhaitent faire partie de groupes d’appartenance. C’est un regard désenchanté sur une génération qui fait de la peine à Kim Chapiron mais dont le dernier plan laisse à croire qu’il a encore beaucoup d’espoir en ces jeunes, qui apprendront de leurs erreurs. Le cinéaste a le mérite de ne pas porter de regard hautain sur ces élèves. Le plus drôle, c’est que malgré ce qu’est censé dénoncer le film, La Crème de la Crème fait un tabac sur les campus où il a été présenté en avant-première. Il y a même des fêtes appelées « Crème de la Crème ». Pas dénué de défauts, il faut cependant admettre que Kim Chapiron est devenu un enfant terrible du cinéma français et il ne s’agit que d’une question de temps avant les festivals et cérémonies ne récompensent son travail. Là n’est pas son objectif mais ce serait à minima la reconnaissance d’un milieu qui salue timidement son travail.

Fiche Technique : La Crème de la crème

France – 2013
Réalisation: Kim Chapiron
Scénario: Noé Debré, Kim Chapiron
Interprétation: Thomas Blumenthal (Dan), Alice Isaaz (Kelly), Jean-Baptiste Lafarge (Louis), Karim Ait M’Hand (Jaffar), Marine Sainsily (Eulalie), Marianne Denicourt (mère de Louis), Bruno Abraham-Kremer (père de Dan), Mouloud Achour (DJ Metro Party)
Date de sortie: 2 avril 2014
Durée: 1h30
Genre: Comédie dramatique
Image: Crystel Fournier
Décor: Christian Vallat
Costume: Justine Pearce
Son: Arnaud Lavaleix
Montage: Benjamin Weill
Musique: Ibrahim Maalouf
Producteur: Benjamin Elalouf, Pierre-Ange Le Pogam
Production: Moonshaker, Stone Angels
Distributeur: Wild Bunch Distribution

 

The Homesman, un film de Tommy Lee Jones : Critique

The Homesman : Road-Movie des Grandes Plaines 

Synopsis : 1855. Trois femmes sont chassées de leur village. Jugées « folles », elles sont confiées à Mary Bee Cuddy, une pionnière – forte et indépendante – venant du Nebraska. Durant le voyage vers l’Iowa, où les trois femmes trouveront refuge, Mary Bee Cuddy sauve Georges Biggs de la mort par pendaison, à condition qu’il lui rende service en retour. Ce rustre vagabond accepte alors de participer au voyage des quatre femmes.

Vitrine d’un cinéma intellectuel qui s’attire toujours autant de détracteurs au fil des ans, Cannes demeure également le bastion d’un classicisme poussé à son firmament, qui tel un membre du jury, agit sur le choix (souvent répétitif) des potentiels récipiendaires à la Palme d’Or (Cronenberg, Dardenne) et l’absence manifeste de films audacieux au sein de la Compétition. Ou sont-ils les Fahrenheit 9/11, les Pulp Fiction, les Sin City et autre films, qui tout en montrant une véritable envie de cinéma, laissait transparaître une originalité assumée ? Une question qui hante chaque année ce Festival, toujours en quête de preuve parvenant à légitimer son statut de Mecque du cinéma mondial.

Au milieu du cru 2014, composé de drames sociaux emplis de démence et de réalisme tels que Maps to the Stars ou 2 Jours 1 Nuit, de biopic tels que Saint-Laurent, ou de films de réalisateurs en fin de course tels que L’Adieu au Langage de Jean-Luc Godard, figure un film qui a lui seul, parvient à nous faire espérer que la veine créatrice et originale de la Croisette ne s’est pas tari : The Homesman !

2ème réalisation du vétéran Tommy Lee Jones (l’agent K de Men In Black), The Homesman cherche à assumer cette originalité dès sa tag-line en dépeignant selon cette dernière « le vrai visage du mythe américain », loin de la vision enjouée que John Wayne et consort nous ont donné il y a 60 ans avec gunfight et poursuite au galop à outrance et opère de manière implicite une certaine continuité filmique par rapport au précédent film de son réalisateur, 3 Enterrements.

Il est clair que ces deux œuvres présentent des similitudes. Malgré un changement d’époque et de lieu, Lee Jones reste fidèle à une vision d’un monde sombrant dans la folie et l’acharnement. Des sols désertiques du Nouveau Mexique aux Grandes Plaines du Nebraska, de 1855 à aujourd’hui, Lee Jones cherche à établir que la nature de l’homme et ici plus majoritairement de la femme reste condamnée à la violence, la solitude, et la démence et ce, quelque que soit le morceau d’Histoire choisie.

Toutefois, afin de transmettre ce même constat, Lee Jones n’hésite pas à véhiculer d’autres thématiques, plus adéquates à sa vision de l’Ouest, notamment par le biais d’une mise en scène qui voit apparaître une platitude entremêlée d’âpreté, une démence caractérielle faisant office de violence et un humour noir empli de cynisme remplaçant la terreur vengeresse type Western.

Pourtant, Lee Jones livre un film dont l’originalité n’égale jamais la beauté. En préférant s’attarder sur son tandem composé par Hilary Swank, entre fermeté, autorité et ton monolithique et lui-même, entre complexité, humanité et malice, à la place du nid de coucou qu’ils transportent, Lee Jones passe presque à côté de son sujet. En cons »quence, la vision originale que son sujet pouvait véhiculer se retrouve noyée dans un amas de normalité représentée ici par la présence du révérend qui veille sur ses ouailles, de brigands violeurs, d’Indiens farouches et chose un peu plus surprenante, de restaurateurs odieux.

Des restaurateurs qui par leur mépris donneront au film sa meilleure scène ; scène parvenant à conjuguer l’originalité attendue tant sur le papier que sur la pellicule où plus que jamais, Lee Jones pourra justifier de son air de chien battu.

Tel un grain de sable dans l’engrenage, Lee Jones parvient lors de cette scène, à casser la dynamique amorphe d’un monde en proie au doute, aux préjugés et au mépris en laissant éclater sa violence trop souvent contenue au cours d’un film qui malgré l’originalité contenue dans son scénario, ne parvient pas à la retranscrire de manière efficace sur la pellicule ! The Homesman est un Raod-Movie des plaines qui pêche par son approche trop classique.

The Homesman : Bande-annonce

The Homesman : Fiche Technique

Réalisation: Tommy Lee Jones
Scénario: Tommy Lee Jones, Kieran Fitzgerald, Wesley Oliver d’après: le roman homonyme de: Glendon Swarthout
Interprétation: Tommy Lee Jones (Georges Briggs), Hilary Swank (Mary Bee Cuddy), David Dencik (Thor Svendsen), William Fichtner (Vester Belknap), Grace Gummer (Arabella Sours), John Lithgow (Révérend Alfred Dowd)…
Image: Rodrigo Prieto
Décor: Wendy Ozols-Barnes
Costume: Lahly Poore
Son: David Bach
Montage: Roberto Silvi
Musique: Marco Beltrami
Producteur: Javelina Film Company, EuropaCorp, Ithaca
Production: Brian Kennedy, Luc Besson, Peter Brant
Distributeur: EuropaCorp Distribution
Durée: 2h02
Genre: Historique, Drame
Date de sortie: 18 mai 2014
USA – 2014

Blackout Total de Steven Brill : Critique du film

Blackout Total :  Un After Hours dopé aux oestrogènes !

Synopsis : Meghan, présentatrice télé, a passé une sale journée. Elle vient de se faire larguer par son fiancé, n’a pas obtenu la promotion qu’elle convoitait… Pour lui remonter le moral, ses copines l’emmènent faire la fête toute la nuit. Mais le lendemain matin, elle se réveille dans le lit d’un parfait inconnu, sans argent, ni téléphone portable. Elle apprend également qu’elle est de nouveau en lice pour décrocher le boulot de ses rêves. Arrivera-t-elle à temps à la chaîne de télé pour passer une audition ?

Après avoir épuisé jusque dans ses moindres recoins les thèmes du mariage (Serial Noceurs, Un Grand Mariage) de la camaraderie policière (Very Bad Cops, Bad Boys) ou du road-movie (Paul, Thelma et Louise), les studios américains ont bien vite compris que la recette du succès d’une comédie repose sur sa modernité et sa capacité à aborder des phénomènes de sociétés courants au sein de son scénario.

Et après l’orgie prénuptiale de Very Bad Trip, et celle dégénérée de Projet X, on attendait de voir comment les scénaristes américains allaient exploiter le filon de ces soirées arrosées, pouvant provoquer, si l’alcool est consommé sans modération, un blackout total ! Et pourtant, bien que les deux films précédemment cités apparaissent comme des sources d’inspiration majeures, il y en a un, moins connu qui dessine la trame du film en lui-même : After Hours (ndlr : film de Martin Scorsese sorti en 1985) !

Car, à la vue de Blackout Total, difficile de ne pas constater l’étonnante ressemblance avec ce dernier tant ces deux films dépeignent, la même épopée que doivent traverser leurs personnages, à la suite de trop nombreuses mésaventures dans une ville devenue bien vite inhospitalière lorsqu’on ne possède ni argent, ni moyen de transport, ni pièce d’identité. Et à l’heure où Scorsese choisissait la jungle urbaine new-yorkaise comme lieu de pérégrination de son protagoniste, Steven Brill, le réalisateur, opte pour la tentaculaire cité de Los Angeles et décide, à l’heure ou l’essor féministe bat son plein sur Hollywood (Gravity, Zero Dark Thirty), de doter son film d’un personnage principal féminin.

Et a bien des égards, cette décision féministe constitue la seule originalité du film tant celui-ci accumule les clichés, de façon souvent maladroite. Entre des policiers bornés, peu compréhensifs et débiles, une bande de copine qu’on ne souhaiterait pas voir, des gamins obsédés par les seins, la coiffure blonde laissant présager bon nombre de blagues vaseuses et l’implantation des 3 tabous de l’Amérique (Sexe-Drogue-Alcool) dans son scénario, les comiques de situations présents déçoivent la plupart du temps non pas pour leur efficacité mais plus pour leur originalité.

En même temps, dur, dur de passer derrière un mastodonte de la trempe de Scorsese sans éviter les écueils me direz-vous. Il n’empêche que le réalisateur tout en délivrant ce divertissement insère de manière certes peu discrète à travers un dialogue, une satire sur le rôle des médias, préférant s’attarder sur les embouteillages et la pérégrination d’une femme en robe jaune p*** que sur des réels enjeux d’ordres internationaux tels que la tenue d’un G8 ou un incident diplomatique.

Des médias qui, en l’affublant du statut de présentatrice phare, arrivent à prouver que la réussite est possible aussi bien pour les hommes que pour les femmes. Et voir cette bouffée d’oxygène sociale et comique au milieu de ce monde d’hommes est quelque peu encourageant et permet d’espérer que les 5% de réalisatrices américaines et le trop faible nombre mondial ont du potentiel qu’il serait grand temps d’exprimer.

Allez les filles !

Fche Technique : Blackout Total

Titre original : Walk of Shame
Nationalité : USA
Réalisateur : Steven Brill
Scénariste : Steven Brill
Interprétation : Elizabeth Banks (Meghan), James Marsden (Gordon), Gillian Jacobs (Rose), Sarah Wright (Denise), Ken Davitian (le chauffeur de taxi), Alphonso McAuley (Pookie)…
Genre : Comédie
Date de naissance : 2014
Date de sortie en salle : 21 mai 2014
Durée : 1h37
Budget : 15 millions $

Joe de David Gordon Green : Critique du film

Joe : Chronique de l’Amérique profonde sur fond de rédemption

Synopsis : Dans une ville du Texas, Joe Ransom essaie d’oublier son passé d’ex taulard, en adoptant une vie ordinaire. Bucheron le jour, alcoolique la nuit, il a enfin l’occasion de pouvoir expier ses fautes lorsque Gary, un gamin de 15 ans cherchant du travail, arrive en ville. Cherchant la rédemption, il va le prendre sous son aile…

Hollywood va mal ! Simple constat avant-gardiste ou réelle souffrance ? Difficile de répondre dans l’immédiat, mais la surabondance de films vantant les mérites de l’Amérique profonde, loin de la prospérité et des paillettes, fait plus peser la balance pour la seconde option. Killer Joe, Les Brasiers de la Colère, Mud, Prince of Texas, Crazy Heart, tous incarnent chacun à leur manière cette volonté qu’a Hollywood depuis quelques années de revenir aux sources de son cinéma, à savoir un cinéma authentique et sincère, qui, souillé par une décennie de blockbusters et le flot d’impersonnalité et de formatage qu’ils drainent, parait comme mourant.

Un cinéma qui loin de l’aspect léché, formaté et scintillant d’Hollywood, se permet d’aborder de manière frontale des questions et des sujets forts tels que la pauvreté, la délinquance, la violence, le tout emballé dans une âpreté sans égal. Et Joe, s’inscrit de manière durable dans cette logique tant ce dernier ne diffère finalement que très peu des œuvres citées auparavant.

Joe apparaît comme le récit d’un monde, crasseux, agonisant et désarticulé. Un monde ou errent sans âmes et sans but des humains, s’adonnant aux plaisirs et aux pulsions les plus basses et qui ne cherchent qu’à survivre et espérer de plus beaux lendemains. Dans cette errance, remplie de whisky, balles de fusils et maison close, se télescopent deux personnages radicalement différents, mais qui vont être unis par la même volonté de changement : Joe, être rustre, rongé par le remords et la frustration en quête de rédemption et Gary, qui à la croisée des chemins oscille entre un père alcoolique et violent ou une figure paternaliste, emplie de bienveillance et d’estime, représentée par Joe.

Au milieu de ce purgatoire grandeur nature aux couleurs du Texas, David Gordon Green, le réalisateur cherche par de nombreuses astuces, à doter son long-métrage d’une identité propre afin d’estomper sa mise en scène un peu trop scolaire et l’aspect trop prévisible de ses scènes, qui rassemble bien évidemment la vie des deux protagonistes, leurs limites et leurs retrouvailles placées sous le sceau de la camaraderie et de l’estime mutuelle.

Dans ce domaine, le réalisateur dégaine un atout non négligeable en la personne de Nicolas Cage. Neveu de Francis Ford Coppola qui a osé établir sa carrière sans « piston », Cage est surtout connu pour avoir littéralement sombré depuis 2006 et l’infâme Ghost Rider. Raillé de toutes parts, et limité à camper des rôles dans des DTV² tous plus impersonnels les uns que les autres, son vécu parait ici comme salvateur dans la mesure où comme son personnage, celui-ci est au bout du rouleau et espère la rédemption due après autant d’année de disettes.

Empli de sobriété, et d’une classe folle, Cage parvient à montrer de la meilleure manière possible à ses détracteurs que jadis, du temps de Leaving Las Vegas (1995) et de son Oscar du Meilleur Acteur, il était un acteur respecté, influent et talentueux.

Toutefois, il ne demeure pas le seul atout de cette fresque rurale car à l’instar du duo Joe-Gary, un autre personnage entre en scène en la personne du décor. En plaçant avec autant d’intelligence que de minutie et sincérité des décors, des sons, des couleurs, des textures miteuses, usées, le réalisateur parvient à insuffler à son film, le cadre nécessaire.

Entre des bars miteux, des routes abandonnées, des villes crasseuses et des maisons insalubres, le décor confère au film ce sentiment d’usure, de rouille, de vieillesse, essentiel pour attester de l’agonie dans lequel ses protagonistes évoluent. Malgré une fin prévisible, les émotions demeurent sincères et sans égales. Entre émotion, colère, haine, et sincérité, Joe s’annonce comme l’une des plus belles surprises de cette année 2014 et démultiplie les attentes de voir Nicolas Cage assurer son come-back dans d’autres films aussi inspirés.

 

Fiche Technique : Joe

États-Unis – 2013
Réalisation: David Gordon Green
Scénario: Gary Hawkins d’après: le roman homonyme de: Larry Brown
Interprétation: Nicolas Cage (Joe Ransom), Tye Sheridan (Gary Jones), Gary Poulter (Wade Jones), Ronnie Gene Blevins (Willie Russell)…
Date de sortie: 30 avril 2014
Durée: 1h57
Genre: Drame
Image: Tim Orr
Montage: Colin Patton
Musique: David Wingo, Jeff McIlwain
Producteur: Lisa Muskat, David Gordon Green, Christopher Woodrow, Derrick Tseng
Production: Worldview Entertainment, Dreambridge Films, Muskat Filmed Properties, Rough House Pictures
Interprétation: Nicolas Cage (Joe Ransom), Tye Sheridan (Gary Jones), Gary Poulter (Wade Jones), Ronnie Gene Blevins (Willie Russell)…
Distributeur: Wild Side Films, Le Pacte

Note: DTV ou Direct-to-DVD Films sortant directement à la vente et à la location sans exploitation en salles , on les appelle également « films de second marché », par opposition au « premier marché » (l’exploitation en salles) et au « troisième » (la diffusion télé).

 

Maléfique, un film de Robert Stromberg : Critique

Maléfique, l’histoire revisitée à l’esthétique baroque, teintée de noirceur, met en valeur la méchante la plus charismatique de Disney. Un lifting pelliculé plutôt bien ficelé, porté à bout d’ailes par une superbe Angelina Jolie.

Synopsis : Maléfique était une très belle jeune femme au cœur pur, qui menait une existence idyllique dans le paisible royaume de la forêt, jusqu’à ce qu’un jour, une armée d’humains menace l’harmonie de son univers. Maléfique devient alors la protectrice la plus acharnée de son pays, mais une terrible trahison fait d’elle une femme au cœur de pierre. Jurant de se venger, elle affronte au cours d’une grande bataille le roi des hommes, et lance sa malédiction sur sa petite fille, Aurore, qui vient de naître. Mais tandis qu’Aurore grandit, Maléfique réalise que la jeune fille est la clé de la paix dans le royaume – et celle de son propre bonheur… 

« Bonjour Mocheté »

Robert Stromberg, oscarisé par deux fois pour les cadres enchanteurs d’Avatar de James Cameron et Alice au pays des merveilles de Tim Burton, revisite le conte culte La Belle au bois dormant (lui-même inspiré des frères Grimm qui eux-mêmes s’inspirèrent de Perrault). Il réalise avec Maléfique, son premier long-métrage. Une réécriture axée autour des motivations de la fée Maléfique, actualisant ainsi le dessin animé de 1959 de Disney, pour en faire un conte à la fois poétique, enchanteur et sombre.

Conter la face cachée de l’histoire de la belle au bois dormant, à travers les yeux de la méchante, est incontestablement l’aspect le plus réussi de ce conte. Ce film montre avant tout la rédemption de Maléfique, une jeune fée gardienne du royaume des créatures magiques, qui perd ses ailes suite à une trahison amoureuse et se transforme en une sorcière vengeresse et… maléfique. Incarnée par une Angelina Jolie magnétique, avec des cornes diaboliques, un sourire narquois, et un « Bonjour Mocheté » derrière lequel se cache un véritable sentiment d’amour…

Une évolution que les studios Disney avaient entamée avec la magnifique animation, La Reine des Neiges, en parlant de l’amour fraternel. Ici Paul Dini à qui l’on doit le scénario de la série Batman des années 1990 et Linda Woolverton, ne parlent  pas d’histoire d’amour entre une princesse ou un prince, mais d’un baiser d’amour sincère…D’ailleurs, le prince Philippe, malgré la performance assez réussi de Brenton Thwaites n’est qu’un accessoire : il n’a plus autant d’importance, il est même presque totalement inutile…

Maléfique, c’est la performance ensorcelante d’Anjolina Jolie, mais aussi Robert Stromberg, qui crée un univers graphique pouvant passer en un instant d’une scène onirique au cauchemardesque. On voit dans cette œuvre tout le talent d’un décorateur. Les paysages traduisent les émotions de Maléfique, son désir de vengeance, sa peine, son amour pour la petite Aurore… Une princesse maudite dès sa naissance et confiée par son père, le roi Stephane joué par Sharlto Copley (District 9) à trois fées, plutôt drôles bien que fort peu dégourdi. Aurore grandit, accompagné de l’ombre de Maléfique et de son corbeau, interprété par Sam Riley, jusqu’à devenir cette princesse à l’aube de ses 16 ans… Une princesse qui voit en Maléfique, « sa protectrice, sa marraine », et qui sera aussi, celle qui rendra ses majestueuses ailes, symbole de sa force et de sa liberté, à la mythique et sublime sorcière-fée.

Maléfique est un superbe long métrage, avec des scènes de vol époustouflantes, en particulier au début et à la fin du film, des scènes de batailles épiques pouvant faire penser au Seigneur des anneaux, un magnifique dragon et une myriade de créatures fantastiques. La bande son est, elle aussi digne de ce nom : James Newton Howard qui a également composé la musique de la saga Hunger Games, accompagne parfaitement les scènes clefs… Malefique est un instant enchanteur grand public qui vous emportera à coup sur…

Maléfique : Bande-annonce

Maléfique : Fiche technique

Titre original: Maleficient
Réalisation: Robert Stromberg
Scénario: Linda Woolverton, Paul Dini d’après La Belle au bois dormant de Charles Perrault, Jacob et Wilhelm Grimm
Interprétation: Angelina Jolie (Maléfique adulte), Ella Purnell (Maléfique jeune), Elle Fanning (Princesse Aurore), Brenton Thwaites (Prince Philippe), Juno Temple (Thistlewit), Sharlto Copley (le roi Stéphane), Sam Riley (Diaval), Imelda Staunton (Knotgrass)…
Direction artistique: David Allday, et Robert Cowper, Elaine Kusmishko, Paul Laugier, Frank Walsh, Ashley Winter
Image: Dean Semler
Costume: Anna B. Sheppard
Montage: Chris Lebenzon, Richard Pearson
Musique: James Newton Howard
Producteur: Joe Roth, Scott Michale Murray
Production: Miller Roth Films, Moving Pictures, Walt Disney Pictures
Genre: Fantastique
Durée: 97 minutes
Date de sortie: 28 mai 2014

États-Unis – 2014