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Alexandre Desplat : Son ascension en 5 compositions

Comment Alexandre Desplat est-il devenu incontournable ?

Le compositeur français est aux génériques de fin depuis maintenant 3 décennies, mais c’est bien depuis les années 2010 que le Parisien (d’origine grecque) semble être passé dans la catégorie supérieure : celle des compositeurs majeurs. Âgé de 54 ans, Alexandre Desplat est un porte-étendard du savoir-faire cinématographique français dont l’influence ne cesse de s’étendre.

Une pluie de nominations et une étagère bien garnie

Évidemment, on retient sa double nomination et sa victoire lors de la dernière édition des Oscars (The Imitation Game, The Grand Budapest Hotel), du jamais vu, mais sa baguette, à défaut d’être magique, lui avait déjà ouvert les portes des grandes cérémonies. En 1997, il est nominé au César, 18 ans plus tard il en comptabilise 8. Sous la houlette de Jacques Audiard, il en remportera 2 (2006/2013) et s’offrira un triplet, puisqu’il avait également remporté la mise en 2011 avec The Ghost Writer de Roman Polanski.

Le troisième César d’Alexandre Desplat

Symbole de sa popularité, Alexandre Desplat est président du Jury à la Mostra de Venise en 2014. Il faut dire que le monsieur est habitué des tapis rouges : en 2005, il remporte le prix de la meilleure musique à la Berlinale pour De battre mon cœur s’est arrêté (Audiard encore !). Il est également membre du jury du 63ème Festival de Cannes, et par deux fois il participe au succès d’une Palme d’or, signant la musique d’Un Prophète (Audiard toujours) et de The Tree of life (Terrence Malick).

L’envoûtante partition de The Tree Of Life 

Des collaborations prestigieuses

De même que les chefs opérateurs, les compositeurs doivent beaucoup leur visibilité aux metteurs en scène qui les emploient. Une dépendance en trompe l’œil, puisque l’un existe rarement sans l’autre. Si Alexandre Desplat compose pour les meilleurs, c’est qu’il fait également parti des meilleurs, et le Français a su tisser ses relations de travail dans la fidélité. C’est le cas de sa collaboration avec Jacques Audiard (à 6 reprises) ou plus récemment avec Roman Polansky et Wes Anderson (à 3 reprises). Les acteurs qui passent derrière la caméra lui font également confiance puisqu’il contribue aux dernières réalisations de George Clooney et d’Angelina Jolie. 

Le pétillant accompagnement musical du dernier succès de Wes Anderson, et premier Oscar pour Alexandre Desplat

Alexandre Desplat choisi parfaitement ses projets. Beaucoup des films auxquels il participe finissent en discours de remerciements, pour l’exemple Argo (Ben Affleck) et Le discours d’un Roi (Tom Hooper) remportent la récompense suprême (Oscar du meilleur film 2010 et 2012).

Pas de Bégaiement pour Alexandre Desplat

Une incursion réussie dans le spectaculaire

En 2010, David Yates se tourne vers lui pour conclure ce qui est aujourd’hui la saga du début du XXIème siècle. Et oui, c’est Alexandre Desplat qui a dit adieu à Harry Potter, en signant les très réussies bandes originales des deux volets des Reliques de la Mort. L’année dernière, il participe également au succès de Godzilla de Gareth Edwards.
Force est de constater que le compositeur sait s’adapter. Du film d’animation (Les 5 légendes) à la chasse l’homme post 11/09/2001 (Zero Dark Thirty de Kathryne Bigelow), Alexandre Desplat s’accommode plutôt bien de ses commandes.

La meilleure composition de toute la saga ?

Des jours radieux à venir…

Sa « cote d’amour » ne ternit pas, puisqu’il se verra marcher dans les pas du légendaire John Williams avec sa participation au projet Rogue One: A Star Wars Story, le spin off de Star Wars avec Felicity Jones et Forest Whitaker.

En 2013, il déclarait lors d’une interview au Monde Cultures & Idées « On se souvient plus des films que de leur musique ». C’est probablement vrai, mais on peut affirmer cela Monsieur Desplat : Moonrise Kingdom et The Tree of Life ne sont plus sans votre musique, Jacques Audiard sonne différemment sans votre musique, et Poudlard ne s’embrase pas sans votre musique. L’anaphore est volontaire. A force de travailler avec ceux qui prennent la lumière et d’apposer votre nom sur les plus beaux films de ces dernières années, ne vous inquiétez pas de votre héritage. Vous êtes d’ores et déjà dans les mémoires.

 

Vers l’autre rive, un film de Kiyoshi Kurosawa: Critique

Le deuil guidé par les morts

Comme il parait loin le temps où Kiyoshi Kurosawa nous traumatisait en nous présentant, dans Kairo, des fantômes aux allures monstrueuses capables de pirater les ordinateurs et surtout de tuer brutalement les vivants qui les approchent! Quatorze ans plus tard, l’image que l’ancien réalisateur de films de genre (qui a surtout signé des polars et des films d’épouvante, mais aussi quelques comédies et films érotiques, avant de se faire connaitre en Europe par le thriller ultra-glauque Cure en 1999) dresse des fantômes est une image beaucoup plus adoucie. Mais il est impossible de ne pas voir une continuité entre ce parangon de l’horreur nippone et cette fable poétique car si Kurosawa a adapté le roman de Kazumi Yumoto, c’est sans doute parce que les esprits qu’elle y a décrit partagent avec les poltergeists de Kairo une profonde mélancolie. C’est en effet ce sentiment qui s’impose dans la récente filmographie du réalisateur comme un leitmotiv qui lie chacun des genres auquel il s’essaie avec succès. La façon dont Yusuke, pour faire son deuil,  a besoin d’échanger avec son mari disparu en mer depuis trois ans, semble un acte parfaitement naturel, filmé sans la moindre intention de faire du morbide et du pathos, avec une sobriété digne d’un Ozu et une poésie digne d’un Mizoguchi.

L’apparition du mari mort dans le foyer familial se fait avec une telle banalité que la juxtaposition du visible et de l’invisible semble avoir entièrement quitté le domaine du fantastique pour n’être qu’un argument romantique acté. Et ainsi va tout le film: jamais la présence de fantôme ne semble choquante, au contraire elle est toujours une source d’apaisement. La narration est pensée à la façon d’un road-trip, qui ferait quitter la ville à ses deux personnages principaux (le milieu urbain étant toujours un symbole d’oppression dans le cinéma de Kurosawa), vers une nature de plus en plus sauvage, apparaissant comme un lieu de spiritualité rappelant presque l’imaginaire de Miyazaki, jusqu’à cette mer où il est mort et où tout doit finir. Le processus de cette quête initiatique s’accompagne évidemment d’une série de rencontres avec des individus, tous touchés par le problème du deuil, et dont le récit sera toujours -plus ou moins- bouleversant. Le récit de cette femme hantée par le souvenir des mélodies de piano (un instrument déjà symbole de cohésion familiale dans Tokyo Sonata d’ailleurs) jouées par sa sœur partie trop tôt, est en cela l’un des passages au plus fort pouvoir lacrymal. Car on pleure devant Vers l’autre rive, difficile d’y échapper, la question de la vie après la mort (tant pour les morts eux-mêmes que pour leurs survivants) étant le sujet le plus universel qui soit. C’est d’ailleurs ce que démontre le film en nous offrant un panel de personnages issus de tous les milieux sociaux.

Evidemment, l’inconvénient d’un tel procédé dramaturgique est le risque de devenir mécanique. Pris en ballotage entre l’obligation de mettre en place une surenchère mélodramatique et le risque d’enchaîner des situations d’une qualité inégale, Kiyoshi Kurosawa livre un récit parfois bancal et comportant quelques passages excessifs. La retrouvaille avec le père est en cela une scène dispensable, et l’usage d’effets spéciaux grossiers pour appuyer le brouillard de la forêt va à contre-sens de l’effort de réalisme fait dans l’ensemble du long-métrage. Hormis ces quelques maladresses, Kurosawa confirme son talent pour le cadrage, tant chacune des images sont porteuses de poésie et de symbolisme. Que ce soit le face-à-face, filmé avec un superbe effet de miroir, entre Mizuki et la femme dont elle est jalouse ou les paysages bucoliques, chaque scène est visuellement travaillée, et il en est de même les dialogues puisque que Kurosawa réussit à transformer en de très touchants monologues les cours de physique (pas très glamours) que Yusuke dispense à ses élèves. Le montage très étiré, dans la pure tradition du cinéma romanesque japonaise, participe à l’aspect contemplatif du film, au risque de perdre l’attention d’un public occidental habitué au surdécoupage hollywoodien, mais s’accorde parfaitement à la finesse avec laquelle Kurosawa illustre l’épanouissement psychologique de cette veuve. Mais cette délicatesse ne serait évidemment rien sans les interprétations de ces acteurs, la très belle Eri Fukatsu et Tadanobu Asano (ce proche de Takeshi Kitano dont la double carrière des deux côtés du Pacifique nous permettra de la revoir dans le prochain Scorsese), tous deux dans une retenue et un naturel exemplaires.

L’argument fantastique sur lequel repose le film n’est en fait qu’un prétexte finement trouvé pour créer un amour impossible et interroger sur la difficulté de faire son deuil en l’absence de celui que l’on a perdu. En découle un récit empli de romantisme et de nostalgie, pas exempt de longueurs et de maladresses mais sans jamais de pathos ni de métaphysique lourdaude. Du début à la fin, le film est inondé de lyrisme grâce à une mise en scène soignée et à la description qui est faite des relations entre ses personnages, qu’ils soient vivants ou morts.

Synopsis : Dans un petit village japonais, Mizuki, veuve depuis trois ans, reçoit la visite du fantôme de son défunt mari Yusuke. Ensemble, ils vont partir à la rencontre de tous ceux qui ont été marqué par sa disparition pour adoucir leur peine et se préparer à son départ définitif.

Vers l’autre rive : Bande-annonce

Vers l’autre rive: Fiche technique 

Titre original : Kishibe no tabi  (Journey to the Shore en anglais)
Réalisation : Kiyoshi Kurosawa
Scénario : Kiyoshi Kurosawa, Takashi Yujita, d’après le roman de Kazumi Yumoto
Interprétation : Eri Fukatsu (Mizuki), Tadanobu Asano (Yusuke), Yû Aoi (Tomoko), Akira Emoto (Mr Hoshitani), Masao Komatsu (Mr Shimakage)…
Musique : Yoshihide Otomo, Naoko Eto
Photographie : Akiko Ashizawa
Décors : Norifumi Ataka
Montage : Tsuyoshi Imai
Sociétés de production : Office shirous, Showgate, Pony Canyon Enterprises, Hakuhodo, Comme des Cinémas, Amuse Pictures, Wowow
Sociétés de distribution : Version Originale / Condor
Récompense(s) : Prix de la mise en scène de la sélection « Un Certain Regard » 2015
Genre : Drame, fantastique
Durée : 127 minutes
Date de sortie : 30 septembre 2015

Japon- 2015

The X-Files, Ange et Gabrielle, The Big Short : les dernières bandes-annonces

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Retrouvez ci-dessous les dernières bandes-annonces diffusées sur internet :

Cette semaine, une vague de bandes-annonces a déferlé sur la toile. Des trailers de Films et de Séries qui mettent les français à l’honneur avec notamment l’acteur Melvil Poupaud. Cineseries-Mag les a répertoriées rien que pour vos yeux :

Tête Baissée :

Un jeune délinquant accepte un marché avec la police française : remonter la filière du proxénétisme bulgare. Pour cela, il doit infiltrer le milieu de la prostitution… Le film de Kamen Kalev avec Melvil Poupaud sortira en salles le 15 octobre 2015.

Bande-annonce de Tête Baissée

The X-Files Revival :

Les fans de Mulder et Scully vont apprécier cette bande-annonce qui nous prépare à de nouvelles aventures surnaturelles créées par Chris Carter. La sortie est prévue pour le 24 janvier 2016 sous forme de mini-série en six épisodes sur le réseau Fox.

Bande-annonce de The X-Files Revival :

https://www.youtube.com/watch?v=_1SmJUBT5q0

Ange et Gabrielle :

Voici la bande-annonce de la nouvelle comédie française de Anne Giafferi qui unit Patrick Bruel à Isabelle Carré. Lorsque Gabrielle apprend que sa fille de 17 ans est enceinte, elle demande de l’aide au père du futur papa. Mais celui-ci ne voit pas les choses du même oeil… Le film sortira dans les salles le 11 novembre 2015.

Bande-annonce de Ange et Gabrielle :

Le Grand Jeu :

Un thriller français qui met de nouveau en scène Melvil Poupaud dans la peau d’un écrivain piégé dans un complot politique. Un film de Nicolas Pariser avec André Dussollier et Clémence Poésy. Sortie prévue le 16 décembre 2015.

The Big Short : le Casse du siècle

Adapté du livre de Michael Lewis, The Big Short: Inside the Doomsday Machine, le film réalisé par Adam McKay raconte avec sarcasmes la chute de l’économie américaine et réunit en son sein Brad Pitt et Ryan Gosling. The Big Short sortira aux Etats-Unis le 11 décembre 2015.

Bande-annonce de The Big Short : 

Ronaldo :

Pour le coup, ce sont les fans de football qui vont se réjouir de ce film biographique documentaire centré sur la vie du joueur Cristiano Ronaldo et réalisé par le britannique Anthony Wonke en 2015.  Sortie prévue le 9 novembre.

Bande-annonce de Ronaldo :

https://www.youtube.com/watch?v=33gTb1v3wds

Angry Birds :

Adapté du jeu vidéo du même nom, Angry Birds nous fait découvrir plus en détail ces oiseaux heureux mais qui ne volent pas – ou presque. Parmi eux, il y a Red, qui a des problèmes de gestion de la colère et se voit mis à l’écart avec deux autres parias. Mais lorsque leur île est envahie par des mystérieux cochons verts, les trois amis tenteront de percer leur secret. La sortie du film est prévue pour le 10 août 2016.

Bande-annonce de Angry-Birds :

 

Everest, un film de Baltasar Kormákur: Critique

Genre soumis à trop peu d’itérations marquantes – tout juste se souviendra-on de Cliffhanger et du mal-aimé Vertical Limit – les films montagnards, bien que souvent vecteur de péripéties ascensionnelles désastreuses, sont pourtant tombé dans l’oubli. La faute à un criant manque de demande du public, pour qui l’héroïsme est désormais assuré par les films de super-héros, mais surtout à un manque d’Histoire prompte à susciter le stress et l’abnégation. C’était sans compter sur Everest et son réalisateur islandais Baltasar Kormakur (2 Guns, Contrebande), qui déjà rompu au genre – il a réalisé Survivre, centré sur le récit de survie d’un pécheur ayant nagé 5 h dans une eau glaciale – et qui se focalise ici sur la terrible histoire accompagnant la saison d’alpinisme 1996 du plus haut sommet du monde. A l’issue de la projection, un seul constat : Kormakur évite de manière miraculeuse les écueils suscités par un tel projet, et se focalise sur l’humain dans une œuvre forte et sèche, chassant le mélo comme une dameuse sur des congères.

Un anti film-catastrophe

Connue aujourd’hui du plus grand nombre par le livre écrit par Jon Krakauer, lui-même survivant de l’ascension, l’incroyable histoire donnée par Everest est tout sauf fictive. Des hommes face au plus haut sommet du monde, une nature inhospitalière et un Eden à la hauteur de croisière d’un 747 ; les enjeux du film sont simples. La caractérisation des personnages aussi. On retrouvera le Texan dépressif, le postier avide de sensations fortes, l’alpiniste japonaise aguerrie et deux guides aux antipodes, l’un froid et raisonné (Jason Clarke) et l’autre foufou limite défoncé (Jake Gyllenhaal). Mais cela importe peu, puisque outre de donner son nom au film, la montagne éponyme est de tous les plans. Un tant mystique, un tant majestueuse ; un tant havre de paix aux couleurs chatoyantes, un tant tombeau de glace, Kormakur parvient à sans cesse altérer l’image dégagée pour ce mont, pour finalement le muer en l’objet de fascination, qui pousse des hommes à souffrir pour le fouler. Offrant de fait une mise en scène atmosphérique, très aérienne et prompte à susciter l’aventure et le dépassement de soi (la musique étant d’ailleurs au diapason de cette envie d’évasion), Kormakur excelle dans un premier temps à dépeindre une atmosphère légère quasi guillerette. Prenant le temps d’introduire la logistique complexe rendant ces hommes aptes à atteindre le sommet, le film propose aussi, et c’est là sa plus grande force, une étonnante alternative aux divers films catastrophes, auxquels l’ambition et ses moyens l’ont longtemps attaché. Car Everest, malgré son casting dithyrambique comprenant Jason Clarke, Jake Gyllenhaal, Robin Wright, Josh Brolin, John Hawkes, Keira Knightley et Sam Worthington n’est pas un blockbuster hollywoodien sans âme. Pire, il n’est pas même un film catastrophe.

Une expérience immersive ultime

Annoncé comme la transposition alpine du survival Gravity – son passage à la Mostra de Venise ne pouvant qu’appuyer cette déclaration- Everest est surtout une expérience. Sensitive. Sensorielle. Physique. Les conditions et les ressentis qui baignent sur l’œuvre, autant multiples que très réussies, permettent, de concert avec la 3D, à susciter la sensation sans doute désirée par le réalisateur ; à savoir ressentir la tempête. On est dedans. On assiste impuissant à ce réveil soudain de la Nature, qui rappelle aux hommes que nous sommes, son caractère indomptable, indépendant et dévastateur. On assiste aussi la boule au ventre, à cette incroyable tragédie, qui voit des hommes et des femmes payer le fruit de leur erreur que d’avoir sous-estimé la difficulté d’une telle entreprise. Mais on assiste surtout à un réel effort du réalisateur pour perpétuer cette veine doloriste et immersive. Point de musiques tires-larmes, de pathos ou de scènes promptes à susciter le rire pour captiver l’audience, point de séquences obligées, le film prend le pari de l’épure et simplifie au maximum, pour paradoxalement maximiser ses effets. On aurait sans doute préféré voir le réalisateur asséner cette épure également sur son parterre de personnages, sans doute trop important pour le film, mais le fait est que leur temps d’écran est la plupart du temps calquée sur ce souci d’archétype, directement esquissé dans les premières minutes. Si ce détail est parfois prompt à faire naître à une certaine confusion, le résultat final reste toutefois le même : on en ressort lessivé, transi par un froid inexistant mais qui a sévi sur nos esprits, et surtout curieux de se renseigner sur ces personnes auxquelles le film rend hommage de manière discrète, loin des cadors hollywoodiens attendus.

Synopsis: Inspiré d’une désastreuse tentative d’ascension de la plus haute montagne du monde, Everest suit deux expéditions distinctes confrontées aux plus violentes tempêtes de neige que l’homme ait connues. Luttant contre l’extrême sévérité des éléments, le courage des grimpeurs est mis à l’épreuve par des obstacles toujours plus difficiles à surmonter alors que leur rêve de toute une vie se transforme en un combat acharné pour leur salut.

Everest / Bande-Annonce

Everest : Fiche Technique

Royaume-Uni, États-Unis, Islande – 2015
Réalisation : Baltasar Kormákur
Scénario : William Nicholson, Simon Beaufoy
Interprétation : Jason Clarke (Rob Hall), Jake Gyllenhaal (Scott Fischer), Josh Brolin (Beck Weathers), John Hawkes (Doug Hansen), Robin Wright (Peach Weathers), Emily Watson (Helen Wilton), Michael Kelly (Jon Krakauer), Keira Knightley (Jan Hall), Sam Worthington (Guy Cotter), Martin Henderson (Andy Harris), Elizabeth Debicki (Dr Caroline Mackenzie), Ingvar Eggert Sigurðsson (Anatoli Boukreev)…
Image : Salvatore Totino
Décors : Gary Freeman
Costumes : Guy Speranza
Montage : Mick Audsley
Musique : Dario Marianelli
Producteur(s) : Tim Bevan, Eric Fellner, Baltasar Kormákur, Nicky Kentish Barnes, Tyler Thompson, Brian Oliver
Production : Working Title, RVK Studios, Free State Pictures
Distributeur : Universal Pictures International France
Date de sortie : 23 septembre 2015
Durée : 2h02

Eric Neveux : un compositeur éclectique

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A l’occasion de la sortie de Boomerang de François Favrat, avec Laurent Lafitte, Mélanie Laurent et Audray Dana, adapté du roman homonyme de Tatiana De Rosnay, revenons un peu sur la carrière du compositeur st-quentinois qui, depuis sa collaboration avec François Ozon et Patrice Chéreau, a fait beaucoup de chemin. Retour sur bientôt 20 ans de carrière.

Né en 1972, Eric Neveux (à ne pas confondre avec le sociologue Erik Neveu) se passionne tout petit pour le cinéma et la musique. A 15 ans, il quitte le conservatoire, abandonnant ses cours de piano et de solfège pour devenir musicien. En parallèle, sans doute sous « l’impulsion » de ses parents, l’adolescent déménage à Lyon pour des études de commerce et sort diplômé de l’École de management de Lyon Business School en 1994. Il n’a pas perdu ses rêves de vue et se lie d’amitié avec un jeune premier qui vient de terminer la Fémis en composant la musique de son premier moyen-métrage Regarde la mer, puis le thème de son premier long-métrage Sitcom en 1998. À la même époque, Éric Neveux se passionne pour le son de Bristol (Downtempo) et devient Mr Neveux, nom sous lequel il signe son premier album électro « Tuba » pour le label anglais « Cup of Tea ».

En 1997, sa rencontre avec Patrice Chéreau, sur le film Ceux qui m’aiment prendront le train, sera déterminante. Elle marque d’abord le début d’une longue collaboration avec un réalisateur exigeant qu’il retrouvera sur Intimité en 2001, puis sur Persécution en 2009. Mr Neveux n’est jamais vraisemblablement parti puisqu’en 2002, deuxième album, Mr. Neveux Damn It! The Rock Experience. Faisant fi des étiquettes, passant de l’orchestre classique aux recherches électroacoustiques, d’un film d’auteur (Just Like a Woman et La Voie de l’ennemi de Rachid Bouchared) à une comédie populaire (Les Gazelles de Mona Achache, Le Grand méchant loup de Nicolas & Bruno ou Les Kaïra de Franck Gastambide) en passant par des projets plus « intimistes » et engagés (La Vie domestique d’Isabelle Czajka, Il était une forêt de Luc Jacquet, Une mère de Christine Carrère ou 3 scènes décisives de La Tête haute d’Emmanuelle Bercot…), Éric Neveux revendique cet éclectisme dans une approche propre à chaque film, avec comme seul objectif de le servir au mieux en tant que compositeur et producteur.

Comme si cela ne suffisait pas, le compositeur aime toucher à tout et travaille régulièrement pour la télévision, sur des séries de prestige (Borgia*, La Commune, Un village français …) et pour le théâtre, où il a collaboré avec Patrice Chéreau (Rêve d’automne et I Am The Wind de Jon Fosse), Philippe Torreton (Dom Juan de Molière), Philippe Calvario (Roberto Zucco de Koltès, Électre de Sophocle…)

* Pour les inconditionnels de Borgia, voici un extrait du making of

Concernant Boomerang, parmi les 8 titres composés, « Noirmoutier » reste la plus… « entêtante ». Simplicité à la limite du champêtre avec de légères réverbérations et descrescendo. L’OST n’est pas incroyable, si ce n’est plus que le film en lui-même, car naturellement sombre et « torturée », à l’image du livre.

 

 

Asphalte, un film de Samuel Benchetrit : critique

Avec Asphalte, Samuel Benchetrit s’inspire très très librement de son recueil de nouvelles en trois parties intitulé Chroniques de l’asphalte.

Synopsis : L’immeuble d’une cité indéfinie mais néanmoins délabrée va être le témoin de trois histoires : celle d’un homme pris au piège de son avarice, celle d’un astronaute revenu trop tôt, et celle d’une nouvelle voisine au passé mystérieux.

Putain c’qu’il est blême, mon HLM

Il reprend ici le point de départ de deux de ses histoires, qu’il étoffe ou dont il change la fin, et en rajoute une troisième inédite. Tout comme J’ai toujours rêvé d’être un gangster, le film est composé de plusieurs parties, à la différence que les segments sont cette fois menés en parallèle. Si malgré l’unité de lieu les personnages ne se croiseront pas réellement, les trois récits sont réunis par une unité thématique.

Il y a, au départ de chaque segment, la solitude.

On rencontre d’abord Sterkowitz (Gustave Kervern), seul résident à ne pas vouloir payer l’entretien de l’ascenseur. N’ayant de fait pas le droit de s’en servir tant qu’il ne paie pas, il se retrouvera contraint de l’utiliser en maraude, la nuit, quand un AVC le privera provisoirement de l’usage de ses jambes et le contraindra à se déplacer en fauteuil roulant. On croise ensuite un astronaute (Michael Pitt) multipliant les exercices physiques, seul au fond de l’espace. Le dernier personnage est enfin Charly, un lycéen (Jules Benchetrit, fils de Samuel Benchetrit et de Marie Trintignant) qui habite seul avec une mère que l’on ne verra jamais, et dont la présence ne s’exprime que par de vagues mots laissés au coin de la table.

Le lieu même est isolé : introduite par un plan de destruction de façade de l’un des immeubles qui la composent, la cité semble posée au milieu de nulle part. Elle n’est pas décrite comme un lieu d’affrontement mais comme un lieu de solitude où l’on ne croise personne passé une certaine heure, où le syndic n’agit pas, et où chacun est renvoyé à sa propre peine, comme un récif sur lequel viendraient s’échouer nos héros. Le cadre de la mise en scène est serré, les images simples mais belles, le silence présent. On ressent l’ennui de l’endroit sans que le film en lui-même ne soit ennuyeux pour le spectateur.

Devenir quelqu’un d’autre pour être vraiment soi-même

Il suffit pourtant d’une part de hasard, une rupture de la routine, pour que ces solitudes en rencontrent d’autres : une infirmière mélancolique (Valeria Bruni-Tedeschi, superbe de tristesse rentrée), une dame retraitée, ou une voisine perdue dans ses cartons. Chacun de ses trois autres personnages a sa propre routine : une pause cigarette, les visites au fils prisonnier, se saouler à en perdre conscience.

Mais alors, comment, alors que chaque personnage semble pris dans les habitudes d’une vie engluée, arriver à se comprendre ? Chaque personnage a une barrière à franchir : celle de la langue, celle de la honte de soi, celle de l’expérience face à la vie.

Samuel Benchetrit est un réalisateur très référentiel, mais Asphalte trouve un joli moyen de mettre cette cinéphilie au service du film. En effet, c’est en passant par la fiction, là un hommage à Sur la route de Madison, ici une discussion sur Amour gloire et beauté, que les personnages vont se reconnecter au réel. La réalité étant trop laide, il faut la réinventer, pour mieux finir par revenir à une sincérité déchirante.

Cela ne va pas de soi. Asphalte est un film qui prend le temps de construire, intention par intention, phrases par phrases, gestes par gestes, ces relations qui donnent un sens à ces vies, et permettent de sortir du rôle dans lequel les personnages étaient enfermés pour, ne serait-ce que l’espace d’un instant, en prendre un nouveau qui leur redonne de l’espoir.

Une réussite dans l’union des contraires

Asphalte est un film qui porte la marque de son réalisateur. Très soigné visuellement, il marque surtout le spectateur par la manière dont il arrive à unir des concepts contraires : très écrit mais qui laisse une grande part au silence, porté par des performances d’acteur à la limite de la théâtralité dans un dispositif pourtant minimal et juste, ancré dans une réalité brute transcendée par la cinéphilie, concret jusque dans son imagerie de conte de fées.

Samuel Benchetrit réussit un film cohérent mais qui surprend le spectateur, un moment de vie fugace qui pourtant accompagne le spectateur après la séance. On le savait capable de faire des films beaux visuellement, Asphalte est peut-être son premier beau film tout court.

Asphalte – Bande annonce :

 Fiche technique: Asphalte

Date de sortie :07 octobre 2015
Nationalité : Française
Réalisation : Samuel Benchetrit
Scénario : Samuel Benchetrit
Interprétation : Gustave Kervern, Valeria Bruni Tedeschi, Tassadit Mandi, Michael Pitt , Jules Benchetrit, Isabelle Huppert
Musique : Raphaël
Photographie : Pierre Aïm
Décors : Jean Moulin
Montage : Thomas Fernandez
Production : Julien Madon, Marie Savare, Ivan Taieb, Alexander Akoka
Sociétés de production : La Caméra Deluxe, Maje Productions, Single Man Productions
Sociétés de distribution : Paradis films
Genre : Comédie dramatique
Durée : 01h40
Récompense(s) : projeté en séance spéciale lors du festival de Cannes 2015

 

 

Festival de Dinard 2015 : Toute la programmation

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Festival du Film Britannique de Dinard

C’est ce soir que démarre la 26ème édition du Festival du Film Britannique de Dinard. Cet événement est l’unique en France à célébrer le cinéma outre-Manche. Jean Rochefort est le Président du Jury de cette édition. Il présidera un jury composé d’Emma de Caunes, Mélanie Doutey, Virginie Effira, Bertrand Faivre, Amara Karan, Alexandra Lamy, Bernard Le Coq, Helena Mackenzie, Natalie Dormer, Pierre Salvadori et Noah Taylor. En ouverture, ultime hommage à Pascal Chaumeil avec la projection de Up & Down, où Pierce Brosnan, Toni Collette, Aaron Paul et Imogen Poots vont tenter de trouver un sens à leur vie, le soir du Nouvel An.

La compétition comprendra de nombreuses premières projections publiques françaises. Parmi les sept films en compétition, la rédaction a déjà eu la chance de voir Kill Your Friends en avant-première, et dont vous pouvez relire la critique ici. A l’issue de cette compétition, le jury remettra le Hitchcock d’Or. Le vainqueur succédera à The Goob de Guy Myhill. Mais d’autres trophées seront également remis comme le Prix du Public Première, le Prix du Scénario Allianz, le Prix de l’Image Technicolor, le Prix Coup de Coeur, une Mention Spéciale du Jury et le Prix du Meilleur Court Métrage. Mais Dinard, c’est aussi l’occasion de présenter une salve d’avant-premières. Les dinardais pourront ainsi découvrir avant tout le monde The Lobster de Yorgos Lanthimos (Prix du Jury à Cannes et récent Prix du Public à Strasbourg), Mr. Holmes de Bill Condon (déjà présenté à Deauville) ou encore The Survivalist de Stephen Fingleton (Mention Spéciale à Strasbourg).

Cette édition s’achèvera le 04 octobre prochain avec la projection du film de clôture 45 Years de Andrew Haigh avec Charlotte Rampling, déjà présenté à Berlin et qui avait obtenu les Ours d’Argent de l’Interprétation Masculine et Féminine.

Toute la sélection : 

Film d’Ouverture : Up & Down de Pascal Chaumeil (Grande-Bretagne)

Film de Clôture : 45 Years de Andrew Haigh

Compétition : 

American Hero de Nick Love (Grande-Bretagne, Etats-Unis)

Couple in a Hole de Tom Geens (Grande-Bretagne)

Departure de Andrew Steggall (Grande-Bretagne)

Just Jim de Craig Roberts (Grande-Bretagne)

Kill Your Friends de Owen Harris (Grande-Bretagne)

The Violators de Helen Walsh (Grande-Bretagne)

Les Avants-Premières :

Birthday de Roger Michell (Grande-Bretagne)

Breaking The Bank de Vadim Jean (Grande-Bretagne, Etats-Unis)

Bypass de Duane Hopkins (Grande-Bretagne)

Dough de John Goldschmidt (Grande-Bretagne, Hongrie)

The Ecstasy of Wilko Johnson de Julien Temple (Grande-Bretagne)

Gold de Nial Heery (Irlande)

Hector de Jake Gavin (Grande-Bretagne)

Hide & Seek de Joanna Coates (Grande-Bretagne)

Lapse of Honour de Rayna Campbell (Grande-Bretagne)

The Lobster de Yorgos Lanthimos (Grande-Bretagne, Irlande, France, Grèce, Pays-Bas)

The Lost Honour of Christopher Jefferies de Roger Michell (Grande-Bretagne)

Mr. Holmes de Bill Condon (Grande-Bretagne)

Norfolk de Martin Radich (Grande-Bretagne)

Orthodox de David Leon (Grande-Bretagne)

Still de Simon Blake (Grande-Bretagne)

The Survivalist de Stephen Fingleton (Grande-Bretagne)

 

 

Les Revenants : un retour mitigé

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Trois ans après, le Come-Back est plutôt décevant pour Les Revenants, explications :

Ce Lundi 28 septembre 2015, Les Revenants étaient de retour sur Canal+ mais la chaîne n’a rassemblé que 610 000 téléspectateurs contre les 1,4 million en 2012 ! Trois ans après, il semble que les fidèles de la série se soient essoufflés. 4,8 millions de français lui ont préféré Esprits Criminels sur TF1 et Castle sur France 2. Une grande perte pour Canal+, dépassée par le documentaire sur l’Elysée de France 3 (2,5 millions), Under The Dome sur M6 (1,9 million) et même Super Nanny sur NT1 (634 000) !

Il faut dire que l’attente étaient fort longue entre les deux saisons des Revenants, de quoi perturber un chouia le public. Fabrice Gobert, le créateur de la série, explique ce retard par une écriture longue et approfondie de la nouvelle saison :

« On a réécrit directement après la Saison 1, même un peu avant. Il y avait vraiment l’envie de Canal + d’aller le plus vite possible mais peut-être que cette course, par moment, a joué en notre défaveur parce qu’on a essayé de trouver des choses très très vite et, au fond, le temps qu’on a mis à écrire la Saison 2 était à peu près celui qu’on a mis à écrire la Saison 1. Donc, il y a eu quelque chose peut-être qui a résisté et qui fait qu’on a dû prendre plus de temps que prévu et il y avait beaucoup de choses dans la Saison 1 qui appelaient un développement… »

Si Les Revenants saison 2 compte deux fois moins d’abonnés, Canal+ semble se satisfaire de ces audiences et la série n’a rien perdu de sa superbe. On retrouve cette atmosphère tellement particulière, à la fois mélancolique et oppressante ainsi que des personnages de plus en plus troublants incarnés par des acteurs de talent : Céline Salette (De Rouille et d’Os, L’Apollonide, souvenir de la maison close), Guillaume Gouix (Enragés, La French), Frédéric Pierrot (Marguerite et Julien, Polisse).

Les choses se précisent aussi pour nos Revenants et le danger qu’ils pourraient représenter. La caméra nous laisse entrevoir des décors plus sauvages, tout au bout du chemin, et nous pénétrons cette forêt sombre et inquiétante qui borde la ville et le barrage. De nouveaux personnages font leur apparition et quelques surprises nous attendent ; ceci devrait motiver les curieux d’autant que le mystère autour des « morts-vivants » reste entier…

Quoi qu’il en soit, Les Revenants reviendront lundi 5 octobre sur Canal+ avec les épisodes 3 et 4 !

Rencontre avec Stephen Fingleton pour son film The Survivalist: FEFFS 2015

FEFFS 2015, compétition internationale, rencontre avec Stephen Fingleton pour son film The Survivalist

Synopsis: The Survivalist aborde la question de la survie dans un environnement hostile, sur une terre dévastée et sans ressources. Pour le protagoniste, tout homme est un danger mortel et il n’est plus question que de se nourrir, de subsister, d’assouvir un besoin physique. 

La force de The Survivalist est de créer une expérience unique, tout à fait singulière et immersive. Le jury du FEFFS 2015 ne s’est pas trompé en accordant sa Mention Spéciale, à ce film post-events (et non post-apocalyptique, comme le réalisateur nous le précise ici), dont le naturalisme extrême, pousse encore plus loin le genre hyperréaliste.

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– The Survivalist est un film singulier, une nouvelle proposition. Steven, il y a dans votre film un travail très particulier sur le son, sur l’absence de musique, sur le travail en mono…

Oui, nous avons fait un travail particulier sur le mono dans le film. Dans chaque salle de cinéma, vous avez 6 haut-parleurs, un à droite, un à gauche, un au centre, un qui est en-dessous, et deux au fond. Pour le film, la majeure partie du son venait du centre. C’est ce que je voulais, sauf au début et à la fin, où le son était beaucoup plus large, et venait de l’avant et également de l’arrière.

– Vous ne définissez pas votre film comme un film post-apocalyptique, pourquoi?

Je ne suis pas du tout d’accord avec ce terme post-apocalyptique, je préfère le terme « post-événements ». Ici, il s’est passé quelque chose, mais l’humanité existe toujours, et la vie continue mais sous une forme différente.

– Concernant les nombreux aspects techniques de la survie, est-ce qu’ils proviennent de votre propre réflexion, ou avez-vous fait des recherches ou pris contact avec des spécialistes? La deuxième question : pourquoi le choix du mono?

Oui, j’ai simplement fait beaucoup de recherche, je n’ai jamais été agriculteur, même s’il y a des membres de ma famille qui sont agriculteurs. L‘acteur principal lui, a fait un stage de survie, et il a appris à dépecer le lapin notamment, donc c’est vraiment lui qui le fait dans le film.

C’est vrai qu’il y a beaucoup de techniques très réalistes dans le film, mais plutôt qu’un film vraiment réaliste, je le voulais beaucoup plus figuratif, et on a utilisé toutes ces techniques pour y parvenir.

Pour le mono, il y a beaucoup de raisons, notamment le fait que je trouve que la stéréo, ça sonne faux quelque part, ça vient de tous les sens, on a beaucoup plus de mal à s’immerger dans le film. C’est comme la 3D, ça devrait être beaucoup mieux que la 2D, alors qu’en fait pour un film en 2D, vous êtes beaucoup plus immergés dans l’histoire, et je suis sûr que The Survivalist vous a fait beaucoup plus d’effet que le dernier film en 3D que vous avez vu. La seconde raison réside dans le fait que l’on voulait que tout le monde ait la même expérience dans la salle de cinéma. Que vous soyez assis dans différents endroits de la salle, vous avez ce même son qui vient du centre. En fait, on a réenregistré tous les sons que vous entendez dans le film, et on les a retravaillés pour recréer une atmosphère, pour que ce soit très réaliste. Et bien que ça puisse nous sembler très réaliste, c’est faux, on a tout retravaillé…

– Ma question porte plutôt sur l’histoire. Je voulais savoir si vous parlez de réincarnation, avec le lapin qui disparaît lors de la « crise » de l’héroïne (ndlr: la fille dans le film), et qui réapparaît lors de la mort de sa mère. Une vie doit-elle disparaître pour qu’une autre émerge?

Je n’ai pas de réponse à vous donner. C’est à vous de penser ce que vous voulez. Tout ce que je peux vous dire, c’est finalement que les instincts qui ont poussé la jeune femme à ne pas aller jusqu’au bout, sont les mêmes que ceux ont poussé le lapin à éviter le piège. Nous avons beaucoup d’instincts en commun même avec les lapins, et en fait, on est tous les enfants de survivants. C’est tout ce que j’ai à vous dire.

– Ma question porte sur la temporalité du film. A la fin, nous apprenons que la fille est enceinte de 6 mois. Par contre, nous ne voyons pas les saisons se succéder dans le film. Est-ce un choix volontaire pour accentuer davantage l’impression de survie?

En général, ce genre de film se fait sur un an. Là on n’avait pas le temps, ni les moyens de filmer tous ces changements de saisons. C’est aussi un premier film, et quand on fait un premier film on a uniquement droit à un respect limité. Concernant les acteurs, j’aurais pu avoir des acteurs plus connus et pouvoir filmer les changements de saison, ou bien choisir ces acteurs-là, et sentir les changements de saison dans leurs émotions.

– Votre film m’a fait penser au style de Jame Campion, avec le phallus notamment… (Rires du public)

Bien sûr, vous voyez beaucoup de choses en érection dans ce film. Je suis un très grand fan de Jame Campion, de son travail, de son symbolisme, et de la manière dont elle dépeint la sexualité. Donc oui, il y a un certain nombre de références à son travail.

– L’absence de dialogues passe vraiment très bien, parce que les acteurs sont bons. Il y a certaines scènes où on a l’impression que vous vous êtes empêchés de mettre des dialogues. Pourquoi cette volonté d’en avoir si peu, et pourquoi au final, ne pas les avoir supprimés tous?

Oui en effet, dans les 16 premières minutes du film il n’y a pas de dialogues. De toute façon, le personnage est seul. Dans le script, on a mis très peu de dialogues car ce que ce que l’on voulait, c’était de trouver des moyens de faire interagir physiquement les acteurs, donc par autre chose que la parole… parce qu’à chaque fois que quelqu’un prend la parole dans le film, c’est pour manipuler les autres.. Toute parole est une forme de manipulation

 – Concernant le générique très réussi, et pour le coup totalement abstrait, non pas figuratif, pourquoi avez-vous choisi d’arrêter les dates dans la courbe de croissance de la population. A quelle année situez-vous ce film? Et que signifie la ligne bleue qui rejoint la ligne rouge et qui à un moment donné chute avant la ligne rouge?

Non, je ne vais pas vous dire quand le film se déroule. C’est pour cela que vous ne voyez pas les années sur la courbe au début.

La courbe bleue est une référence à une théorie des êtres: on a une période où l’on exploite trop ses ressources, alors qu’elles sont en train de diminuer, et même au moment où elles commencent à diminuer, la population continue de croître, un peu comme dans le dessin-animé Bip Bip et Coyote, le dessin-animé: quand il tombe de la falaise, il se relève toujours…

– Vous refusez la notion de post-apocalyptique. Mais on a aussi tourné des westerns post-apocalyptiques comme les premiers Mad Max. Est-ce qu’en revanche, le terme de western vous l’accepteriez? Car il y a beaucoup de points communs dans les situations, dans l’atmosphère du film, je pense au film Le vent de la plaine de John Huston par exemple…

Oui, c’est l’histoire d’un homme qui n’a pas de nom et qui joue de l’harmonica (ndlr: rires du public). Moi je voulais plus faire quelque chose à la Sergio Leone, mais on ne m’a pas laissé le faire, on voulait quelque chose d’un peu plus naturel… Mais oui, c’est un western parce que c’est l’histoire de frontières, et toute histoire, qu’elle se déroule dans le passé ou dans le futur, qui a trait à la frontière, et à ce qu’il vient après, est forcément un western.

– Je pensais plutôt à un western tourné par Ingrid Bergman.

Oui, je voudrais bien que soit écrit sur mon affiche, « un film à la Ingrid Bergman ».

Propos recueillis le 25/09/15 lors de la rencontre publique avec Stepen Fingleton, pour son film  The Survivalist.

 The Survivalist a été récompensé au festival de Tribeca  par le juré

Crimson Peak, un film de Guillermo Del Toro : Critique

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En cette belle soirée du 28 septembre, Mia Wasikowska, Tom Hiddleston et le maestro Guillermo Del Toro étaient à Paris, à l’UGC Bercy, pour présenter une des plus grosses attentes de cette fin d’année, le nouveau film du « réalisateur visionnaire », Crimson Peak. 

Synopsis : À la suite d’une tragédie familiale, une romancière en herbe est déchirée entre l’amour qu’elle porte à son ami d’enfance et son attirance pour un mystérieux inconnu. Alors qu’elle tente d’échapper aux fantômes de son passé, elle s’aventure dans une sombre demeure étrangement humaine, qui respire, saigne et se souvient.

Le conte est bon

Avant la projection, les acteurs ainsi que le réalisateur nous ont présenté le projet, et nous ont expliqué à quel point ce film leur tenait à cœur, tant au niveau du plaisir de jouer (Tom Hiddleston s’exprimait en français, Mia Wasikowska en anglais) qu’au niveau de la mise en scène et de la structure du long-métrage. Mais qu’on prenne garde comme l’a si bien dit ce cher Guillermo :  « It’s not a ghost story , it’s a story with ghosts ».

À la suite de cette petite rencontre d’une dizaine de minutes, la projection a enfin pu commencer pour des spectateurs qui se trémoussaient d’impatience et qui n’en pouvaient plus d’attendre. Deux heures plus tard, Crimson Peak s’achevait. Et il s’achevait en laissant un goût amer dans la bouche, un goût de déception. Dans un premier temps, le conseil à prodiguer est de ne pas se fier à la bande-annonce. Crimson Peak n’est en rien un film d’horreur ou d’épouvante, mais un « conte gothique » comme s’amuse à le définir Guillermo Del Toro, ou un conte horrifique. Il est indéniable que l’on retrouve des attributs du film d’épouvante, comme une ambiance particulièrement angoissante et parfois bien glauque, mais les redites de jumpscares nuisent au film. En effet, le schéma de Crimson Peak est classique. Contrastes entre le jour et la nuit, réveil brutal, vagabondage dans une maison déserte… A vous d’imaginer la suite. Mais, malheureusement, le classicisme de Crimson Peak ne se borne pas seulement à son schéma, ce dernier emportant avec lui le scénario. Quel dommage. L’intrigue est rapidement posée et les ficelles se dévoilent comme le vent déplace les feuilles. Tout arrive très vite et le scénario ne fait en rien frémir. Bien que l’intrigue soit parsemée de secrets et de mystères que notre protagoniste principale s’évertue d’éclaircir, Guillermo Del Toro et son scénariste n’en ont pas l’exclusivité, des faits similaires pouvant être retrouvés, que ce soit dans des longs-métrages ou dans des œuvres littéraires comme celles d’Edgar Allan Poe. Guillermo Del Toro nous a passionné, nous a emmené dans des contrées lointaines, mais avec du fond alors qu’aujourd’hui, le seul travail est fait sur la forme.

Mais là, Guillermo Del Toro ne peut échapper à son surnom de « maestro » tant le film est un bonheur visuel. Le Labyrinthe de Pan nous avait déjà convié à parcourir de superbes décors et, une fois de plus, le sens du détail et du travail se font ressentir.

Le réalisateur travaille son décor comme un peintre peint sa toile. Tout y passe, tout est étudié, tant au niveau des couleurs que de la perspective, en passant par les différentes profondeurs de champ. Guillermo étudie avec minutie chacune des pièces de la maison, ces dernières livrant leurs secrets tout au long du film, pour un spectateur qui ne peut qu’être conquis visuellement parlant. La scène finale est, dans la continuité, d’une beauté sans pareil tant le cadre est étudié. Crimson Peak dégage une poésie propre à ces « contes gothiques », une poésie triste et mélancolique dans laquelle vient se fondre une violence inouïe, comme peut l’illustrer la séquence finale, toutefois parsemée de pointes d’humour qui n’échapperont pas aux spectateurs.

Mais que serait un film du « maestro » sans monstres ou créatures fantomatiques ? Il ne faut pas trop en dire, car les découvrir et les aimer, ou non, est le travail de chacun, mais il est intéressant de savoir que les créatures qui parsèment le film sont interprétées par de vrais acteurs et ont été retravaillées en post-production.

Dans la continuité de la critique, il paraît essentiel d’aborder le casting, qui est en demi-teinte. Jessica Chastain nous avait déjà conquis dans de nombreux rôles et il s’avère qu’aujourd’hui, elle récidive en nous suscitant futurs cauchemars et autres angoisses. Son visage, ses expressions, sa gestuelle ainsi que sa voix ne vous laisseront pas de marbre, et vous pétrifieront (peut-être!). Tom Hiddlestion, quant à lui, endosse de nombreux rôles en un seul personnage, allant du beau gosse au traître, en passant par l’inventeur, de génie pour certains, raté pour d’autres. Le bémol se trouve pour notre chère et tendre Mia Wasikowska, cette dernière ayant de quoi laisser perplexe. L’actrice australienne de 25 ans peut émouvoir comme elle peut vous sembler grotesque. Chacun interprétera son personnage d’Edith Cushing, mais son jeu monocorde et plutôt répétitif a de quoi rebuter.

Crimson Peak est donc une légère déception tant les attentes vis-à-vis de Guillermo Del Toro sont grandes et tant chacun de nous attend, dans un coin de son inconscient, un long-métrage qui viendrait égaler, voire surclasser, cette merveille qu’est Le labyrinthe de Pan.

Crimson Peak : Teaser

https://www.youtube.com/watch?t=20&v=dA4xoTLJl_A

Crimson Peak: Fiche Technique

Réalisateur : Guillermo del Toro
Scénario : Guillermo del Toro, Matthew Robbins, Lucinda Coxon
Interprétation : Charlie Hunnam, Kimberly-Sue Murray, Emily Coutts, Bruce Gray, Jessica Chastain, Mia Wasikowska, Tom Hiddleston…
Bande originale : Fernando Velázquez
Photographie : Dan Laustsen
Chef décorateur : Thomas E. Sanders
Création de costumes : Kate Hawley
Montage : Cameron McLauchlin, David Peifer
Sociétés de production : Legendary Pictures
Distribution :  Universal Pictures International France
Budget : 55 000 000 $
Genre : Horreur/épouvante
Durée : 119 minutes
Date de Sortie : 14 octobre 2015

Etats-Unis – 2015

Les Rois du monde, un film de Laurent Laffargue : critique

Le dilemme est une vieille question théâtrale, sujet de mille tragédies. Pour son tout premier film Les Rois du monde, le metteur en scène de théâtre Laurent Laffargue présente ce dilemme de manière simplifiée dès le début. Dans une voiture deux hommes avancent quand deux routes s’offrent à eux : laquelle choisir ?

L’art d’aimer 

Après une brève discussion, ils choisissent la voie rationnelle : une boîte aux lettres au bout du chemin indique la présence humaine. Pourtant, en s’aventurant sur ce sentier escarpé, ce n’est pas la rationalité que vont rencontrer nos deux hommes, mais plutôt la rage pure, armée d’une hache. Dans ce rôle, Sergi Lopez (Jeannot) est entier, presque un peu trop par moment. Sa quête ? Chantal (Céline Sallette) qu’il a perdue trois ans plus tôt en allant en prison. Elle ne l’a pas attendu et s’est installée avec le boucher du village (Jacky incarné par Eric Cantona). Le film de Laurent Laffargue se présente donc d’abord comme une tragédie classique. Les hommes y sont présentés comme des « rois du monde », mais qu’on dirait déchus, défaits, perdus. L’ivresse leur donne l’illusion de ce plein pouvoir. Pourtant, à Casteljaloux, on s’affronte aussi au corps à corps, toujours un flingue à portée de main, un peu à la manière des westerns, la classe en moins. Les mots aussi sont des affrontements, ce sont ceux qu’on s’interdit de prononcer, qui déclenchent la fureur ou ceux, sur la scène d’un théâtre, qu’on s’échange ou qu’on vomit au cœur de grands monologues.

Tragédie moderne ?

Laurent Laffargue signe un film étrange, frôlant souvent le ridicule tant les sentiments y sont exacerbés, les hommes remplis de violence et de pastis. C’est une oeuvre hybride presque monstrueuse, tant son éloge du théâtre, de sa force tragique (c’est sur scène que beaucoup de choses se passent) et de son jusqu’au-boutisme (dans le direct de la pièce, on ne revient pas en arrière), un lieu où même le sang est étalé à outrance (comme tous les sentiments), paraît éloignée des enjeux du cinéma. C’est presque une fresque, de nombreux personnages la balaient (on notera les belles interprétations de Romane Bohringer et du toujours aussi génial Guillaume Gouix). Casteljaloux est donc la source de la folie, l’origine monstrueuse de toute cette histoire. Le village a d’ailleurs déjà inspiré par deux fois Laurent Laffargue au théâtre avec Casteljaloux 1 et 2. Finalement, le film est une déclaration d’amour au théâtre (et à Louis Jouvet), comme aux acteurs et à leurs excès. Mais aussi à ce que cet « art vivant » peut apporter de vitalisant au cinéma. Le projet ? « Je rends hommage à ceux qu’on appelle des petites gens. J’ai envie d’en faire des héros », comme l’expliquait il y a quelques années Laurent Laffargue quand il montait la première pièce de cette trilogie.

Une forme hybride et monstrueuse 

 L’autre visage du film,  c’est aussi Chantal, cette femme devenue objet. Elle est pétrie par les mains des deux hommes auxquels elle offre des « je t’aime » sans rien recevoir en retour. Ce n’est pas tant une femme fatale, qu’un objet de convoitise. Pour Jeannot, c’est LA femme qu’il faut posséder avant tout, écarter du monde, c’est sa vierge éternelle alors que Jacky, qui propose une vie fermée, s’indigne que Jeannot ait pu « la baiser avant [lui] ». Chacun veut la garder, la posséder, lui proposer une vie qu’elle n’a pas forcément choisi : « c’est bien pour toi », dit-elle, « pourquoi pour moi ? C’est bien pour nous ». Sur la scène, elle se révèle comme elle est vraiment en creux dans la vie : pleine de désir, mais encerclée par celui des mâles qui l’entourent. Si Laurent Laffargue se contentait de ce schéma, il serait trop simpliste. Pourtant, quelque chose va se créer au-delà d’un simple jeu de « qui a la plus grosse ». Car l’enjeu, c’est aussi partir, fuir la sclérose du village, poser les bonnes questions, avec celle-ci  en exergue : « qu’est-ce que tu attends encore de moi ? » que crie Chantal à Jeannot, comme pour dire qu’elle a déjà beaucoup offert, que c’est terminé. Les Rois du monde ne fait donc que filmer des corps en tension qui tombent et se fuient. Mais derrière ce trio dévastateur, apparaissent de jeunes comédiens, qui construisent eux aussi un trio dangereux qui ne réussira à s’émanciper qu’hors les murs. Laurent Laffargue développe ainsi un art d’aimer, où les mots sont enfin prononcés et libèrent, où le baiser advient comme un instant magique, suspendu. Et tout ça, grâce au théâtre. Une note d’espoir bien dérisoire vue la tragédie qui se joue dehors. Laurent Laffargue déconstruit son titre, puisqu’il met les rois à terre. Les reines aussi.

Le film est donc une déclaration d’amour au théâtre, à sa force archétypale et à sa vision totale du sentiment (que le cinéma accepte mais fuit plus volontiers). La preuve ? Comme Céline Sallette autrefois tomba amoureuse du théâtre en le rejoignant par hasard pour suivre un garçon, une toute jeune fille du film tombe amoureuse au théâtre, sur scène, sous les yeux rieurs de Laurent Laffargue lui-même. Ce sont aussi ces yeux-là qu’il pose sur le film, la dramaturgie étant exacerbée, mais finalement plus complexe qu’il n’y paraît tant le véritable héros, c’est le lieu (entendre le monstre, celui où l’on se croit roi, centre du monde). La simplicité de la forme prend pourtant corps avec une certaine vérité criante : le cinéma a toute sa place ici, tant le corps mis à distance prend toute sa force (on pense au regard troublant de Céline Sallette, à sa danse, à sa fraîcheur détruite). Le montage est souvent très sec et la mise en scène à l’image du film : nerveuse et maîtrisée. Quant à nous, spectateurs, nous sommes les voyeurs de ce monde-là, fascinant et écœurant à la fois.

Synopsis : Casteljaloux, village du sud-ouest de la France. Entre amitié, ivresse et plaisir du verbe, les hommes y sont Les Rois du monde. Mais quand Jeannot sort de prison, il n’a qu’une seule idée en tête : reconquérir Chantal, l’amour de sa vie, qui s’est installée en son absence avec le boucher du village. La tragédie grecque prend alors des allures de western. 

Bande annonce – Les Rois du monde 

Fiche technique – Les Rois du monde

Titre original : Les Rois du monde
Date de sortie : 23 septembre 2015
Nationalité : France
Réalisation : Laurent Laffargue
Scénario : Laurent Laffargue, Frédérique Moreau
Interprétation : Céline Sallette (Chantal), Sergi Lopez (Jeannot), Eric Cantona (Jacky), Guillaume Gouix (François), Romane Bohringer (Marie-Jo)
Photographie : Fabrice Main
Décors : Pierre Moreau
Sociétés de production : Mezzanine Films
Sociétés de distribution : Jour2fête
Budget : NR
Genre : Drame
Durée : 100 minutes

Festival de San Sebastian 2015 : Coquillage d’Or pour l’islandais Sparrows

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Festival International du Film de San Sebastian

Après dix jours de festivités, la 63ème édition du Festival International du Film de San Sebastian s’est achevée hier soir avec la remise des prix. Après une ouverture très-attendue puisqu’il s’agissait de Regression, le dernier Alejandro Amenabar avec Emma Watson et Ethan Hawke, le verdict sur la compétition est tombé. Et c’est l’Islande qui repart avec le prestigieux Coquillage d’Or pour Sparrows. Ce drame islandais suit l’histoire d’Ari, un garçon de 16 ans, qui, après avoir vécu à Reykjavik avec sa mère, retourne chez son père, dans un fjord reculé. Sparrows succède à La Nina de Fuego de Carlos Vermut. Chez les français, trois films ont su s’imposer dans le palmarès final. Évolution de Lucile Hadzihalilovic qui obtient le Prix du Jury et celui de la Meilleure Photographie alors que Joachim Lafosse obtient le Prix du Meilleur Réalisateur pour Les Chevaliers Blancs et les frères Darrieu reçoivent le Prix du Meilleur Scénario pour Vingt et une nuits avec Pattie. Enfin, deux films asiatiques présentés à Cannes ont également obtenu des distinctions :  le Prix du Public pour Notre petite sœur d’Hirokazu Kore-Eda et le Prix Européen à Mountains May Depart de Jia Zhang-Ke (co-production française).

Palmarès du Festival de San Sebastian 2015 :

Coquillage d’Or : Sparrows de Rúnar Rúnarsson (Islande)

Prix spécial du Jury : Évolution de Lucile Hadzihalilovic (France)

Prix du Meilleur Réalisateur : Joachim Lafosse pour Les Chevaliers blancs (France, Belgique)

Prix du Meilleur Acteur : Javier Camara & Ricardo Darin pour Truman (Espagne)

Prix de la Meilleure Actrice : Yordanka Ariosa pour El Rey de La Habana (Espagne)

Prix de la Meilleure Photographie : Manu Dacosse pour Évolution (France)

Prix du Meilleur Scénario : Arnaud et Jean-Marie Larrieu pour Vingt et une nuits avec Pattie (France)

Mention Spéciale : El Apóstata de Federico Veiroj (Uruguay)

Prix Horizontes Latinos : Paulina de Santiago Mitre (Argentine)

Prix du Public : Notre petite sœur d’Hirokazu Kore-Eda (Japon)

Prix du Meilleur Film Européen : Mountains May Depart de Jia Zhang-Ke (France, Chine)

Prix FIPRESCI : El Apóstata de Federico Veiroj (Uruguay)

Toutes les infos du festival sur : http://www.sansebastianfestival.com/in/