Sharjah International Film Festival (SIFF) : le cinéma comme vecteur d’éducation

Cette année, dans le cadre de la 10ème édition du festival international du film de Sharjah (SIFF), le Mag du ciné s’est envolé pour les Emirats Arabes Unis. Le festival, qui s’inscrit dans une dynamique d’ouverture au monde, est une ode internationale à l’art et à la culture du monde arabe.

‘L’éducation est l’arme la plus puissante que l’on puisse utiliser pour changer le monde’ (N.Mandela)

Depuis sa création, le SIFF a un crédo : par, pour et à propos de la jeunesse. L’objectif premier du festival est de présenter des films d’horizons variés pour ouvrir les enfants au monde et partager des valeurs de tolérance, de créativité et de vivre ensemble. En abordant des sujets comme la guerre ou le handicap à travers l’objectif de l’enfance, le festival réussit son pari éducatif et culturel. La qualité des films ainsi que la diversité des catégories (films étudiants, courts-métrages, films d’animation ou encore long-métrages), propulsent le SIFF au rang des plateformes avenir du cinéma indépendant et inscrivent la ville de Sherjah au rang de précurseur dans la région. Comme le souligne Sheika Jawaher Bint Abdullah Al Qasimi, directrice du festival, l’événement va au-delà du divertissement en ce qu’il permet d’ouvrir les portes d’un ‘avenir où le pouvoir du cinéma illuminera la voie vers des possibilités illimitées pour nos jeunes‘. La catégorie ‘Child & Youth Made Films‘ confirme cette affirmation. En permettant à des enfants d’écrire et de réaliser leurs propres films puis de les présenter devant un jury composé de leur pairs, un champ infini de potentialités créatives s’ouvre pour tous les enfants. Outre le large panel de films internationaux proposés, c’est le monde du cinéma dans son ensemble qui est présenté aux jeunes générations. Par le biais d’atelier de maquillage ou de storytelling, le festival ouvre le champ des possibles et souligne brillamment les mille facettes du monde cinématographique.

Par la mise en place de conférences, de Q&A ou encore d’un ‘tapis vert’, le SIFF permet une très grande proximité entre les professionnels et le public ce qui donne naissance à de fructueux échanges. Les réalisateurs, producteurs ou encore acteurs, n’hésitent pas à conseiller  la jeunesse curieuse qui rêve de cinéma en étayant l’importance de la créativité, du rêve et du partage. Les débats proposés sont variés et empreints d’actualité. L’une de ces conférences : ‘From festival screenings to streaming : How to find your way through platforms?‘ initie par exemple une discussion concrète sur le débat cinéma v. streaming mais également sur l’expérience cinématographique, le marketing ou les critères d’un bon trailer. Tarek Ghannam, responsable de distribution chez Shooting Stars, rappelle l’intérêt capital d’évènement tels que le SIFF pour assurer le voyage des films autour du monde et l’internationalisation de l’art.

Un festival au service de l’art militant

En ouvrant le festival avec le court-métrage poignant ZOO de Tariq Rimawi, scénariste et réalisateur indépendant Jordanien, le SIFF n’a pas peur de présenter le cinéma comme un vecteur du militantisme et de la liberté d’expression. Expressément politique, ce short-film d’animation, visuellement inspiré des dessins de Naji al-Ali, célèbre caricaturiste Palestinien assassiné dans les années 80, raconte l’histoire du ‘Zoo le plus dangereux du monde’ situé dans la bande de Gaza. Dans un décor de guerre, l’actualité tragique s’invite à l’écran et présente le cinéma, et par extension, l’art comme un moyen pacifique de faire entendre sa voix et d’asseoir ses convictions. Ce choix souligne avec force l’importance du festival pour une jeunesse qui évolue dans un monde si incertain. C’est ce que nous confirme Mira Ibrahim, une jeune ambassadrice du SIFF :

‘Il s’agit pour le moins d’une immense opportunité. Je suis une ancienne membre du jury jeunesse et j’ai adoré mon expérience. Aujourd’hui, je m’adresse à vous en tant que jeune ambassadrice. C’est une grande chance d’apprendre à connaître différentes cultures, différentes personnes. J’ai rencontré énormément de gens grâce à ce festival. Je conseille l’expérience à tout le monde, pas seulement pour regarder des films mais aussi et surtout, car ils nous rapprochent.’

Elle ajoute à cela une reconnaissance de l’impact du festival après 10 ans d’existence. De manière générale, les témoignages recueillis, auprès des organisateurs ou encore de la jeunesse de Sharjah, confirment tous l’évolution du festival qui année après année, a su dépasser les frontières régionales et internationales.

La grande variété d’invités et de films internationaux présentés, semblent présager un brillant avenir pour le Festival International du Film de Sharjah. Le SIFF a tous les atouts pour croître  et inscrire durablement le cinéma régional et la culture du monde arabe dans une perspective internationale.

Festival

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Cannes 2026 : Ben’imana, le mur du silence

Premier film de Marie-Clémentine Dusabejambo, "Ben'Imana" aborde le pardon, la résilience et la transmission d'une douleur indicible au sein de la société rwandaise, profondément hantée par le génocide des Tutsis. Un drame rempli d'émotions, lauréat de la Caméra d'or, qui invite à s'unir dans l'humanisme au-delà des ethnies.

Newsletter

À ne pas manquer

The Christophers : le prix des âmes

Le dernier Soderbergh : grand petit film sur les affres de l'art au temps de son extrême marchandisation. "The Christophers" brasse avec finesse la question de la valeur d'une œuvre et de la place de l'artiste dans un monde qui fétichise la marchandise. Entre un vieux peintre cabotin et une jeune faussaire en quête de vengeance, Soderbergh opacifie savamment un scénario trop convenu pour mieux révéler les contradictions profondes des artistes, empêtrés entre beauté, gloire et compromissions.

Le Cuirassé Potemkine : cent ans de rage intacte

Cent ans après, "Le Cuirassé Potemkine" revient en salles avec une musique inédite signée Pet Shop Boys. Chef-d'œuvre du cinéma muet, le film d'Eisenstein n'a rien perdu de sa puissance subversive. La rage de ceux qu'on écrase n'a pas de date de péremption.

Ma famille chérie : entre tornade émotionnelle et grâce cassavetienne

Maelström d'émotions, caméra à l'épaule et visages en gros plan avec "Ma famille chérie". Isild le Besco signe un ouragan familial tendre et survolté, entre fulgurances cassavetiennes et grâce mélancolique d'Élodie Bouchez.

L’affaire Zanetti : Confessions d’une meurtrière

Dans un centre pénitentiaire italien, Elisa Zanetti, condamnée pour le meurtre de sa sœur, entame des entretiens avec un criminologue qui ravivent un passé familial trouble. Entre huis clos oppressant, flashbacks maîtrisés et performances intenses, le film interroge la portée réelle d’un travail de reconstruction face à un crime irréparable.

Le Passage : Sur la corde de l’humanité

Entre thriller haletant et drame humaniste, le premier long"métrage de Brandt Anderson plonge le spectateur au cœur de la crise des réfugiés syriens. "Le Passage" est une œuvre chorale, tendue et bouleversante dont la maitrise narrative ouvre sur une émotion absolue.

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.