Series Mania 2016 : « Jour Polaire/ Midnight Sun », la dernière création du duo auteur de Bron

Festival Series Mania 7eme édition : Jour Polaire, un jour sans fin

Comme chaque soir depuis le début du festival, une « prestigieuse » série en compétition internationale. Après l’Angleterre, l’Australie, l’Argentine, c’est au tour d’une production franco-suédoise que Canal + aura l’honneur de diffusé à l’automne prochain. Jour Polaire/Midnight Sun est un thriller nordique déroutant, qui étend son long manteau blanc, cotonneux et glacial, par couches successives, qui berce sans jamais endormir. Les créateurs suédois, Måns Mårlind et Björn Stein à qui l’on doit le mythique Bron, ayant donné naissance à de multiples adaptations internationales (encore aujourd’hui), nous ont fait l’immense plaisir de présenter « leur bébé » en exclusivité, car aucune date n’est fixée et que le montage des derniers épisodes n’est pas encore terminé. L’actrice Leïla Bekhti, changeant de registre, porte à elle-seule cette série de 8 épisodes. Décryptage des deux premiers épisodes dans un pays où pendant 6 mois il ne fait jamais nuit.

L’idée originale ne vient pas de Canal +, malgré l’AOC « Création Originale », mais de Nice Drama et d’Atlantique Productions, deux maisons de productions influentes en Suède qui voulaient un thriller sombre dans cette partie du monde, proche du cercle polaire, où pendant la moitié de l’année, le soleil ne se couche jamais. La chaîne cryptée française, en coproduction avec la chaîne SVT, flaire l’opportunité et pense directement au duo créatif talentueux qui s’est approprié ce récit sur les origines. Après le Danemark et la Suède qui doivent enquêter main dans la main sur d’étranges et violents meurtres, la France, dans un désir de cosmopolitisme, se joint au royaume scandinave et à ses propres origines samies. Il faut savoir que les samis en Suède sont considérés de la même manière que les américains avec les amérindiens, un peuple archaïque sous-développé. S’il restait encore des gaulois ici, penseriez-vous que la situation aurait été différente ? Interdiction de penser aux personnages de Goscinny et Uderzo ! Quoi qu’il en soit, Leïla Bekhti, repérée depuis sa puissante performance dans Le Prophète, incarne cette figure franco-algérienne venant porter renfort aux équipes suédoises. Celles-ci sont menées par le timide et maladroit Anders Harnesk joué par Gustaf Hammarsten (Millénium: Les hommes qui n’aimaient pas les femmes en 2011). Pourquoi la France est-elle appelée sur les lieux, me direz-vous ? Car, le tout premier plan de la série, sensationnel, suit Denis Lavant, alias un certain Pierre Carnot qui a pris l’avion à l’aéroport CDG, attaché sur l’hélice d’un hélicoptère qui s’apprête à démarrer…

Insidieusement, les personnages, d’une force scénaristique étonnante, viennent habiter cette fiction où la nature, les carrières de minerai aux confins de la Laponie et les crépuscules éternels sont sublimés par la photographie au contraste saisissant. Si l’on pense à la saison 1 de True Detective par le mysticisme envoûtant et les personnages désabusés, The Killing n’est pas loin, mais Jour Polaire est en passe de devenir une référence à part entière. Alors certes, la possible histoire d’amour enlise l’intérêt et la dilution de cette enquête, qui mérite un léger coup de punch, mais le show reste à ce jour la plus grande surprise de la compétition officielle et ça, ce n’est pas rien. D’autant plus que les quelques plans parisiens sont filmés d’une rare beauté, à la tombée du jour en plein mois de juillet, vers Jaurès. La musique, proche de cette d’Olafur Arnalds (Broadchurch), joue un rôle important dans cette lente immersion chaotique. Les créateurs et le compositeur français, Nathaniel Méchaly (Taken, The Grandmaster, Le Transporteur la série) hésitaient entre de l’électronique et de l’orchestrale. Les allers-retour entre les deux extrêmes auraient permis ce résultat de symbiose entre nature somptueuse, indomptable et descente progressive aux enfers. 1 an et demi de préparation pour 5 mois de tournage intense, alors que l’actrice française ne parlait pas un mot d’anglais… L’entretien pour CineSeriesMag est assuré ! On a hâte.

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Jour Polaire/Midnight Sun : Fiche Technique

Créateurs, scénaristes et réalisateurs : Måns Mårlind, Björn Stein
Sur une idée originale de Nice Drama et Atlantique Productions
Avec Leïla Bekhti, Gustaf Hammarsten, Peter Stormare…
Vendeur international : StudioCanal
Diffuseur(s) : SVT et Canal +
Année de production : 2016
Version : vostfr
Pays : Suède-France

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Antoine Mournes
Antoine Mourneshttps://www.lemagducine.fr/
Mes premières ambitions, à l'âge d'une dizaine d'années, était d'écrire des histoires à la manière des J'aime Lire que je dévorais jusqu'en CM2. J'en dessinais la couverture et les reliais pour faire comme les vrais. Puis la passion du théâtre pour m'oublier, être un autre. Durant ses 7 années de pratique dans diverses troupes amateurs, je commence des études d'Arts du Spectacle qui débouche sur une passion pour le cinéma, et un master, en poche. Puis, la nécessité d'écrire se décline sur les séries que je dévore. Depuis Dawson et L’Hôpital et ses fantômes de Lars Von Trier sur Arte avec qui j'ai découvert un de mes genres ciné préférés, l'horreur, le bilan est lourd, très lourd au point d'avoir du mal à établir un TOP 3 fixe. Aujourd'hui, c'est Brooklyn Nine Nine, Master of Sex et Vikings, demain ? Mais une chose est sûre, je vénère Hitchcock et fuis GoT, True Detective et Star Wars. L'effet de masse m'est assez répulsif en général. Les histoires se sont multipliées, diversifiées, imaginées ou sur papier. Des courts métrages, un projet de série télévisée, des nouvelles, un roman, d'autres longs métrages et toujours plus de critiques..?

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