Reims Polar, 6e édition — Le pavillon du polar sur la cité des sacres

Du 31 mars au 5 avril 2026, Reims se métamorphose une nouvelle fois en capitale du film noir. Pour sa sixième édition, Reims Polar investit les salles obscures de l’Opéraims, sur la place Drouet d’Erlon, en plein cœur d’une ville qui porte en elle quelque chose d’unique : l’art de vieillir avec grâce, de sacrer les rois, et de faire naître des bulles de champagne dans ses caves labyrinthiques. C’est dans cet écrin de pierre et d’histoire que le polar, genre éternel et universel, trouve chaque année l’une de ses maisons les plus fidèles.

Le festival est organisé par Hopscotch Cinéma aux côtés de la directrice du festival, Aude Hesbert, et du maire de Reims, Arnaud Robinet, dont l’enthousiasme pour l’événement n’est plus à démontrer. Lors de la cérémonie de clôture de la 5e édition, il rappelait fièrement que la fréquentation avait encore bondi de 30 % en 2025. Le festival a ainsi réuni 12 500 spectateurs en 2025, et l’ambition pour 2026 est d’aller encore plus loin. Une cinquantaine de films sélectionnés, des rencontres, des masterclasses, des débats : le programme de cette 6e édition semble tenir toutes ses promesses.

La sélection 2026

En compétition, neuf longs métrages venus des quatre coins du monde se disputeront les prix du palmarès. On y retrouve notamment Le Maure de Karatas d’Adilkhan Yerzhanov, cinéaste kazakhstanais dont le cinéma âpre et singulier est déjà familier du festival, mais aussi Mi Amor de Guillaume Nicloux, Gagne ton ciel de Mathieu Denis, Keep Quiet de Vincent Grashaw, Les Silences de Riyad de la réalisatrice saoudienne Haifaa Al-Mansour, Disaster du duo japonais Yutaro Seki et Kentaro Hirase, Sons of the Neon Night de Juno Mak, Red Code Blue d’Oskars Rupenheits ou encore Winter of the Crow de Kasia Adamik. Un plateau international exigeant et annonciateur de belles surprises.

En Sang Neuf, la section dédiée aux nouvelles voix du genre, six films sont en lice : Father de la Slovaque Tereza Nvotova, Growing Down du Hongrois Bálint Dániel Sos, Morte Cucina de Pen-Ek Ratanaruang, Sister de Jin Sung-moon, Sous emprise de Fernando Franco et Sovereign de Christian Swegal.

En avant-première, le festival propose un programme de choix. Le cri des gardes de Claire Denis, attendu avec impatience, fait partie des rendez-vous incontournables. Pour les amateurs de cinéma japonais, Sham de Takashi Miike — thriller judiciaire que le cinéaste flamboyant utilise pour dénoncer une société assoiffée de scandale, questionnant la nature même de la justice et des médias capables de fusionner en tribunal impitoyable — offre à ceux qui l’auraient manqué lors des Saisons Hanabi une belle occasion de rattrapage sur grand écran. The Criminals de David Mackenzie s’engage dans un braquage orchestré dans un Londres évacué suite à la découverte d’une bombe de la Seconde Guerre mondiale. The Last Viking d’Anders Thomas Jensen, comédie noire danoise avec Mads Mikkelsen et Nikolaj Lie Kaas, présentée à la Mostra de Venise et à Toronto en 2025, est une autre pépite de la sélection. Fable sombre et drôle sur la fraternité, l’identité et les limites de la raison, le film réunit pour la sixième fois Jensen avec ses deux acteurs fétiches dans un récit absurde et touchant autour d’un braqueur sorti de prison cherchant son butin — et son frère, persuadé d’être John Lennon. Et le festival se refermera en beauté avec Mata de Rachel Lang, film de clôture — mais on y revient plus bas.

Le jury de la compétition

À la tête du jury de la compétition principale, Emmanuelle Devos incarne à elle seule un dialogue profond avec le genre policier. Née dans une famille de comédiens, formée au cours Florent puis aux ateliers d’acteurs de la Fémis, elle se révèle d’abord dans les films d’Arnaud Desplechin avant de basculer dans un autre registre avec Jacques Audiard. C’est avec Sur mes lèvres (2001), thriller tendu où elle forme avec Vincent Cassel un couple d’anti-héros inoubliable, qu’elle décroche le César de la meilleure actrice. Elle retrouve Audiard dans De battre mon cœur s’est arrêté (2005), autre film de genre fort. On la voit également dans L’Adversaire de Nicole Garcia, adaptation du roman d’Emmanuel Carrère sur le mensonge et le crime. Plus récemment, elle est à l’affiche de la série B.R.I., polar télévisé signé Jérémie Guez où elle incarne un commissaire de police. Du thriller psychologique à l’enquête criminelle, Emmanuelle Devos connaît mieux que quiconque les chemins sombres dans lesquels le polar entraîne ses personnages.

Elle est entourée d’Ophélie Bau (révélée dans Mektoub, My Love de Kechiche), Mathieu Demy (comédien, scénariste et réalisateur, fils de Jacques Demy, notamment dans Americano), Delphine Gleize (réalisatrice, autrice de Carnages), Thierry Klifa (réalisateur, notamment de Les Yeux de sa mère), Grégory Montel (comédien, visage familier de la série Dix pour cent) et Alix Poisson (comédienne et réalisatrice, remarquée dans L’Enfant que je n’attendais pas).

Le jury Sang Neuf

La compétition Sang Neuf est présidée cette année par Eye Haïdara, comédienne dont le parcours force l’admiration. Après des débuts au théâtre — notamment à l’Académie de Lorient sous la direction d’Éric Vigner, avec un passage au Festival d’Avignon — elle fait ses premiers pas au cinéma en 2007 dans Regarde-moi d’Audrey Estrougo. C’est en 2017 que tout bascule : dans Le Sens de la fête d’Éric Toledano et Olivier Nakache, elle surgit à l’écran avec une présence libre, vive, qui marque immédiatement les esprits et lui vaut une double nomination au César et au Prix Lumière du meilleur espoir féminin. Elle tourne ensuite avec Michel Leclerc, Cédric Klapisch, Michel Hazanavicius, Julien Rambaldi (Les Femmes du square), et rejoint la saison 2 de la série En thérapie sur Arte. Ces dernières années, elle s’impose au premier plan avec Brillantes, À toute allure, Six jours, ce printemps-là de Joachim Lafosse, et joue actuellement dans La Maison des femmes de Mélisa Godet. Et la cerise sur la bulle de champagne : Eye Haïdara vient tout juste d’être annoncée comme maîtresse des cérémonies d’ouverture et de clôture de la 79e édition du Festival de Cannes, les 12 et 23 mai 2026, après Laurent Lafitte, Virginie Efira et Camille Cottin. Une consécration méritée pour une artiste au sommet de sa trajectoire, qui sera d’ailleurs à l’affiche du film de clôture du festival, Mata, avant de monter les marches.

À ses côtés siègent Peter Dourountzis (réalisateur engagé, dont le premier court métrage Errance avait reçu le Grand Prix Unifrance à Cannes 2015), Marc Ruchmann (comédien, révélé dans la série Ainsi soient-ils), Lawrence Valin (réalisateur et comédien, dont le premier long métrage Little Jaffna — récit d’infiltration au cœur de la mafia tamoule parisienne — avait raflé à la fois le Prix du jury et le Prix du public à Reims Polar 2025), et Anja Verderosa (comédienne révélée en 2025 dans L’Épreuve du feu d’Aurélien Peyre, aux côtés de Félix Lefebvre).

Prix Claude Chabrol : Indomptables

Créé en 2011 suite à la disparition de Claude Chabrol, ce Prix récompense chaque année un film français sorti dans l’année écoulée dont les qualités cinématographiques font honneur au genre policier. En 2025, c’est Le Royaume de Julien Colonna qui en avait été le lauréat — premier long métrage d’un fils de la Corse, présenté à Cannes dans la section Un Certain Regard, plongée dans les années 1990 au sein d’un clan familial pris dans l’engrenage de la voyoucratie insulaire. Un film d’une puissance et d’une délicatesse rares, qui reste l’une des grandes réussites du cinéma policier français récent — et dont la table ronde consacrée au polar corse, programmée dans ce même festival, prolongera naturellement l’écho.

Pour 2026, le Prix est remis à Thomas Ngijol pour Indomptables. Le comédien, jusqu’ici principalement connu pour ses comédies en duo avec Fabrice Eboué (Case départ, Fastlife), s’est offert avec ce quatrième long métrage une mue radicale et réussie. Indomptables s’ouvre sur le meurtre d’un officier de police à Yaoundé, dont l’enquête est confiée au commissaire Billong — joué par Ngijol lui-même —, homme de principes et de tradition qui approche du point de rupture, aussi intransigeant avec ses suspects qu’avec ses propres enfants. Présenté à la Quinzaine des cinéastes au Festival de Cannes 2025, le film impose une atmosphère, un rythme et une réalité camerounaise pleine de chair. Pas un film drôle, mais un drôle de film où le polar devient miroir d’une société et d’une paternité. Thomas Ngijol sera présent au festival pour recevoir son prix et présentera également Le Boucher, l’un des films emblématiques de Claude Chabrol.

Gus Van Sant, l’invité d’honneur

Cette 6e édition rend un hommage appuyé à Gus Van Sant, l’un des cinéastes les plus singuliers du cinéma américain indépendant. Auteur d’une œuvre libre et inclassable — de Drugstore Cowboy à My Own Private Idaho, de Will Hunting à Elephant (Palme d’Or à Cannes en 2003), sans oublier Gerry, Last Days ou Paranoid Park —, Van Sant a toujours navigué entre deux eaux : celle du grand public et celle des marges, avec une grâce égale. Son cinéma est hanté par la jeunesse, la violence latente, la beauté fragile des êtres en perdition — tout ce que le genre polar porte en lui à l’état brut. Le festival s’ouvre avec son nouveau film, La Corde au cou, présenté en avant-première. Plusieurs de ses œuvres majeures seront également redécouvertes sur grand écran, et le réalisateur tiendra une masterclass au cours de la semaine. Damien Bonnard et Anne Berest animeront également chacun une masterclass, prolongeant la tradition du festival de faire dialoguer créateurs et spectateurs au plus près.

Mata — Le film de clôture

Mata de Rachel Lang est un thriller d’espionnage avec Eye Haïdara dans le rôle d’une agente du service action de la DGSE blessée lors d’une opération clandestine au Niger, qui perd la trace de son compagnon capturé. De retour en France, affectée à la Sécurité Intérieure du Territoire, elle se saisit d’une mission de contre-espionnage dans les Alpes où une ombre semble relier ce nouveau dossier à l’embuscade africaine. Il s’agit du troisième long métrage de Rachel Lang, dont le précédent film Mon légionnaire avait clôturé la Quinzaine des cinéastes à Cannes en 2021. À ses côtés, Joséphine Japy — qui vient de signer son propre premier film en tant que réalisatrice avec Qui brille au combat, présenté en séance spéciale à Cannes 2025 — ainsi que Raphaël Personnaz et Mélanie Laurent, qui complètent le casting. Un thriller féminin et nerveux, ancré dans le réel, pour refermer le festival en fanfare.

Rencontres, débats et à côté

Mais le programme de Reims Polar ne se limite pas aux écrans. Une table ronde consacrée au polar corse — de Le Silence (2004) à Le Royaume (2024) — explorera la façon dont cette île, son paysage mental et ses codes de silence, a nourri un genre à part entière dans le cinéma français. Un débat sur la cybercriminalité viendra quant à lui ancrer le festival dans son thème de l’année, à l’intersection de la science et du polar, interrogeant les nouvelles formes du crime à l’ère numérique.

Et pour qui voudrait souffler entre deux films ou deux frissons, Chez Odette est de retour pour une nouvelle année : cet espace de vie et de rencontre ouvert à tous, à deux pas de l’Opéraims, reste l’un des endroits les plus vivants du festival — un lieu où les conversations naissent naturellement, où les professionnels et passionnés se retrouvent, et où l’atmosphère du polar se prolonge bien après la sortie des salles.

Le champagne fait des bulles. Le polar, la tension. À Reims, les deux montent ensemble.

 

Festival

Reims Polar 2026 : Mata, l’ombre du contrôle

Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.

Reims Polar 2026 : Sons of the neon night, un champ de bataille sans stratège

Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.

Reims Polar 2026 : Morte Cucina, la vengeance est un plat qui se dévore sans modération

En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.

Reims Polar 2026 : Mi Amor, noyé dans le bruit

Ce jeudi 2 avril au soir, l’impériale Cécile Maistre-Chabrol a remis le Prix Claude Chabrol à Thomas Ngijol pour "Indomptables", polar camerounais dans lequel le réalisateur-acteur réussit une mue radicale et convaincante — quitter la comédie pour plonger dans un thriller âpre, ancré dans la réalité de Yaoundé, entre enquête policière et portrait d'une paternité qui déraille. Une belle soirée pour le genre, achevée par Guillaume Nicloux et son nouveau film, "Mi Amor". Le contraste est cruel, d'autant plus piquant que Nicloux n'est pas un inconnu des festivals de polar. Il s’était déjà fait connaître au Festival du Film Policier de Cognac, ancêtre direct de Reims Polar, avec Une affaire privée. Et ce film-là racontait déjà... une disparition de jeune femme.

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Jérémy Chommanivong
Jérémy Chommanivonghttps://www.lemagducine.fr/
Spéléologue des temps modernes, je ne suis qu'un humble explorateur des salles obscures, celles-là même dont on peut en ressortir ému, apeuré, frustré ou émerveillé. Je m'y donne rendez-vous chaque semaine, sans oublier ma fascination pour Steven Spielberg, Frank Capra, Sidney Lumet, Brad Pitt et un peu moins pour les légumes. Le cinéma restera à jamais mon sanctuaire d'apprentissage et le vecteur de toutes mes émotions.

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