Festival Lumière 2018 : le grand rassemblement autour du cinéma

Le Festival Lumière 2018 vient de fermer ses portes et c’est avec une joie non dissimulée que nous avons participé à cette dixième édition. Nous avons sillonné le Pathé Bellecour ou le Comedia pendant une semaine sans relâche. Cela fait donc 10 ans que ce festival existe et rend un hommage sincère au cinéma. On parle bien de cela : le terme qui est au centre de tous les débats durant cette semaine lyonnaise, est bel et bien le cinéma. Mais le septième art dans ce qu’il comporte de plus noble : avec cette idée de partage, de découverte ou cette diversité qui fait la richesse même du grand écran.

Aujourd’hui, lorsqu’on pense à un festival, on imagine les nouveautés, à cette sensation électrisante de voir des films en avant-première, de sentir ce petit goût du scandale ou de l’inconnu dans lequel nous allons nous engouffrer. Certes, le Festival Lumière n’y échappe pas puisqu’il nous a fait découvrir cette année High Life de Claire Denis et Roma d’Alfonso Cuaron. Et c’était magnifique. Cependant l’effet pervers qui ressort de la plupart de ces festivals adorés de tous (nous les premiers), est cette idée de visibilité, de compétition, de course au buzz, ou à vivre dans cette urgence habituelle de l’actualité, sans prendre de recul sur les œuvres que nous venons de voir, ni prendre plaisir à se remémorer les étoiles du passé. Aucunement réactionnaire, ni vieux jeu, ni donneur de leçon, le Festival Lumière, lui, joue la carte de la communion même autour du cinéma.

C’est un festival important. Certains disent, festival « classique », ou du « patrimoine » : nous dirons plutôt moderne et extrêmement rafraîchissant. Il est rare les endroits, qui permettent de rassembler tout le monde, de mélanger les statuts, d’effacer la hiérarchie entre connaisseur et profane, de rameuter presque toutes classes sociales dans une même salle. C’est une mosaïque autant humaine que cinéphile : on passe d’un film d’Henri Decoin avec les rires ravageurs de Danielle Darrieux aux ovnis de Claire Denis et ses âmes vampiriques de Trouble Every Day. Des combats esthétiques de King Hu aux effets spéciaux sophistiqués d’Alfonso Cuaron. Ou avoir la chance de voir des films de Sergio Leone sur grand écran. Le programme est vaste et assez éclectique pour tout le monde.

Au Festival Lumière, les débats sur le cinéma de genre ou la bonne santé du cinéma français n’existent plus : nous sommes dans une bulle pendant une semaine, ouverte à tous, loin de ces quelques youtubeurs français opportunistes qui pensent défendre le cinéma français en faisant des milliers de vues avec des critiques hypocrites sur Alad 2. On est loin de tout ça, même si quelques jours après, nous étions bien contents de découvrir le somptueux First man.

C’est presque même une remise en question qui débouche sur notre rapport au cinéma, de puiser dans notre curiosité, on se sent comme à la maison : les stars et le grand public se rencontrent dans une grande convivialité et dans l’harmonie la plus totale à l’image de ces Master Class, qui sont comme le dit souvent Thierry Frémaux, plus des moments de « conversations et de discussions » que des analyses filmiques pures et dures. On aimerait peut-être que le Festival Lumière se permette une plus grande diversité dans ses choix d’artistes pour faire connaitre des métiers du cinéma un peu moins mis en valeur. Ça irait parfaitement dans l’ordre d’idée de ce festival.

Il était très intéressant d’écouter parler cette année Liv Ullmann donner des anecdotes sur elle et sa relation avec Ingmar Bergman ou Claire Denis et ce qu’elle pense de Robert Pattinson. Mais il ne faut pas se fourvoyer : nous ne sommes pas dans Vivement Dimanche de Michel Ducker qui passe la brosse à reluire à des stars qui viennent se gargariser de leur art. Derrière cet aspect un peu naphtaline, le Festival Lumière n’en oublie pas de vivre dans son temps et de sentir les souffles de son époque : donner un prix à Jane Fonda, grande actrice et inflexible militante, n’est sans doute pas inopportun, en pleine période Me too. La politique est présente, mais l’enjeu cinématographique l’est encore plus. Et ce qui fait la force de ce Festival Lumière. Le cinéma.

Festival

FIFAM 2026 : la programmation et l’affiche se dévoilent

Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Newsletter

À ne pas manquer

La fin d’Oak Street : Ce que la saga Jurassic Park/World ne nous avait pas offert…

Le dernier des blockbusters estivaux 2026 est peut-être également...

Juste pour une nuit : jusqu’au bout de l’ennui

Envie de chaos libidinal pendant douze heures dans une Amérique sous couvre-feu sentimental ? Le nouveau Will Gluck (Easy A, Tout sauf toi) propose plutôt un téléfilm sagement filmé, où même Monica Barbaro et Callum Turner peinent à faire des étincelles.

Lydia et le vaisseau des tempêtes : les constellations embrumées

"Lydia et le vaisseau des tempêtes", nouveau film d'animation québécois, adapte librement les romans d'Yves Meynard. Entre mers de brume et astromagie, Lydia y affronte le deuil et l'apprentissage pour retrouver son frère disparu, dans une belle aventure familiale attachante.

Cotton Queen : au bout du fil

Premier long métrage de la réalisatrice soudano-russe Suzannah Mirghani, "Cotton Queen" suit Nafisa, adolescente élevée dans un village cotonnier du Soudan, tiraillée entre les récits coloniaux de sa grand-mère et l'arrivée d'un homme d'affaires venu imposer ses graines génétiquement modifiées. Un film sobre sur l'émancipation et la mémoire.

Une affaire turque : Famille, je vous tais

Dans "Une affaire turque", Hüseyin Aydin Gürsoy filme moins un thriller qu'une faille : celle d'un homme pris entre deux mondes qui ne lui pardonnent pas d'appartenir à l'autre. Avec une mise en scène sensible, le cinéaste ausculte les stigmates invisibles du transfuge, et fait de Lionel Erdogan un héros fracturé dont le vrai combat n'est pas judiciaire, mais existentiel.

FIFAM 2026 : la programmation et l’affiche se dévoilent

Mercredi 8 juillet, le Fifam a dévoilé son affiche et les grandes lignes de sa programmation. L’occasion également pour le nouveau directeur artistique, Dominique Olier, de s’exprimer sur les orientations du festival à venir. À l’issue de cette présentation au Ciné St-Leu, les spectateurs ont découvert en avant-première le film de Louis Clichy, Le Corset. Le long-métrage d’animation annonce l’entrée, dans la sélection officielle, d’une section dédiée au cinéma d’animation. Un très beau film habité par l’enfance, le monde agricole et la musique. Le festival se déroulera du 13 au 21 novembre 2026, dans les salles du Ciné St-Leu et de la Maison de la Culture d’Amiens !

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.