Vikings : Saisons 1-2 – Critique Série

Vikings : une série âpre, violente, spectaculaire et purement jouissive

Synopsis: Scandinavie, fin du 8ème siècle. Ragnar Lothbrock, un guerrier viking, est avide de nouvelles conquêtes. Il se met en tête d’explorer l’Ouest par la mer et devient l’instigateur des premiers raids vikings sur les royaumes chrétiens, changeant le destin des deux peuples à jamais. Entre les conflits internes et les conquêtes, Ragnar triomphe de ses ennemis et gagne en notoriété. 

Voyage en terres du nord

Ragnar Lothbrock est un chef de clan. Contre l’avis de celui à qui il doit allégeance, il décide de piller les terres mythiques de l’ouest, à l’existence incertaine, où il y aurait dit-on plein de trésors, sauf que personne n’a encore pu y aller. A l’origine de cette folle ambition, une méthode de navigation révolutionnaire. Avec le soutien de son frère Rollo, il parvient à rallier suffisamment de monde pour mettre les voiles, et sa mission s’avère un succès. Ils reviennent avec de nombreuses richesses, la promesse de vastes terres peu défendues, et des esclaves capturés chez des moines. Parmi eux, Athelstan, que Ragnar choisit comme esclave pour sa demeure. Athelstan découvre avec un mélange d’admiration et d’effroi cet autre monde. Il faut dire qu’entre le moine chrétien et les vikings, c’est un vrai choc des cultures. Le moine doute de sa foi mais sans totalement adhérer à celle des hommes du nord, tandis que Ragnar se montre intéressé par la sienne. Le personnage ouvre ainsi une réflexion sur la religion, de l’intérêt de dépasser les limites de ses propres croyances pour s’ouvrir à d’autres horizons.

Mais la soudaine popularité de Ragnar et ses agissements lui attirent la jalousie et l’inquiétude des hommes plus puissants. Une jalousie qui se retrouve même parmi les siens, comme Rollo qui supporte mal de voir son jeune frère lui voler la gloire. Et tandis que Ragnar doit gérer des conflits internes, les rois d’Angleterre commencent à organiser la défense contre ces barbares païens.

Valhalla Knights

Précisons que réaliser un film ou une série sur les vikings est une tâche rendue difficile par le peu d’informations disponibles sur ce peuple qui pourtant fascine. Ces informations proviennent majoritairement des chrétiens qui en ont répandu une image de barbares sanguinaires ne craignant pas la peur, déferlant sur leurs côtes pour tout ravager. On découvre dans la série l’organisation de ce peuple, les jugements publics, les affaires de meurtres, les règles du pouvoir. Et pour ceux que ça rebute, point de débauche de sexe ou de violence ici comme la plupart des séries historiques, qui ont parfois tendance à en abuser un peu.

Oui les vikings ont des mœurs qui peuvent choquer, mais il faut prendre en compte qu’il s’agit d’une autre culture, et que cela n’en fait pas des monstres pour autant comme on peut le découvrir. Sans avoir les mœurs débridés des romains, les vikings forment des couples solides mais peuvent à l’occasion admettre d’autres partenaires. Ragnar est un bon père de famille, et il peut compter sur l’amitié d’autres personnes. Pourtant, comme ses frères d’arme, il tue sans pitié les habitants des terres qu’il pille, y compris des hommes ou des femmes sans défense, et peut se montrer à l’occasion d’une effroyable cruauté. Une ambiguïté qui concourt à rendre le personnage très charismatique. Mais il n’est pas le seul. Floki, l’adorateur des dieux, guerrier et charpentier à la fois, et à la folie délicieusement attachante. Et surtout Lagherta, femme guerrière diablement classe et sexy, qui séduira plus d’un mâle.

Vikings est une série qui donne une furieuse envie de voyager vers les contrées nordiques, ces falaises et ces eaux entourées de brume. L’image est soignée, et n’hésite pas à ajouter une légère touche de fantastique lors de l’évocation des mythes vikings, les morts qui sont appelés en direction du Valhala ou encore les monstres qui se réveillent lors du Ragnarok. Les cérémonies rituelles sont empreintes d’un fort mysticisme, à l’image des sacrifices, animaux mais aussi humain. Rites que l’on regarde, comme Athelstan, à la fois choqué et captivé. « Vikings » ce sont aussi les fameux drakkars qui fusent vers les terres avant de redresser leurs rames. Ce sont aussi des affrontements, plus stratégiques qu’on ne pourrait le penser, où les guerriers se retranchent derrière leurs boucliers face aux haches ennemies avant de profiter d’une ouverture et de laisser la place à toute leur fureur.

La saison 2 s’avère nettement de meilleure qualité que la première, qui si elle posait les bases, souffrait de quelques imperfections : une intrigue parfois décousue, des dénouements qui se font attendre, un traitement parfois trop soft et une culture qui, malgré les efforts mis en œuvre, peinait à vraiment fasciner, surtout en comparaison de Rome, la série référence, qui offrait d’avantage de détails. Dans la seconde saison donc, c’est comme si les créateurs avaient décidé de gommer tous les défauts et d’amplifier les points forts, offrant un spectacle épique et grandiose. Les combats ont gagné en intensité, la barbarie fusant de chaque camp, mais sans verser dans la boucherie gratuite. Les rites vikings apparaissent encore d’avantage empreints de mysticisme, accompagnée par des chants celtiques. Les paysages sont encore plus magnifiques, champs enveloppés de brumes ou fjords silencieux. Les personnages ont également gagné en intérêt : Rollo offre un nouveau visage, Athelstan est de plus en plus divisé, et le nouveau roi d’Angleterre qui affronte les vikings est bien plus captivant que le précédent. Cultivé et intelligent, il ouvre le dialogue avec Ragnar. Une alliance a pu se former, pour quel avenir ?

« Vikings » est devenue une série incontournable, et si la qualité se maintient, mais il n’y a pas de raisons que cela se passe autrement, la série sera promise à un beau succès. Et nul doute qu’elle a d’ores et déjà gagné sa place au Valhalla.

Fiche Technique – Vikings

Production: Pays d’origine : Canada, Irlande
Langue originale : anglais
Création : Michael Hirst
Réalisation : Ciaran Donnelly, Ken Girotti et Johan Renck
Scénario : Michael Hirst
Casting : Travis Fimmel : Ragnar Lothbrok, Clive Standen : Rollo Lothbrok, le frère de Ragnar,
Katheryn Winnick: Lagertha Lothbrok, la femme de Ragnar,
Jessalyn Gilsig : Siggy Haraldson, l’épouse du comte Haraldson
Gustaf Skarsgård : Floki, le constructeur de drakkar et ami de Ragnar
George Blagden : Athelstan, moine anglo-saxon capturé par Ragnar lors de son premier raid en Angleterre, Donal Logue : le roi Horik, Alexander Ludwig : Bjorn, le fils de Ragnar,
Alyssa Sutherland : la princesse Aslaug, Linus Roache : le roi Ecbert, Maude Hirst : Helga, l’épouse de Floki, Thorbjørn Harr : le jarl Borg, John Kavanagh : le voyant, Jefferson Hall : Torstein
Genre : Drame historique, action
Durée : 42 minutes
Production: Keith Thompson, Steve Wakefield; Bill Goddard (coproduction) ; Justin Pollard (associé)
Sociétés de production: Irish Film Board, Take 5 Productions et World 2000 Entertainment
Sociétés de distribution: Shaw Media (Canada), History (États-Unis), World 2000 Entertainment (Irlande)

•••Bonus: Voici un extrait de la Saison 3, le Viking Ragnar (Travis Fimmel que l’on retrouvera bientôt dans le film Warcraft) est de retour pour un 3eme acte en 2015 sur la chaîne américaine History…

Encore plus sombre, encore plus sanglant, découvrez le premier trailer, dévoilé lors du dernier Comic Con.

Ecoutez la B.O envoûtante…If I Had a Heart : générique d’ouverture de la série TV 2013 …

Auteur de la critique: William

 

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William
Williamhttps://www.lemagducine.fr/
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