Vice Principals, saisons 1 et 2 : Un examen réussi haut la main

La deuxième et ultime saison de Vice Principals a pris fin la semaine dernière sur HBO. Retour sur cette série attachante créée par l’équipe de Kenny Powers (Eastbound and Down).

Synopsis : Neal Gamby et Lee Russell sont tous les deux vices-proviseurs au lycée North Jackson. Ils ne peuvent pas se blairer mais ils partagent un même rêve : devenir le proviseur de l’établissement. Hélas, leur rêve s’effondre à l’arrivée du Professeur Belinda Brown à la tête de North Jackson. Gamby et Russell vont alors s’allier pour faire partir Brown…

Il n’y a pas que les élèves qui font d’énormes bêtises. Les professeurs et même les proviseurs peuvent aussi en faire. Vice Principals raconte en dix-huit épisodes dispatchés sur deux saisons, la guerre entre deux professeurs/vice-proviseurs comme le titre l’indique, qui se battent pour avoir la place suprême de proviseur délaissée par Bill Murray. Déjà, ça commence bien. Et jusqu’au tout dernier épisode, la série est complètement barrée. Mais pas que justement.

A l’origine, Vice Principals devait être un long-métrage. Le projet, initié par les créateurs de Kenny Powers (Eastbound and Down), s’est finalement transformé en série. Pourtant, la marque du projet initial est plus ou moins présente, notamment à travers le découpage des saisons (qui pourrait pratiquement être perçu comme des chapitres dans un film ou même un entracte) :

« Toute la série dura seulement 18 épisodes. Et puis c’est tout. Nous voulions faire comme un très long film. L’histoire se passe sur une année scolaire, c’est une histoire complète et finie. À la base, c’est un vieux scénario que Jody Hill et moi avons écrit, en 2006. On a rajouté des choses et on retravaillé le truc, pour que ça fasse une histoire en 18 segments. HBO nous a fait confiance. Totalement. Personne n’a même vu ce qu’on a fait ! »  (Danny McBride, Première)

La saison 2 est la suite directe de la saison 1 (cette dernière termine sur un cliffhanger – on connait toute la vérité à la fin de la série) à part que le – vrai – personnage principal, Neal Gamby, évolue considérablement (évolution en question qui reste étonnamment crédible en humanisant le personnage). Ainsi, la première saison se concentre sur la destruction (dans tous les sens du terme) tandis que la seconde porte davantage sur la rédemption.

Au-delà d’une structure qui solidifie considérablement le récit, les personnages principaux (Gamby, Russell et Brown) bénéficient aussi d’une écriture de qualité dans le sens où ils ne sont pas caricaturaux et encore moins manichéens. Les scénaristes ont su faire la différence entre des traits grossis et la pure caricature qui aurait pu tout gâcher. Ils ont alors su dresser les portraits de personnages qui ont besoin d’une reconnaissance publique. Ce sont des personnages marqués par leurs histoires intimes, leurs différences aussi. Leurs failles les humanisent sans évidemment condamner les actes qui sont condamnables.

Danny McBride (Alien : Covenant, Sausage Party) parvient grâce à son interprétation sans failles à montrer la sensibilité qui se cache derrière son personnage : a priori Neal Gamby est un odieux personnage mais il est en réalité un gros nounours qui manque cruellement confiance en lui. Walton Goggins (The Shield, Les 8 Salopards) est certainement celui qui se détache le plus du reste de la distribution. Il est hilarant dans ce rôle de salaud blessé? excentrique et maniéré. Enfin, la méconnue Kimberley Herbert Gregory est surprenante dans le rôle du Professeur Brown, cette mère célibataire et proviseure à la fois très compétente, professionnelle mais également dure dans certaines situations. 

En revanche, et c’est peut-être un des seuls défauts notables de cette très bonne série, les personnages secondaires ne bénéficient pas de cette même qualité d’écriture. On pense principalement au cas d’Amanda Snodgrass (interprétée pourtant par la charismatique Georgia King, dont on garde un excellent souvenir d’elle dans Wild Child) qui reste encore un peu creux. Son histoire avec Gamby est hélas mal exploitée pour ne citer que cet exemple.

Vice Principals est une comédie attachante, souvent drôle mais également très touchante. Notamment dans l’exploitation de la bromance entre Neal et Lee. Peut-être même une des meilleures bromances vue à la télévision. On quitte cette série à contre-coeur.

Vice Principals : bande-annonce

Vice Principals : fiche technique

Créée par Danny McBride et Jody Hill
Casting : Danny McBride, Walton Goggins, Kimberly Hebert Gregory, Georgia King, Busy Philipps, Shea Wingham
Genre : comédie
Format : 30 minutes
Premier épisode  : 17 juillet 2016
Chaîne d’origine : HBO

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Tina B
Tina Bhttps://www.lemagducine.fr/
Ancienne étudiante en lettres modernes, j'ai toujours aimé écrire sur les sujets qui m'animent. Et le cinéma en fait clairement partie ! J'ai des goûts assez variés : certes, comme tout le monde, j'ai mes réalisateurs chouchous (Kubrick, Scorsese, Moretti, Loach, Almodovar, Bong Joon-ho), mais je suis avant tout curieuse : aucun genre et réalisateur de n'importe quelle culture ni époque ne me font peur, bien au contraire. Sinon j'ai une grande préférence pour les séries britanniques (Black Books, The IT Crowd, Father Ted...).

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