True Detective saison 2 : Épisode 1, critique

True detective saison 2, tête de pont du lundi  HBO de OCS City

Ce lundi 22 juin avait lieu la première des soirées HBO qui va rythmer l’été de la chaîne OCS. A cette occasion la chaîne s’associait à CanalSat pour nous accueillir et nous faire découvrir leurs nouvelles séries sur grand écran.

Trois séries pour deux formats se succèdent : True Detective ouvre la bal à 20h55 pour un épisode d’une heure, suivi de Ballers à 21h55 puis The Brink à 22h30 pour des épisodes d’une demi-heure.

OCS reprend ici l’ordre de diffusion des dimanche de la chaîne HBO, avec seulement 24h de décalage. On mesure dans ce type d’événement l’impact qu’a eu le piratage et les saisons entières disponibles partout dans le monde sur Netflix : la diffusion en US+24 est devenue une composante essentielle des stratégies marketing de OCS et CanalSat. Et qui s’en plaindrait ? Certainement pas nous.

Si nous allons revenir sur Ballers et The Brink, commençons par nos impressions sur ce premier épisode aussi attendu que redouté de la saison 2 de True Detective

Le grand suspens de cette saison 2 : savoir si elle pourra égaler la première

HBO joue gros avec cette deuxième saison de True Detective. Là où Game of Thrones, avec ses nombreux livres parus, partait sur une base très solide, cette suite part dans l’inconnu. L’intrigue de la première saison est bouclée, les personnages que l’on a appris à connaître sont partis, même le réalisateur Cary Fukunaga s’en est allé sous d’autres cieux.

On peut même dire que l’annonce du casting n’avait pas franchement rassuré : Colin Farrell est un bon acteur qui a terni sa réputation dans des choix de films douteux, tandis que Vince Vaughn a toujours été le moins charismatique de la bande de Ben Stiller. Et puis, comment passer derrière Woody Harrelson et surtout Matthew MacConaughey ?

De même, comment passer de la réalisation à la fois fluide et vaporeuse de la première saison au style de Justin Lin, connu pour l’empreinte qu’il a laissé sur la saga Fast and furious ? Les différents réalisateurs annoncés ont d’ailleurs des profils très différents puisqu’on retrouvera aussi bien Janus Metz Pedersen, dont le documentaire Armadillo avait été très remarqué, que Miguel Sapochnik, qui a fait le sympathique mais gore Repo Men avec Jude Law.

Ce premier épisode a répondu à certaines de nos questions pour en poser d’autres. Cette saison de True detective semble vouloir contourner la difficulté en nous emmenant dans une autre direction, tout en respectant certains traits essentiels de la première saison.

Quatre personnages, une ville, une enquête

L’histoire est en effet très différente : fini les allers retours entre passé et présent, fini le duo d’inspecteurs enquêtant sur les crimes d’un mystérieux tueur en série, et bienvenue à une intrigue répartie autour de quatre personnages principaux, dont les chemins vont finir par se rejoindre.

Nous avons :

– La detective Ani Bezzerides, jouée par Rachel McAdams : une flic dure à cuire, qui semble s’être construite dans la haine de son père, sorte de gourou à la Raël, et qui s’inquiète pour sa sœur qui semble douée pour se mettre dans de mauvaises situations.

– Frank Semyon, joué par Vince Vaughn : homme d’affaire très impliqué dans une affaire de construction immobilière qui pourrait changer le visage de la ville de Vinci. Il s’inquiète de la disparition du trésorier de la ville, et demande à Colin Farrell d’enquêter pour lui. Par ailleurs, il est marié à Jordan, jouée par Kelly Reilly, que l’on connaît bien en France pour son rôle dans la trilogie de l’Auberge espagnole.

– Le detective Ray Velcoro joué par un Colin Farrell tout en moustache : flic corrompu, violent, drogué et alcoolique, il a une dette envers Frank Semyon, et tente de gérer sa vie entre ses affaires et la garde de son fils né dans des circonstances dramatiques.

– Enfin on a l’officier Paul Woodrugh, joué par un Taylor Kitch qui revient à la télévision faute d’être devenu une vraie star du grand écran, qui sillonne les autoroutes sur sa moto tel Ponch dans Chips. La brûlure imposante qui recouvre son torse témoigne d’un passé militaire douloureux.

Mais le vrai rôle principal de cette saison semble être la ville de Vinci : située à deux pas de Los Angeles, en attente du projet immobilier qui va tout changer, celle-ci semble être un vrai nid de corruption. On peut penser que l’affaire qui va servir de fil rouge à la saison va nous révéler ses secrets honteux.

Le changement dans la continuité

Une atmosphère très différente de la Louisiane de True Detective, avec des personnages humains trop humains, mais où l’on retrouve l’écriture de Nic Pizzolatto, véritable point d’ancrage de la série. Si chaque personnage a déjà un profil plutôt chargé dès le premier épisode (Vince Vaughn a des connections troubles, Rachel McAdams a apparemment une sexualité compliquée, Colin Farrell est à la fois fragile et violent, et Taylor Kitch évoque une section Black Mountain dont il a fait partie) on peut imaginer que leurs zones d’ombre vont être abondamment explorées. On retrouve déjà quelques répliques qui font mouche comme le « Never do anything out of hunger. Not even eating » (ne fais jamais rien parce que tu as faim. Même pas manger) prononcé par Vince Vaughn. Surtout, il y a cette atmosphère mystérieuse qui rappelle un peu David Lynch, entre cette ville toute entière tournée vers le projet qui va la sortir de l’anonymat façon Twin Peaks, et les voitures qui circulent sur Mulholland drive.

Visuellement, tout est fait pour nous ramener vers quelque chose de familier : le générique en silhouette, les plans aériens qui situent l’action, le discours à la fois désabusé et lourd de sens. Toutefois, tout y est plus brutal : le générique est porté par des dominantes rouges sang, à la country de The Handsome family s’est substituée un morceau de Leonard Cohen qui nous ramène à son style désenchanté des années 80 et à la ruralité de la première saison répond l’urbanité de la seconde.

Ce premier épisode n’est pas aussi prenant que celui de la première saison : le charisme de Matthew McConaughey nous manque et l’on n’est pas sûr que la direction choisie, qui dans son ambiance de corruption généralisée rappelle James Ellroy,  soit la bonne, mais tel Taylor Kitch avançant à pleine vitesse sur sa moto, les phares éteints dans la nuit californienne, on a hâte de voir le deuxième épisode arriver pour en savoir plus.

Synopsis : La ville de Vinci s’apprête à changer de dimension grâce à un projet ambitieux de transports en commun qui doit générer un développement immobilier conséquent. L’enquête sur la disparition du trésorier de l’opération va révéler à quel point la ville s’est bâtie sur le vice et la corruption.

True Detective Saison 2 : Bande annonce

Fiche technique – True Detective Saison 2 : the western book of the dead

Réalisation : Justin Lin
Scénario  : Nic Pizzolatto
Distribution : Colin Farrell, Vince Vaughn, Rachel McAdams, Taylor Kitch, Kelly Reilly
Musique : T Bone Burnett
Photographie : Nigel Bluck
Décors : Alex DiGerlando
Montage : Alex Hall
Production : Aida Rodgers, Peter Feldman, Blake McCormick
Sociétés de production :  Parliament of Owls, Passenger, Anonymous content, Neon Black
Société de distribution : Home Box Office (HBO)
Genre : Polar

Festival

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Cannes 2026 : Ben’imana, le mur du silence

Premier film de Marie-Clémentine Dusabejambo, "Ben'Imana" aborde le pardon, la résilience et la transmission d'une douleur indicible au sein de la société rwandaise, profondément hantée par le génocide des Tutsis. Un drame rempli d'émotions, lauréat de la Caméra d'or, qui invite à s'unir dans l'humanisme au-delà des ethnies.

Newsletter

À ne pas manquer

The Christophers : le prix des âmes

Le dernier Soderbergh : grand petit film sur les affres de l'art au temps de son extrême marchandisation. "The Christophers" brasse avec finesse la question de la valeur d'une œuvre et de la place de l'artiste dans un monde qui fétichise la marchandise. Entre un vieux peintre cabotin et une jeune faussaire en quête de vengeance, Soderbergh opacifie savamment un scénario trop convenu pour mieux révéler les contradictions profondes des artistes, empêtrés entre beauté, gloire et compromissions.

Le Cuirassé Potemkine : cent ans de rage intacte

Cent ans après, "Le Cuirassé Potemkine" revient en salles avec une musique inédite signée Pet Shop Boys. Chef-d'œuvre du cinéma muet, le film d'Eisenstein n'a rien perdu de sa puissance subversive. La rage de ceux qu'on écrase n'a pas de date de péremption.

Ma famille chérie : entre tornade émotionnelle et grâce cassavetienne

Maelström d'émotions, caméra à l'épaule et visages en gros plan avec "Ma famille chérie". Isild le Besco signe un ouragan familial tendre et survolté, entre fulgurances cassavetiennes et grâce mélancolique d'Élodie Bouchez.

L’affaire Zanetti : Confessions d’une meurtrière

Dans un centre pénitentiaire italien, Elisa Zanetti, condamnée pour le meurtre de sa sœur, entame des entretiens avec un criminologue qui ravivent un passé familial trouble. Entre huis clos oppressant, flashbacks maîtrisés et performances intenses, le film interroge la portée réelle d’un travail de reconstruction face à un crime irréparable.

Le Passage : Sur la corde de l’humanité

Entre thriller haletant et drame humaniste, le premier long"métrage de Brandt Anderson plonge le spectateur au cœur de la crise des réfugiés syriens. "Le Passage" est une œuvre chorale, tendue et bouleversante dont la maitrise narrative ouvre sur une émotion absolue.
Benjamin S.
Benjamin S.https://www.lemagducine.fr/
Cinéphile et bédéphile, j'ai grandi dans le regret de ne pas avoir vécu l'époque Starfix. J'aime tous les types de films, bons comme très mauvais, mais je ne supporte pas la tiédeur.

Off Campus : les hockeyeurs mis à nu

Après le succès de "L'été où je suis devenue jolie", Prime Video offre avec "Off Campus" une nouvelle romance destinée aux jeunes adultes. La série relate les histoires d'amour de quatre amis hockeyeurs, partageant leur temps entre les études, les matchs et les conquêtes féminines. Malgré son déroulé très convenu, "Off Campus" compose une romance agréable à condition de l'accepter pour ce qu'elle reste : une série ado qui mise sur le sex-appeal de ses acteurs pour attirer ouvertement le public féminin. Oubliable, mais pas déplaisant.

Spider-Noir : dans les toiles de la Grande Dépression

Après des années de flops et de faux espoirs, Sony surprend tout le monde avec "Spider-Noir", disponible sur Prime Video. Nicolas Cage incarne un Spider-Man vieillissant et désabusé dans le New York de la Grande Dépression. Un polar élégant, une esthétique soignée, et une belle réussite qu'on n'attendait plus vraiment.

Harry Hole : Le Prince d’Oslo

Oslo, caniculaire et putride, sert d’écrin à la nouvelle série événement de Netflix : Harry Hole (L'Etoile du Diable). Cette plongée vertigineuse dans l’univers du maître du nordic noir Jo Nesbø tient toutes ses promesses. Scénarisée par l’auteur lui-même, la série emprunte à son œuvre son tempo punk rock, son écriture torturée, sa mise en scène à l'esthétique graphique et ses personnages hantés.