Qu’il le fasse en tant que créateur ou d’observateur, Werner Herzog a consacré sa carrière à sa passion pour les êtres vivant aux marges du possible. Visionnaires ou mégalomanes déments, aventuriers ou marginaux, peu importe, le cinéaste les observe avec une curiosité insatiable.
A l’aide d’une caméra 16 mm haute vitesse, Herzog filme merveilleusement bien ce qui, dans ce sport atypique, constitue son vrai centre d’intérêt : ces instants où, suspendu dans l’air, le skieur défie le temps et l’espace. Loin de l’ingrate « solitude » du coureur de fond, le sauteur à ski est un rêveur qui offre son extase en spectacle.
Fort d’un dispositif mêlant confusion des réalités et dédoublement des identités, Aaahh Belinda d’Atıf Yılmaz s’affirme comme un conte féministe moderne, à la croisée de la comédie, du fantastique et de la fable allégorique. Derrière une esthétique parfois modeste, le film révèle une richesse de lecture et une portée politique affirmée : en faisant basculer Serap dans la vie de Naciye, il montre combien le quotidien constitue à la fois le lieu de la domination et le premier espace de résistance.
Divergente rime avec indigente, tant cette histoire d’anticipation qui mange sans vergogne à tous les râteliers du genre, semble avoir été calibrée pour permettre à des adolescents de jouer aux philosophes à peu de frais.
Détective Dee 2 est un très bon divertissement complètement barré, irréaliste et jubilatoire, sublimé par une 3D qui lui donne une ampleur supérieure. Les fans de Tsui Hark apprécieront.
Le scénario fait immanquablement penser à l'un des chefs d'œuvre de Hitchcock, l'excellent Sueurs froides, auquel le film fait un clin d’œil appuyé. Malheureusement, il ne termine pas les promesses entamées par cette première partie prometteuse...
La folie n’est jamais très loin et très souvent le film cherche à nous faire douter des potentiels troubles de la mère, ou du fils, ou bien de savoir si le Babadook existe réellement en tant qu’esprit démoniaque.
Un premier essai moyennement réussi, qui se veut une critique de la starisation excessive, mais se révèle au final, une comédie inoffensive, bien loin de ses prétentions.
Une Histoire Vraie tient une place à part, celle du film décalé dans la filmographie de David Lynch. De ces films qu’on revoit avec toute l’affection que l’on a pour une œuvre qui touche au cœur des plus humains sentiments.
Malgré toutes ses bonnes qualités, La Planète des Singes : L’affrontement n’en reste pas moins irréprochable. Au profit d’une contemplation et d’une immersion dans la communauté des singes qui ravira les cinéphiles par sa poésie, le film souffre d’un cruel manque de rythme, de séquences d’action marquantes et de nombreuses longueurs.
Lynch nous offre là une œuvre intense, puissante, tirant parti d'un sens du cadre léché, d'une photographie magnifique et, surtout, de ce qui fait tout le sel de sa filmographie depuis ses débuts, une mise en scène sonore travaillée.
Sous la plume de Michel Plessix, l’univers pastoral imaginé par Kenneth Grahame retrouve une seconde jeunesse. Une fresque douce et mélancolique où l’amitié, la nature et les caprices composent une partition d’une rare délicatesse.
Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.
De la classification française aux plateformes mondialisées, en passant par le gore italien, les blasphèmes de Luis Buñuel ou les polémiques plus contemporaines, Darkness, censure & cinéma propose un recueil de textes éloquents quant aux différentes formes de censure. C'est à découvrir aux éditions LettMotif.
Ce deuxième volume de l'arc Saiyans concentre ce que Dragon Ball a de plus brutal et de plus sublime. C'est ici, peut-être, que la série devient grande.
Avec "Mortépi", Florian Breuil signe un premier roman graphique d’une densité remarquable, où la quête de reconnaissance artistique se mue en impasse existentielle. Dans une ville à moitié noyée, la disparition devient paradoxalement le dernier moyen d’apparaître.