Œuvre sur le déclin culturel des Maoris, ce premier long-métrage de Lee Tamahori propose un portrait sans concession de la misère et de la violence dans lesquelles patauge une communauté déracinée. Aux côtés de La Leçon de piano de Jane Campion, sorti un an plus tôt, cette tragédie grecque doublée d’une œuvre choc a permis de mettre la Nouvelle-Zélande sur la carte du cinéma mondial.
Le western maori de Geoff Murphy plonge dans la guerre de Te Kooti, tourné à cru dans le bush néo-zélandais. Entre villages incendiés, humour noir et camps jamais figés, le film capture un engrenage de vengeance coloniale où personne ne reste épargné, jusqu'à une scène finale qui vide le mot "utu" de son sens.
Dans une casse automobile perdue en Nouvelle-Zélande, un ex-pilote confond amour et possession jusqu'à traiter sa fille comme un trophée. Son couple se déchire, son garage déborde de carcasses, et le paysage tout entier se referme sur lui comme un piège dont personne ne ressort.
« Toute la science-fiction est comme un tango dualistique entre l’amour et la haine de la technologie. », déclare James Cameron à TCM Cinéma dans une interview qui revisite le cinéma de science-fiction, son passé, son présent, ses thématiques et questions intemporelles.
A l'occasion de sa diffusion sur TCM, revenons sur le film de science-fiction Outland, qui mérite de ne pas tomber dans l'oubli. Ses effets spéciaux impressionnant et la partition de Sean Connery permettent en effet au support de ce discours anticapitaliste de ne pas vieillir.
Avec une intensité dramatique rare allant crescendo, avec une mise en scène remarquable et une interprétation hors-norme, Sydney Pollack signe un film sombre et complexe, multipliant les niveaux de lecture et dressant un portrait sans concession de l’âme humaine et de son pays.
Dernier grand rôle de Gene Kelly, le maître du classique George Cukor livre un film musical de bonne tenue, réinventant sans cesse de nouvelles formes à l'intérieur d'un genre calibré pour plaire.
Une rareté que ce film à sketches de 1951, avec Gene Kelly, Gary Cooper et Janet Leigh, un film à la gloire de l'Amérique des années 50 tourné en pleine Guerre de Corée.
Chose rare dans les films de guerre de cette époque : jamais on n’entend le moindre propos anti-japonais. Bien que patriotique, comme il se doit, Les Maraudeurs attaquent ne développe pas le moindre sentiment de racisme.
Ce qui est impressionnant, c'est qu'il est incollable sur le sujet, faisant des parallèles entre tel réalisateur et tel réalisateur actuel, citant des acteurs oubliés des années 50 à qui il voue son admiration. Ce sont autant de clés pour comprendre son oeuvre.
The Revenant n'est pas le premier film qui raconte l'histoire vraie de Hugh Glass. Il y a 45 ans, la même aventure était déjà portée à l'écran, dans un film qu'il faut redécouvrir.
Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.
Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.
« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ?
- Et ça y est… C’est reparti avec les théories…
- C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit.
- Hahaha !
- N’importe quoi !!
- Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »
On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".
De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.