Films Classiques

L’Âme des guerriers (1994), de Lee Tamahori : une tentative de réaffirmation identitaire

Œuvre sur le déclin culturel des Maoris, ce premier long-métrage de Lee Tamahori propose un portrait sans concession de la misère et de la violence dans lesquelles patauge une communauté déracinée. Aux côtés de La Leçon de piano de Jane Campion, sorti un an plus tôt, cette tragédie grecque doublée d’une œuvre choc a permis de mettre la Nouvelle-Zélande sur la carte du cinéma mondial.

Utu Redux : quand la vengeance devient un incendie sans fin

Le western maori de Geoff Murphy plonge dans la guerre de Te Kooti, tourné à cru dans le bush néo-zélandais. Entre villages incendiés, humour noir et camps jamais figés, le film capture un engrenage de vengeance coloniale où personne ne reste épargné, jusqu'à une scène finale qui vide le mot "utu" de son sens.

Smash Palace : au pays de la casse

Dans une casse automobile perdue en Nouvelle-Zélande, un ex-pilote confond amour et possession jusqu'à traiter sa fille comme un trophée. Son couple se déchire, son garage déborde de carcasses, et le paysage tout entier se referme sur lui comme un piège dont personne ne ressort.

Alice dans les villes : La poésie de l’errance

Retour sur le "premier" film de Wim Wenders, Alice dans les villes, fable envoûtante de l'errance de deux êtres qui vont se retrouver grâce à l'autre, à l'occasion de sa ressortie en salles en version restaurée.

L’État des Choses, de Wim Wenders : le temps suspendu du cinéaste

Avec L’État des Choses, Wim Wenders filme une équipe de cinéma bloquée sur une plage du Portugal alors que le producteur a disparu avec une partie du budget. Cela permet au cinéaste allemand de traiter ses thèmes fétiches, la passion cinéphile, l'écoulement du temps et le voyage.

Au Fil du Temps, de Wim Wenders : portrait d’une Allemagne coupée d’elle-même

Troisième partie d'une trilogie de l'errance, après Faux Mouvement et Alice dans les Villes, Au Fil du temps est un des plus grands films de Wim Wenders, un long road movie à la frontière entre deux Allemagne, dans ce pays coupé en deux et qui semble à la quête de son identité perdue, comme ses deux personnages principaux.

Rio Grande de John Ford : la cavalerie à visage humain

Après Le Massacre de Fort Apache et La Charge Héroïque, Rio Grande vient clore la trilogie de la cavalerie réalisée par John Ford et interprété par John Wayne (ici accompagné par Maureen O'Hara et Victor McLaglen). Loin des images héroïques d'une cavalerie invincible, le cinéaste nous dresse le portrait d'un régiment à taille humaine, constitué d'hommes avec leurs faiblesses et leurs blessures.

Les Enfants du Paradis, l’univers enchanté de Prévert et Carné

Mercredi 21 février, dans le cadre d'une rétrospective consacrée aux films écrits par Jacques Prévert, ressort dans certaines salles Les Enfants du Paradis, classique du cinéma français où la maîtrise technique de Marcel Carné et de son équipe, ainsi que l'interprétation éblouissante d'un casting rare, sert d'écrin à un scénario et des dialogues typiques de l’œuvre du grand poète. Une merveille !

Johnny Guitare, le western revisité par Nicholas Ray

Avec Johnny Guitare, sorti en plein maccarthysme, Nicholas Ray reprend les codes du western et les adaptes à son univers, un monde fait de personnages marginaux en quête de respectabilité mais enfermés dans un environnement où la violence est une fatalité.

Assurance sur la mort, le modèle absolu du film noir signé Billy Wilder

Par son scénario, par son utilisation du décor urbain comme projection de la psychologie de ses personnages, par ses dialogues ciselés, par sa magnifique mise en scène héritée de l'expressionnisme et par son couple principal, Assurance sur le mort est devenu non seulement un des grands classiques du cinéma hollywoodien, mais une référence en matière de film noir.

Cruising – La Chasse, l’art du glauque et de l’ambiguïté

Plus qu'un simple film policier dont l'enjeu serait de découvrir l'identité d'un criminel, Cruising - La Chasse, de William Friedkin, est une plongée dans les bas-fonds d'un New-York glauque et le portrait de policiers à la morale très ambiguë.

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« Amériques » : avant que Lafayette ne devienne une légende

Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.

« La Vie extraordinaire d’Arizona Joe » : un pied à Wall Street, l’autre sur les rails

Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.

Montefiore : le carcan familial

« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ? - Et ça y est… C’est reparti avec les théories… - C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit. - Hahaha ! - N’importe quoi !! - Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »

« Les Dates chocs de l’Histoire » : quand tout peut encore basculer

On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".

« Les 400 coups » : l’école, cette drôle de fabrique à souvenirs

De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.