Séries de notre enfance : Starsky et Hutch

Puisqu’en ce mois de mai, la rédaction du MagDuCiné a décidé de vous parler des séries qui ont bercé son (et votre) enfance, voici un incontournable de la série policière des années 70, Starsky et Hutch.

Pour une génération qui a grandi avec les séries des années 70, Starsky et Hutch était la série policière de référence, au point de devenir l’objet d’un culte.

Culte, la voiture de Starsky, une Ford Gran Torino rouge avec la bande blanche.
Culte, Huggy les Bons tuyaux, archétype du mec cool issu de la Blaxploitation, sauf que lui fait confiance à des flics blancs.
Culte, le Capitaine Dobey, souvent victime des quolibets des policiers.
Culte, même, la VF, avec cette chanson du générique et les voix de Jacques Balutin et Francis Lax.
Il faut bien dire que ce culte n’est pas du tout usurpé, vue la qualité de la série.

Starsky et Hutch est d’abord une véritable série policière, dans le sens que nous avons des enquêtes et de l’action.

Les enquêtes permettent aux scénariste de faire des descriptions parfois peu reluisantes de l’Amérique. La série est censée se dérouler dans une ville imaginaire, Bay City, mais les ressemblances avec Los Angeles sont telles que l’illusion ne tient pas vraiment. Et la Californie de Starsky et Hutch n’est pas qu’un lieu de plaisir et de bains de soleil. La série n’hésite pas à plonger dans les bas quartiers, à montrer les immeubles insalubres, les squats, les rues crades, les effets dévastateurs de la drogue ou de la prostitution. Un des épisodes fait également appel à un tueur en série. D’un certain côté, par sa description sombre de la société américaine, Starsky et Hutch se rapproche des romans noirs.

L’Amérique décrite dans la série est surtout un lieu de violence. Même plus de 40 ans après la réalisation des épisodes, il est impressionnant de constater à quel point la série sait être brutale. Fusillades, courses-poursuites, Starsky et Hutch sait employer une violence sèche, crue. Une violence qui n’épargnera aucun des personnages, puisque chacun des quatre protagonistes sera directement menacé au fil des épisodes : contrat de tueur à gage, enlèvement, empoisonnement…

La violence est crue, certes, mais elle est aussi très stylisée : l’attention est portée aux sons (moteurs de la Ford, crissements des roues lors des dérapages, coups de feu), l’aspect visuel des courses-poursuites est très enjolivé (les courses bondissantes des protagonistes par exemple), la musique volontiers soul de Lalo Schiffrin ou Mark Snow, tout cela permet d’atténuer la brutalité des propos.

La série est aussi célèbre pour son humour. Humour dans les répliques, dans les situations, et même dans les relations entre les protagonistes. Le charisme des acteurs joue aussi pour beaucoup dans cette réussite qui a permis de lancer quelques carrières, comme celle de Michael Mann, qui signe le scénario de plusieurs épisodes, ou de Randal Kleiser, le futur réalisateur de Grease.

Starsky et Hutch : générique français

 

Starsky et Hutch : fiche technique

Créateur : William Blinn
Réalisateurs : George McCowan, Earl Bellamy…
Scénaristes : Rick Edelstein, Michael Fisher…
Interprètes : Paul Michael Glaser (David Starsky), David Soul (Ken Hutchinson), Bernie Hamilton (Harold Dobey), Antonio Fargas (Huggy Les Bons Tuyaux)…
Photographie : Travers Hill, Keith C. Smith
Montage : George W. Brooks, Robert Moore
Musique : Mark Snow, Shorty Rogers
Production : Joseph T. Naar, Aaron Spelling, Leonard Goldberg
Société de production : Spelling-Goldberg Productions
Société de distribution : Columbia Pictures
Nombre de saisons : 4
Nombre d’épisodes : 92
Durée d’un épisode : 45 minutes
Date de diffusion du premier épisode en France : 10 juin 1978

États-Unis – 1975

Festival

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Herve Aubert
Herve Auberthttps://www.lemagducine.fr/
"professeur de français, j'ai découvert le cinéma grâce aux films de Spielberg des années 80, mais je suis vraiment devenu cinéphile avec John Huston (Quand la ville dort) et Akira Kurosawa (Le Chateau de l'Araignée), Humphrey Bogart (Le Faucon Maltais) et Marlon Brando (Sur les quais). Appréciant aussi bien le cinéma classique que moderne, les séries des années 60 que celles des années 2010, c'est de la diversité que je tire mes plaisirs."

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