Wonka de Paul King : un déluge de douceur

Après le succès de Paddington, Paul King signe avec Wonka une nouvelle aventure familiale. En s’attachant à la jeunesse de l’extraordinaire chocolatier de l’oeuvre de Roald Dahl, le réalisateur anglais nous offre un film coloré, gourmand et réconfortant. Même si l’innovation ne coule pas vraiment à flot, Wonka se savoure sans modération.

Charlie et la Chocolaterie, roman écrit par Roald Dahl publié en 1964, a déjà été adapté au cinéma par Mel Stuart et plus récemment par Tim Burton. Ces films mettent tous deux en scène un Willy Wonka adulte, qui a fermé boutique et propose à cinq enfants chanceux, ayant mis la main sur l’un des précieux tickets d’or, de venir découvrir sa chocolaterie. Dans Wonka, Paul King adopte une autre temporalité en imaginant les débuts du célèbre chocolatier, jeune homme sans le sou mais plein de fantaisie et d’inventivité. Le film expose les défis de l’entrepreneuriat tout en composant une fable amusante, chantante et touchante.

L’entrepreneuriat : entre rêve américain et douce-amère réalité

Tout juste débarqué en ville, Willy Wonka ne possède rien. Inventeur fantasque à la tête garnie de rêves, il ne compte que sur son talent et une étrange valise dissimulant une fabrique de chocolat miniature. Désargenté, il loue une chambre à prix modique et espère s’attirer renommée, gloire et fortune au moyen de chocolats aux saveurs et aux effets tout à fait singuliers. Des chocolats qui font planer, redonnent espoir, énergie, ou replongent dans le passé. Des chocolats qui lui permettraient surtout d’ouvrir son propre magasin au sein de la prestigieuse galerie commerçante. Mais dans Wonka, le jeune génie n’agit pas que pour la célébrité. Il espère ainsi renouer avec le souvenir d’une mère disparue, dont il ne lui reste qu’une inestimable tablette de chocolat.

Confronté à des logeurs arnaqueurs, des policiers corrompus, des concurrents chocolatiers sans scrupules et un mystérieux Oompa Loompa chapardeur à la peau orange, Willy suit un parcours semé d’obstacles et de déceptions, dans un monde commercial où même la rêverie est punie d’une amende. Si toutes les plus belles choses commencent par des rêves, comme l’affirme la mère du chocolatier, il est donc loin d’être simple de les réaliser. Wonka montre alors l’entrepreneuriat comme un idéal américain, rapidement rattrapé par une réalité qui n’encourage pas le renouveau ni l’innovation. Dans cet univers figé et mercantile, un personnage brillant et un peu naïf, campé par un Timothé Chalamet plutôt convaincant, a rarement la tâche facile.

C’est ainsi grâce à l’aide de joyeux et fidèles camarades que Willy Wonka obtient une chance de réussir son entreprise.  Assisté par une jeune orpheline pleine de ressources, un comique ou encore une opératrice de téléphonie, le magicien chocolatier s’emploie à faire fondre un système entier de monopole chocolatier.

Un conte familial au coeur tendre

En cette période de Noël, Wonka, avec son histoire émouvante, ses décors chatoyants et ses chansons agréables, jamais entêtantes, se laisse volontiers déguster sous un plaid avec une bonne boisson chaude. Bon divertissement, il rappelle également l’importance de la générosité, de l’entraide, du partage, à l’heure d’une société trop souvent individualiste et matérialiste. En effet, le jeune Willy n’hésite pas à donner son dernier florin à une femme dans le besoin ou à faire des sacrifices pour sauver ses amis.

Malheureusement, le film conserve un traitement relativement classique. Wonka s’épanouit entre le conte féérique et la comédie musicale sans prendre de véritable risque créatif. Si l’innovation, l’imagination demeurent des traits d’esprit essentiels à Willy, ils ne ressortent pas vraiment dans ce film un peu lisse. Si l’univers de Paul King ne saurait se comparer à celui de Tim Burton, une touche de fantaisie ou de folie aurait donné au film un brin d’originalité.

Wonka – Bande-annonce

Wonka – Fiche technique

Réalisation : Paul King
Scénario : Paul King, Simon Farnaby, Simon Rich
Casting : Timothée Chalamet (Willy Wonka), Calah Lane (Noodle), Sally Hawkins (la mère de Willy), Rowan Atkinson (père Julius), Hugh Grant (Oompa Loompa)…
Musique : Joby Talbot
Photographie : Chung-Hoon Chung
Montage : Mark Everson
Producteurs : David Heyman, Alexandra Ferguson-Derbyshire, Luke Kelly
Société de production : Warner Bros.
Société de distribution : Warner Bros. France
Genre : aventure, fantastique
Durée : 1h57
Etats-Unis – Sortie France le 13 décembre 2023

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3

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Ariane Laure
Ariane Laurehttps://www.lemagducine.fr/
Émerveillée par le cinéma depuis le Roi Lion, mon premier film en salle, j’aime les films qui font rêver, qui hantent et ne nous quittent jamais. J’admire particulièrement la richesse des œuvres de Stanley Kubrick, Christopher Nolan et Quentin Tarantino. Je suis également une adepte du cinéma asiatique, de Yasujiro Ozu, Akira Kurosawa à Wong Kar-Wai, Hayao Miyazaki et Park Chan-Wook. Travaillant dans le monde juridique, j'écris des critiques à mes heures perdues.

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