Paddington, un film de Paul King : Critique

Paddington, le film idéal pour les fêtes de Noël

Synopsis : Un ours péruvien du nom de Paddington débarque à Londres pour y trouver un nouveau foyer et d’une vie meilleure. Il réalise vite que la ville de ses rêves dont lui parlait sa Tante Lucy n’est pas aussi accueillante qu’il le croyait. Par chance, il rencontre la famille Brown qui va l’héberger le temps d’une nuit et en devient peu à peu un membre à part entière. Mais sa présence va attiser la curiosité de Millicent, une taxidermiste qui souhaiterait l’ajouter à sa collection…

Après la saga à succès Harry Potter, le producteur David Heyman s’attaque à une autre œuvre littéraire destinée au plus jeunes : les aventures de l’Ours Paddington, une série de vingt-trois livres écrits par l’auteur Michael Bond depuis 1958. Un personnage fictif qui a marqué bien des générations au point d’avoir sa propre statue à la Gare de Paddington (d’où il tire son nom). Mais parmi toutes ces peluches et séries animées, l’ourson n’avait pas encore eu droit à une adaptation cinématographique. David Heyman et le réalisateur Paul King (dont c’est le premier long-métrage grand public) changent la donne cinquante-six ans après la naissance du protagoniste, pour un divertissement familial qui débarque dans nos salles pour les fêtes de Noël.

Il est vrai que sur le papier, Paddington n’attirera pas spécialement les adultes, sauf pour emmener leurs enfants. Ils repéreront très vite les défauts majeurs du film, principalement son grand manque d’originalité : le long-métrage se montre comme le semblant britannique de Stuart Little, où là aussi un animal doué (en images de synthèse, qui plus est) de parole, va s’installer peu à peu dans une famille jusqu’à en devenir un membre à part entière, tout en provoquant quelques gags pour amuser les plus jeunes. Mais aussi le fait que les personnages humains sont largement mis de côté, et que certains comédiens ne s’en sortent pas si bien que le laisse prétendre leur réputation. Un constat qui s’adresse surtout à Nicole Kidman, qui fait peine à voir en surjouant à l’excès un ersatz de Cruella, sans avoir l’envergure ni la folie d’une Glenn Close. Faut-il donc avoir des yeux d’enfants pour apprécier pleinement le spectacle ? Pas totalement !

Que l’on soit petits aux grands, Paddington en touchera plus d’un. Cela, le film le doit principalement à l’ours lui-même. Superbement intégré à la réalité via des effets numériques de qualité, il saura vous séduire par sa personnalité, sa bouille (surtout ses yeux) et ses voix (que ce soit Ben Whishaw ou bien Guillaume Gallienne) qui le rendent adorable au possible. Vous vous attacherez dès le début à cette peluche et suivrez, du coup, avec un immense plaisir ses nombreuses péripéties qui riment avec un humour so british (situations décalées et quiproquos) faisant mouche et des bons sentiments, jamais en surdose. Oui, les gags ne sont pas aussi nombreux que prévus et les clichés répondent présents. Mais avec un héros si attendrissant, qui rencontre des personnages hauts en couleurs et qui provoque des catastrophes flirtant souvent avec le cartoonesque, vous ferez une impasse sur ces défauts.

D’autant plus que Paddington ne se dévoile pas au public tel un divertissement sans âme. Il se montre même assez adulte par moment en proposant d’autres qualités que son ourson, comme un aspect visuel (décors, costumes, effets spéciaux) qui offre au long-métrage une certaine poésie; nécessaire pour donner ce qu’il faut de féerie en ces temps de fêtes. Même la mise en scène parvient à renforcer cette atmosphère, en filmant l’habitation des Brown telle une maison de poupée lors de deux séquences. De plus, le film n’oublie pas de proposer bon nombre de thématiques pour les plus jeunes, afin de les « préparer » à la vie qui les attend : l’acceptation de l’autre, l’écologie (via la déforestation), l’impolitesse et l’égoïsme de la société actuelle… Des leçons de moralité qui n’en font jamais trop et qui parlent à tout le monde, cela ne fait pas de mal !

Paddington n’est pas le film qui prétend inventer quoique ce soit dans le domaine de la comédie familiale. Il se présente juste comme un divertissement qui a pour but d’égayer le public lors de son visionnage. Et il y parvient suffisamment pour être le long-métrage des fêtes de Noël de cette année 2014. Il y a bien Astérix – Le Domaine des Dieux qui rivalise avec lui, voire le surpasse. Mais en terme de féerie et de sentiments qui font chaud au cœur, c’est Paddington qui se présente comme le film idéal pour les prochaines vacances. C’est mignon, rigolo et suffisamment travaillé… que demander de plus ?

Paddington : Bande-annonce

Fiche technique – Paddington

Royaume-Uni, France – 2014
Réalisation : Paul King
Scénario : Paul King et Hamish McColl, d’après l’oeuvre de Michael Bond
Interprétation : Hugh Bonneville (Henry Brown), Sally Hawkins (Mme. Brown), Nicole Kidman (Millicent), Julie Walters (Mme. Bird), Peter Capaldi (Mr. Curry), Jim Broadbent (Mr. Gruber), Madeleine Harris (Judy Brown), Samuel Joslin (Jonathan Brown), et la voix de Ben Whishaw/Guillaume Gallienne (Paddington)
Date de sortie : 3 décembre 2014
Durée : 1h35
Genres : Comédie, fantastique
Image : Erik Wilson
Décors : Gary Williamson
Costumes : Lindy Hemming
Montage : Mark Everson
Musique : Nick Urata
Budget : 50 M$
Producteur : David Heyman
Productions : StudioCanal, Heyday Films et DHX Media
Distributeur : StudioCanal

Festival

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Sebastien Decocq
Sebastien Decocqhttps://www.lemagducine.fr/
Se droguant avec Jurassic Park, Les Dents de la Mer, Independence Day, E.T. et Indiana Jones à l'âge de 6 ans (même moins pour certains), autant dire que le cinéma était une passion d'emblée. Qui continue à s'élargir au fil des années, à tel point que j'espère un jour en faire mon métier (scénariste, réalisateur, critique... tout est bon !). A mon actif, quelques montages vidéos et un semblant de court-métrage en réserve, je préfère toutefois encore plus m'enfouir dans une salle de cinéma et me laisser transporter par ce que propose le grand écran. Que ce soit un plaisir coupable comme les comédies musicales ou les gros blockbusters d'un certain Michael Bay (je sens la foudre s'abattre sur moi !). Ou bien de véritables chefs-d'oeuvre. Quoiqu'il en soit, du moment que c'est signé par Nolan, Cameron, Spielberg et Burton, je fonce littéralement payer mon ticket.

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