Critiques films

Notre salut : Un grand film sur un petit homme, carte sur table

Avec Notre salut, Emmanuelle Marre montre que le cinéma a encore une vie à mener : sérieuse et fiévreuse. D’une manière proche de Peter Watkins, Marre réinvente la manière de filmer l’intime en acte politique, de faire du cinéma un geste terriblement libre.

Resident Evil (2026) : Excellent film et adaptation parfaite d’une saga maudite

Zach Cregger réinvente Resident Evil autour d’un héros ordinaire et retrouve enfin l’essence survival horror de la saga Capcom. Une adaptation tendue, drôle et remarquablement maîtrisée.

Rose de Markus Schleinzer : dans le pantalon, la liberté

Avec Rose, Markus Schleinzer plonge dans l’Allemagne rurale du XVIIe siècle, au lendemain de la guerre de Trente Ans. Dans un noir et blanc austère, presque minéral, Sandra Hüller incarne une femme qui a choisi de vivre sous l’identité d’un homme. Un film d’une grande modernité, dont le minimalisme apparent finit par tout envahir.

The Witch, un film de Robert Eggers : Critique

The Witch, ou le film d'épouvante le plus envoûtant et le plus dérangeant de l'année.

La sociologue et l’ourson, un film d’Etienne Chaillou et Mathias Théry : critique

La sociologue et l'ourson, réalisé par Etienne Chaillou et Mathias Théry évoque avec intelligence et humour les évolutions de la famille par le prisme du projet de loi du mariage pour tous. Pas de docte discours dans ce film mais une histoire racontée avec des peluches et autres marionnettes.

Demolition, un film de Jean-Marc Vallée : Critique

Plus qu'un appel aux armes, aux pioches, aux consciences, Jean-Marc Vallée dessine subrepticement les contours urbains d'une fable moderne indie folk pop. [...] Simple et efficace, aérienne et pédestre à la fois, la ballade existentielle que nous propose Jean-Marc Vallée s'accompagne, comme nécessairement, d'un regard tendre sur l'orientation sexuelle, sur la découverte de soi, ses possibilités.

Visite ou Mémoires et Confessions, un film de Manoel de Oliveira : critique

Manoel de Oliveira, décédé l'année dernière, nous réservait une dernière surprise : un film tourné en 1981, resté volontairement invisible jusqu'à sa disparition. Un film posthume pour mieux connaître le réalisateur.

Men & Chicken, un film d’Anders Thomas Jensen : Critique

Aussi irrévérencieuse soit-elle, la nouvelle comédie d'Anders Thomas Jensen ne se moque jamais de ses personnages haut en couleurs. Au contraire, il fait d'eux des êtres profondément pathétiques en proie à leur instinct animal. Cruel et humaniste à la fois, cette petite perle d'humour noir, comme seuls les Scandinaves peuvent nous en offrir, satisfera les amateurs du genre... au risque de heurter les personnes partageant le bec de lièvre de cette belle brochette de dégénérés.

A Bigger Splash, un film de Luca Guadagnino : Critique

L'italien Luca Guadagnino parle d'hommage plutôt que de remake, mais c'est bien le scénario de la Piscine de Jacques Deray qu'il a exploité pour A bigger Splash, avec une esthétique moderne et pop emmenée par des acteurs très en forme, Ralph Fiennes en premier...

Desierto, un film de Jonas Curon : Critique

Jonas Cuaron, le fils d'Alfonso, signe un survival dont le scénario peut à priori sembler simpliste mais dont la réalisation est d'une virtuosité incontestablement remarquable. Et le talent des deux acteurs n'est pas non plus pour rien dans la tension viscérale qui s'installe tout au long du film.

Sky, un film de Fabienne Berthaud : Critique

Difficile de rentrer dans les émotions de cette femme brisée interprétée par Diane Kruger tant l'artificialité de son parcours rend le film prévisible. Heureusement, la relation compliquée qu'elle va vivre avec ce stéréotype de l'Amérique profonde auquel Norman Reedus prête ses traits réussit à donner à certains passages un minimum de charge émotionnelle mais cela reste bien insuffisant.

Newsletter

À ne pas manquer

« Amériques » : avant que Lafayette ne devienne une légende

Avant l’Hermione, avant le héros célébré des deux côtés de l’Atlantique, il y eut La Victoire et une première traversée clandestine. Avec Amériques, Esther Gil et Laurent Paturaud racontent cette aventure française dans la guerre d’Indépendance américaine en déplaçant légèrement le regard : Lafayette est là, mais le véritable guide se nomme Charles-François du Buysson.

« La Vie extraordinaire d’Arizona Joe » : un pied à Wall Street, l’autre sur les rails

Stéphane Piatzszek et Fabrice Meddour referment leur diptyque sur Newland Arrow, héritier de la haute finance new-yorkaise qui persiste à préférer aux salons bourgeois la poussière des trains et la compagnie des hobos. Une belle idée de personnage, une Amérique saisissante, mais un second volume qui avance parfois un peu trop vite.

Montefiore : le carcan familial

« - Est-ce que tu savais que « famille » venait du dialecte primitif du centre de l’Italie ? - Et ça y est… C’est reparti avec les théories… - C’est dérivé du mot « famel ». Et « famel » dans ce dialecte, ça veut dire « esclave ». Étymologiquement, la famille, c’est l’ensemble des esclaves qui vivent sous le même toit. - Hahaha ! - N’importe quoi !! - Alors que « tribu » ça vient du sanskrit, d’un mot qui veut dire « naissance ». Avouez que ça a plus de gueule… »

« Les Dates chocs de l’Histoire » : quand tout peut encore basculer

On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".

« Les 400 coups » : l’école, cette drôle de fabrique à souvenirs

De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.