Hors Contrôle, un film de Jake Szymanski : Critique

Intitulé en anglais Mike & Dave need wedding dates, Hors Contrôle s’inspire très largement de l’histoire vraie de Mike (joué par Adam Devine) et Dave (Zac Efron) Stangle.

Synopsis : Mike et Dave Stangle, deux frères totalement immatures et rois de la fête, sont forcés par leur entourage de trouver des cavalières parfaites afin qu’elles les accompagnent au mariage de leur sœur Jeanie, à Hawaï. Ils passent alors une annonce sur internet qui crée un énorme buzz. Devenus de véritables stars en quelques semaines, les frères trouvent chaussures à leurs pieds en la personne de Tatiana et Alice, des meilleures amies qui s’avèrent être encore plus incontrôlables qu’eux.

Deux frères qui ont pour réputation de ruiner les rassemblements familiaux par leurs frasques incessantes. Zac Efron, de plus en plus abonné aux comédies, se retrouve pourtant bien sage dans ce rôle de Dave, face à son frère aîné, Mike, dont la bêtise et l’humour lourd font de lui un clown. Cependant, les deux frères se font rapidement voler la vedette par les meilleures amies déjantées Tatiana et Alice, sans qui le film serait des plus ennuyeux. En effet, les prouesses humoristiques des actrices Anna Kendrick et Aubrey Plaza réussissent à agréablement surprendre une assistance peu convaincue dès les premières minutes. Aussi, alors que la rebelle Tatiana nous offre des punchlines à en faire pâlir son pitre de rencard, Mike, Alice quant à elle séduit l’audience par sa douceur et sa folie. Véritables vedettes du film, Tatiana et Alice mènent la danse et par la même occasion, tempèrent les craintes des féministes de la première heure puisque les deux personnages féminines principales se révèlent aussi incontrôlables -si ce n’est plus- que leurs homologues masculins. La parité est donc respectée. La question est de savoir s’il y a de quoi s’en vanter.

Ainsi, uniquement « révolutionnaire » par son habileté à faire des femmes de son film des protagonistes aussi importants que les hommes, Hors Contrôle présente toutefois -comme à l’accoutumée des comédies- une flopée de clichés (sexe, alcool, drogue, fêtes qui dégénèrent, violence…) qui malheureusement font sombrer le film dans la pénombre la plus totale au fur et à mesure que les minutes s’écoulent. Surfant sur la vague anticonformiste des jeunes d’aujourd’hui, l’extrême simplicité du scénario ponctué par un humour gras, fait de Hors Contrôle, une comédie bas de gamme qui ennuie rapidement.

Aux manettes de cette production américaine, Andrew Jay Cohen et Brendan O’Brien (à qui l’on doit notamment Nos Pires Voisins, avec déjà Zac Efron) nous offrent une ode à l’immaturité où la ligne du décent est plus d’une fois franchie. Ainsi, les scènes de nu, la scène de masturbation dans un sauna et celle du massage qui frôle l’érotisme finissent d’inscrire Hors Contrôle dans une tendance assumée du trash, qui met rapidement dans l’embarras quiconque avait pour ambition de voir en cette comédie, une œuvre teintée d’intelligence et de réflexion.

Se basant sur un humour potache et régressif, Hors Contrôle engendre un malaise dont son quatuor de stars (Efron, Kendrick, DeVine et Plaza) bien qu’attachant, ne parvient pas à se dépêtrer. Une mention honorable est à faire tout de même à l’actrice Sugar Lyn Beard dans le rôle de Jeanie, la sœur Stangle, qui réussit à voler la vedette dans toutes les scènes où elle est, à l’instar de sa collègue Aubrey Plaza.

Hors Contrôle : Bande Annonce

Hors Contrôle: Fiche Technique

Réalisation : Jake Szymanki
Scénario : Andrew J. Cohen et Brendan O’Brien
Interprétation : Zac Efron (Dave Stangle), Adam DeVine (Mike Stangle), Anna Kendrick (Alice), Aubrey Plaza (Tatiana), Sugar Lyn Beard (Jeanie Stangle), Sam Richardson (Eric), Alice Wetterlund (Terry).
Direction Artistique : Mark Garner et Caleb Mikler
Photographie : Matthew Clark
Montage : Lee Haxall et Joathan Schwartz
Musique : Jeff Cardoni
Production : Peter Chemin,Jonathan Levine et Jenno Topping
Sociétés de production : Chemin Entertainment et TSG Entertainment
Sociétés de distribution : 20th Century Fox et SF Film (Finlande)
Budget : 33 000 000 $
Langue originale : Anglais
Format : couleur
Genre : Comédie
Durée : 98 minutes
Dates de sortie : France : 17 août 2016

Etats-Unis – 2016

 

Festival

Reims Polar 2026 : Mata, l’ombre du contrôle

Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.

Reims Polar 2026 : Sons of the neon night, un champ de bataille sans stratège

Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.

Reims Polar 2026 : Morte Cucina, la vengeance est un plat qui se dévore sans modération

En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.

Reims Polar 2026 : Mi Amor, noyé dans le bruit

Ce jeudi 2 avril au soir, l’impériale Cécile Maistre-Chabrol a remis le Prix Claude Chabrol à Thomas Ngijol pour "Indomptables", polar camerounais dans lequel le réalisateur-acteur réussit une mue radicale et convaincante — quitter la comédie pour plonger dans un thriller âpre, ancré dans la réalité de Yaoundé, entre enquête policière et portrait d'une paternité qui déraille. Une belle soirée pour le genre, achevée par Guillaume Nicloux et son nouveau film, "Mi Amor". Le contraste est cruel, d'autant plus piquant que Nicloux n'est pas un inconnu des festivals de polar. Il s’était déjà fait connaître au Festival du Film Policier de Cognac, ancêtre direct de Reims Polar, avec Une affaire privée. Et ce film-là racontait déjà... une disparition de jeune femme.

Newsletter

À ne pas manquer

Signes de vie, de Werner Herzog : à perdre la raison

Exploration à bas bruit des frontières de la rationalité humaine ? Faille spatio-temporelle où l’Homme quitte le sentier d’un destin médiocre ? Pas de doute, le cinéma de Herzog est déjà en place.

Vivaldi et moi : tutti per la musica

Abandonnées par leurs familles dans un orphelinat, des jeunes filles se consacrent à la musique. Nous sommes à Venise en 1716, à l'orphelinat « La Pietà » qui doit son nom à la Vierge Marie. Constituant un orchestre de chambre, chaque dimanche ces musiciennes se produisent anonymement dans une église locale où le public vient les écouter. Si elles ne connaissent pas leurs origines, leur avenir est tout tracé…

Voyage à deux : le désenchantement conjugal

Troisième collaboration entre Stanley Donen et Audrey Hepburn après "Drôle de frimousse" et "Charade", "Voyage à deux" suit un couple à différents moments de sa vie à travers un récit fragmenté. Le film fait de la mémoire amoureuse son véritable moteur narratif, entre instants de grâce et fissures plus discrètes.

« Michael » piétine son icône en moonwalk

Ça y est, il est enfin là. On le craignait, un peu. Il faut dire que les signaux d'alerte se multipliaient. Famille de Michael Jackson trop impliquée, durée courte pour tout ce que le film devrait raconter, monteur de "Bohemian Rhapsody" aux commandes, tout partait mal. Seul miracle au milieu de cette production, Jaafar Jackson, qui semblait taillé pour le rôle. À la sortie, on n'est ni satisfait, ni profondément énervé, tant Michael réussit et échoue lamentablement exactement là où on l'attendait.

Le Réveil de la Momie : ni morte ni réveillée

Lee Cronin tente de ramener la Momie à ses origines : un drame familial hanté par le deuil et la culpabilité. La promesse est tenue pendant près d'une heure, avant que "Le Réveil de la Momie" se perde dans ses propres ambitions contradictoires, incapable de choisir entre le drame viscéral qu'il voulait être et la mécanique Blumhouse qu'il ne pouvait s'empêcher de reproduire. Un rendez-vous manqué, pourtant généreux en ambitions, mais trop avare en courage.

Vivaldi et moi : tutti per la musica

Abandonnées par leurs familles dans un orphelinat, des jeunes filles se consacrent à la musique. Nous sommes à Venise en 1716, à l'orphelinat « La Pietà » qui doit son nom à la Vierge Marie. Constituant un orchestre de chambre, chaque dimanche ces musiciennes se produisent anonymement dans une église locale où le public vient les écouter. Si elles ne connaissent pas leurs origines, leur avenir est tout tracé…

« Michael » piétine son icône en moonwalk

Ça y est, il est enfin là. On le craignait, un peu. Il faut dire que les signaux d'alerte se multipliaient. Famille de Michael Jackson trop impliquée, durée courte pour tout ce que le film devrait raconter, monteur de "Bohemian Rhapsody" aux commandes, tout partait mal. Seul miracle au milieu de cette production, Jaafar Jackson, qui semblait taillé pour le rôle. À la sortie, on n'est ni satisfait, ni profondément énervé, tant Michael réussit et échoue lamentablement exactement là où on l'attendait.

Le Réveil de la Momie : ni morte ni réveillée

Lee Cronin tente de ramener la Momie à ses origines : un drame familial hanté par le deuil et la culpabilité. La promesse est tenue pendant près d'une heure, avant que "Le Réveil de la Momie" se perde dans ses propres ambitions contradictoires, incapable de choisir entre le drame viscéral qu'il voulait être et la mécanique Blumhouse qu'il ne pouvait s'empêcher de reproduire. Un rendez-vous manqué, pourtant généreux en ambitions, mais trop avare en courage.