Baby Boss, un film de Tom McGrath : Critique

Baby-Boss, ou quand les bébés prennent leur revanche sur la famille !

Synopsis : Un petit garçon de sept ans, nommé Tim, est jaloux de son petit frère. Quand il va en mission pour reconquérir l’affection de ses parents, il découvre un complot secret du PDG Puppy Co., qui tourne autour de son petit frère et menace de déstabiliser l’équilibre de l’amour dans le monde.

Baby-Boss, nouveau né des Studio DreamWorks Animation depuis Les Trolls, attire par son synopsis, mais est-il à la hauteur de nos attentes et s’avère-t-il aussi drôle qu’il le laisse entendre ?

S’il ne s’avère pas bon de spoiler, il est important de dire que la bande-annonce ne laisse pas prévoir le délire qu’est Baby-Boss. Derrière l’argument de vente qu’est le bébé qui parle et qui s’avère en fait adulte, se cache de vrais enjeux. Des enjeux certes communs aux films d’animation, mais des enjeux qui rendent le film passionnant. À des questions sur la famille se mêlent des questions sur l’acceptation de l’autre.
Baby-Boss se veut drôle et réussit son pari. Même s’il ne fait pas hurler de rire les spectateurs, il parvient à nous décrocher de (très) nombreux sourires, voire rires. On pense notamment à cette réunion entre bambins, des répliques qui fusent aux dialogues croustillants, tout est bon à prendre. À ces séquences comiques, même très comiques, viennent se greffer des scènes aux tournures « horrifiques », ou faisant des protagonistes de réels « aventuriers ». Les héros ne sont pas au bout de leurs surprises, et on se surprend à se prendre d’affection pour eux, ce qui n’était pas gagné. Baby-Boss a tout de détestable alors qu’on se prend d’une affection folle pour Tim, le petit garçon. Bien évidemment, les à priori et les sentiments évoluent tout au long du film, comme dans bon nombre d’animation.
Baby-Boss brasse les lieux communs des films d’animation actuels, ainsi que tous les procédés filmiques chers au studio DreamWorks. Le dénouement est prévisible, on devine la fin de chacune des péripéties qui composent le film et pourtant, le film fonctionne. Ce n’est pas la première fois qu’un film alterne entre dessins de synthèse et dessins plus « traditionnels ». On sort de la salle le sourire aux lèvres, en se disant qu’on a passé un bon moment. Toutefois, Baby-Boss n’est pas le meilleur, et de loin, des studios DreamWorks. Il s’offre à nous comme une pierre de plus à l’édifice que sont les studios, prouvant qu’ils ne sont pas uniquement bon à sortir des Kung-Fu Panda ou autres Madagascar.

[irp posts= »56649″ name= »Kung-Fu Panda 3, un film de Jennifer Yuh Nelson: Critique »]

Mais si Baby-Boss est agréable, c’est également parce que l’on se reconnait dans les personnages, aussi bien les enfants que les parents. Ces derniers, qui courent partout lors de l’arrivée du nouveau né dans le logis, ne peuvent que nous être familiers. Qui n’a jamais connu des parents se mettre dans tous leurs états, ne plus dormir, ne plus savoir où donner de la tête ? Baby-Boss tourne en dérision de nombreuses scènes du quotidien, de quoi nous convaincre.
Et s’il nous convainc, justement, c’est également parce que Baby-Boss ne tourne pas exclusivement autour de deux personnages que sont Tim et le bébé. Que ce soit les parents, les autres bébés ou les multiples rencontres qui se font lors de leur périple, tout est bon à prendre. Le film ne souffre pas d’excédents scénaristiques qui viendraient plomber l’action. L’intrigue progresse et parvient à décrocher un rythme haletant.

Et aux fans de cinéma, ouvrez les yeux et faites attention aux décors ! De (très) nombreuses références culturelles, surtout filmiques, sont disséminées à droite à gauche. De quoi se rassurer de sa bonne culture cinématographique.

Baby-Boss ne sera pas le film d’animation de l’année, mais il se hisse comme un excellent divertissement familial qui saura plaire aux plus petits comme aux plus grands. Par un scénario atypique, ancré dans un quotidien connu de tous, Baby-Boss plait et devrait faire valoir un nombre d’entrées plus que convenable.

Baby Boss : Bande-annonce

Baby Boss : Fiche technique

Réalisateur : Tom McGrath
Scénario : Michael McCullers, adapté du livre The Boss Baby écrit et illustré par Marla Frazee et publié en 2010
Interprétation (Voix VO) : Alec Baldwin, Steve Buscemi, Jimmy Kimmel, Lisa Kudrow, Tobey Maguire, Conrad Vernon…
Interprétation (Voix VF) : Stefan Godin, Vincent Ropion, Laurent Maurel, Sybile Tureau, Timothé Vom Drop…
Montage : James Ryan (VII)
Musique : Hans Zimmer, Steve Mazzaro
Direction artistique : Ruben Perez
Producteurs : Ramsey Ann Naito, Rebecca Huntley, Jed Schlanger
Sociétés de production : DreamWorks Animation
Distribution (France) : Twentieth Century Fox France
Durée : 98 minutes
Genre : Animation
Date de sortie : 29 mars 2017

Etats-Unis 2017

Festival

Reims Polar 2026 : Mata, l’ombre du contrôle

Présenté en clôture de la 6e édition de Reims Polar, "Mata" est le film le plus ambitieux de Rachel Lang — et peut-être le plus frustrant. Un thriller d'espionnage à la française, anti-spectaculaire et introspectif, porté par une Eye Haïdara à contre-emploi, qui cherche sa radicalité sans toujours la trouver.

Reims Polar 2026 : Sons of the neon night, un champ de bataille sans stratège

Reims Polar a le chic pour dénicher les objets cinématographiques qui résistent — ceux qui ne rentrent pas tout à fait dans les cases, qui portent en eux quelque chose d'inachevé ou d'excessif, et dont la programmation constitue en soi une invitation à débattre. "Sons of the Neon Night" y trouve naturellement sa place. Présenté en séance de minuit à Cannes en 2025, ce polar hongkongais de Juno Mak a fait parler de lui autant pour son ambition visuelle démesurée que pour ses failles narratives béantes.

Reims Polar 2026 : Morte Cucina, la vengeance est un plat qui se dévore sans modération

En compétition Sang Neuf au festival Reims Polar, "Morte Cucina" du thaïlandais Pen-ek Ratanaruang suit Sao, cuisinière d'exception marquée par un viol commis dans son adolescence, qui retrouve par hasard son agresseur des années plus tard à Bangkok. Entre thriller culinaire et drame de la résilience, le film use de la nourriture comme arme et comme langage, avec plus d'intentions que de tranchant.

Reims Polar 2026 : Mi Amor, noyé dans le bruit

Ce jeudi 2 avril au soir, l’impériale Cécile Maistre-Chabrol a remis le Prix Claude Chabrol à Thomas Ngijol pour "Indomptables", polar camerounais dans lequel le réalisateur-acteur réussit une mue radicale et convaincante — quitter la comédie pour plonger dans un thriller âpre, ancré dans la réalité de Yaoundé, entre enquête policière et portrait d'une paternité qui déraille. Une belle soirée pour le genre, achevée par Guillaume Nicloux et son nouveau film, "Mi Amor". Le contraste est cruel, d'autant plus piquant que Nicloux n'est pas un inconnu des festivals de polar. Il s’était déjà fait connaître au Festival du Film Policier de Cognac, ancêtre direct de Reims Polar, avec Une affaire privée. Et ce film-là racontait déjà... une disparition de jeune femme.

Newsletter

À ne pas manquer

Wedding Nightmare : Deuxième partie – Battle of the ring

En apparence, ce "Wedding Nightmare : Deuxième partie" promettait d'être une suite qui se démarque de la surexploitation des studios. Le film de Matt Bettinelli-Olpin et de Tyler Gillett s’inscrit pourtant dans cette triste réalité, après un premier volet qui avait su encapsuler tout le plaisir régressif d'une série B, avec ce qu'il faut de suspense, d'effusion de sang et de maladresse calculée pour que le spectateur s'amuse ludiquement dans une partie de cache-cache à mort.

Pour Klára : mange, existe, aime

Cinquième long métrage du Slovène Olmo Omerzu, "Pour Klára" embarque une famille décomposée sur les rivages ensoleillés de l'Adriatique pour mieux l'observer se noyer à sec. Un drame familial d'une subtilité redoutable, porté par un regard qui n'accuse personne — et qui, du coup, nous met tous en cause.

Romería : la mémoire des vagues

Carla Simón n'a jamais vraiment cessé de filmer sa propre histoire. Avec "Romería", son troisième long-métrage en compétition à Cannes 2025, elle va plus loin que jamais : reconstituer la jeunesse de ses parents, morts du sida, à travers le regard d'une fille de 18 ans qui débarque en Galice pour la première fois. Un film sur les origines, les silences de famille et le pouvoir du cinéma à combler ce que la vie n'a pas laissé le temps de vivre.

The Drama : pour le pire ou pour le rire ? Telle est notre (délicieuse) interrogation

Voilà une œuvre qui montre qu’un certain nouvel Hollywood (ici A24 mais ça pourrait être Neon ou FilmNation) peut nous offrir des bons films dits du milieu. Deux stars à l’alchimie indéniable, un scénario original et impeccablement écrit et la réalisation alerte d’un cinéaste qui confirme une voie singulière pour un petit bijou. Une œuvre dont on ne saurait dire si c’est un drame ou une comédie ou les deux, en tout cas accouchée d’une veine romantique acerbe.

Un jour avec mon père : ce qui reste dans la lumière

Il y a des films qui arrivent comme arrivent les souvenirs d'enfance : par effraction, sans prévenir, avec cette netteté particulière des choses qu'on n'a pas cherché à retenir. "Un jour avec mon père", premier long métrage du réalisateur britanno-nigérian Akinola Davies Jr., est de ceux-là. On entre dans ce film comme on entre dans une journée ordinaire et on en ressort changé, sans trop savoir pourquoi, avec quelque chose de chaud et de douloureux logé quelque part dans la poitrine.
Zoran Paquot
Zoran Paquothttps://www.lemagducine.fr/
Etudiant lillois passionné de cinéma, ayant plusieurs courts-métrages à mon actif, je baigne dans cet art depuis ma plus tendre enfance, grâce à un père journaliste m'ayant initié au visionnage intensif de films, mais également friand de théâtre, et d'arts en général. Admirateur de Nicholson, fou de Jim Carrey et fervent défenseur du cinéma français. Mon film culte ? Vol au-dessus d'un nid de coucou, Milos Forman, 1975.

Wedding Nightmare : Deuxième partie – Battle of the ring

En apparence, ce "Wedding Nightmare : Deuxième partie" promettait d'être une suite qui se démarque de la surexploitation des studios. Le film de Matt Bettinelli-Olpin et de Tyler Gillett s’inscrit pourtant dans cette triste réalité, après un premier volet qui avait su encapsuler tout le plaisir régressif d'une série B, avec ce qu'il faut de suspense, d'effusion de sang et de maladresse calculée pour que le spectateur s'amuse ludiquement dans une partie de cache-cache à mort.

Pour Klára : mange, existe, aime

Cinquième long métrage du Slovène Olmo Omerzu, "Pour Klára" embarque une famille décomposée sur les rivages ensoleillés de l'Adriatique pour mieux l'observer se noyer à sec. Un drame familial d'une subtilité redoutable, porté par un regard qui n'accuse personne — et qui, du coup, nous met tous en cause.

Romería : la mémoire des vagues

Carla Simón n'a jamais vraiment cessé de filmer sa propre histoire. Avec "Romería", son troisième long-métrage en compétition à Cannes 2025, elle va plus loin que jamais : reconstituer la jeunesse de ses parents, morts du sida, à travers le regard d'une fille de 18 ans qui débarque en Galice pour la première fois. Un film sur les origines, les silences de famille et le pouvoir du cinéma à combler ce que la vie n'a pas laissé le temps de vivre.