« On vous croit » : une mère courage face à la justice

Avec un sens aigu de l’épure, Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys racontent la confrontation d’une mère courage, bien décidée à garder avec elle ses petits, et d’un père soupçonné d’abus sexuel mais niant tout en bloc. La comédienne Myriem Akheddiou met son talent au service d’un premier film stupéfiant de justesse.

Une femme se rend, en compagnie de ses deux enfants, à une convocation du tribunal. Le père, dont elle est séparée et qui a été éloigné du foyer, réclame en effet le droit de voir sa progéniture régulièrement. Les deux points de vue vont s’affronter devant la juge.

L’avant-scène : les affres de l’angoisse

Dans la catégorie des films de prétoire basés sur un huis clos, 12 hommes en colère fait figure de référence. On se souvient qu’il s’ouvrait sur un panoramique ascendant montrant le portail du tribunal, avant que la caméra s’engouffre à l’intérieur. On vous croit n’est pas exactement un film de prétoire, mais il donne à voir lui aussi la justice à l’œuvre et il commence, lui aussi, par un préambule montrant l’antichambre du lieu où tout va se jouer.

On découvre d’abord en Alice une femme stressée, qui tente de convaincre son fils Étienne de monter dans le tram. Mais celui-ci fuit, leur faisant rater la rame qui passait – il faut le forcer à monter. On découvre ensuite le tribunal, en un superbe plan d’ensemble tout en lignes sinueuses, puis les portiques de sécurité, où les policiers détectent un canif dans la poche d’Étienne. Sa grande sœur, Lila, prend sa défense et insulte les policiers. Tension extrême, lorsque les enfants apprennent qu’ils vont être contraints de voir leur père alors qu’on leur avait fait rédiger un courrier où ils exposaient leur refus. Nouvelle fuite d’Étienne. Alice finit par le retrouver, parlemente avec lui dans un autre très beau plan, les deux baskets seules émergeant du recoin où le garçon s’est réfugié, alors que les rampes de l’escalier semblent l’y avoir précipité comme dans un entonnoir. Le spectateur se dit « quel sale gosse ! » La suite va l’inciter à beaucoup plus de clémence, lorsqu’il apprendra que le garçon de 10 ans souffre d’incontinence fécale et que cette pathologie pourrait être due à l’inceste qu’il a subi de son père.

Pour l’heure c’est l’attente, alors que le père est là, tournant le dos à la petite famille mais bien là, ce qui suffit à créer le malaise. Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys prennent le temps de nous faire ressentir tout le poids de cette attente. De façon très pertinente : l’attente, n’est-ce pas la torture qu’impose sans cesse la Justice, avec ses délais effarants ?… De longs plans fixes sur le visage du père, de la mère, des enfants l’expriment bien. Alice, prise de maux de ventre, est contrainte de se retirer aux toilettes, découvrant, à son retour, que ses enfants ont disparu ! Ils ont été placés dans une autre salle par la juge.

Le portique, la surprise de la présence du père, cette décision prise en l’absence de la mère : autant de petits gestes commandés par la procédure judiciaire vécus comme des agressions. Alice manque de repartir, avant de se raviser lorsque son avocate lui signifie que cela jouerait en sa défaveur. Étienne fait de même, acceptant de parler.

Après que les enfants ont été entendus, la confrontation va pouvoir commencer.

L’audience : un duel à fleurets mouchetés

Le protocole est simple : la parole est d’abord donnée aux trois avocats – celle du père, celle de la mère, celui du Parquet représentant l’intérêt des enfants. Dans un souci de réalisme, Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys ont fait appel à de vrais avocats pour les incarner. Ils ne doivent pas être interrompus, ce qui, on l’imagine, est une gageure pour les deux ex-époux. Ils ne parviendront d’ailleurs pas toujours à se maîtriser. Il faut dire que chacune des parties y va fort. L’avocate du père sous-entend qu’Alice, qui travaille dans un centre de soins liés aux abus sexuels, est amenée par déformation professionnelle à inventer des pathologies à son fils. Elle va même jusqu’à émettre l’idée que cette mère se complairait dans les couches qu’elle met à Étienne ! De son côté, l’avocate de la mère parle de viol, bien que l’instruction soit en cours et que, rappelle le camp d’en-face, il reste présumé innocent.

Certes. Mais, à la place de la juge, prendrait-on le risque d’exposer Étienne à son père ? C’est très peu probable, d’autant que l’accusation est étayée par la psy qui a suivi l’enfant et a soupçonné un abus sexuel. Placer Étienne dans un centre spécialisé de type IME (institut médico-éducatif), comme le demande l’avocate du père, pourrait s’entendre (mais avec interdiction de contact avec le père à titre conservatoire), dans la mesure où sa mère paraît dépassée. A condition de trouver une place car, si ça se passe en Belgique comme en France, il y a des mois voire des années d’attente pour les admissions tant on manque de personnel…

Cette contrainte de « retenue » imposée par la Justice, les deux cinéastes s’appuient dessus pour la transformer en un geste cinématographique. La parole est souvent hors champ, la caméra restant fixée sur le père ou sur la mère. Trois caméras ont été utilisées, le meilleur moyen pour sélectionner, au montage, les réactions à montrer à l’écran. Agacement, nervosité, embarras, larmes aux yeux, colère, tout passe sur le visage des deux comédiens. Pour concentrer notre attention sur l’intériorité de l’un et de l’autre, Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys ont poussé au maximum l’épure de la forme : longs plans fixes, format 4:3 pour resserrer le champ de vision (en passe toutefois de devenir un tic du cinéma contemporain…), décor dépouillé de tout accessoire, lumière blanche diaphane, captation de face dénuée de profondeur de champ, musique minimaliste distillant une sourde tension. Quant à la scène de confrontation devant la juge, elle occupe 55 minutes des 78 du film. A l’os, dans la lignée des documentaires de Raymond Depardon, ou des frères Dardenne, auxquels on pense une nouvelle fois s’agissant de cinéastes belges, et ce d’autant plus que l’actrice principale, Myriem Akheddiou, a été vue dans deux de leurs films.

La comédienne est tout simplement extraordinaire. Lorsque la parole lui est enfin donnée, elle déroule un long monologue retraçant l’histoire du couple. On frise parfois le hors sujet – l’impatience que manifeste l’avocate du père, le spectateur la ressent aussi ! Mais la juge sent qu’il ne faut pas couper cette logorrhée… même si elle incitera tout de même Alice, un peu plus tard, à « se recentrer sur les enfants ». Alice, dans sa narration, passe par toutes les émotions : l’attendrissement lorsqu’elle évoque le jeune homme qu’elle épousa précocement, la dureté pour dénoncer le peu d’intérêt qu’il manifesta pour sa progéniture dès qu’elle fut là, le dégoût lorsqu’elle en arrive à la découverte du viol, la révolte pour dire le peu de soutien qu’elle trouve dans son combat. Les arguments de l’avocate du père se retournent contre elle : « vous croyez vraiment que je me complairais dans l’utilisation de couches pour un enfant de 10 ans ? » lui lance-t-elle en substance, avant de donner des détails très crus. Alors que l’avocate a mis en doute sa capacité à gérer ses enfants, Alice ose aller dans son sens : oui, cela lui arrive de réagir violemment face à Étienne, de le contraindre ou même de le frapper tant elle est parfois submergée. Son avocate tique ? On peut penser que cette sincérité sera payante. Alice dit aussi l’horreur de se figurer qu’on a eu des relations charnelles avec un homme capable de faire ça. On parvient à ressentir sa répulsion.

C’est le morceau de bravoure du film. Il illustre une nouvelle fois au cinéma l’importance de l’émotion dans la mécanique judiciaire, qui fait pourtant tout pour la tenir à distance par son décorum : toges, obligation de dire « madame le juge » ou « maître », discipline stricte à respecter. Comme dans Anatomie d’une chute ou La Fille au bracelet, le spectateur ressent ici que celui qui arrive à émouvoir a toutes les chances d’emporter le morceau.

Le père, incarné par un Laurent Capelluto aux faux airs de Jean-Pierre Bacri, se contente de nier tout problème avec ses enfants, avec qui tout s’est toujours bien passé. Seul problème : aucun des deux ne veut plus le voir…

Comment décider ? Ce type de film tend à identifier le spectateur au juge. Le regard perçant de Natali Broods fait merveille ici, exprimant sa sagacité. Elle ne se prend pas moins la tête dans les mains à la fin de l’entrevue, avant d’aller contempler pensivement Bruxelles du haut de sa tour d’ivoire. On n’aimerait pas être à sa place.

Un père repoussoir

Les deux cinéastes n’ont pas voulu réaliser un film sur les violences familiales : leur sujet c’est, d’une part, le sort des familles bouleversées par la révélation d’un inceste, d’autre part, la confrontation à la mécanique judiciaire lorsqu’on est en extrême fragilité. Ce On vous croit se distingue donc du très réussi Jusqu’à la garde de Xavier Legrand, tout en le complétant.

Le film va toutefois exprimer par deux fois la peur que suscite le père.

Une première fois lorsque les échanges policés sont soudain interrompus par un cri d’effroi : Alice affirme que son ex-époux lui a touché le genou, ce qu’il nie. Ment-il, ou Alice a-t-elle fabulé, en raison de son extrême fébrilité ? Peu importe, cet accroc à la maîtrise des débats permet d’exprimer la cocotte-minute qui bout en cette femme.

La deuxième scène est celle des cadeaux. Après la confrontation, Alice, plus détendue, a retrouvé ses enfants qui font leurs devoirs. Le père frappe à la porte, pour remettre des cadeaux. La panique qui s’empare des trois reclus dans cette petite pièce montre la terreur qu’il inspire, même animé des meilleures intentions. Soucieux de ne pas se montrer manichéens, Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys prêtent à Étienne une réaction ambiguë : il aurait pu jeter le cadeau mais il décide de l’ouvrir. En voyant le masque et tuba, il le jette à terre. De même, lorsqu’on découvrira, par l’enregistrement de Lila, que la juge a demandé à Étienne s’il avait de bons souvenirs avec son père, le garçon répondra « oui »… sans pouvoir (ou vouloir) ensuite préciser lesquels. Une complexité bienvenue.

Sa mère s’est sentie libérée par la confrontation, tout simplement parce qu’elle a pu « vider son sac » devant une juge c’est-à-dire devant la société. Elle retrouve ainsi une certaine insouciance, comme on le verra dans l’ultime scène au fast-food, mais aussi la force d’affronter son ex-mari : elle peut enfin le rattraper aux toilettes et lui enfoncer le tuba dans la bouche. L’allusion à l’inceste est affirmée.

On vous croit

Et le titre, alors ? Ce sera la dernière réplique du film. Après avoir moqué la moumoute de l’avocat du Parquet, Lila sort un enregistrement pirate de l’entrevue avec la juge. La gravité revient. Les enfants demandent pourquoi ils doivent être confrontés à cet homme qu’ils ne veulent plus voir. La justice est lente et compliquée, répond la juge, mais… « oui, on vous croit« . Le sourire mouillé que suscite cette phrase chez Myriem Akheddiou est totalement déchirant. Les enfants, eux, restent de marbre. Sceptiques. Ils ne se feront pas récupérer aisément. Fin de ce parcours éprouvant.

Un parcours quasi sans faute. Quasi, car il y a tout de même un point qui interroge : l’affiche, qui correspond à une image du film. Je ne suis pas sûr qu’on tienne par la main une ado de 16 ans – tout existe, bien sûr, mais ce n’est pas le plus courant -, surtout avec le caractère assez rebelle que montre Lila. Problème de crédibilité ou détail voulu ? Car cette incongruité peut raconter le désir de ne « rien lâcher ». Vu la qualité du film, laissons à Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys le bénéfice du doute…

Du haut de leurs 94 et 88 ans, Alain Cavalier et Luc Moullet doivent être aux anges : voilà un film qui s’inscrit pleinement dans le cinéma pauvre qu’ils ont toujours défendu. Un film à tout petit budget, tourné en deux semaines, qui vous va droit au cœur par son authenticité. Un petit miracle, pas moins, comme nous en offre, parfois, le cinéma.

Lire aussi la critique du film On vous croit de Rémy Fiers à l’occasion de Cinemania 2025

Fiche technique – On vous croit

Réalisateurs : Charlotte Devillers & Arnaud Dufeys.
Scénaristes : Charlotte Devillers & Arnaud Dufeys.
Production : Makintosch Films..
Distribution : Jour2Fête.
Interprétation : Myriem Akheddiou, Laurent Capelutto, Natali Broods, Ulysse Goffin, Adèle Pinckaers, …
Genres : Drame – Judiciaire.
Date de sortie : 12 novembre 2025.
Durée : 1h18.
Pays : France.

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Jérôme Duvivier
Jérôme Duvivierhttps://www.lemagducine.fr/
Chanteur et enseignant en jazz, j’ai une deuxième passion : le cinéma. Un lointain atavisme familial peut-être, puisque Julien Duvivier était mon grand oncle ! Mes critiques sont plutôt des analyses car ce que j’aime avant tout c’est exprimer tout ce qu’il y a à tirer d’une œuvre. Ces analyses sont volontiers descriptives pour que le lecteur puisse revivre le film. Mes héros en cinéma ? Ils sont nombreux et aux quatre coins du globe. Liste non exhaustive ! D’est en ouest, chez les cinéastes vivants : Hamagushi, Bong Joon-ho, Lee Chang-dong, Rasoulof, Nuri Bilge Ceylan, Pawlikowski, Skolimowski, Cristian Mungiu, Béla Tarr, Milos Forman, Kaurismäki, les Dardenne, Jonathan Glazer, Ruben Östlund, Lars Von Trier, Pedro Costa, Jodorowsky, Iñarritu, Francis Ford Coppola… Et chez les anciens : Kurosawa, Ozu, Eisenstein, Kalatozov, Tarkovski, Satyajit Ray, Kiarostami, Murnau, Fassbinder, Fritz Lang, Dreyer, Fellini, Pasolini, Chantal Akerman, Agnès Varda, Bresson, Renoir, Carné, Buñuel, Hitchcock, Kubrick, Bergman, Raoul Ruiz, John Ford, Orson Welles, Buster Keaton, Chaplin… Des chefs d’oeuvre ? "Le voyage à Tokyo", "Barberousse", "Le cuirassé Potemkine", "Quand passent les cigognes", "Nostalgia", "M le Maudit", "L’aurore", "Fanny et Alexandre", "Jeanne Dielman", "Le Bonheur", "Au hasard Balthazar", "L'année dernière à Marienbad", "Le procès", "L’homme qui tua Liberty Valence", "Vertigo", "Le Parrain", "Les harmonies Werckmeister"…

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