Pour la passion bénévole et l’envie d’écrire, on soutient aVoir-aLire !

Condamné en justice pour avoir utilisé deux photographies non-libres de droit, le site culturel aVoir-aLire doit verser une somme de 11 000 euros à l’auteur des photographies. Parce que cette situation met en péril l’avenir du site et questionne le modèle de nos blogs, on apporte tout notre soutien.

La plume porte cette fois la plaie. C’est un coup dur qui touche nos confrères du site culturel aVoir-aLire.com. L’équipe du site est condamnée en justice pour avoir publié en illustration d’un article sur le film A Bout de Souffle deux photographies que l’équipe pensait libres pour la presse. Problème : Elles appartiennent à un photographe, qui a immédiatement demander le retrait. Une fois le retrait effectué, le photographe a assigné le site en justice. Après une décision par le Tribunal de Grande Instance de Paris, aVoir-aLire.com est condamné à verser 11 000 euros. Une somme bien élevée pour un site où tous les rédacteurs travaillent bénévolement, comme chez nous. Car il ne s’agit pas de discuter une décision de justice mais d’apporter notre soutien à des confrères et consœurs, pour une situation qu’on aurait pu connaître dans un soucis de maladresse ou d’inattention.

Loin d’être un cas insignifiant, c’est la question de l’indépendance et de la vie de nos blogs, de nos sites, de nos médias qui est discutée. Très souvent basés sur des modèles économiques fragiles, nos sites sont guidés par la passion et l’envie de vous écrire. On ne gagne rien, et on avance souvent à perte. Cela n’a jamais été un problème pour une rédaction motivée par sa cinéphilie et son goût de la culture. La vie d’un blog est marquée par les arrangements de calendrier, les aller-retours sur les réseaux sociaux, les organisations parfois réussies parfois ratées pour pouvoir couvrir un maximum de l’actualité culturelle, mais surtout et toujours par des équipes passionnées et désireuses de faire du contenu pro, qui se doit d’être proposé gratuitement et librement. On réussit des choses, on en rate d’autres. On fait des erreurs, on progresse. C’est l’idée.

Au nom des passions cinéphiles et culturelles qui guident les rédacteurs et les lecteurs, des débats (parfois stériles, toujours vivants) qu’on échange tous sur les réseaux, de ces soucis qui pourraient causer la mort de nos sites, toute la rédaction de CineSeriesMag soutient aVoir-aLire.com. (Une campagne de financement participatif a été lancée ici ). Alors sortons nos plumes fébriles, vivantes, bavardes pour avoir encore à voir et encore à lire ! Quoi qu’il arrive, il nous restera toujours ça.

Festival

Deauville 2026 : La Gradiva, la jeunesse pétrifiée

Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.

Deauville 2026 : Teenage Sex and Death at Camp Miasma, la petite mort comme grand art

Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.

Deauville 2026 : Club Kid, père jusqu’au bout de la nuit

Avec "Club Kid", son premier long-métrage, Jordan Firstman signe une comédie touchante et pétillante, ancrée dans l'effervescence des nuits gays new-yorkaises. Il y campe un père dévasté qui doit apprendre à se reconstruire lorsqu'un fils dont il ignorait l'existence débarque soudainement dans sa vie. Un film lumineux et généreux, qui célèbre avec tendresse le sens des liens humains et la capacité de chacun à se réinventer.

Deauville 2026 : Test, la force fragile

Au contraire des films Hollywoodiens qui nous ont habitués à un bodybuilding viril souvent très macho, "Test" offre une plongée sensible au cœur du culturisme et ose briser les tabous. En s'inspirant de sa propre expérience, Brock Yurich incarne un athlète mal dans sa peau en quête d'affirmation. Un récit à fleur de muscles prodigieusement mis en scène.

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Les Misérables (2026) : Victor Hugo sous anesthésie

Après Dumas, le cinéma français s’attaque à Victor Hugo. Avec Vincent Lindon et Tahar Rahim, Fred Cavayé livre des "Misérables" léchés, bien interprétés, mais sans souffle ni colère. Une fresque qui ne saisit pas l’âme du roman et ne se l’approprie pas non plus, à l’inverse de Ladj Ly.

Englouti : le ventre de la mer

Avalé par un cachalot avec une heure d’oxygène, Austin Abrams livre un survival viscéral et bluffant, entre huis clos organique et décors palpitants. Dommage que des flashbacks trop bavards et un final lourdingue lui coupent le souffle, là où le film aurait pu rester en apnée jusqu’au bout.

Ni vue, ni connue : une figurante (trop) douée

Après l’échec relatif des "Cyclades", Marc Fitoussi retrouve une inspiration remarquable avec "Ni vue, ni connue", une comédie à la fois drôle, caustique et sensible. En confiant à Isabelle Huppert le rôle d’une figurante obstinée rêvant de décrocher enfin un véritable rôle, le réalisateur signe un contre-emploi aussi audacieux que pertinent. À travers le parcours semé d’humiliations de Corinne Maclou, le film explore avec finesse l’invisibilité de ceux qui peuplent les marges du spectacle. Entourée de comédiens et réalisateurs jouant leur propre rôle, la figurante tente inlassablement de se faire une place dans un univers dominé par les rapports de pouvoir et les réseaux. Si le scénario se montre parfois prévisible, ce défaut est largement compensé par la qualité des dialogues, l’acuité du regard porté sur le milieu artistique et l’autodérision permanente d’Isabelle Huppert. Marc Fitoussi brosse ainsi un portrait aussi drôle que cruel de la condition de figurant, sans jamais perdre de vue l’humanité de son personnage. Une excellente comédie qui conjugue intelligence, émotion et mordant.

Reefer Madness : C’est de la bonne !

Du jazz, des joints, des meurtres et des bigots en roue libre : Reefer Madness transforme la propagande antidrogue en comédie musicale complètement perchée. La prohibition n’a jamais été aussi funky !

Petite Casbah : les toits de la liberté

"Petite Casbah" suit quatre enfants sur les toits d'Alger en 1955. Khadidja, Lyes, Philippe et Ahmed enquêtent pour faire libérer Malek, injustement emprisonné. Une aventure animée et fraternelle, entre jeu de piste et conte, qui raconte la guerre d'Algérie à hauteur d'enfant.

A Short Story (2022), de Bi Gan : la fable qui rêvait déjà « Resurrection »

"A Short Story", le court-métrage tourné par Bi Gan en 2022, suit un chat sans maison en quête de la chose la plus précieuse au monde. Une fable minuscule, tournée avec une précision d'orfèvre, mais l'un des gestes de cinéma les plus bouleversants de son auteur, qui reste gravé bien après le générique.

L’écologie vous épuise ? Dépasser les petits tracas

« Et cela résonne : un système contribue à l’évolution d’un système plus large, duquel il reçoit aussi sa propre nourriture. Ainsi un bâtiment contribue à la dynamique de la ville dans laquelle il se situe. Cette même ville lui fournit sa « nourriture » : ses services, infrastructures et règlements. »

Mi Amor : Techno Trip

Dans "Mi Amor", Guillaume Nicloux assume sa radicalité : un pacte irrévérencieux avec le spectateur, un scénario qui semble s'écrire sous nos yeux, une mise en scène voluptueuse et des acteurs magnétiques (Pom Klementieff, Benoît Magimel).