Durant cette décennie des années 2010, un cinéaste américain aura tiré son épingle du jeu, à la fois par la simplicité naturaliste de ses essais mais aussi grâce à la véritable humanité qui se dégageait de ses intentions. Ce cinéaste n’est autre que Jeff Nichols, un artiste autant inspiré par Terrence Malick que par Steven Spielberg, qui derrière l’humanisme naissant de ses intrigues, observe avec inquiétude les peurs de notre société contemporaine.
Avec Doctor Sleep, Mike Flanagan avait une lourde pression sur les épaules : donner suite au film de Stanley Kubrick et se réapproprier l’oeuvre de Stephen King. Chose qu’il arrive à faire grâce à son amour pour le cinéma de genre et une mise en scène inventive.
Pluto, cette réincarnation du dieu des enfers, qui s’apparente autant à un polar d’anticipation qu’à un thriller, tout en étant un incroyable portrait d’une société fragilisée par ses clivages sociaux ou raciaux, est surtout une histoire d’émotion.
L’un des évènements de cette fin d’année, en terme de série, est la diffusion de la première saison de Watchmen, orchestrée par le créateur de The Leftovers, Damon Lindelof. Et au vu des deux premiers épisodes, Watchmen dissimule bien des surprises.
Le créateur de la série tentaculaire Lost et de la tant attendue nouveauté Watchmen, Damon Lindelof, est aussi à l’origine de l’une des plus grandes séries de la décennie : The Leftovers, inspirée par un roman de Tom Perrotta. Une oeuvre, qui derrière une trame post 11 septembre, devient un miroir indéfinissable sur le deuil et un reflet sur les plus grandes peurs de notre société.
Alice et le maire de Nicolas Pariser est un très beau film, qui par sa qualité à observer les détails de la vie politique, arrive à faire se télescoper deux notions : celle de la pensée et celle du mouvement.
Le Festival Lumière 2019 rend hommage à Gaspar Noé, en diffusant Irréversible (dans les deux sens) et Lux Æterna. Cet évènement nous permet de nous confronter une nouvelle fois à ce monstre chaotique et obsédant du cinéma français qu'est Irréversible.
L’un des plus grands évènements de ce Festival Lumière 2019, était sans conteste, l’avant première de The Irishman de Martin Scorsese, dans une salle de l’auditorium de Lyon en ébullition et acquise à la cause du maitre. Le long métrage reprend tous les codes du cinéma du réalisateur et plaira, à n’en pas douter, à tous les fans, mais arrive cependant à se démarquer par un propos sur le temps et la douleur des regrets qui fait chavirer The Irishman dans la plus sincère des émotions.
Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.
Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.
Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.
Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ?
Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.
Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.