Oka Liptus

Le raffinement, la sophistication de la langue française sont ma plus grande histoire d'amour. J’essaie autant que je peux d’en faire part dans mes critiques. Spécialiste des films classiques, car je suis un vieux ringard, qui estime que c’était mieux avant. Le cinéma est une industrie, et parfois, un art. Je tente de mettre l’art en avant. Un grand réalisateur a dit un jour que le quotidien serait ennuyeux à filmer. C’est tout l’objectif du cinéma : magnifier, passer des messages forts et, parfois, nous restituer la logique flottante des rêves.

Barbara Barbara, we face a shining future : sculpture au laser

Peu de gens le savent, mais Underworld a, depuis leur hymne " Born Slippy ", titre fédérateur de l’époque dancefloor des années 90, produit ce qui se fait de mieux dans l’electronica britannique. Leur avant-dernier album, " Barbara, Barbara, we face a shining future " se place sans difficulté dans le meilleur de leur production discographique. Mix harmonique dans un appareillage inspiré : l’album opère des formules élégantes, façon haute couture, avec ses synthés évanescents, ses pulsations douces et stimulantes et ses beats qui savent prendre leur temps sans jamais tomber dans la cacophonie éprouvante

A Scene at the Sea : le silence symphonique

Premier film de Takeshi Kitano où ce dernier n’apparait pas en tant qu’acteur, "A Scene at the Sea" préfigure ce qu’il y aura dans certains autres de ses films poétiquement embellis où une part d’enfance et de grand rêve prédomine et où la simplicité du propos se marie avec des visuels particulièrement épurés et biseautés. Le silence favorise la méditation. Le handicap permet une œuvre profonde et authentiquement touchante. Les deux protagonistes principaux ont beau être muet, leur alchimie agit comme une symphonie.

Les Vestiges du jour : de la transparence des mots

En réalisant "Les Vestiges du jour", James Ivory offrait un rôle remarquable à Anthony Hopkins, où celui-ci excelle dans la pudeur, le désir inassouvi. Casting 4 étoiles pour une œuvre profonde, qui cherche à retranscrire ce qu'un homme peut subir malgré lui, par souci de discipline, et d'un trop grand sens de l'éducation, du raffinement.

Mad Max 2 : Gazolina

En réalisant la suite du premier opus de la saga "Mad Max", George Miller consolidait ce qui deviendra une légende, avec une mémoire, un mythe, incarné par l'exceptionnel Mel Gibson, à la fois mutique, traumatisé et sauveur provisoire. Soit la présence d'un acteur comme une ombre dans le désert. Une grande réussite qui est devenue une référence, malgré le succès de l'épisode "Fury Road".

Léon : and she’s buying a stairway to heaven

"Léon" constitue probablement le diamant noir de la filmographie de Luc Besson. Dépressif, emprunt de mélancolie, et par la magie du cinéma, le film parvient à nous faire croire à l'improbable, c'est-à-dire un lien qui unit un tueur à gages avec une enfant. Le tout contient une certaine beauté, une certaine tendresse. Une très grande réussite sur ce que le cinéma français a su prendre de meilleur du savoir-faire américain.

Urgences : leçons de vie

Hyperréalisme, traumatismes à la chaîne, blessures corporelles et psychologiques parfois déjouées, réflexions authentiquement touchantes, acteurs en état de grâce, rythme grisant, musique électro-choc, "Urgences" a tout d’une série médicale dramatique réussie et de haut vol. Multi-récompensée, cette dernière est devenue une référence. Analyse.

Le Procès : labyrinthe expressionniste

"Le Procès"met en scène, avec une certaine maestria, les rouages de la machine judiciaire. Ou quand un procès est là pour broyer et mettre en difficulté un homme qui n'a absolument rien à se reprocher. Un grand film sur le plan sémiotique, qui rend compte de tout ce qui peut être absurde dans ce domaine de façon vertigineuse.

Jeu d’enfant : le cache-cache de l’âme

C'est par sa fascination d'un film télé, sorti en 1975, " La poupée de la terreur ", que Tom Holland avoue n'avoir jamais été aussi effrayé. C'est à partir de ce moment qu'on lui a proposé " Jeu d'enfant ", un projet qu'il a pris à bras-le-corps en y ajoutant l'histoire d'un tueur introduit dans l'âme d'une poupée. Par cette imprégnation, le réalisateur a réalisé un long métrage sur la relation intime d'une poupée tueur avec un enfant. Le premier épisode d'une saga à succès, souvent considéré comme le meilleur, le plus suggestif, le plus proche de l'épouvante, pour un résultat technique et filmique qui, avec du recul, devant la difficulté logistique, impose le respect. Une réussite aussi innovante que véritablement terrifiante grâce à l'importance toute particulière accordée aux différents développements psychologiques des personnages.

Newsletter

À ne pas manquer

Thérèse et Isabelle par Marie Fortuit : écrire et faire l’amour

Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.

Coulisses The Boys : Le secret du “GORE DIAL” derrière la violence extrême

Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.

Severance : l’architecture de Lumon comme machine à effacer la mémoire

Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.

Le Bronze Coule : Vhagar dans House of the Dragon Saison 2

Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ? Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.

From : Quand le Noir Devient Mortel

Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.