Loïc Loew

Faust : L’oeuvre de Dieu, la part de l’Homme

Quatrième film d’une quadrilogie consacré au pouvoir, Faust d’Alexandre Sokourov traduit le célèbre mythe de Goethe dans un registre aussi flamboyant que dérangeant. Après Moloch, Taurus et Le Soleil, consacrés à Hitler, Lénine et Hiro Hito, voilà que se dévoilent sous le pinceau du maître les visages diaboliques et divins de l’être humain.

Tabou : Lyrisme, mon amour

Avec Tabou, Miguel Gomes se joue des codes du cinéma muet pour créer une œuvre neuve, brillante, riche et intemporelle, remplie d'idées brillantes et pleines de sens, aussi bien esthétiquement que scénaristiquement. Deux parties, deux mondes, deux époques qui se répondent dans un écho vertigineux. Et puis au milieu une tragédie amoureuse superbe et terrible. Un classique instantané.

L’Aventure de Mme Muir : Du rêve, une réalité

Premier chef-d'œuvre signé Mankiewicz, L'Aventure de Mme Muir mélange l’ironie subtile et le romanesque désenchanté afin de magnifier la rêverie mélancolique. Un film précieux et inclassable.

Le Narcisse Noir : Vertige de nos désillusions

Confrontant le désir et l'interdit avec audace, repoussant un peu plus loin les limites du technicolor et de la mise en scène, Le Narcisse noir est le film à travers lequel le tandem Powell/Pressburger impose sa vision du cinéma.

Quand passent les cigognes : l’envol poétique

Conciliant virtuosité technique et poésie imagée, Quand passent les cigognes redonne toute sa flamboyance au mélodrame amoureux. En Blu-Ray/DVD depuis le 1er octobre chez Potemkine.

Rétrospective Coppola : Conversation Secrète, en écoute avec soi même

Virtuose et intimiste, préfigurant les grandes œuvres de Coppola, Conversation Secrète questionne l’Homme et l’art, sur fond de thriller paranoïaque.

Les Chaussons rouges : Pour l’amour du cinéma

Avec Les Chaussons rouges, Powell et Pressburger transforment l’art du spectacle filmé en véritable expérience cinématographique.

La nuit nous appartient de James Gray : L’Eden et après

Avec La nuit nous appartient, James Gray revisite le film noir par le prisme de la tragédie classique, et propulse son cinéma sur la voie de la maturité.

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Thérèse et Isabelle par Marie Fortuit : écrire et faire l’amour

Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.

Coulisses The Boys : Le secret du “GORE DIAL” derrière la violence extrême

Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.

Severance : l’architecture de Lumon comme machine à effacer la mémoire

Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.

Le Bronze Coule : Vhagar dans House of the Dragon Saison 2

Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ? Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.

From : Quand le Noir Devient Mortel

Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.