« - Ce gamin attire le mauvais œil sur notre village.
- Le renard a déjà attaqué trois fois le poulailler, ce mois-ci.
- Chers voisins, restons raisonnables.
- Raisonnables ? Ma vache ne donne plus de lait depuis un mois !
- Emmenez-le loin d’ici.
- Il est maudit.
- Quelle plaie !
- Vous n’auriez jamais dû le garder sous votre toit. »
« - TOI… L’EPERVIER DE CROZON, rossé par des valets de ferme et mené à pendre comme un chapon…
- Oh ! Arrête tes sermons, tu veux ?
- … Sans parler de ta fuite de Brest dans les jupes de cette… cette…
- Le mot… PUTAIN vous écorcherait-il la bouche, maître Caroff ?
- Peuh !... En tout cas, si l’écho de cette aventure vient à se répandre, on se gaussera de l’Épervier dans tous les ports de la côte…
- Que veux-tu… ? La mort du comte de Kermellec m’a complètement retourné les sangs !... »
« Une fois propre et sec, il noua ses cheveux dans un ruban, puis enfila une chemise de fine toile presque neuve qu’il glissa dans un haut-de-chausse en daim couleur cuisse de nymphe émue – rose. Pour l’assortir, Justinien s’était choisi un pourpoint à manches tailladées fait dans un satin gaufré orangé et une paire de courtes bottes noires évasées en entonnoir démodées depuis la mort de Louis le Treizième. Il enveloppa ses poignets dans des manchettes de toile et de dentelle fermées par des rubans de soie et se coiffa d’un large chapeau de feutre couleur Espagnol malade – brun à reflets verdâtres – orné d’un panache fait de plumes d’autruche défraîchies, choisi pour son large bord qui jetait une ombre propice sur son nez de bois. »
« Elle entama sa course contre le soleil, progressant entre les arbres à pas lents et sûrs. Elle gravissait la pente des éboulis, sur l’herbe sombre, à travers des clairières lumineuses et des ruisseaux glacés, toujours entourée de pins immenses tandis que leurs aiguilles glissaient et craquaient sous ses nouvelles bottes. »
« -Ah ouais, et toi quand une patricinha te siffle comme ça…
- Bah ouais, j’accours ! Comme ça, ouais ! Mais il y a juste un problème… C’est que… Hmpf… C’est que je me souviens plus de son visage.
- Ha ha ha ha ha !
- Arrête, je suis sérieux ! Mais je pense que je peux la reconnaître à ses jambes. Elle avait des jambes parfaites !
- Arrête, tu dis toujours que ça existe pas, les jambes parfaites.
- Oui, c’est vrai, ça existe pas. Mais je les cherche quand même. Et elle, cette nana, elle en était pas loin. Les chevilles fines, le galbe des mollets, même le petit arrondi sous le genou… C’est super rare, ça… »
« … Il y a Môssieur Mogniaud, actuellement professeur d’histoire dans une institution privée, dégommé du haut poste qu’il occupait à la Tour Pointue, service des Étrangers, pour ses peu gammées opignons. Il y a papa Bonnechose, avokâ-docteurendrouâ, ivrogne, cacochyme et rabougri, accompagné de deux ou trois rigolos souventes fois d’Henri Vergnolle, grand et gros lippu, architecte et chochialiste mais pour l’instant rangé des voitures pour l’unique raison qu’il n’y a plus de voitures, sauf celles de la Wehr-heim. »
« - Sadima ! Prenez place. J’ai pensé que nous pourrions apprendre à nous connaître.
- Oui milord.
- Appelez-moi Adrian.
- Bien milord
- Sadima, je dois reconnaitre que nous ne sommes pas partis sur le meilleur pied. Je ne sais pas me comporter avec les gens. Préoccupé par ma situation, je ne vous ai pas suffisamment prêté attention. Je serai plus attentif dorénavant. Discutons un moment, voulez-vous ?
- Si vous le souhaitez. Nous allons commencer par la météo. Après quoi nous évoquerons les patrons de robes, les sujets d’aquarelle…
- Vous avez l’air de connaitre votre sujet. Je vous laisse diriger la conversation.
- C’est pourtant le rôle de l’homme, milord.
- Appelez-moi Adrian
- Mais enfin ! Certainement pas. »
Ce mercredi 8 juillet 2026, Studiocanal ressort en salles françaises Kill Bill: The Whole Bloody Affair, la version intégrale de 4h35 que Quentin Tarantino voulait à l'origine. Elle comporte notamment une nouvelle séquence animée inédite de sept minutes, produite par Production I.G en 2025, vingt-deux ans après la séquence originale que Kazuto Nakazawa et Katsuji Morishita avaient réalisée pour Kill Bill Vol. 1. Cette continuité de collaboration entre Tarantino et le studio japonais mérite qu'on s'arrête sur ce qui s'est joué en 2003 : le geste hybride live-action/anime que le réalisateur américain a inventé pour raconter l'enfance d'O-Ren Ishii, et ce que ce geste dit du rapport entre l'anime japonais et le cinéma américain contemporain.
Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.
Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.
Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.
Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ?
Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.