Laurent

Le trépassé de Kermellec : un assassinat et ses conséquences

« - Seigneur ! Quelle folie a pris ce Kermeur ! Il n’a aucune chance. - Qui sait ! Il m’a l’air d’un homme plein de ressources ! »

Dieu et nous seuls pouvons : huit générations de bourreaux

« Une fois propre et sec, il noua ses cheveux dans un ruban, puis enfila une chemise de fine toile presque neuve qu’il glissa dans un haut-de-chausse en daim couleur cuisse de nymphe émue – rose. Pour l’assortir, Justinien s’était choisi un pourpoint à manches tailladées fait dans un satin gaufré orangé et une paire de courtes bottes noires évasées en entonnoir démodées depuis la mort de Louis le Treizième. Il enveloppa ses poignets dans des manchettes de toile et de dentelle fermées par des rubans de soie et se coiffa d’un large chapeau de feutre couleur Espagnol malade – brun à reflets verdâtres – orné d’un panache fait de plumes d’autruche défraîchies, choisi pour son large bord qui jetait une ombre propice sur son nez de bois. »

L’oiseau de pluie, créature légendaire

« Elle entama sa course contre le soleil, progressant entre les arbres à pas lents et sûrs. Elle gravissait la pente des éboulis, sur l’herbe sombre, à travers des clairières lumineuses et des ruisseaux glacés, toujours entourée de pins immenses tandis que leurs aiguilles glissaient et craquaient sous ses nouvelles bottes. »

Lapa la nuit, une ambiance

« -Ah ouais, et toi quand une patricinha te siffle comme ça… - Bah ouais, j’accours ! Comme ça, ouais ! Mais il y a juste un problème… C’est que… Hmpf… C’est que je me souviens plus de son visage. - Ha ha ha ha ha ! - Arrête, je suis sérieux ! Mais je pense que je peux la reconnaître à ses jambes. Elle avait des jambes parfaites ! - Arrête, tu dis toujours que ça existe pas, les jambes parfaites. - Oui, c’est vrai, ça existe pas. Mais je les cherche quand même. Et elle, cette nana, elle en était pas loin. Les chevilles fines, le galbe des mollets, même le petit arrondi sous le genou… C’est super rare, ça… »

Rue des maléfices : chronique secrète d’une ville

« … Il y a Môssieur Mogniaud, actuellement professeur d’histoire dans une institution privée, dégommé du haut poste qu’il occupait à la Tour Pointue, service des Étrangers, pour ses peu gammées opignons. Il y a papa Bonnechose, avokâ-docteurendrouâ, ivrogne, cacochyme et rabougri, accompagné de deux ou trois rigolos souventes fois d’Henri Vergnolle, grand et gros lippu, architecte et chochialiste mais pour l’instant rangé des voitures pour l’unique raison qu’il n’y a plus de voitures, sauf celles de la Wehr-heim. »

D’or et d’oreillers, dans l’univers des contes

« - Sadima ! Prenez place. J’ai pensé que nous pourrions apprendre à nous connaître. - Oui milord. - Appelez-moi Adrian. - Bien milord - Sadima, je dois reconnaitre que nous ne sommes pas partis sur le meilleur pied. Je ne sais pas me comporter avec les gens. Préoccupé par ma situation, je ne vous ai pas suffisamment prêté attention. Je serai plus attentif dorénavant. Discutons un moment, voulez-vous ? - Si vous le souhaitez. Nous allons commencer par la météo. Après quoi nous évoquerons les patrons de robes, les sujets d’aquarelle… - Vous avez l’air de connaitre votre sujet. Je vous laisse diriger la conversation. - C’est pourtant le rôle de l’homme, milord. - Appelez-moi Adrian - Mais enfin ! Certainement pas. »

Paradaïze, où l’antichambre de l’enfer

« Tout ça, c’est la faute du gros, voilà ce qu’il allait leur dire. La faute de Franco Andrade et de son obsession pour madame Marián. Polo n’avait fait que lui obéir, suivre les ordres qu’il lui donnait. Cette femme le rendait complètement fou, Polo en avait été témoin, depuis plusieurs semaines le gars ne parlait que de se la faire, la posséder, d’une manière ou d’une autre ; il n’avait que ça à la bouche, il le répétait comme un disque rayé, le regard perdu et les yeux rougis par l’alcool, les doigts tout gras à cause du fromage en poudre que ce gros porc n’essuyait avec sa langue que lorsqu’il avait fini tout le paquet de chips, format familial. »

Whisky (ex Bidouille)

« Leçon du jour, mon gars… Si tu veux pouvoir profiter d’un des rares terrains vagues qui existent encore, ne laisse JAMAIS les artistes s’y installer !! Les artistes, c’est l’avant-garde de la bourgeoisie ! Ces types sont capables de sublimer n’importe quoi ! Du hangar miteux au bled paumé en passant par le pire coupe-gorge ! En deux temps, trois mouvements, tu te retrouves avec une armée de fêtards… de bars… de galeristes… d’agences immobilières… et de tout un tas de pigeons qui trouvent que l’endroit est pâââârfait pour se reproduire ! »

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