«- Je nous ai ramené un nouveau bidule !
- Bonjour.
- Il a une sale gueule, ton bidule.
- Où tu l’as trouvé ?
- Boarf… Une drôle d’histoire avec un morveux et un chat.
- Tu nous racontes ? »
« Cet album est dédié aux femmes et aux hommes qui enseignent le sacré aux gamins, et qui parviennent à le faire sans semer la haine et le repli. Gloire aux prêtres qui osent expliquer aux enfants qu’ils n’ont pas les réponses à leurs questions et que la valeur ne se calcule pas à la longueur de la barbe. Gloire à ceux qui n’oublient pas de leur dire qu’il y a assez de place, dans une tête bien faite, pour le goût des miracles et pour l’amour de la science. S’ils pouvaient se souvenir que le mot religion par son étymologie, est un appel à la fraternité, puisqu’il signifie « lier ». Une religion qui séparerait les êtres humains ne saurait être inspirée par Dieu. »
« La conviction que ce que nous percevons constitue la réalité n’est-elle pas une superstition moderne ? Peut-être que la réalité est hors de portée de notre intelligence. »
« A la moitié du repas, Al et moi nous renversions contre le dossier de notre chaise, n’étant plus bons qu’à écouter et à regarder, en proie à une sorte d’hébétude. Miss Lyse avait l’air d’un personnage sorti d’un dessin animé de Walt Disney… grignote, grignote, mord, mastique, grignote, grignote… dévorant méthodiquement tout ce qui se trouvait sur la table, au point que nous n’aurions pas été surpris le moins du monde de la voir s’attaquer avec beaucoup de délicatesse, entre deux menus propos, aux assiettes elles-mêmes, tout en nous adressant un vif regard de ses yeux noirs et un petit signe de sa tête blanche, puis aux livres alignés sur le dessus de la cheminée, ingurgitant peu à peu toute la rangée, Shakespeare, Confucius, Claudine à l’école, Les Croix de bois, The Methodist Faun,… grignote, grignote, cric, crac, croque. »
« Les Kerguelen, ce n’est pas le monde d’avant, c’est celui de demain, celui où la nature sera réduite à sa plus simple expression, sans arbres, sans fleurs. Sans soleil. »
« Oui, La Lyre, c’est un nouveau départ. Une nouvelle façon de vivre ensemble, sans autorité, et tout le monde prend part aux décisions. Comme ça, on est tous responsables ! »
Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.
Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ?
Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.
Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.
Comment Robbie McGarvey a peint Die My Love avec de l’Ektachrome, des Petzval et un ratio 4:3. Filtres enfumés à la main, alla prima sur pellicule et trace visible du geste.
Entre 1908 et 2020, Silent Friend explore l'évolution de la perception humaine autour d'un ginkgo biloba. Un voyage sensoriel où la peinture devient le milieu du cinéma et le temps une matière organique.