« Le gros problème, dit Schmolde de sa voix apathique, c’est le problème des cadavres. Nous n’aurons bientôt plus de place pour les fosses. C’est pourquoi nous sommes obligés de creuser des fosses très profondes, et d’attendre qu’elles soient pleines pour les fermer. Mais même ainsi, je n’aurai bientôt plus de terrain. »
« Comment tu reconnais un vrai connard ? Il aime les chiens. Pas foutu de s’entendre avec le reste de l’humanité, le connard se persuade que c’est quand même un type bien parce qu’il adore les chiens. »
« Il ne me vient aucune circonstance familiale à laquelle Rufus Himmelstoss ait consacré plus que le temps d’une cigarette. Si tant est qu’il ait été présent. Il était le plus souvent parti pour… « affaires ». Il donnait dans le commerce de stores. Il fuyait constamment les obligations les plus élémentaires qu’implique la fondation d’une famille. »
Avis d’un participant au congrès : « Pour moi, quand il s’agit de qualifier la personnalité absolument unique du Maître et de montrer son caractère exceptionnel, c’est à ces mots que je recours. A soixante comme à soixante-dix ans, et peut-être même plus tôt encore, le Maître ne s’écartait jamais de la juste voie dans ses actions et dans ses gestes. Quel que fût son interlocuteur, quels que fussent les propos qu’on lui tenait, il savait toujours, comme en témoignent les paroles dont nous discutons, accepter l’autre tel qu’il était. »
« Il énuméra les passions de sa vie : il aimait Rosealee depuis trente ans ; il chassait et pêchait depuis vingt-cinq ans et travaillait durement à la ferme depuis presque aussi longtemps, ayant quasiment assumé sa condition d’adulte dès l’âge de huit ans, âge auquel il avait dû réapprendre à marcher ; de plus, il enseignait depuis vingt-trois ans, bien que ce fût davantage pour lui une servitude qu’une passion. Il fallait compter avec la lecture qui l’éloignait de ses préoccupations personnelles. Mais ces choses simples l’avaient réellement comblé et il les connaissait si bien qu’un soupçon de panique s’empara de lui lorsqu’il réalisa qu’elles pourraient tout simplement disparaître de sa vie, comme les nuages disparaissaient du ciel. »
Ce mercredi 8 juillet 2026, Studiocanal ressort en salles françaises Kill Bill: The Whole Bloody Affair, la version intégrale de 4h35 que Quentin Tarantino voulait à l'origine. Elle comporte notamment une nouvelle séquence animée inédite de sept minutes, produite par Production I.G en 2025, vingt-deux ans après la séquence originale que Kazuto Nakazawa et Katsuji Morishita avaient réalisée pour Kill Bill Vol. 1. Cette continuité de collaboration entre Tarantino et le studio japonais mérite qu'on s'arrête sur ce qui s'est joué en 2003 : le geste hybride live-action/anime que le réalisateur américain a inventé pour raconter l'enfance d'O-Ren Ishii, et ce que ce geste dit du rapport entre l'anime japonais et le cinéma américain contemporain.
Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.
Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.
Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.
Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ?
Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.