Co-rédacteur en chef.
Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray
Rédacteur Cinéma & Séries télévisées.
Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).
En 1972, derrière une porte anonyme de l’université de Vincennes, Dominique Hé découvre par accident un atelier de bande dessinée. Jean Giraud, alias Moebius, en est le maître d’œuvre. Cette rencontre fortuite allait décider d’une vie entière. Cinquante ans plus tard, le principal concerné revient sur cette origine dans "La Porte ouverte" (Glénat), un récit autobiographique en 120 pages où l’auteur retrace ses débuts, ses tâtonnements et surtout l’effervescence d’un âge d’or de la bande dessinée française.
En revenant sur "Scarface" et en se penchant plus spécifiquement sur Tony Montana, David Da Silva creuse la matière brute d'un mythe moderne et en extrait une lecture politique, esthétique, existentielle. L’ouvrage, jamais compassé, replace le film de Brian De Palma au cœur de son époque : les années 1980, l’Amérique reaganienne, le triomphe du néolibéralisme et la marchandisation des rêves.
La frontière est ténue, presque imperceptible. D’un côté, l’univers virtuel, anonyme, opaque, où circulent données, pseudonymes et cryptomonnaies. De l’autre, la vie quotidienne, ses parents qui s’inquiètent, ses amis de lycée, ses professeurs exigeants. Roxane, 17 ans, se croyait capable de maintenir cet équilibre fragile. Mais dans IRL, signé par Mark Eacersall, Henri Scala et Jérôme Savoyen, l’écran cesse d’être une barrière : il devient un miroir, cruel et implacable, qui renvoie l’adolescente à ses propres responsabilités.
Avec "Introduction aux musiques de séries télévisées" (Presses Universitaires de Rennes, 200 p.), Jérémy Michot vient combler un vide pour le moins paradoxal : celui d’un domaine qui accompagne depuis des décennies nos imaginaires télévisuels, mais qui n’a que rarement été étudié avec sérieux et précision. Car si la musique de films bénéficie depuis longtemps d’une littérature abondante, celle des séries télévisées a souvent été reléguée à un rôle secondaire, quand elle n’était pas purement et simplement ignorée. L’ouvrage entreprend donc de montrer qu’elle mérite sa propre histoire, ses propres outils d’analyse et ses propres récits.
Deux ans après "Alva dans la nuit", belle surprise venue de Scandinavie, Aksel Studsgarth et Daniel Hansen élargissent leur univers avec "Alva : Odyssée". Le résultat ? Un second tome encore plus ample, plus mouvementé, où la fantaisie se mêle à l’horreur, l’humour au désenchantement, et où l’aventure prend des allures de road movie mythologique.
Le théâtre naît souvent d’un malentendu. Entre les mots qu’on écrit et ceux qu’on dit, entre l’auteur et le comédien, entre le génie solitaire et la troupe affirmée. C’est dans cet interstice – à la fois fertile et orageux – que Lukino installe son roman graphique, "Le Contrat Corneille-Molière" (Les Impressions nouvelles), un récit vif, intelligent, parfois cruel, traitant d’une association improbable, constituée d’ambitions, de désirs et d’arrière-pensées.
Le Rocketeer pointe à nouveau le bout de son nez aux éditions Delcourt, qui exhume et réédite aujourd’hui "La Cargaison maudite", un récit complet signé Mark Waid et Chris Samnee. Un album qui fleure bon le pulp à l’ancienne.
Premier album de Gabriele Melegari, "Au-delà de Neptune" inaugure chez Steinkis le label “Aux Confins” et offre un récit de science-fiction intimiste où l’exploration de l’espace se double d’un voyage intérieur. Entre mission scientifique et dérive onirique, le lecteur suit une astronaute isolée, confrontée à ses souvenirs et à ses limites, dans une odyssée aussi métaphysique que sensorielle.
Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.
Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.
Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ?
Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.
Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.
Comment Robbie McGarvey a peint Die My Love avec de l’Ektachrome, des Petzval et un ratio 4:3. Filtres enfumés à la main, alla prima sur pellicule et trace visible du geste.