Co-rédacteur en chef.
Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray
Rédacteur Cinéma & Séries télévisées.
Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).
"The Intruder" est tout à la fois : un brûlot antiraciste parmi les plus remarquables de l'histoire du cinéma, un coup de maître de Roger Corman, le fruit d'un tournage cauchemardesque, une dissection minutieuse de la propagande politique et des effets de groupe... C'est Carlotta Films, par la voie d'une édition DVD/Blu-ray techniquement au point, qui nous propose de nous y (re)plonger. Pourquoi résister ?
Les frères Lumière ont-ils inventé le cinéma ? On se gardera bien de se prononcer. Ce que l'on sait en revanche avec certitude, c'est qu'ils ont préfiguré, dans un petit film d'une cinquantaine de secondes, des pans entiers de ce qui adviendra plus tard le septième art. Dont les échelles de plan et les émotions induites par le spectacle filmique.
"Le Testament du docteur Mabuse" paraît en combo DVD/Blu-ray. Dans son dernier film allemand, Fritz Lang exploite à nouveau la bande-son et l'image expressionniste pour porter une charge virulente à l'encontre du nazisme, confondu avec un réseau tentaculaire de malfrats à la solde d'un aliéné aux pouvoirs quasi mystiques.
"M le Maudit" sort en combo DVD/Blu-ray. Fritz Lang y expérimente le son avec une prescience remarquable, interroge la société allemande, sonde la justice expéditive et distille des symboles visuels aussi géniaux qu'inépuisables. Un chef-d’œuvre incontournable, agrémenté d'un livret explicatif de seize pages et d'un documentaire de quarante-deux minutes sur le contexte, le message et la technique du film.
"Hard Sun" paraît en édition DVD/Blu-ray. Neil Cross façonne un Londres pré-apocalyptique, forme une équipe d'enquêteurs dépareillés, tisse un écheveau d'intrigues politiques, policières et familiales, mais peine à donner le souffle nécessaire à la maturation de cet ensemble ambitieux.
"Viva Cinecittà !" est une déclaration d'amour au cinéma italien. C'est aussi l'occasion de découvrir, par le menu, douze de ses plus illustres représentants. L'historien du cinéma Philippe d'Hugues nous propose un ouvrage passionné et passionnant, aussi dense que plaisant.
Attention : classique. Henri-Georges Clouzot plante sa caméra dans un pays semi-colonisé d'Amérique centrale et place quatre hommes désargentés dans des camions chargés de nitroglycérine, sur des pistes chancelantes. Un prétexte pour donner vie à un spectacle haletant, des personnages épais et une critique acerbe des multinationales...
C'est l'un des films favoris de Peter Bogdanovich. "Jack le Magnifique" n'a sans doute pas l'aura de "La Dernière séance" ni le degré de sophistication de "Paper Moon", mais il n'en demeure pas moins un film de grande qualité, audacieux, élégant et porté par un personnage principal remarquablement écrit. Au programme : un Singapour devenu une excroissance du pouvoir américain, un proxénète angélisé, une rivalité entre maisons closes et des dialogues parfaitement troussés.
Ce mercredi 8 juillet 2026, Studiocanal ressort en salles françaises Kill Bill: The Whole Bloody Affair, la version intégrale de 4h35 que Quentin Tarantino voulait à l'origine. Elle comporte notamment une nouvelle séquence animée inédite de sept minutes, produite par Production I.G en 2025, vingt-deux ans après la séquence originale que Kazuto Nakazawa et Katsuji Morishita avaient réalisée pour Kill Bill Vol. 1. Cette continuité de collaboration entre Tarantino et le studio japonais mérite qu'on s'arrête sur ce qui s'est joué en 2003 : le geste hybride live-action/anime que le réalisateur américain a inventé pour raconter l'enfance d'O-Ren Ishii, et ce que ce geste dit du rapport entre l'anime japonais et le cinéma américain contemporain.
Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.
Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.
Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.
Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ?
Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.