Co-rédacteur en chef.
Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray
Rédacteur Cinéma & Séries télévisées.
Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).
Dans "Avatar : Aux frontières de Pandora", Ray Fawkes et Gabriel Guzman prolongent l’univers imaginé par James Cameron en lui offrant un versant plus intime, plus rêche, presque âpre. L’album explore les cicatrices d’un survivant, ses visions hantées et les chemins sinueux par lesquels la reconstruction devient possible. Dense, grave, parfois brutal, ce récit complet constitue une agréable surprise.
Dans cette somptueuse édition où les poèmes de Baudelaire se glissent entre les velours sombres, les ors patinés et les fièvres chromatiques d’Olivier Ledroit, "Les Fleurs du Mal" renaissent avec intensité. Plus qu’un livre illustré, c’est une traversée sensuelle et parfois inquiète, où chaque page s'anime au rythme du texte.
À travers "Taylor Swift – La Totale", somme monumentale qui dissèque près de vingt ans de chansons, se dessine autant une discographie qu’un portrait : celui d’une artiste qui a bâti sa carrière par intuitions, par crises, par reconquêtes successives. Le livre révèle, en filigrane, une personnalité d’une cohérence rare, capable de transformer chaque épreuve en sève créative.
Ce quatrième tome de l'arc en cours de Dragon Ball – Full Color consacre Piccolo Jr., pivot narratif où la série abandonne définitivement le ton léger de ses débuts pour entrer dans une logique plus sombre et violente. La colorisation vient renforcer un récit déjà tendu, dominé par la violence du duel final entre Goku et Piccolo.
Ce nouveau tome réunit plusieurs arcs essentiels : le retour de Broly dans un entraînement décisif, une Armée du Ruban Rouge dépassée par les événements et un Gohan redevenu une référence absolue du combat.
Chanter pour survivre, chanter pour résister. Tel pourrait être le fil rouge de cet ouvrage collectif, "Siamo tutti antifascisti", paru aux éditions du Détour. Étienne Augris, Julien Blottière, Jean-Christophe Diedrich et Véronique Servat – historiens et enseignants – y convoquent vingt-cinq chants de lutte, du cri révolutionnaire de 1791 aux voix insurgées de l’Iran contemporain. Le livre constitue une traversée politique, sensible et savante, de deux siècles de résistances sonores.
Lorsque Jeff Parker convoque un Père Noël aux allures de chasseur nordique pour l’associer à Batman, on touche à la fable hivernale guerrière, où l’imaginaire des sagas scandinaves fond sur Gotham comme une tempête de givre. Silent Knight joue cette carte sans retenue, entre combat et traditions réinventées.
Il y a dans "Batman: Dark Age" (Urban Comics) une forme de vertige : celui d’un homme qui peine à se souvenir d'une vie pourtant mémorable, et souvent au bord du précipice. Mark Russell raconte Batman, il l’érode, le réécrit depuis la mémoire floue d’un Bruce Wayne vieillissant, qui ne sait plus très bien s’il a survécu au crime de son enfance ou s’il s’y est noyé.
Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.
Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.
Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ?
Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.
Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.
Comment Robbie McGarvey a peint Die My Love avec de l’Ektachrome, des Petzval et un ratio 4:3. Filtres enfumés à la main, alla prima sur pellicule et trace visible du geste.