Jonathan Fanara

Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

« Deathbringer » : au seuil des ténèbres

Publié aux éditions Delcourt, "Deathbringer" laisse la fantasy s’échapper de ses oripeaux héroïques pour plonger dans un maelström d’angoisse sacrée, de mythologie déviante et d’humanité blessée. Un récit ample, noir et viscéral, qui interroge autant qu’il fascine, servi par un dessin d’une grande densité.

« Faut pas prendre les cons pour des gens » : Absurdistan

Dans ce nouveau volume désopilant, la satire est portée au-delà du mordant habituel pour atteindre une forme de lucidité froide. À force de pousser les logiques sociales jusqu’au grotesque, "Faut pas prendre les cons pour des gens" révèle ce que notre époque tolère sans sourciller : un monde qui maltraite les plus fragiles et s’en accommode avec un sourire typiquement administratif. 

« François » : au chevet d’un monde inquiet

Parue aux éditions Glénat, la bande dessinée "François, le pape venu du Sud" restitue les silences et les secousses à la fois d'un pontificat et d'une époque. Une chronique d’un monde fracturé, où l’homme en blanc chemine inquiet mais debout.

« Volodymyr Zelensky » : portrait en clair-obscur

Les éditions Delcourt publient le roman graphique d'Elettra Stamboulis et Gianluca Costantini consacré à la vie du président ukrainien.

« DC Christmas » : noëls masqués

Les éditions Urban Comics publient une anthologie de récits de Noël. On y parcourt autant de styles que d’époques, on y croise autant de tonalités que de capes, et l’on comprend très vite que les périodes de fêtes, chez les super-héros, sont rarement paisibles.

« Les Enfants de l’empire » (vol. 2) : le monde qui vacille

Il y a dans ce second volume une douceur trompeuse, comme si Yudori nous offrait d’abord la lumière dorée d’une fin d’après-midi avant d’annoncer l’orage. Arisa Jo et Jun Seomoon poursuivent leur chemin, hésitants et ardents, là où les élans du cœur se mêlent au souffle d’un pays qui, en 1930, tente de respirer sous l’occupation japonaise. Les gestes du quotidien semblent innocents, mais la moindre scène porte la trace d’un monde en transition – sociale, politique, intime.

« Les Âges d’or de Picsou » : cupide mais attachant

Avec son chapeau haut-de-forme, son pas nerveux et son obsession pour l'argent, Picsou occupe une place de choix dans la galaxie Disney. Archétype de l’avare, mais aussi de l’entrepreneur visionnaire et du patriarche à l’affection pudique, il constitue un point d'entrée idoine pour quiconque aimerait revisiter les récits emblématiques de la maison aux grandes oreilles. Avec "Les Âges d’or de Picsou", les éditions Glénat proposent un retour aux sources, où l’on retrouve, intacte, la saveur des premières grandes comédies dessinées des maîtres Disney.

« Les âges d’or de Mickey » : un retour aux sources

Les éditions Glénat exhument huit récits fondateurs de la souris la plus célèbre du monde. Un voyage à travers six décennies d’imaginaire, où l’on voit Mickey se réinventer sans jamais renier son énergie première.

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