« Dragon Ball Super » (tome 24) : un volume de transition

Ce nouveau tome réunit plusieurs arcs essentiels : le retour de Broly dans un entraînement décisif, une Armée du Ruban Rouge dépassée par les événements et un Gohan redevenu une référence absolue du combat. 

Le tome prend essentiellement place sur la planète Beerus, où Broly s’entraîne sous la supervision de Goku, Vegeta et Whis. L’objectif est clair : apprendre à canaliser sa puissance sans céder à la rage qui l’a longtemps défini. Vegeta se charge de lui transmettre une forme de discipline qui, jusqu’ici, semblait lui échapper. Cet entraînement porte peu à peu ses fruits : Broly parvient à combattre sans perdre le contrôle, et un affrontement avec Gohan confirmera d’ailleurs plus tard ses progrès. C’est une avancée nette pour le Saiyan, qui donne une direction concrète au personnage.

En parallèle, sur Terre, l’arc Clean God explore un terrain plus léger. La figure du super-héros décliné à la télévision inspire Trunks, impressionné par son sens de la justice et ses capacités de combat, éventées lors d’un incident aux abords d’un musée. Cela amène le jeune guerrier à endosser à son tour un rôle de justicier, aux côtés de Goten. L’idée n’est pas révolutionnaire – loin de la là – mais elle fonctionne relativement bien, dessinant un espace d’expression pour ces deux adolescents souvent laissés en marge et désireux de s’affirmer d’une manière ou d’une autre.

Le retour du Ruban Rouge occupe un autre pan du récit. Leur tentative de recruter Goten et Trunks pour vaincre Gohan relève de l’absurdité assumée. Leur visite sur la planète Beerus, où ils constatent définitivement l’écart de puissance entre leurs ambitions et la réalité, les réduit à un rôle secondaire presque parodique. Leur présence rappelle néanmoins que l’univers de Dragon Ball continue d’entretenir ses vieux ennemis (celui-ci étant quasi originel), même lorsqu’ils ne représentent tout à fait plus une menace crédible (pour l’instant).

Le centre de gravité du tome reste cependant Gohan, dans sa forme Beast. Goku, Broly, Goten et Trunks cherchent tour à tour à se mesurer à lui. Non pour établir une hiérarchie, mais pour évaluer leur propre niveau face à un « standard » encore inédit. Inutile de préciser que la série s’est toujours appuyée pour ces rivalités, qui forment une sorte d’émulation pour tous les personnages.

Reste que ce volume n’échappe pas aux critiques habituelles. Certaines planches sont inégales et manquent de finition. L’abondance de nouvelles formes et transformations finit aussi par lasser : la surenchère affaiblit la portée narratologique de ces évolutions, qui constituaient autrefois des événements majeurs.

Malgré ces limites, ce tome 24 remplit son rôle. Il avance les pions sans perdre ses personnages, clarifie certaines trajectoires et maintient la dynamique ouverte des derniers arcs. Un volume de transition solide, parfois maladroit, mais utile pour comprendre la direction actuelle de Dragon Ball Super.

Note des lecteurs0 Note
3

Festival

Deauville 2026 : La Gradiva, la jeunesse pétrifiée

Grand Prix de la Semaine de la Critique à Cannes, "La Gradiva" relate le voyage scolaire d'une classe de terminale dans la région de Naples. En transcendant les codes du "teen movie", Marine Atlan brosse le portrait vibrant d’une génération inquiète et sensible. Un drame mélancolique plein de grâce et de poésie.

Deauville 2026 : Teenage Sex and Death at Camp Miasma, la petite mort comme grand art

Une jeune cinéaste queer est engagée pour relancer une franchise horrifique vieillissante et part convaincre l'actrice recluse qui incarnait la survivante du premier film culte. Entre elles naissent fascination, désir et vertige, dans un jeu de miroirs où le genre devient territoire de liberté.

Deauville 2026 : Club Kid, père jusqu’au bout de la nuit

Avec "Club Kid", son premier long-métrage, Jordan Firstman signe une comédie touchante et pétillante, ancrée dans l'effervescence des nuits gays new-yorkaises. Il y campe un père dévasté qui doit apprendre à se reconstruire lorsqu'un fils dont il ignorait l'existence débarque soudainement dans sa vie. Un film lumineux et généreux, qui célèbre avec tendresse le sens des liens humains et la capacité de chacun à se réinventer.

Deauville 2026 : Test, la force fragile

Au contraire des films Hollywoodiens qui nous ont habitués à un bodybuilding viril souvent très macho, "Test" offre une plongée sensible au cœur du culturisme et ose briser les tabous. En s'inspirant de sa propre expérience, Brock Yurich incarne un athlète mal dans sa peau en quête d'affirmation. Un récit à fleur de muscles prodigieusement mis en scène.

Newsletter

À ne pas manquer

Petite Casbah : les toits de la liberté

"Petite Casbah" suit quatre enfants sur les toits d'Alger en 1955. Khadidja, Lyes, Philippe et Ahmed enquêtent pour faire libérer Malek, injustement emprisonné. Une aventure animée et fraternelle, entre jeu de piste et conte, qui raconte la guerre d'Algérie à hauteur d'enfant.

The Social Reckoning : la data du jugement

Aaron Sorkin repasse derrière la caméra pour raconter les "Facebook Files", la lanceuse d'alerte Frances Haugen et un Mark Zuckerberg glaçant joué par Jeremy Strong. Un film-dossier dynamique et limpide, à la mise en scène sage, qui interroge notre rapport aux réseaux sociaux et à la vérité.

Digger : satire à balles réelles !

Dans un Hollywood asphyxié par l'absence de prise de risques et l'uniformisation, quel bonheur de pouvoir compter sur une oeuvre telle que "Digger", qui, si elle n'évite pas certains écueils, se révèle être de la trempe de ces films qui osent, qui bousculent, sans ménager le spectacle et le dépaysement attendu de ce genre de productions. Une œuvre qui va diviser, mais qui a le mérite d’exister. Rien que pour cela, l'effort mérite d'être salué.

Doraemon et le Château sous-marin : un cœur sous la carrosserie

"Doraemon et le Château sous-marin" plonge le chat-robot bleu et sa bande dans les abysses, entre camping aquatique, mythes de Mu et de l'Atlantide et peuple des profondeurs. Remake d'un classique de 1983, le film sonde l'âme des machines avec Buggy, véhicule au grand cœur. Une aventure tendre et sage.

Les Roches rouges : L’art de l’enfance

Dans Les Roches rouges, Bruno Dumont filme les jeux et les amours de l’enfance avec le sérieux qu’ils méritent, sans en atténuer le ridicule ni la violence. Sous le soleil de la Côte d’Azur, l’innocence a ses abîmes, et les gestes les plus simples viennent révéler ce que nos vies d’adultes s’emploient à recouvrir.
Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

« Lee Horn » : l’homme qui n’était jamais du bon côté de la frontière

Avec "Lee Horn : Le Fantôme de Wounded Knee", Philippe Thirault et Gilles Mezzomo font courir une même violence de l’Ouest américain aux Philippines, avant de la ramener dans les rues de New York. Derrière les habits du western et le moteur assez classique de la vengeance, leur album sonde surtout le destin de Lee Horn, un homme successivement adopté, déplacé, enrôlé, amoureux et endeuillé, qui aura passé sa vie à chercher une place dans des mondes qui ne savaient que faire de lui.

« Post Mortem » : Zoé et ses fantômes loquaces

Dans "Post Mortem", Zoé voulait seulement tricher à un contrôle d’histoire. En invoquant quelques grands noms du passé, elle a surtout ouvert la porte à une bande de fantômes envahissants. Et à une succession de gags qui vise d’abord les jeunes lecteurs.

« Foucault disparaît » : suivre une pensée en mouvement

Dans "Foucault disparaît", Paul Auer et Benoît Schupp ne résument pas l'œuvre du sociologue et philosophe français : ils racontent un homme happé par les livres autant que par les luttes de son temps. À l’occasion du centenaire de sa naissance, ce roman graphique fait du mouvement intellectuel, politique et physique (la Tunisie, par exemple) le fil rouge d’un portrait nécessairement partiel.