Co-rédacteur en chef.
Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray
Rédacteur Cinéma & Séries télévisées.
Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).
Avec "Women of the West", Tiburce Oger et un aréopage de dessinateurs réinventent le western depuis ses marges, celles où les femmes, longtemps effacées des légendes, reprennent enfin la place qui leur est due.
À rebours du mythe romantique de la création solitaire, Bérénice Bonhomme entreprend avec "La Fabrique de Persepolis", le film une véritable archéologie de l’œuvre collective. En auscultant les archives, les dessins, les gestes du travail, elle exhume la mémoire matérielle d’un film devenu emblématique. Ce faisant, elle déploie un récit de la création, où la main et la pensée, l’amitié et la méthode, se juxtaposent pour donner corps à l'un des longs métrages d'animation les plus célèbres de son temps.
Avec "Survival : Guna Yala", Christophe Bec nous plonge une jungle panaméenne où tout – le climat, la faune, les hommes – conspire à la perte. Dernier volet en date d’une anthologie dédiée à la survie extrême, ce récit de crash et de résilience, illustré par Mack Chater, fait du chaos un spectacle cru, sans illusion sur la nature humaine.
Dans "Les Acharnés", Ed Brubaker et Sean Phillips prolongent la veine tragique de leur série "Criminal". Ce volume apparaît comme une fresque éclatée, un récit choral qui dit beaucoup de la persistance du mal. Trois trajectoires (Jacob, Angie et Tracy) s’y entrelacent, formant un triptyque sur la compromission, la vengeance et la survie dans un Los Angeles plus vénéneux que jamais.
Dans "Diana", Annick Cojean, Sophie Couturier et Sandrine Revel signent une œuvre hybride, à la frontière du reportage, du portrait et de l’hommage. Entre le souvenir d’une rencontre rare et la tragédie d’une disparition, cette bande dessinée documentaire explore la vérité d’une femme qui, au-delà du mythe, voulait porter haut certains principes.
Dans "La Beauté cachée des cartes" (éditions Autrement), Jean-Luc Arnaud, historien de la cartographie, fait voler en éclats l’usage froid du plan pour lui restituer une chaleur sensible, presque artistique. En isolant de minuscules fragments de cartes anciennes, il révèle leur part d’inconnu, de rêve, de qualité visuelle.
Neuf ans après un premier opus déjà salué pour sa franchise, Cookie Kalkair remet le couvert. Son "Pénis de table 2" (éditions Steinkis) s’invite à nouveau dans les zones d’ombre du désir – entre honte, tabou, maladresse et tendresse. Mais cette fois, la table s’est agrandie, plus diverse, plus consciente, moins complaisante aussi. Un ouvrage aussi cru que nécessaire, où six hommes discutent, se dévoilent et parfois se contredisent, pour mieux comprendre ce que veut dire aujourd’hui "avoir un pénis" dans un monde post-#MeToo.
Entre l’odeur avenante du beurre chaud et la rigueur du geste parfait, "La Vie en bleu" nous plonge dans les coulisses de la gastronomie française. Sous la plume de Julien Moca et le trait de Cécile Barnéoud, l’itinéraire d’une jeune cheffe venue de Séoul se transforme en parcours initiatique, à la fois sensoriel, humain et culturel. Un one shot généreux, riche en émotions et en saveurs.
Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.
Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.
Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ?
Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.
Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.
Comment Robbie McGarvey a peint Die My Love avec de l’Ektachrome, des Petzval et un ratio 4:3. Filtres enfumés à la main, alla prima sur pellicule et trace visible du geste.