Ce quatrième tome de l’arc en cours de Dragon Ball – Full Color consacre Piccolo Jr., pivot narratif où la série abandonne définitivement le ton léger de ses débuts pour entrer dans une logique plus sombre et violente. La colorisation vient renforcer un récit déjà tendu, dominé par la violence du duel final entre Goku et Piccolo.
Ce segment de l’histoire marque une rupture nette dans la progression de Dragon Ball. L’ennemi principal, Piccolo Daimaô, a donné vie à un fils revanchard, redoutable, aux techniques de combat inventives et inédites. Plus qu’un simple adversaire de tournoi, Goku affronte une menace globale, capable de détruire villes et institutions, et de contourner les techniques censées le neutraliser. Une scène en témoigne particulièrement : il renvoie sans mal le Mafuba censé le condamner. Ce retournement invalide toute solution “traditionnelle” et place les protagonistes dans une situation a priori sans échappatoire.
L’ensemble du tome suit ensuite une escalade continue. Goku y apparaît dans un état de fatigue extrême, bientôt représenté en sang et à bout de forces. Son affrontement avec Piccolo témoigne d’une intensité physique rarement atteinte jusque-là dans la série. Les choix graphiques mettent en avant cette brutalité : impacts répétés, gros plans sur les blessures, expressions de douleur plus appuyées…
Piccolo lui-même est traité comme un antagoniste absolu. Son bras extensible, ses techniques surprenantes, sa capacité de régénération, montrée de manière crue, renforcent l’idée d’un adversaire difficile à épuiser. La scène où il se transforme en géant accentue d’ailleurs la domination visuelle : Goku est soudainement réduit à une silhouette minuscule qui tente de survivre à un rapport de force manifestement déséquilibré – mais dont il saura tirer profit. Les intentions, elles, sont claires : Piccolo Jr. entend “recréer un monde démoniaque dirigé par la terreur”.
L’édition Full Color amplifie la lisibilité de ces moments. La saturation des tons verts et violets de Piccolo, l’orange vif de l’uniforme de Goku et les contrastes forts renforcent la compréhension immédiate des actions. Sans modifier la structure du récit, la colorisation rend l’ensemble plus abrasif et souligne mieux la dimension spectaculaire, voire apocalyptique, du combat.
Haletant, ce tome 4 reste un pivot fondamental dans la chronologie de Dragon Ball. Il clôt définitivement l’ère où l’humour dominait, impose la possibilité de pertes irréversibles et prépare directement l’évolution de Goku vers un rôle plus héroïque, moins candide. Le duel avec Piccolo y apparaît comme un acte fondateur, avant que les Saiyans ne se manifestent…





