Jérémy Chommanivong

Spéléologue des temps modernes, je ne suis qu'un humble explorateur des salles obscures, celles-là même dont on peut en ressortir ému, apeuré, frustré ou émerveillé. Je m'y donne rendez-vous chaque semaine, sans oublier ma fascination pour Steven Spielberg, Frank Capra, Sidney Lumet, Brad Pitt et un peu moins pour les légumes. Le cinéma restera à jamais mon sanctuaire d'apprentissage et le vecteur de toutes mes émotions.

L’Étrange Festival 2025 : Je suis Frankelda, de l’autre côté de l’histoire

Premier long-métrage mexicain en stop motion, "Je suis Frankelda" mêle esthétique gothique, narration poétique et réflexion sur la liberté créative. Porté par les frères Ambriz et soutenu par Guillermo del Toro, ce conte hanté explore les pouvoirs de l’imaginaire à travers une autrice en quête de sens. Une œuvre visuellement éblouissante, entre horreur libératrice et hommage au cinéma d’animation artisanal.

L’Étrange Festival 2025 : Girl America, un rêve enchaîné

"Girl America" de Viktor Tauš est un film sensoriel et bouleversant inspiré d’une histoire vraie. À travers le destin d’une orpheline tchèque marquée par l’abandon, l’oppression et la toxicomanie, il explore la mémoire fragmentée, la résistance intime et la quête d’une liberté intérieure. Un biopic onirique, viscéral et audacieux, entre réalisme cru et envolées poétiques.

L’Étrange Festival 2025 : Hold the Fort, une nuit sous haute copropriété

"Hold the Fort" est une série B fauchée mais attachante qui rend hommage au cinéma d’horreur artisanal. Entre satire sociale, humour potache et monstres déchaînés, William Bagley signe un film sincère mais inégal, porté par l'énergie d'un collectif de potes. Un chaos assumé, parfois bancal, qui séduit autant qu’il frustre.

L’Étrange Festival 2025 : Flush, qui tire la chasse perd la face

Dans "Flush", Grégory Morin nous plonge dans un huis clos complètement dingue où un cocaïnomane se retrouve littéralement coincé, la tête dans des toilettes crasseuses. Avec son humour noir bien corrosif et ses touches de body horror, ce premier film balance entre absurdité et tension, offrant une expérience choc et mémorable du cinéma de genre français.

L’Étrange Festival 2025 : la trilogie « Intolérance », dans le miroir inversé de Phil Mulloy

Œuvre satirique et provocante, la trilogie "Intolérance" de Phil Mulloy confronte l’humanité à son rejet viscéral de l’altérité. À travers une animation grotesque et crue, Mulloy dénonce la peur, la haine et la paranoïa qui nourrissent l’intolérance. Une fresque noire présentée en hommage à l’Étrange Festival 2025, deux mois après sa disparition.

L’Étrange Festival 2025 : The Forbidden City, to Rome with Kung-fu

En ouverture de l’Étrange Festival 2025, "The Forbidden City" de Gabriele Mainetti propose un mélange audacieux de kung-fu, drame familial et romance. Entre Rome et la Chine, le film impressionne par sa mise en scène énergique et son humanité, confirmant le talent du cinéaste pour un cinéma de genre singulier et ambitieux.

Sleeping Dogs : un puzzle sans mystère

"Sleeping Dogs" suit un ex-policier atteint d’Alzheimer, incarné par Russell Crowe, tentant de résoudre une affaire non élucidée. Si le film ambitionne de mêler thriller psychologique et drame mental à la manière de Memento, il s’égare dans une narration confuse, sans tension ni émotion forte, malgré une performance solide de Crowe.

La femme qui en savait trop : la danse de l’insoumission

Dans "La Femme qui en savait trop", Nader Saeivar signe un drame poignant sur la condition des femmes en Iran. Tourné dans la clandestinité, le film mêle tension sociale et poésie visuelle. À travers la danse, les silences et les regards, il explore la résistance féminine face à l’oppression patriarcale et la quête d’une liberté longtemps confisquée.

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Kill Bill : The Whole Bloody Affair, la nouvelle séquence anime et le geste hybride que Tarantino a inventé en 2003

Ce mercredi 8 juillet 2026, Studiocanal ressort en salles françaises Kill Bill: The Whole Bloody Affair, la version intégrale de 4h35 que Quentin Tarantino voulait à l'origine. Elle comporte notamment une nouvelle séquence animée inédite de sept minutes, produite par Production I.G en 2025, vingt-deux ans après la séquence originale que Kazuto Nakazawa et Katsuji Morishita avaient réalisée pour Kill Bill Vol. 1. Cette continuité de collaboration entre Tarantino et le studio japonais mérite qu'on s'arrête sur ce qui s'est joué en 2003 : le geste hybride live-action/anime que le réalisateur américain a inventé pour raconter l'enfance d'O-Ren Ishii, et ce que ce geste dit du rapport entre l'anime japonais et le cinéma américain contemporain.

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