Certains vivent d’amour et d’eau fraîche, d’autres vivent plutôt d’alcool et de sexe, un parcours de vie qui mène nécessairement vers une impasse. Dans le cas des personnages déchus du film de Karim Aïnouz, le point de chute correspond au "Motel Destino", un love hotel où l’on feint de vivre le grand amour.
PositionResponsable Cinéma
Inscrit28 février 2023
Articles343
Spéléologue des temps modernes, je ne suis qu'un humble explorateur des salles obscures, celles-là même dont on peut en ressortir ému, apeuré, frustré ou émerveillé. Je m'y donne rendez-vous chaque semaine, sans oublier ma fascination pour Steven Spielberg, Frank Capra, Sidney Lumet, Brad Pitt et un peu moins pour les légumes. Le cinéma restera à jamais mon sanctuaire d'apprentissage et le vecteur de toutes mes émotions.
Rares sont les films d'animation à fouler la Croisette. Cette année, nombre d'entre eux se partagent la lumière sur plusieurs sélections. "Flow" éblouit la sélection d'Un Certain Regard avec une épopée qui convoque un groupe d'animaux sur une arche de Noé. Une fresque sensorielle et minimaliste qui encense les valeurs de l’amitié, au détour d’un voyage éblouissant et hypnotisant.
De son propre deuil, David Cronenberg revient sur la Croisette avec une œuvre on ne peut plus personnelle. La disparition de son épouse sept ans plus tôt semble encore le hanter et "Les linceuls" constitue pour lui une manière de lui rendre hommage, tout en laissant la porte ouverte au dialogue, même après la mort. Et malgré cet effort, le célèbre croque-mort du cinéma ne fait que brasser de l’air avec ses dialogues interminables, qui paralysent toute tentative d’immersion ou de communion avec son film.
L'ascension de Donald Trump n'est plus une fiction jusqu'à aujourd'hui. Ali Abbasi s'est emparé de l'une des figures américaines les plus controversées. Avant même que l'on s'attarde sur la présidence du "guerrier solitaire", "The Apprentice" nous donne à voir comment un homme aussi peu confiant et charismatique s'est bâti un empire financier conséquent.
Connu pour avoir scénarisé plusieurs scénarios de Scorsese ("Taxi Driver", "Raging Bull", "La Dernière Tentation du Christ"), Paul Schrader retrouve enfin le chemin de la Croisette. À peine sorti de sa trilogie de la rédemption ("First Reformed", "The Card Counter"", Master Gardener"), le cinéaste se penche à présent sur la mélancolie d’un vieil homme sur son lit de mort dans "Oh, Canada". Ses confidences sont ainsi étalées dans une ultime interview, celle qui défait les vérités et les mensonges racontés.
Impacté par la pandémie du COVID-19, le tournage de "Caught by the Tides" laisse planer toutes sortes d’incertitudes dans son déroulé, linéaire et ancré dans une réalité nostalgique et mélancolique. Au terme de la quatrième journée de la compétition cannoise, nous ne comptons plus les ovnis qui se sont crashés sur la toile. Cette œuvre chinoise représente sans doute la lettre d’amour la plus douce et amère que l’on a découvert depuis le début de la quinzaine.
Petite bulle solaire où l'on chante l'ivresse de l'adolescence, "Vingt dieux" est un premier film qui ne manque pas de sincérité et de tendresse. Louise Courvoisier nous promène au pays du Comté en y évoquant la force tranquille des habitants, qui sont quotidiennement amenés à encaisser un coup plus fort que le précédent. Une vie en campagne qui n'a pourtant rien de repoussant et c'est même tout le contraire.
Pièce maîtresse du Nouvel Hollywood, Francis Ford Coppola s’est forgé une notoriété similaire aux parrains de sa célèbre trilogie. 45 ans après le sacre d’"Apocalypse Now" sur la Croisette, au terme du deuxième jour de la compétition, le cinéaste italien redécore la cité New-yorkaise afin d’y établir une dystopie hallucinée et hallucinante, "Megalopolis". Le visage de l’Amérique aura rarement été détourné avec une telle complexité que ses ambitions finissent par trahir la pertinence du fourre-tout thématique qu’il nous donne à ingérer.
En parallèle des sélections officielles cannoises, l’ACID met également en lumière des œuvres et des artistes indépendants. Les fusées lumineuses captées par Mona Convert ont ainsi attiré l’attention de l’association. Dans son documentaire, la réalisatrice nous emmène au cœur de la forêt des Landes de Gascogne, berceau d’activités pyrotechniques qui justifieraient toute la noblesse et la beauté d’"Un pays en flammes".
Que ce soit sur les réseaux sociaux, la téléréalité ou la réalité, le désir d'être aimé est universel et souvent autodestructeur. Si le premier long-métrage d’Agathe Riedinger chavire par bien des aspects, son interprète principale empêche toutefois le navire de couler avec des propos qui dénonce le culte de la beauté chez les jeunes femmes en mal d’affection. "Diamant Brut" en brosse le portrait entre fascination et inquiétude.
En passe de recevoir une palme d’or d’honneur à la clôture de cette 77e édition du Festival de Cannes, George Lucas a longtemps été un référent de la pop culture et de la science-fiction. Retour sur un petit bijou du Nouvel Hollywood, dont le cinéaste californien fait partie des pionniers. Et quoi de mieux que de revenir sur son tout premier long-métrage, qui contient notamment les prémices de sa célèbre saga d’une autre galaxie. "THX 1138" est une dystopie qui chasse le peu d’humanité qui reste dans une société où les désirs et la liberté sont régulés, voire prohibés.
Le mal est à l’œuvre dans "When Evil Lurks" et ce n’est pas pour notre déplaisir. Dans un jeu de possession viscéral et une ambiance anxiogène dans la cambrousse argentine qui rappelle la brutalité observée dans "The Strangers", le film qui a mis la critique et le public sur un pied d’égalité au dernier festival de Gérardmer nous montre enfin ses crocs, toujours aussi aiguisés.

















