Jérémy Chommanivong

Spéléologue des temps modernes, je ne suis qu'un humble explorateur des salles obscures, celles-là même dont on peut en ressortir ému, apeuré, frustré ou émerveillé. Je m'y donne rendez-vous chaque semaine, sans oublier ma fascination pour Steven Spielberg, Frank Capra, Sidney Lumet, Brad Pitt et un peu moins pour les légumes. Le cinéma restera à jamais mon sanctuaire d'apprentissage et le vecteur de toutes mes émotions.

Les Maudites : le cauchemar féminin

Dans "Les Maudites", Pedro Martín-Calero signe un thriller sensoriel et onirique où trois femmes, liées par une malédiction invisible, affrontent un mal insidieux et omniprésent. Entre horreur psychologique, critique sociale et allégorie féminine, le film explore la douleur transmise de génération en génération, dans une atmosphère hypnotique et troublante.

L’Étrange Festival 2025 : Kazakh Scary Tales, les monstres de Karatas

"Kazakh Scary Tales" est une série surnaturelle signée Adilkhan Yerzhanov. Dans les steppes isolées du Kazakhstan, un inspecteur cynique, une médium marginalisée et un médecin légiste passionné d’ésotérisme affrontent des forces obscures. Une ambiance envoûtante entre "X-Files" et "Twin Peaks", au croisement du réel et du fantastique.

L’Étrange Festival 2025 : Gorgonà, une fable féministe embrumée par le style

"Gorgonà", premier long-métrage d’Evi Kalogiropoulou, revisite le mythe de la gorgone dans un univers post-apocalyptique dominé par le patriarcat. Porté par une esthétique puissante, le film interroge désir, pouvoir et émancipation féminine, mais finit par se perdre dans son symbolisme au détriment de la narration.

L’Étrange Festival 2025 : Le Maure de Karatas, portrait d’un homme effacé

Adilkhan Yerzhanov explore pour la première fois la ville, mêlant polar, drame et conte poétique. Un ancien militaire mutique erre dans une métropole corrompue, entre rédemption et désillusion. Porté par une mise en scène stylisée et une violence sourde, "Le Maure de Karatas" est un western urbain hypnotique au cœur d’un monde sans repères.

L’Étrange Festival 2025 : Lesbian Space Princess, les reines de la gaylaxie

Lesbian Space Princess est un space opera animé, queer et délirant, signé Emma Hough Hobbs et Leela Varghese. Entre humour potache, critique des clichés masculinistes et ode à la sororité, ce premier film suit Saira, une héroïne lesbienne en quête d’amour et d’émancipation, dans un univers flashy et résolument féministe.

L’Étrange Festival 2025 – The Cursed : Insatiable Desires, le pacte de vie et de mort

"The Cursed: Insatiable Desires" est une anthologie coréenne qui explore les dérives du désir à travers cinq récits fantastiques mêlant folklore, body horror et satire sociale. Si l’esthétique est soignée et les idées intrigantes, le film peine à maintenir la tension et manque de cohésion, laissant un arrière-goût d’occasion manquée.

L’Étrange Festival 2025 : Cadet, un esprit malsain dans un corps corrompu

Avec "Cadet", Adilkhan Yerzhanov signe un thriller horrifique empreint de drame familial et de satire politique. Anna Starchenko livre une performance au bord de la rupture, intense et mémorable, en mère courageuse confrontée à des forces surnaturelles et institutionnelles. Fantômes, traumatisme et tension oppressante se mêlent pour un film kazakh glaçant.

L’Étrange Festival 2025 : Welcome Home Baby, portrait d’une mère en feu

"Welcome Home Baby" marque le retour d’Andreas Prochaska avec un thriller psychologique glaçant sur l’abjection de la grossesse, l’héritage familial et le contrôle du corps féminin. Entre horreur atmosphérique et critique sociale, le film mêle trauma, onirisme et esthétique soignée dans une Autriche rurale hantée.

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Thérèse et Isabelle par Marie Fortuit : écrire et faire l’amour

Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.

Coulisses The Boys : Le secret du “GORE DIAL” derrière la violence extrême

Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.

Severance : l’architecture de Lumon comme machine à effacer la mémoire

Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.

Le Bronze Coule : Vhagar dans House of the Dragon Saison 2

Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ? Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.

From : Quand le Noir Devient Mortel

Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.