Jérémy Chommanivong

Spéléologue des temps modernes, je ne suis qu'un humble explorateur des salles obscures, celles-là même dont on peut en ressortir ému, apeuré, frustré ou émerveillé. Je m'y donne rendez-vous chaque semaine, sans oublier ma fascination pour Steven Spielberg, Frank Capra, Sidney Lumet, Brad Pitt et un peu moins pour les légumes. Le cinéma restera à jamais mon sanctuaire d'apprentissage et le vecteur de toutes mes émotions.

L’Homme qui rétrécit (2025) : le voyage intérieur

Près de 70 ans après le film culte de Jack Arnold, "L’Homme qui rétrécit" renaît en 2025 sous la direction de Jan Kounen. Jean Dujardin incarne un architecte confronté à un rétrécissement inexorable, dans une fable existentielle alliant science-fiction, horreur et métaphysique. Une relecture visuellement ambitieuse du roman de Richard Matheson.

Once upon a time in Gaza : l’Espoir, le Vice et la Trahison

"Once Upon a Time in Gaza" des frères Nasser est une tragi-comédie saisissante mêlant fraternité contrariée, satire sociale et résistance artistique. Entre fable noire et cinéma engagé, le film dresse un portrait poignant et absurde de la vie à Gaza, où chaque geste devient un acte de survie sous un ciel d’oppression.

Chien 51 : la révolution artificielle

"Chien 51" imagine un Paris dystopique divisé par des inégalités sociales exacerbées et contrôlé par une intelligence artificielle omniprésente. Malgré une esthétique réussie et un univers visuel immersif, le film de Cédric Jiménez manque de profondeur politique et émotionnelle, offrant une critique sociale trop superficielle pour pleinement convaincre.

Hors-service : radiographie d’un service public en déshérence

"Hors-service" de Jean Boiron-Lajous réunit six anciens agents du service public dans un hôpital désaffecté. Le film explore, entre récits personnels et mise en scène symbolique, la perte de sens au travail, les tensions éthiques et l’usure d’un engagement mis à mal par les logiques de performance. Un regard sensible sur une crise systémique et humaine.

Gange sur Seine 2025 : le festival du cinéma indien revient à Paris

Gange sur Seine revient à Paris du 10 au 14 octobre 2025 pour sa 3e édition. Le festival célèbre le cinéma indépendant indien et sud-asiatique à travers des projections inédites et des rencontres, dans plusieurs salles emblématiques de la capitale.

Marche ou crève : un faux départ

Adaptation ambitieuse mais inaboutie du roman de Stephen King, "Marche ou crève" explore une dystopie autoritaire où l’endurance devient une forme de résistance. Malgré un duo central solide et un concept fort, le film de Francis Lawrence peine à maintenir la tension et à approfondir son propos politique et humain.

La Mort n’existe pas : marcher hors du monde

"La Mort n’existe pas", nouveau film d’animation de Félix Dufour-Laperrière, propose une odyssée sensorielle et politique. À travers le regard d’une jeune écoterroriste hantée par ses choix, il explore le deuil, la rédemption et l’engagement écologique, mêlant poésie visuelle, mémoire et questionnements intimes sur le sens de l’action... et de l'inaction.

Kontinental ’25 : le monde perdu

Avec "Kontinental ’25", Radu Jude poursuit son exploration des fractures sociales à travers le prisme de la culpabilité individuelle. Entre satire discrète, mise en scène minimaliste et absurdité institutionnelle, le film dresse un portrait implacable d’une société rongée par le capitalisme et la violence silencieuse du pouvoir.

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Thérèse et Isabelle par Marie Fortuit : écrire et faire l’amour

Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.

Coulisses The Boys : Le secret du “GORE DIAL” derrière la violence extrême

Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.

Severance : l’architecture de Lumon comme machine à effacer la mémoire

Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.

Le Bronze Coule : Vhagar dans House of the Dragon Saison 2

Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ? Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.

From : Quand le Noir Devient Mortel

Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.