Jérémy Chommanivong

Spéléologue des temps modernes, je ne suis qu'un humble explorateur des salles obscures, celles-là même dont on peut en ressortir ému, apeuré, frustré ou émerveillé. Je m'y donne rendez-vous chaque semaine, sans oublier ma fascination pour Steven Spielberg, Frank Capra, Sidney Lumet, Brad Pitt et un peu moins pour les légumes. Le cinéma restera à jamais mon sanctuaire d'apprentissage et le vecteur de toutes mes émotions.

FFCP 2025 : Summer’s Camera, le temps d’un souvenir

Summer's Camera de Divine Sung explore avec une sensibilité rare les liens entre mémoire et photographie. Lorsque Summer hérite de l'appareil photo de son père disparu, cet objet devient le témoin d'une quête identitaire et amoureuse. Entre héritage familial et secrets enfouis, le film dépeint l'adolescence avec une justesse remarquable, où chaque image capture l'essence des souvenirs.

FFCP 2025 : 3670, les passagers de la nuit

Avec "3670", le réalisateur coréen Park Joon-ho livre un premier long-métrage sobre et émouvant sur la double marginalité d’un réfugié nord-coréen homosexuel à Séoul. Entre déracinement, quête d’identité et désir de reconnaissance, le film explore avec pudeur les frontières invisibles d’une société qui peine encore à accueillir l’altérité.

FFCP 2025 : The Final Semester, jeunesse sous contrainte

Au cœur des usines coréennes, The Final Semester lève le voile sur le destin brisé d'une génération. Ce film poignant révèle comment les stagiaires sont broyés par un système implacable, entre précarité financière et aliénation professionnelle. Une œuvre essentielle.

FFCP 2025 – 1987 : When the day comes, le courage citoyen

En mêlant thriller politique et drame historique, "1987 : When the Day Comes" plonge au cœur de la Corée du Sud des années 1980, où la mort d’un étudiant torturé déclenche une révolte nationale. Jang Joon-hwan signe une fresque puissante sur la résistance collective, la quête de vérité et le courage des anonymes face à la répression d’un régime autoritaire.

FFCP 2025 : The Truth Beneath, les quinze jours du remords

Dans "The Truth Beneath", Son Ye-jin livre une performance magistrale dans un thriller coréen signé Lee Kyoung-mi. Entre hypocrisie politique, drame familial et quête obsessionnelle de vérité, le film explore avec intensité la frontière fragile entre vengeance et folie, mensonge et identité, dans une mise en scène d’une précision vertigineuse.

Good Boy : l’appel de l’être hanté

Vue à hauteur de chien, la peur change d’odeur. Avec "Good Boy", Ben Leonberg signe un film de possession intime et organique, où la maladie, la solitude et l’attachement s’enlacent dans une maison vivante. Porté par le regard bouleversant d’un chien, ce huis clos entre horreur et tendresse explore la fidélité jusqu’à la mort.

Smashing Machine : Frappé, mais pas touché

Avec "Smashing Machine", Benny Safdie explore la vie du combattant Mark Kerr dans un drame viscéral porté par un Dwayne Johnson surprenant de sobriété. Entre violence maîtrisée et introspection, le film impressionne par sa mise en scène, mais peine à émouvoir pleinement. Un portrait intense, qui amorce une nouvelle facette du jeu de The Rock.

A House of Dynamite : puissance et impuissance

Dans "A House of Dynamite", Kathryn Bigelow signe un film d’une intensité rare, où la peur nucléaire devient le miroir des dérives du pouvoir et de l’illusion du contrôle. En mêlant tension politique, réalisme suffocant et réflexion morale, la cinéaste dévoile une Amérique au bord du chaos, prisonnière de sa propre machine de guerre.

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Thérèse et Isabelle par Marie Fortuit : écrire et faire l’amour

Mardi 5 mai 2026, le Petit Théâtre de la Maison de la Culture d’Amiens accueillait l'adaptation de Thérèse et Isabelle de Violette Leduc, un texte longtemps censuré. Marie Fortuit et la compagnie Les Louves à Minuit signent une mise en scène audacieuse qui fait le choix de la retenue, transformant cette histoire d'émancipation en un objet artistique sensible et maîtrisé.

Coulisses The Boys : Le secret du “GORE DIAL” derrière la violence extrême

Ce qui rend la violence de The Boys si impactante, ce n’est pas seulement son exagération, c’est sa précision chirurgicale. Dans les studios VFX, la barbarie n’est plus laissée au hasard : elle se règle comme un paramètre. Un cadran baptisé “GORE DIAL”, quelques crans au-delà de 10, et l’horreur passe du réaliste à l’absurde. Preuve que nous sommes entrés dans une ère où même la sauvagerie la plus démente est devenue une variable technique parfaitement maîtrisée.

Severance : l’architecture de Lumon comme machine à effacer la mémoire

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Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ? Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.

From : Quand le Noir Devient Mortel

Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.