Guillaume Meral

"Titulaire d'un master en filmologie et actuellement en doctorat, Guillaume a déjà travaillé pour quelques médias avant de rejoindre l'équipe. Fan de James Cameron et George Miller, dévot de Michael Mann et Tsui Hark, groupie de John Woo et John Carpenter, il assure néanmoins conserver son objectivité critique en toutes circonstances, particulièrement pour les films qu'il n'aime pas (en gros: La Nouvelle-Vague, les Marvel et Denis Villeneuve). Il aime les phrases (trop) longues, la douceur sémantique de Booba et Kaaris, et le whisky sans coca"

Le Bûcher des vanités : l’incendie social de Brian de Palma

Le Bûcher des vanités incarne ce refus de jouer dans les clous de la critique intégrée par la société spectacle: il prend d'assaut la rétine du spectateur et exacerbe la comédie sociale en train de se jouer, offre au mondain et à l'indigné professionnel la monumentalisation de leur caricature. Le réalisateur fait ce qu'il a toujours fait : revendiquer l'excès comme horizon de la licence poétique et enfermer les personnages dans une représentation symbolique dont ils sont autant dépositaires que victime

Deux Hommes en fuite : la cavale sans issue de Joseph Losey

Comme a pu le faire Alfonso Cuaron sur Gravity, Deux hommes en fuite repose moins sur ce que l’on identifie (donc qui appartient à la diégèse) que ce que le cadre nous évoque (ce qui dépasse le cadre du récit). D’où l’équilibre d’une réalisation moins naturaliste que panthéiste, qui flatte ses extraordinaires décors naturels dans un scope majestueux pour mieux confiner les personnages dans l’horizon, comme s’ils essayaient de retraverser le Styx en sens inverse.

Séries Mania 2018 : The Chi et Fenix

Terre d’accueil des propositions sérielles en tout genre, Seriesmania affirme chaque jour sa volonté de faire rimer singularité avec diversité. La preuve avec The Chi et Fenix, deux séries que tout oppose sinon une envie commune de défendre leur identité dès leurs premières minutes.

The disaster artist : ma vie avec Tommy Wiseau

Ce n’est pas un livre sur Tommy Wiseau, dont l'aura survit paradoxalement au livre dans la mesure ou elle se nourrit sur les ruines de ses accomplissements, ni même la chronique d'un tournage catastrophe. C'est une introspection déguisée, où l'auteur essaie de mettre son propre masochisme en abyme. Nul doute qu'il n'en a pas fini avec les questions posées ici...

Cheval de guerre de Steven Spielberg : le cinéma en lettres majuscules

Plus qu’aucun autre film de Spielberg du fait de sa note d’intention, Cheval de guerre exacerbe sa candeur pour mieux charrier des thèmes difficiles. Alors qu’il semble emprunter la voie contraire, Spielberg ne nous épargne rien des horreurs liées à son sujet, mettant à disposition du public des scènes qui se seraient sans doute avérées insoutenables ailleurs.

Le Testament Caché : l’épitaphe de Jim Sheridan

Sans être honteux au point de sceller la fin de carrière d’un grand réalisateur, Le Testament Caché porte clairement en bandoulière les raisons de son calendrier de sortie litigieux. Difficile de mettre ça sur le compte des stigmates de production ou d’une perte de motivation de la part de Sheridan qui signe un film clairement indigne de figurer aux côtés d' Au nom du père, In America et autres titres d'une filmographie aussi prestigieuse que mal représentée en l'état.

Criminal Squad : Gérard Butler et le crépuscule du mâle alpha

Sous couvert du film mâle hyperbolique annoncé, Criminal Squad dessine le crépuscule d’un archétype en fin de vie. Ce faisant, le film de Christian Gudecast réussit à être parfaitement ce qu’il se devait d’être, tout en devenant son inverse. Autant dire que de la part du scénariste de la Chute de Londres et Un homme à part, on n'en attendait vraiment pas tant.

Ric Roman Vaughn : réalisateur sous haute tension

De fait, les films de Ric Roman Waugh sont des expériences profondément sensitives dans leurs propensions à épurer la fiction des éléments susceptibles de jeter une bouée au spectateur désireux de se raccrocher à ses certitudes. Son cinéma a pour vocation de nous laisser seul face à cette question : « Et si c’était moi ? »

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Le Bronze Coule : Vhagar dans House of the Dragon Saison 2

Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ? Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.

From : Quand le Noir Devient Mortel

Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.

Peindre avec la caméra : Robbie McGarvey et la fabrication irréversible de Die My Love

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