Ariane Laure

Émerveillée par le cinéma depuis le Roi Lion, mon premier film en salle, j’aime les films qui font rêver, qui hantent et ne nous quittent jamais. J’admire particulièrement la richesse des œuvres de Stanley Kubrick, Christopher Nolan et Quentin Tarantino. Je suis également une adepte du cinéma asiatique, de Yasujiro Ozu, Akira Kurosawa à Wong Kar-Wai, Hayao Miyazaki et Park Chan-Wook. Travaillant dans le monde juridique, j'écris des critiques à mes heures perdues.

L’art comme élément secondaire d’une œuvre : Shining, l’horreur de la page blanche

En ce mois de décembre, leMagduCiné propose une immersion dans la création artistique comme toile de fond d’une œuvre cinématographique. Pour lancer ce nouveau cycle, commençons par revenir à l’origine même de tout film : l’écriture. A ce titre, la Palme d’or du personnage d’écrivain torturé revient incontestablement à un certain Jack Torrance pour l’horrifique Shining de Stanley Kubrick, adaptation du roman éponyme de Stephen King. Shining aborde grâce au personnage de Jack toute l’apprêté, la solitude, l’engagement et le sacrifice qu’implique la création artistique.

Avatar : révolution technique et écologique

Avant de découvrir Avatar 2 : la voie de l'eau, film attendu et fantasmé depuis une décennie, James Cameron nous fait revivre l'expérience Avatar dans une version restaurée 4k HFR (high frame rate), autorisant, grâce au logiciel TrueCut Motion Pixelworks, le montage en 48 images par seconde. Une véritable claque visuelle qui sublime l'univers de l'œuvre originale en contrastant les couleurs, en renforçant la fluidité des plans pour une immersion garantie. Un moyen tout aussi pertinent de tracer le chemin du deuxième volet, produit sur ce même format, qui sortira le 14 décembre 2022. Toujours indétrônable à la tête du box-office mondial, Avatar a marqué l'histoire du cinéma tant par sa prouesse technique que par son immense succès populaire. Le film de James Cameron, qui s'est rapidement frayé une place au panthéon des œuvres planétaires grâce à son récit mythique et son message écologique à dimension universelle, continue aujourd'hui de fasciner et d'inspirer. 

Sans filtre : la croisière s’arrose

Palme d'or au Festival de Cannes 2022, Sans filtre de Ruben Östlund nous embarque sur un yacht de luxe dans une comédie ironique, étonnante et percutante. Cinq ans après The square, allégorie sidérante du monde de l'art contemporain, Ruben Östlund poursuit dans Sans filtre son exploration sociologique du comportement humain. En quittant l'univers étouffant du musée étriqué pour le faste outrancier de la croisière de luxe, le réalisateur suédois change de cadre mais conserve son propos très auto-dérisoire sur les classes aisées. En fin observateur, il brosse un tableau composés de multiples individus obsédés par l'apparence, le pouvoir et l'argent, au sein d'un cadre doré où l'amour et l'économie ne font qu'un.

Montana story : l’héritage brisé d’une famille éprouvée

Douzième film de la compétition, Montana story nous offre une bouffée d'air frais dans les grands espaces américains. Drame familial se déroulant dans une ambiance western, le film de Scott McGehee et David Siegel se distingue par la maturité de son scénario, sa mise en scène maîtrisée et ses sublimes paysages montagneux.

Palm trees and power lines : l’amour toxique

Le thème du proxénétisme, en vogue ces dernières années, a déjà nourri bien des œuvres cinématographiques. Palm trees and power lines, premier film de la réalisatrice Jamie Dack, narre l'histoire tragique d'une adolescente victime d'un séduisant prédateur sexuel. Sans rythme ni originalité, il réalise une dénonciation convenue de la prostitution et met en garde contre cet amour nocif pour lequel on ferait tout. 

The silent twins : le cloisonnement de l’imaginaire

Toujours sur le thème de l'adolescence, leitmotiv de ce festival de Deauville 2022, The Silent Twins s'intéresse à l'histoire vraie de Jennifer et June Gibbons, deux jumelles à l'imagination débordante qui se coupent progressivement du monde extérieur. Dans ce film adapté d'un roman, la réalisatrice polonaise Agnieszka Smoczynska relate, à travers une gémellité fusionnelle, l'annihilation d'une créativité excluante et incomprise par un système implacable. 

Stay Awake : le poids de la maladie

Si on ne compte plus les films traitant de la drogue, rares sont ceux qui adoptent, non pas le point de vue du malade, mais celui des membres de la famille qui assistent et soutiennent au quotidien un proche atteint d'addiction. C'est l'intéressant parti pris de Stay Awake, premier film de Jamie Sisley présenté en compétition au Festival de Deauville.

War Pony : odyssée de l’enfance amérindienne

Premier long-métrage des co-réalisatrices Gina Gammel et Riley Keough, War Pony relate les parcours de deux jeunes hommes qui peinent à trouver leurs voies au sein de la réserve indienne de Pine Ridge. Si le sujet est déjà un peu rabâché, le film parvient à trouver quelques idées intéressantes.

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