Buzz l’Eclair : spin off vers l’origine et l’au-delà

Après l’excellent Toy Story 4 sorti en 2019, Disney Pixar prolonge la franchise avec Buzz l’éclair, un spin-off dédié à l’histoire du plus célèbre ranger de l’espace. C’est en découvrant ce film que le jeune Andy s’est passionné pour les aventures de ce héros intergalactique, qu’il a ensuite rêvé de se voir offrir en jouet. Buzz l’éclair, récit d’aventure initiatique multi-référencé, séduit par son animation, son humour et ses enjeux existentiels. Bon divertissement, il manque cependant d’émotion et de créativité pour séduire.

Synopsis : La véritable histoire du légendaire Ranger de l’espace qui, depuis, a inspiré le jouet que nous connaissons tous. Après s’être échoué avec sa commandante et son équipage sur une planète hostile située à 4,2 millions d’années-lumière de la Terre, Buzz l’Eclair tente de ramener tout ce petit monde sain et sauf à la maison. Pour cela, il peut compter sur le soutien d’un groupe de jeunes recrues ambitieuses et sur son adorable chat robot, Sox. Mais l’arrivée du terrible Zurg et de son armée de robots impitoyables ne va pas leur faciliter la tâche, d’autant que ce dernier a un plan bien précis en tête…

Les aventures de Woody et de Buzz font rêver le public depuis près de trente ans avec Toy Story. Si tout le monde connaît le célèbre « vers l’infini et l’au-delà », slogan du ranger de l’espace, l’histoire des jouets reste assez mystérieuse. Une porte ouverte pour la réalisation d’un spin off sur le personnage ayant inspiré la création de Buzz. Qui était le véritable Buzz l’éclair ? Comment a-t-il sauvé le monde des redoutables Zurg ? Et quel lien existe-t-il entre le ranger et le terrifiant empereur des Zurg ? Buzz l’éclair apporte des réponses à ces questions au sein d’un divertissement plein d’humour et d’aventure.

Aux manettes, Angus MacLane, réalisateur de court-métrages (Mini Buzz, Toy story : angoisse au motel) et du Monde de Dory en collaboration avec Andrew Stanton, signe son premier long-métrage en solitaire. Déjà très familiarisé avec l’univers de Toy Story, Angus MacLane révèle dans son film tout son amour et toute sa dévotion pour ce personnage de ranger de l’espace. En conséquence, Buzz l’éclair mise sur une grande fidélité à l’image du jouet de Toy Story. Le ranger a la même physionomie, la même combinaison, les mêmes habitudes et le même caractère que son homologue jouet. En témoignent encore les fameux rapports oraux qu’enregistre régulièrement Buzz à haute voix, sans qu’aucune utilité ni explication ne soit avancée par le héros lui-même. Les fans de Toy Story auront donc le plaisir de redécouvrir à l’écran un véritable Buzz l’éclair en chair et en os. De plus, Buzz l’éclair présente l’intérêt d’humaniser davantage ce personnage parfois un peu robotisé dans ses réactions. Malgré sa force et son ambition, Buzz est ainsi confronté à l’échec, à la perte et à des dilemmes moraux qui vont contribuer à le construire.

L’histoire de Buzz, assez linéaire, présente un bon lot d’actions, de rebondissements et de révélations qui la rend plutôt distrayante. Les terribles Zurg, souvent évoqués dans la saga Toy Story sont enfin montrés en action. Comme toujours chez Pixar, la qualité de l’animation ne déçoit pas et offre de belles séquences de vols spatiaux et de combats. Sur son chemin, Buzz rencontre de nouvelles recrues, dont la jeune Izzy, ainsi qu’un amusant chat robotisé, Sox, qui donne presque toute sa saveur au film. Ceux-ci, tout en aidant le ranger à accomplir sa mission, lui apprennent le sens de l’amitié et l’esprit d’équipe chers à l’univers de Pixar et en particulier à Toy Story. Sans être très développés, ces personnages secondaires apportent au film de l’humour et se rapprochent de la famille recomposée des différents jouets de Toy Story

A travers l’aventure, Buzz l’éclair aborde de façon plus surprenante des thèmes existentiels. Le héros fait tout d’abord face aux effets dévastateurs du passage accéléré du temps lorsqu’il réalise des essais de vol. A l’image d’Interstellar, quand Cooper découvre en vidéo la vie de ses enfants après cinquante ans, le ranger assiste impuissant au vieillissement de ses équipiers. Buzz est également soumis à un choix complexe entre un présent réel et un avenir potentiel. Il n’est plus seulement le gardien de l’univers, mais bien le défenseur de sa propre réalité. En filagramme de ces sujets, le ranger recherche sa place et son rôle dans ce vaste monde aux possibilités infinies. Se définit-on par sa mission, ses capacités ou par les proches qui nous entourent ? Au-delà du simple divertissement, le film propose donc des pistes de réflexion aussi bien pour les enfants que pour les adultes. 

Plus polémique dans un film Disney destiné aux enfants, Buzz l’éclair promeut l’ouverture et la tolérance en introduisant un couple d’homosexuelles. Au début du récit, Alisha, la cheffe du ranger, se marie à une femme. Leur amour n’est pas simplement suggéré, mais bien affiché par une image de baiser qui a fait couler beaucoup d’encre. La scène, inédite dans un Disney Pixar, a été coupée par le studio avant d’être réinsérée en raison d’un mouvement contestataire d’employés. Que l’on adhère ou non à la défense de la cause LGBT par un film jeunesse, il est dommage que Buzz l’éclair, empêtré dans ce débat, soit réduit à son parti pris sur le sujet. 

Certes, on regrette que Buzz l’éclair manque de l’originalité et de l’inventivité propres aux films de Toy Story. Si l’univers est bien présent, l’étincelle de création ne jaillit jamais vraiment. Les visuels de l’espace et des planètes restent épurés. Les vaisseaux spatiaux semblent tout droit sortis des usines de la Fédération du Commerce de Star Wars : la menace fantôme. Les personnages secondaires demeurent un peu caricaturaux. Buzz l’éclair manque également d’émotions et ne souffre sur ce point d’aucune comparaison avec des films comme Vice Versa, Toy Story 3, Là-haut, Coco. Il reste un Pixar mineur, mais un film agréable, aux thèmes plutôt intéressants, qui ne mérite ni éloges exacerbées ni dénigrement démesuré. 

Buzz l’éclair – Bande-annonce

Fiche technique :

Titre original : Lightyear
Réalisation : Angus MacLane
Casting : François Civil (doublage français), Chris Evans, Keke Palmer, Peter Sohn etc.
Scénario : Pete Docter, Angus MacLane, Jason Headley
Musique : Michael Giacchino
Pays d’origine : Etats-Unis
Genres : animation, aventure
Durée : 109 minutes
Date de sortie : 22 juin 2022

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Ariane Laure
Ariane Laurehttps://www.lemagducine.fr/
Émerveillée par le cinéma depuis le Roi Lion, mon premier film en salle, j’aime les films qui font rêver, qui hantent et ne nous quittent jamais. J’admire particulièrement la richesse des œuvres de Stanley Kubrick, Christopher Nolan et Quentin Tarantino. Je suis également une adepte du cinéma asiatique, de Yasujiro Ozu, Akira Kurosawa à Wong Kar-Wai, Hayao Miyazaki et Park Chan-Wook. Travaillant dans le monde juridique, j'écris des critiques à mes heures perdues.

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