Arts & Culture

Severance : l’architecture de Lumon comme machine à effacer la mémoire

Dans Severance, l’absence de mémoire ne se raconte pas seulement : elle se construit. Jessica Lee Gagné et Jeremy Hindle transforment Lumon en architecture de l’oubli, un monde de couloirs blancs, de néons et de vert institutionnel où le vide devient une présence.

Le Bronze Coule : Vhagar dans House of the Dragon Saison 2

Et si le vrai personnage de cette saison n’était pas un Targaryen… mais une vieille dragonne de bronze qui a survécu à tout le monde ? Vhagar ne vole pas : elle pèse le temps lui-même. Chaque battement d’aile porte cent quatre-vingt-un ans d’histoire, et quand elle apparaît à l’écran, ce n’est plus du CGI : c’est une cathédrale vivante qui respire.

From : Quand le Noir Devient Mortel

Dans From, la nuit appartient aux monstres et la lumière fragile aux vivants. Christopher Ball impose une règle stricte : seuls les lanternes à pétrole, bougies et torches visibles à l’écran éclairent les scènes. Ce parti pris matériel fait de chaque flamme un véritable compte à rebours, où la clarté elle-même devient source de terreur.

Atlas des Gestes Instables, Volume 2 : Les 12 Gestes Instables – Cartographie des Fragilités, Ruptures et Dissolutions

Du geste instable au geste dissous, le Volume 2 de l’Atlas des gestes instables explore douze manières pour le geste de perdre sa forme, sa continuité, sa stabilité.

Atlas des Formes Instables : Une Cartographie du Visible en Mutation

Une synthèse des dix régimes de l’image instable : trace, fragment, flou, reflet, double, cadre, bruit, effacement, instabilité, vacillement. Une cartographie du visible en mutation.

Atlas sensible de la peinture : une cartographie des forces

La peinture n’est pas un ensemble de thèmes, mais un champ de forces. Couleur, geste, lumière, silence, matière, paysage, invisible, temps, regard : autant de régimes qui traversent l’image et la transforment. Cette page‑pilier rassemble les dix articles de la série en une cartographie sensible, un atlas des intensités qui composent l’expérience picturale.

Les Conséquences de Pascal Rambert : ce qui demeure

"Les Conséquences" de Pascal Rambert n’est pas une pièce sur la famille. C’est un corps à corps avec la part têtue de l’existence. Dans un décor de serre blanche, entre mariage et enterrement, des êtres résistent à leur propre effondrement par la seule obstination de la parole. Le texte frappe, le geste tranche, la langue tangue et devient un sport de combat. Ici, la persévérance est une forme de bravoure. Et si tenir encore, malgré tout, était la plus radicale des révoltes ?

This is la mort : Survivances, défigurations et expirations de la vie en mouvement

Dans This is la Mort, la danseuse Zoé Lakhnati propose de créer un atlas de mémoire corporelle, une danse vigoureuse, jubilatoire et électrisante. Danse géniale de l'héroïsme déchu des corps capitalistes conquérants qui se désagrègent avec une vitalité rieuse et sexy.

Nom : le roman de Constance Debré adapté au théâtre 

Hugues Jourdain adapte le roman de Constance Debré, "Nom", publié en 2022 chez Flammarion. Victoria Quesnel (vue dans Léviathan de Lorraine de Sagazan à Avignon en 2024) y interprète l'autrice dans un décor d'une simplicité salvatrice : un plateau nu , un corps, une chaise, un micro et une paire de Nike. La force du texte dit n'en est que renforcée, le plateau s'embrase et les mots résonnent dans le silence pour mieux venir tout détruire et construire, autrement. "Nom" est une transformation, une épure, qui se débarrasse du futile et interroge nos rapports amoureux, familiaux surtout, notre lien au monde et au superflu.

Théâtre : Le Petit musée des horreurs (dites) ordinaires de Fanchon Guillevic

Maison du théâtre d'Amiens, vendredi 10 janvier à 20h30, une femme s'approche de nous et nous invite à la suivre dans un musée d'un genre nouveau, un musée qui expose des horreurs qu'on dit ordinaires mais qui ne devraient jamais l'être. Avec calme, force et détermination, et une bonne dose d'empathie et de bienveillance, Fanchon Guillevic nous guide à travers trois tableaux inspirés de faits divers autour des violences faites aux femmes, qui racontent trois féminicides. Les corps sont là, tels des tableaux qui s'animent pour dire la violence, la mort et l'effacement par une société qui ne sait plus quoi faire et où regarder. Suivez le guide et découvrez : La Danseuse, un samedi soir. La Noyée, un jeudi après-midi. L'Errante, un dimanche matin.

Le hasard merveilleux : les jeux de l’exil et du hasard

Découvrez Le Hasard Merveilleux, une pièce envoûtante mise en scène par Laurent Natrella et interprétée par Brigitte Guedj. Entre rêve et réalité, ce spectacle explore la réconciliation, l'exil et l'humanité à travers une performance vibrante et poétique. Plongez dans un univers théâtral unique !

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« Monet en quête de lumière » : la vie intime d’un génie pictural

Avec "Monet en quête de lumière", Aurélie Castex épouse un regard. À hauteur d’homme, au fil des saisons et des doutes, sa bande dessinée retrace l’itinéraire d’un peintre obsédé par l’insaisissable, jusqu’à faire de la lumière elle-même un sujet.

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