Le hasard merveilleux : les jeux de l’exil et du hasard

Dans une mise en scène alerte, gaie et généreuse signée Laurent Natrella, Le Hasard Merveilleux — écrit par Jean-Christophe Dollé (L’oreille absolue) et interprété par Brigitte Guedj — offre un objet théâtral envoûtant, entre rêve et réalité, réminiscences et imaginations, souvenir et présent.

Avec une immense délicatesse, et une volupté joyeuse de jeu, Brigitte Guedj incarne cette héroïne et héraut de la paix, Sylvie, entraîneuse de l’équipe de handball d’Aubervilliers. Elle transporte le spectateur dans cette Algérie native, ou fantasmatique, agissant à rebours des petits cynismes et des médiocres haines, portant en elle les accents d’humanité et les ailes de la réconciliation. C’est « ce rêve de réconciliation » entre les religions, entre les hommes et les femmes, entre les cultures et les déchirures, au plus profond de l’intime d’un être et d’une histoire, que raconte ce spectacle. Les spectateurs, transformés en assemblée de rêveurs, aux portes de la paix perpétuelle.

Sur scène, la comédienne, avec une sobriété de détails et d’artifices, fait de sa voix changeante le réceptacle d’une tribu de spectres et de leurs souvenirs, une chambre d’écho de tous les personnages qu’elle se remémore. Elle explore toutes les palettes et couleurs, oscillant entre l’évocation et l’incarnation.

Écrit pour Brigitte Guedj, Le Hasard Merveilleux réinvente, dans le creuset subtil de sa mémoire, et la joie savoureuse de ses métamorphoses vocales, les espérances et sensations, tonalités et émotions de cette femme exilée, sensible et bouleversante. « Quoi de mieux qu’un rêve, pour semer en nous cet espoir de réconciliation entre les peuples ? »

 

 

Festival

Cannes 2026 : Histoires de la nuit, une fête sans surprise

"Histoires de la nuit" de Léa Mysius, en compétition à Cannes 2026, adapte le roman de Laurent Mauvignier en thriller rural haletant. Un huis clos tendu, formellement maîtrisé, qui convoque les fantômes du passé sans tout à fait atteindre la grâce envoûtante des Cinq Diables.

Cannes 2026 : L’Affaire Marie-Claire, à charge et décharge

Présenté en Séance spéciale au Festival de Cannes 2026, "L'Affaire Marie-Claire" de Lauriane Escaffre et Yvo Muller retrace le procès de Bobigny de 1972, où l'avocate Gisèle Halimi, incarnée par Charlotte Gainsbourg, fit le procès d'une loi contre l’avortement plutôt que de ses clientes. Sujet capital pour un résultat mitigé.

Cannes 2026 : De toutes les nuits, les amants – confessions philosophiques

Présenté à Un Certain Regard 2026, le quatrième long-métrage de Yukiko Sode, "De toutes les nuits, les amants", adapte le roman de Mieko Kawakami avec une élégance formelle indéniable, mais aussi avec une distance intellectuelle et contemplative qui maintient parfois le spectateur à l'écart de ce qu'il voudrait le plus ressentir.

Cannes 2026 : Ben’imana, le mur du silence

Premier film de Marie-Clémentine Dusabejambo, "Ben'Imana" aborde le pardon, la résilience et la transmission d'une douleur indicible au sein de la société rwandaise, profondément hantée par le génocide des Tutsis. Un drame rempli d'émotions, lauréat de la Caméra d'or, qui invite à s'unir dans l'humanisme au-delà des ethnies.

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The Christophers : le prix des âmes

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Le Cuirassé Potemkine : cent ans de rage intacte

Cent ans après, "Le Cuirassé Potemkine" revient en salles avec une musique inédite signée Pet Shop Boys. Chef-d'œuvre du cinéma muet, le film d'Eisenstein n'a rien perdu de sa puissance subversive. La rage de ceux qu'on écrase n'a pas de date de péremption.

Ma famille chérie : entre tornade émotionnelle et grâce cassavetienne

Maelström d'émotions, caméra à l'épaule et visages en gros plan avec "Ma famille chérie". Isild le Besco signe un ouragan familial tendre et survolté, entre fulgurances cassavetiennes et grâce mélancolique d'Élodie Bouchez.

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