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Le hasard merveilleux : les jeux de l’exil et du hasard

Dans une mise en scène alerte, gaie et généreuse signée Laurent Natrella, Le Hasard Merveilleux — écrit par Jean-Christophe Dollé (L’oreille absolue) et interprété par Brigitte Guedj — offre un objet théâtral envoûtant, entre rêve et réalité, réminiscences et imaginations, souvenir et présent.

Avec une immense délicatesse, et une volupté joyeuse de jeu, Brigitte Guedj incarne cette héroïne et héraut de la paix, Sylvie, entraîneuse de l’équipe de handball d’Aubervilliers. Elle transporte le spectateur dans cette Algérie native, ou fantasmatique, agissant à rebours des petits cynismes et des médiocres haines, portant en elle les accents d’humanité et les ailes de la réconciliation. C’est « ce rêve de réconciliation » entre les religions, entre les hommes et les femmes, entre les cultures et les déchirures, au plus profond de l’intime d’un être et d’une histoire, que raconte ce spectacle. Les spectateurs, transformés en assemblée de rêveurs, aux portes de la paix perpétuelle.

Sur scène, la comédienne, avec une sobriété de détails et d’artifices, fait de sa voix changeante le réceptacle d’une tribu de spectres et de leurs souvenirs, une chambre d’écho de tous les personnages qu’elle se remémore. Elle explore toutes les palettes et couleurs, oscillant entre l’évocation et l’incarnation.

Écrit pour Brigitte Guedj, Le Hasard Merveilleux réinvente, dans le creuset subtil de sa mémoire, et la joie savoureuse de ses métamorphoses vocales, les espérances et sensations, tonalités et émotions de cette femme exilée, sensible et bouleversante. « Quoi de mieux qu’un rêve, pour semer en nous cet espoir de réconciliation entre les peuples ? »