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« Les Dates chocs de l’Histoire » : quand tout peut encore basculer

On connaît la date et, surtout, on connaît la fin. Avec "Les Dates chocs de l’Histoire", Jean-Yves Le Naour revient aux éditions Bamboo sur ces heures aiguës où rien n’est encore joué, où le cours du monde peut infléchir. Deux premiers albums donnent le ton : "11 novembre 1918 : Au cœur de l’armistice" et "28 octobre 1962 : Au cœur de la crise de Cuba".

« Les 400 coups » : l’école, cette drôle de fabrique à souvenirs

De la conseillère d’orientation qui enterre les vocations aux cours de religion, des humiliations de cour de récréation aux connaissances prétendument "inutiles", cet ouvrage collectif publié aux éditions Fluide Glacial examine l’école sans céder aux facilités de la nostalgie. Les styles graphiques et les tonalités s’y succèdent avec liberté : autobiographie, satire, mauvais esprit, tendresse et franche bouffonnerie se fondent dans un album où chacun semble retrouver un morceau de sa propre scolarité.

« Lenny » : une famille pas comme les autres

À dix ans, Lenny possède un défaut impardonnable : au milieu d’une famille délicieusement dysfonctionnelle, il paraît à peu près normal. Relom retourne ainsi le divan du psychologue comme un gant et fait de "Lenny – On ne choisit pas sa famille !" une petite comédie familiale féroce, volontiers grivoise, où les adultes auraient sans doute davantage besoin d’une consultation que l’enfant qu’ils y expédient.

« Vous n’aurez pas les enfants » : mémoire graphique d’une résistance silencieuse

Avec "Vous n'aurez pas les enfants", publié aux éditions Glénat, Arnaud Le Gouëfflec et Olivier Balez proposent une adaptation bouleversante du remarquable travail de l'historienne Valérie Portheret. Ils restituent avec finesse et gravité un épisode poignant de l’histoire française sous l’occupation nazie : l’incroyable sauvetage de 108 enfants juifs du camp de Vénissieux en août 1942.

« Le Coût de la mort » : pour une sécurité sociale du funéraire

L'opuscule "Le Coût de la mort", d’Alban Beaudouin et Jean-Loup de Saint-Phalle, est publié par les éditions du Détour. Il soulève une question rarement abordée de front : la fin de vie et la manière dont elle est prise en charge en France, particulièrement sous l'angle économique, social et humain. Les auteurs, militants fondateurs du Collectif pour une Sécurité sociale de la mort, appellent à une transformation radicale du système funéraire en place, aujourd’hui régi par la marchandisation et les inégalités.

« L’Âge Bête » : les hauts et les bas de l’adolescence

Dans "L'Âge Bête", Jonathan Munoz explore sa jeunesse à travers le prisme de ses années collège et lycée. Après Petit Journal d’un gros fragile, il nous embarque à nouveau dans les méandres de ses souvenirs d’adolescent, une période pleine de bouleversements, de découvertes et d'émotions contrastées. 

« Frankenstein, au nom du père » : la part de l’ombre

Dans le cadre de sa série "Les classiques de l'horreur", la maison d'édition Glénat poursuit son exploration des grands mythes gothiques, avec "Frankenstein - Au nom du père". Après une relecture audacieuse du Dracula de Bram Stoker, les auteurs Marco Cannavo et Corrado Roi s'attaquent cette fois au chef-d'œuvre de Mary Shelley, Frankenstein ou le Prométhée moderne, un texte ô combien séminal de la littérature anglaise. Librement inspiré de l’œuvre originelle, cet album renouvelle le mythe tout en respectant les grandes lignes du récit.

« Liberté, égalité, s’émanciper » : en dehors des diktats

Dans "Liberté, égalité, s'émanciper", Chadia Chaibi Loueslati livre une œuvre intime et poignante qui explore les luttes invisibles des femmes issues de l'immigration. À travers un récit graphique engagé, l'auteure nous plonge dans son histoire personnelle et aborde les combats collectifs de celles qui se battent pour leur émancipation.

« White Only » : Althea Gibson, pionnière du tennis noir-américain

Alors que la ségrégation raciale avait encore cours dans les États sudistes, Althea Gibson est devenue la première championne américaine de tennis noire, s’érigeant de ce fait en symbole de résilience et de lutte. "White Only" (éditions Glénat), de Julien Frey et Sylvain Dorange, permet de redécouvrir cette figure incontournable du sport et de la lutte pour les droits civiques. 

« Calle Malaga » : seul avec ses démons

Avec "Calle Malaga", Mark Eacersall et James Blondel livrent un récit introspectif et taciturne, aux teintes mélancoliques, qui explore les méandres psychologiques d'une cavale, sur fond d'atmosphère méditerranéenne. L'intrigue, sobre et taiseuse, se déploie autour d'un homme solitaire, Saïd, réfugié dans une résidence presque déserte sise dans une station balnéaire espagnole. Armure dressée contre un passé menaçant, cet isolement est bousculé par l'apparition d'un voisin dont l'enthousiasme chaleureux contraste nettement avec l’attitude froide et distante du protagoniste.

« Histoires de sororité » : des femmes unies pour l’émancipation

Dans son ouvrage "Histoires de sororité", publié aux éditions Glénat, Caroline Cohen Ring explore les récits méconnus et inspirants de femmes qui, à travers les siècles, ont favorisé l’émancipation collective par la solidarité et le partage.

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Faire la peau : le brûlot qui affronte le tabou de la violence des mères

Et si la véritable violence faite aux filles n'était pas celle du patriarcat, mais celle des mères elles-mêmes ? Dans Faire la peau, Louise Chennevière signe un récit-réquisitoire incandescent sur le couple mère-fille, où l'écriture, entre rage et réflexivité, tente de dire l'inacceptable : la complaisance d'une lignée de mères dans la violence systémique qu'elles ont elles-mêmes subie. Un livre-ravage qui pose une question vertigineuse : faut-il tuer sa mère pour sortir d'une aliénation et vivre enfin libre ?

« Valhalla Bunker » (T3) : le Reich, le président et le tennis de table

Des néonazis, un président américain davantage préoccupé par sa teinture que par l’apocalypse, un Panzer qui tient de l’immeuble et une querelle lexicale autour du ping-pong : Fabien Bedouel boucle le cycle de "Valhalla Bunker" en mettant tous les potentiomètres dans le rouge. C’est énorme, idiot avec méthode, et dessiné avec une redoutable efficacité.