« Tuez De Gaulle ! » : au cœur du complot

Le scénariste Simon Treins et le dessinateur Munch publient le premier tome de Tuez De Gaulle ! aux éditions Delcourt.

Réunis à Versailles en 1961, John F. Kennedy et le général Charles de Gaulle évoquent tous deux la possibilité d’un attentat visant leur personne. Cette séquence d’ouverture est éminemment programmatique, puisque le premier décèdera des suites d’un tir mortel à Dallas en novembre 1963, tandis que le second échappera de peu à une attaque à l’explosif (attentat de Pont-sur-Seine, septembre 1961). Ce sont précisément les motivations et la préparation de ce dernier qui nous occupent dans ce premier tome de Tuez De Gaulle !, de Simon Treins et Munch.

Le contexte est brûlant. De Gaulle a décidé d’organiser un référendum sur l’autodétermination de l’Algérie, lequel a lieu le 8 janvier 1961. « Intégration, sécession ou association, et tout le monde dans la casbah comme dans les quartiers européens comprend : ça sera la sécession, c’est-à-dire l’indépendance. De Gaulle vient de lâcher les Pieds-Noirs. Dans la ville blanche, c’est la consternation. » Ainsi se rappelle à notre bon souvenir l’antagonisme mortel entre les partisans de l’Algérie française et un général qui n’a d’autre choix que de régler sa montre sur l’heure du post-colonialisme.

Convenu dans sa narration – bien que déstructuré par des flashbacks –, Tuez De Gaulle ! convoque des personnages troubles, du Commissaire au conseiller spécial en passant par le légionnaire déserteur, et réunit tout ce beau monde pour conter la manière dont se sont cristallisées les rancunes, voire les haines, à l’encontre du Président qui a permis à l’Algérie de prendre son destin en main. Une opération clandestine vise à piéger le parcours du général De Gaulle vers Colombey. Mais l’attentat échoue lamentablement. L’enquête policière qui s’ensuit, en suspens à la fin de l’album, révèle les dessous d’un contexte politique à tout le moins sulfureux.

Bien dessiné, documenté (l’écrivain Georges Fleury a publié un ouvrage intitulé Tuez De Gaulle ! en 1996), aéré par quelques traits d’humour, l’album de Simon Treins et Munch présente un intérêt historique évident. Il peine cependant à sortir des sentiers battus et à trouver un souffle capable de réellement entraîner le lecteur. À suivre…

Tuez De Gaulle !, Simon Treins et Munch
Delcourt, mars 2022, 56 pages

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Festival

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Jonathan Fanara
Jonathan Fanarahttps://www.lemagducine.fr
Co-rédacteur en chef. Responsable des pages Littérature, Essais & Bandes dessinées, ainsi que des actualités DVD/bluray Rédacteur Cinéma & Séries télévisées. Auteur de « Fragments de cinéma » (Ed. Le Livre en Papier).

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