À l’occasion des 120 ans de la loi de 1905, les éditions Delcourt publient un album documenté qui retrace le vote de la Séparation des Églises et de l’État. Un récit vivant, mais aussi un terrain miné par les choix de mise en scène et d’interprétation.
BD Mangas
Par leurs planches inventives et leurs dialogues fusants, les bandes dessinées et les mangas ont des similitudes parfois troublantes avec le septième art – et ses storyboards. Au Mag du Ciné, cela nous a forcément interpellés. On a donc décidé de leur dédier un espace de découvertes et de critiques.
Entre thriller médiéval et fresque historique, le nouveau diptyque de Jean Dufaux et Juan Luis Landa nous entraîne dans les ruines du royaume de France, là où la faim d’un monstre croise la ferveur d’une pucelle. Une œuvre crépusculaire où la noirceur d’un ogre s’oppose à la lumière de Jeanne d’Arc.
Les temps changent, même à Donaldville. À l’ère des influenceurs juniors, des fortunes volatiles et des prisons connectées, Picsou n’a plus vraiment la main sur la manivelle de son coffre-fort. Dans "Picsou et les Bit-coincoins", Jul et Keramidas signent un album irrésistible de malice et de satire, où le canard le plus riche du monde tente de surnager dans l’économie numérique… à coups de scrolls, de scams et de selfies flous.
Un polar tendu dans le Paris occupé, où la frontière entre justice et compromission s’efface dans la grisaille de l’Histoire. Philippe Richelle et Jean-Michel Beuriot reviennent aux années noires pour interroger, à travers le destin d’un inspecteur, les dilemmes moraux d’une police prise dans l’étau de la collaboration.
Ils n’étaient encore que des enfants. On les a arrachés à leur mère, travestis en catholiques, cachés dans des greniers, dispersés à la campagne, confiés à des inconnus qui pouvaient être des Justes… ou des bourreaux. "Les Enfants cachés", dirigé par Jean-Pierre Guéno et Serge Le Tendre, rassemble une polyphonie de récits où la mémoire d’enfants juifs sauvés de la Shoah se décline dans des styles graphiques disparates, mais toujours avec intensité.
Dans "The Big Burn", les véritables flammes ne viennent pas des enfers : elles brûlent dans les replis du désir, de la trahison et de l’amour défait. Joe Henderson et Lee Garbett charpentent un récit dans lequel le Diable se nourrit de la détresse et des frustrations humaines.
Et si les archives, les papiers froissés et les portraits oubliés pouvaient raconter, mieux que les romans, l’extraordinaire complexité d’une vie ? Dans "Success Story" (Delcourt), Fabien Grolleau et Nico Cado suivent Jeanne et Angelo, deux “généalogistes successoraux”, lancés à la poursuite d’un héritage qui n’a rien d’ordinaire. De Venise à l’Ukraine, en passant par le Canada, ils exhument les mille vies de Suzy Godart, alias Anna, alias Suzanne, alias… autant de noms pour dire la survie, la fuite et la résilience.
Thierry Gloris et Marie Terray signent une fresque dense et sensible sur ces jeunes enrôlés malgré eux dans l’armée allemande. Une intégrale qui, malgré ses légères inégalités, marque durablement. Malgré nous est à découvrir aux éditions Soleil.
« Il n’y aura pas de zone de non-droit tant que je serai garant de votre sécurité. La M.A.C.A. est un lieu de punition et pas un hôtel où des malfrats font ce qu’ils veulent. Je tenais à remercier le commissaire Kouamé et son équipe, ces fins limiers de la police criminelle qui ont mené activement leurs investigations en travaillant sans relâche pour retrouver l’évadé… »
« … Chaque heure qui passe ici augmente nos risques d’être découverts. Aussi… bien que la relève n’arrive que dans huit jours et que nous ayons des vivres en suffisance, nous ne resterons ici que le temps de tirer nos gars de prison et de récupérer « La Méduse » ! Sitôt fait, nous viderons les lieux !...
- Tu parles d’un chouette programme ! Et, tout ça, tu comptes le faire avec rien qu’nous autres ? »
Dans son nouvel album, Mirion Malle explore la perte d’un ami à travers la voix de quatre jeunes femmes. Entre dialogues crus, éclats de rires et confidences, Le problème avec les fantômes déplie la complexité du deuil : ce mélange d’amour, de colère, d’absence et de mémoire qui ne s’efface jamais.
Avec son premier roman graphique, David Combet signe une œuvre bouleversante qui mêle récit initiatique, mémoire intime et réflexion sur la virilité.
















